Salut ! J'ai failli oublier de poster, mais la bonne nouvelle, c'est que le chapitre 6 est écrit donc il y aura bien une fin. Moins guimauvée que prévue, pour cause guimauvite aiguë (et donc ajout de détails pas sexy comme je sais si bien tricoter). Donc voilà l'avant-dernier chapitre.

Chapitre 5 : Houleux

Je lui demandais enfin. Trois jours plus tard, pour être exacte.

Il rentrait du lycée avec mon frère et le reste de sa bande -à cette distance du bahut, il ne restait plus que ces deux-là et Erza, soit un joli bataillon de rouquins -. Je le regardais approcher avec un sentiment d'insatisfaction croissante, et lorsque mon frère poussa la porte pour les inviter à entrer, je n'y tins plus et me faufilais dans son dos. Etonnée par ma propre audace mais surtout mue par une colère que je ne m'expliquais pas moi-même, je le saisis par la manche et le tirais à l'écart.

« C'est quoi, cette manie avec mon cou ? » m'enquis-je une fois que je me fus assurée que personne ne nous écoutait.

Loki me regarda d'un air désorienté.

Il avait encore ce fichu brin de négligence, avec son t-shirt zébré d'éclairs et ses cheveux en bataille. Ce truc qui se dégageait de lui, cette aura de charme à damner une sainte. Son air d'innocence me tapait sur le système : quelque chose n'allait pas, chez lui, dans ses manières prétendument ingénues et sa décontraction continuelle. C'était mensonger. Ça contrastait trop avec ses yeux. Avec ses sourires en coin, ses sourires entendus, ses sourires moqueurs. Qu'est-ce qu'il voulait à la fin ?!

« De quoi tu parles ? »

Impatiente, je désignais d'abord mon creux de cou, puis ses lèvres irrésistiblement et honteusement tentatrices -j'allais faire un scandale-. Je me mordis l'intérieur de la bouche pour m'empêcher de penser plus loin dans cette direction.

Fameuses lèvres qui s'entrouvrirent sous l'effet de la surprise.

« Ah. Ça. » lâcha-t-il d'une voix amusée.

Encore un qualificatif auquel j'avais oublié de penser.

Je voulus soudain le frapper. Qu'y avait-il de drôle à la fin ? Etait-ce encore un de ses tours pour me forcer à regarder sa –sa –sa splendide et scandaleuse bouche ? Il me venait des envies horribles. Embrasser, mordre, frapper -des choses que je n'avais jamais ressenties ainsi-. Comme si quelque chose en lui essayait de me harponner, là, dans ses yeux d'ébonite, de me forcer à me rapprocher et… et je détestais ça.

Au moins autant que je le désirais.

« Oui, ça » répétais-je, énervée. « C'est quoi, ton problème avec les filles ? »

Ma phrase ne fit qu'augmenter son sourire.

« Ton frère ne t'as pas prévenue ? Ça m'étonne bien de sa part. »

Oh si, bien sûr qu'il m'avait prévenue. Mais ça ? Ça n'avait absolument aucun rapport !

Coupée dans mon élan, je réalisais que ma colère devait lui paraître quelque peu injustifiée. Un jour, j'étais calme et souriante, timide à l'excès, et le lendemain… ça. Bon, pas exactement le lendemain. Mais sans raison ni justification apparente, la douce petite Aries s'échauffait devant lui sans prévenir, et pour un rituel qui traînait depuis presque un mois !

« Si, » soufflais-je. « Mais ça n'explique pas.

- Qu'est-ce que ça n'explique pas ?

« Tout. Ton attitude, tes manies de graviter autour de toutes celles qui passent, et puis l'autre soir. Surtout l'autre soir. Tu m'emmènes je-ne-sais-où sans prévenir, tu m'abandonnes au milieu d'inconnus, tu restes trente secondes chrono avec moi et au moment de partir, je peux rêver pour voir ta tête !

- Je ne t'ai pas demandé de t'en aller.

- Tout à fait juste, ironisais-je. C'est vrai que tu ne demandes jamais rien, surtout aux femmes. Tu te sers, c'est plus simple.

- Tu parles de Karen ? »

Il avait l'air déconcerté. Je me mordis la lèvre, soudain gênée.

« Ce sont elles qui le veulent » se justifia-t-il. « Je ne leur demande pas de me ''graviter autour'', ce sont toujours elles qui s'approchent et me font leurs moues d'aguichées. Et quand bien même. Elles ne disent pas non. Elles ne le disent jamais. Elles en ont envie, je ne les force pas !

