Henri se tenait juste derrière elle, le regard amusé.

-Vous n'êtes qu'un idiot immature et ridicule Henri!

-Surveillez vos paroles ma chère! Vous avez simplement assisté aujourd'hui à la preuve de ma supériorité certaine.

Elle avança de quelques pas, lui faisant désormais face, le regard plein de colère

-Votre capacité à manier une lance ne vous fait en rien supérieur à lui! En vérité, à mes yeux, il est supérieur à vous en bien des points!

Henri la fixait, parlait-elle là de sexe? Rien que la possibilité que ce soit ce qu'elle sous-entendait lui faisait serrer les poings

Mais Catherine, continua son monologue

-Il est peut-être mort à l'heure qu'il est, à cause de vos idioties! Vous auriez dû vous estimez heureux que quelqu'un rende heureuse votre femme comme vous n'avez jamais su le faire!

La rendre heureuse? Ce Narcisse la rendait heureuse?

-Vous me disiez que ce n'était pas personnel! En quoi n'est ce pas personnel de me forcer à assister, avec toute la cour, à tout ceci?

Catherine était inarretable, ne retenant pratiquement pas son souffle, continuant à incendier son mari. Ses yeux noisette plein de colère, se remplissait de larmes

-Quel est votre but? Que je sois aussi seule et malheureuse que Dieu le permet? Vous, vous avez l'amour de Diane, les femmes, le plaisir, ne pouvez-vous pas concevoir que, n'ayant pas votre attention, j'ai besoin de celle de quelqu'un d'autre?

Elle pleurait presque maintenant

-Qu'importe...je ne sais même pas pourquoi je vous parle de ça...nous ne comprenez évidemment pas!

Elle commença à le contourner. Repartant à la recherche de Narcisse. Mais il hurla

-Catherine!

Le dos tourné, elle l'ignorait

-Catherine!

Bientôt elle avait tourné dans un box de soins et disparu.

Narcisse était allongé sur un brancard dans un box, seul, le médecin avait pansé ses blessures et lui avait conseillé de se reposer en attendant qu'on le ramène au château. Évidemment il ne pouvait pas dormir, ce fut donc pour lui une bonne surprise de voir Catherine débarquer:

-Narcisse! Oh mon dieu vous êtes dans un état...

-Pitoyable? (Il rit doucement)

-Meilleur que ce à quoi je m'attendais après cette chute terrible!

Narcisse observait son visage essayant de déceler ce qui s'y lisait. Ses yeux étaient baissés, elle semblait détruite.

-Catherine...

-Laissez moi parler s'il vous plaît, je suis tellement désolée si j'avais su que notre liaison...allait...jamais je...

Il posa sa main sur la sienne pour la stopper: «Je le sais, je suis un grand garçon vous savez, je l'ai fait parce que je mourrais d'envie de le faire, je connaissais les risques. »

Elle resta là, quelques minutes, lui tenant la main. N'ayant plus rien à dire.

Après quelques temps, elle se leva, lissant sa robe de ses petites mains:

-Au revoir Narcisse

Elle ouvrait le rideau pour sortir lorsqu'il ajouta doucement:

-Cela me désole qu'il n'arrive pas à voir en toi ce qui me saute aux yeux...prends soin de toi Catherine.

En sortant, elle manqua de percuter un garde royal qui s'empressa de s'excuser avant de déclarer: «Reine Catherine, suivez-moi, le roi veut que vous partagiez son carrosse pour le chemin du retour »

Elle eut du mal à étouffer un rire:

-Et bien dites lui que je ne le veux pas!

-Il a précisé que c'était un ordre...

Forcée de constater que son mari avait plus de pouvoir qu'elle, elle se retrouva à entrer dans le carrosse d'Henri.

Tout le trajet se déroula dans un silence glacial. Catherine regardait par la fenêtre tandis que son mari attendait qu'elle proteste, crie ou fasse quoique ce soit de constructif. Il commença finalement:

-Catherine?

Elle continuait à regarder l'horizon

-Catherine?...Catherine bon sang as-tu perdu la parole?

-Tu peux me forcer à beaucoup de choses mais certainement pas à te parler

Cette femme le rendrais fou.

-Bien. Écoute moi alors. J'ai réfléchis à la...situation et je ne veux pas rentrer dans une guerre puérile avec toi.

Il s'attendait à ce qu'elle réagisse mais elle restait immobile, à l'écouter.

-Je vais laisser Narcisse tranquille mais tu ne dois plus jamais lui parler, lui écrire ou avoir quelque contact avec lui.

Catherine ne répondait toujours pas, mais riait doucement

-Puis-je savoir ce qui vous fait rire?

-Vos conditions! Est-ce donc le temps des négociations? Parfait. Alors j'arrêterai tout contact avec Narcisse si vous arrêtez tout contact avec Diane.

Elle plaisantait là, n'est ce pas?

-J'essaie de vous parler sérieusement

-Mais je suis tout à fait sérieuse mon cher

-Vous ne pouvez pas sérieusement me demander cela.

-C'est pourtant bien ce que vous me demandez vous.

Ok, elle ne plaisantait pas.

-Ne jouez pas les idiotes, ma situation n'a rien avoir avec la vôtre.

-En quoi est-ce différent?

-Et bien...euh...

-Oui?

Elle gloussa sarcastiquement.

-Henri, je ne vais mettre des distances avec Narcisse, pour sa sécurité.

Mais rendez-vous juste compte que ce qui vous rend totalement fou de possessivité et de colère, je le vis tout les jours sans broncher.

Le roi soupira de soulagement. Elle allait arrêter de le voir.

-Dure est la vie d'une femme... La vôtre ne serait-elle pas un peu plus facile si l'on arrêtait de se faire la guerre?

-Sans doute

-Je suis fatigué de tout cela. Je vous promets de ne plus toucher à Lord Narcisse tant que vous restez à distance.

Cela le contrariait de promettre cela, car la simple évocation de son nom lui donnait des envies de meurtre mais il ne pouvait plus combattre sa femme sans cesse. C'était une adversaire qui ne connaissait que trop bien ses points faibles. Il lui fallait donc faire des compromis.

-Trêve alors?

-Trêve.

Il se serrèrent la main, comme pour sceller leur accord de paix, mais la façon dont Henri garda sa main dans la sienne un instant de trop, et la façon dont Catherine la retira effleurant son poignet du bout de ses doigts leur montrait bien que la relation platonique de partenaires dans le crime qu'il voulaient retrouver n'était plus exactement ce qu'ils pensaient qu'elle était.

La reine allait descendre du carrosse quand Henri l'arrêta:

-Une réunion du conseil est prévue dans la soirée, elle sera importante donc..

-Je serai là.