- Tu profites d'elles, juste parce qu'elles sont sous le charme.

- Et elles en profitent autant !

- Non ! m'énervais-je. Non, c'est faux ! Tu leur fais croire que tu les aimes. Tu te fiches d'elles, de leur apparence ou quoi que ce soit !

- C'est faux ! A mes yeux, toutes les femmes sont belles, et je leur fais hommage !

- Mais bien sûr ! Et moi dans tout ça ? »

Je repris mon souffle. Il m'observa, coupé dans son élan. L'air incertain.

Le goujat. Comment osait-il prétendre…

« Et toi ? » répéta-t-il faiblement.

Je réalisais soudain la teneur de ma question. J'eus la subite envie de disparaître sous terre, et mes joues brûlantes de colère perdirent toute couleur. Loki écarquilla les yeux, bouche bée. Il sembla sur le point de dire quelque chose, la bouche tremblante, et puis :

« Toi, tu n'es pas belle… »

Merci pour le compliment, songeais-je en envisageant un angle d'attaque pour lui écraser le pied.

« …tu es… t-t-tu es… »

Affreuse ? Hideuse, odieuse, abominable ? Enfantine, peut-être. Ou juste une gamine ? La sœur de Natsu… Super.

« …adorable.

- On croirait entendre mon frère » remarquais-je amèrement.

Loki haussa le menton.

« Il n'a pas tort, » rétorqua-t-il. « Tu devrais rester…

- Tu veux jouer les protecteurs avec moi ? le coupais-je. TOI ?! Non mais c'est une blague ! Si c'est ce que signifie ce baiser, tu peux te le mettre là où je pense. J'ai déjà Natsu pour ce genre de choses, et tu n'es pas la personne la plus apte à tenir le rôle de modèle !

- Tu ne… »

Une porte claqua dans notre dos. Je me retournais brusquement, juste à temps pour apercevoir le regard troublé de Lucy qu'à l'évidence, aucun de nous deux n'avait entendu approcher. Loki lui fit un bref salut gêné auquel elle ne répondit pas, trop désemparée pour trouver une réponse adéquate. Elle quitta la pièce d'un pas hésitant.

« Loki sort avec ta sœur ? » l'entendis-je demander.

De mon angle de vue, j'aperçus nettement Erza hausser les épaules et Natsu, ouvrant la porte à la volée, me jeta un coup d'œil soupçonneux. Je lui répondis d'un signe par la négative, agacée d'une telle supposition, mais il fronça les sourcils avant de secouer la tête.

« C'est bien ce que je pensais, » éluda la blonde. « Ce n'est pas comme s'il était capable de rester avec qui que ce soit. »

Loki se frappa la tête, exaspéré.

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Et Lucy n'avait pas tort. Où que je le voie, au lycée, il était constamment entouré d'un groupe de filles différentes. Je l'apercevais de plus en plus souvent, et toujours en compagnie avantageuse, gloussante, pépiant plus que de raison, ce qui à chaque fois me faisait tourner les talons. Il semblait presque me harceler, dans ces moments-là, déclarant d'une voix enjôleuse à son auditoire qu'il prendrait volontiers le chemin de la bibliothèque -mon seul refuge en ces instants de crise-. Il alla même jusqu'à me poursuivre en salle de repos alors que je séchais le sport pour éviter ses ouailles.

Le changement n'échappa pas à mes amis. Virgo fronçait souvent les sourcils devant ma mauvaise humeur et Cancer ne protestait même pas lorsque je le traînais avec moi, à peu près où que j'aille et surtout, surtout, surtout à la cantine pour que sa silhouette me masque celle du rouquin. Loki avait apparemment très mal pris ma remarque et comptait me la faire payer d'une manière qui n'était pas des plus fines.

Il saisit vite mes manœuvres d'esquive. Au bout d'une semaine, je le retrouvais en grande discussion avec Scorpio ou Lyra, me gratifiant à peine d'un signe de tête avant de m'ignorer. Dans ces cas-là, je m'éloignais d'un pas rageur -comme s'il pouvait s'approprier mes amis !-. Et très vite, les échanges de regards éloquents de Cancer et Libra montrèrent qu'ils n'y étaient pas aveugles.

Et cela ne resta pas qu'entre nous.

« Loki est vraiment bizarre, ces temps-ci » entendis-je Lucy dire à Lisanna. « Ça faisait presque un mois qu'il avait arrêté la drague intensive, et voilà qu'il s'y remet comme s'il avait le feu aux fesses. »

Devant le hochement de tête de la jeune fille, je préférais fuir. Par chance pour moi, personne d'autre ne semblait avoir entendu la confession, sans quoi j'aurais gagné en hypothèses abracadabrantes que je refusais d'écouter. J'avais réussi, aussi stupide que cela paraisse, à me brouiller avec un ami de mon frère sans même comprendre comment. Et je ne voulais surtout pas avoir sur le dos ses regards inquiets, lui qui semblait avoir oublié l'incident, ni de qui que ce soit d'autre. Cette histoire prenait déjà des proportions assez énormes pour ce que c'était.

A mon tour, lorsqu'il se décida à m'adresser de nouveau la parole, je l'ignorais. Je n'étais pas rancunière, me répétais-je un bon million de fois. Il le méritait juste.

C'était sans compter sur sa ténacité. Il avait le chic pour me guetter de loin, hocher la tête et me fixer les yeux dans les yeux, son regard magnétique au point d'en effacer la totalité des couloirs qui nous entouraient. Je détournais le visage, effaçant rageusement toutes mes pensées positives à son égard, et il s'effaçait pour mieux repartir à l'assaut.

Il finit par me coincer un mardi soir à la sortie des cours. Je n'avais pas eu le temps de rejoindre les autres à notre habituel point de rendez-vous sous le vieux chêne de l'entrée, et dans le flot des élèves, son arrivée me prit au dépourvu. Je ne réussis même pas à me dégager lorsqu'il se saisit de mon poignet pour m'isoler à l'abri des regards, dans un angle du mur d'enceinte.

« Offre-moi le plaisir de te raccompagner, » me demanda-t-il de but en blanc. « Je crois que nous avons des choses importantes à nous dire.

- Je rentre avec mes amis, protestais-je énergiquement.

- Ils apprendront à se passer de toi. »

Ses yeux brillaient d'un éclat que je ne leur connaissais pas. Méfiante, je tentais un coup d'œil vers le reste du troupeau estudiantin, mais il s'interposa sans tarder. Je tentais de me dégager. Il sourit d'un air mauvais, sans me lâcher pour autant.

- Qu'est-ce que tu veux ? demandais-je, exaspérée, alors que mes tentatives de me libérer de sa poigne s'avéraient vaines.

- Ce qui m'intéresse, c'est ce que toi, tu veux.

- Que tu me lâches ? » ironisais-je.

Il soupira.

« Si je le fais, tu en profiteras pour partir. »

Brillante déduction, Sherlock.

Je jetais un coup d'œil par-dessus son épaule, sans pour autant voir apparaître une quelconque aide extérieure. Loki suivit mon regard, et soudain, un sourire amusé vint fleurir sur son visage. La dénommée Karen venait de nous dépasser d'un pas altier, ses cheveux verts flottant au vent.

« Jalouse ? »

Il se pencha vers moi et je réalisais seulement le peu de centimètres qui nous séparaient. Son souffle balayait l'arcade de mon nez, ses cheveux frôlaient presque mon visage. Il avait une délicieuse odeur de cannelle, et ses yeux, ancrés dans les miens, brillaient d'une lueur affolante.

Il inclina légèrement la tête, réduisant les centimètres qui nous séparaient.

« Je peux aussi… » murmura-t-il, toujours plus proche.

Ses yeux étaient immenses. Brillants. Ses lèvres tentatrices, papillonnantes sous ses mots. J'eus soudain la furieuse envie de m'y jeter de moi-même. C'était à peu de choses près le pire à faire, sauf si j'avais envie de me livrer en pâture à ses habitudes malsaines. Je ne pouvais pas lui donner raison.

Je l'esquivais.

« Recule » exigeais-je avec un frisson.

Je crus un moment qu'il n'obéirait pas. Il me fixa un instant, puis il obtempéra, l'air presque déçu.

« Je savais que tu ne le ferais pas, » triomphais-je.

- Et pourquoi ? » s'enquit-il.

Je souris. Presque railleuses, mes lèvres formèrent le mot « Natsu ». Et la phrase eut l'effet escompté : d'un seul coup, il se recula précipitamment et balaya les environs des yeux avec un sursaut de panique. Je retins un rire amer. Il me jeta un regard de reproche.

« Tu as peur de lui ? demandais-je.

- Dis plutôt que tu n'es pas capable de m'embrasser, petite fille. »

Mon sang ne fit qu'un tour.

« Tu veux parier ? » répliquais-je.

Je me rapprochais dangereusement, décidée à le contredire une bonne fois pour toutes. J'en avais assez de ce petit jeu stupide qui durait entre nous, et, quitte à perdre la face, autant que cela fut en ayant l'avantage. D'autant que son parfum commençait à me monter à la tête. Jamais je n'avais tant eu conscience de la chaleur de son torse, de la pression de ses doigts sur mon poignet ou de la forme exquise de ses lèvres. Quel que soit le grossier mensonge dont je tentais de me persuader, il restait horriblement sexy.

Il recula d'un air amusé. Puis, malicieux, il posa un doigt chaste sur mes lèvres.

« Lààà. »

Je sentis mes joues s'enflammer.

« C'est biiien, » susurra-t-il d'une voix enjôleuse.

Puis, lestement, il fondit sur mon cou pour y déposer un baiser, toujours au rebord de ma mâchoire. Ses lèvres se firent caressantes et chaudes. Je frissonnais, tant par plaisir que par crainte de la chaleur qui montait dans mon bas-ventre. Je reculais brusquement. Et je réalisais que, même si quelqu'un nous avait aperçus, personne ne se serait interposé. C'était Loki. Peu importait le nom ou le visage de la fille dont il faisait sa proie, le geste restait d'une banalité sans faille.

« Arrête ça.

- Arrêter quoi, petite fille ? ronronna-t-il.

- Les petites filles, on les embrasse sur le front » rétorquais-je. « Pas dans le cou. »

Loki se recula d'un air ennuyé. Je venais de marquer un point. Et je profitais de sa surprise pour me dégager le poignet d'un geste sec. Aussitôt libérée, je bondis hors de sa portée avec un soulagement évident : la situation était de plus en plus tendue et je me trouvais bien chancelante.

« Et je ne suis pas une petite fille ! » m'écriais-je une dernière fois.

Je courus jusqu'au pied du chêne où les autres m'attendaient, accueillant leur présence comme une libération. Visiblement, aucun d'entre eux n'avaient aperçu nos déboires. Je jetais un coup d'œil à Loki par-dessus mon épaule : celui-ci avait l'air moqueur. Soudain, n'y tenant plus, je me jetais au cou de Cancer et…

… et pressais mes lèvres contre les siennes.

Ça n'était pas prémédité. Dans le genre pas du tout. Au point où Cancer eut un hoquet assez étrange.

« Fais semblant » le suppliais-je à voix basse.

Je priais en silence pour qu'il accepte. Une seconde passa. Deux. Et Cancer sembla se détendre légèrement, sans pour autant cesser de froncer des sourcils. Honteuse, je détournais les yeux devant son accusation muette.

Derrière nous, Loki se fondait dans la foule, le visage crispé à l'extrême.

Je me séparais de Cancer et attrapais sa main pour le tirer le plus loin possible du lycée, talonnée par les autres. Lorsque nous dépassâmes l'angle de la rue, je m'arrêtais de courir, à bout de souffle. J'échangeais un regard avec Cancer et nous nous tournâmes vers les autres qui affichaient un visage suspicieux.

« On ne sort pas ensemble ! » protesta-t-on d'une même voix.

xxx

NDA :

Alors ma ptite semaine... plutôt bonne. Enfin des classements potables aux CBs. Des contacts sociables. Revoyures. Bref, bref.

Et puis quelqu'un connait Monstar ? Ce drama est cool ! Ya plein de musique partout ! Plein les oreilles ! Et même si le triangle amoureux est aussi "passionnant" que d'habitude, il suffit de zapper certains dialogues et d'écouter en boucle la musiiique... J'ai même eu les larmes aux yeux en entendant la reprise du canon de Pachelbel en quatre mains, même si l'adaptation est merdique, alors que dire ? J'aimerais avoir une meilleure culture musicale. J'aurais reconnu plus de morceaux/chansons/airs/orgasmes-pour-les-oreilles.

C'est juste que je viens de piger qu'il y a un acteur en commun avec Heirs, alors voilà. Page de pub.

J'aimerais tous vous remercier pour vos reviews. J'ai dû oublier la dernière fois mais je vous jure que ça me fait trop plaisir. Et puis j'espère qu'il y en aura plein sur le dernier chapitre et que vous l'aimerez autant que moi, vu comme je me suis marrée à l'écrire.