Pour ceux qui se posent la question, Narcisse va revenir ne vous inquiétez pas mais son absence est necessaire pour la suite des événements...
Henri était dans les écuries, se préparant pour une promenade matinale lorsqu'il vit sa femme entrer. Tous deux se regardèrent, surpris:
-Catherine! Que faites vous là de si bon matin?
-Et bien la même chose que vous il semblerait, je suis venue sceller mon cheval pour une chevauchée de bon matin!
-Une promenade? Seule?
-Je fais cela souvent
Tout en parlant elle commença à s'approcher de son cheval qu'elle caressa doucement.
-Je ne savais même pas que vous montiez seule à cheval... mais comment faites vous pour vous maintenir en scelle ma chère? N'est-ce pas dangereux? Je veux dire, comment peut on galoper en étant assise perpendiculairement sur la bête?
Catherine sourit de son ignorance
-Je monte en amazone Henri. Je me maintiens avec mes cuisses, comme vous!
Il déglutit:
-Avec vos..cuisses? Vous montez donc à califourchon sur la bête?
Leur chevaux étaient prêts. Catherine attrapa sa monture, un magnifique pur sang arabe, et se propulsa d'un geste habile sur la scelle, dévoilant par là, une partie de ses jambes fuselées. Henri, impressionné proposa:
-Peut être pourrions nous effectuer notre promenade ensemble!
-Avec plaisir, si vous n'avez pas peur que votre femme vous sème!
-Est ce un défi?
-Bien sur que non, je n'oserais vous défier, spécialement aujourd'hui!
Henri laissa un rire lui échapper, avec ces histoires de chevaux, il avait presque oublié quel jour nous étions.
Il sourit nostalgiquement:
-25ans... comme cela passe vite
-Le temps passe presque aussi vite que vous ne cavalez doucement!
Elle préférait ramener le sujet sur les moqueries et l'humour. Déjà un peu gênée d'être seule à chevaucher avec son mari, elle n'avait pas la force de glisser sur le chemin des souvenirs et de la nostalgie.
Elle se rappelait à peine à quoi elle ressemblait le jour de son mariage, il y a 25 ans jour pour jour, tant la jeune fille pleine d'espoirs et de rêves d'amour qu'elle était à l'époque lui semblait étrangère.
Ils étaient partis depuis un bon moment, ils cavalaient dans la forêt, dans un silence plutôt agréable, elle aimait ce genre de moment où ils n'y avait ni négociations ni hurlements mais juste le came de la nature.
Son mari la tira de ses rêveries:
-Vous avez senti?
-De quoi?
Elle sentit une goutte d'eau tomber sur son visage et leva les yeux pour voir un ciel s'assombrissant peu à peu.
-Nous ferions mieux de rentrer!
Ils commencèrent à galoper en direction du château, une averse leur tomba dessus. Henri chevauchait devant, les yeux plissés pour se protéger des trombes d'eau et Catherine le suivait de près.
Ils arrivèrent aux écuries en un temps record, trempés et frigorifiés.
Après avoir remis leur chevaux aux écuyers, ils entrèrent dans les couloirs du château:
-Lorsque l'on se prend une énorme averse dessus le jour de son anniversaire de mariage...est ce Dieu qui nous envoie un message?
-Je ne pense pas que Dieu ai quoi que ce soit à voir là dedans Catherine. (Il rit) Allez allons vite nous changer avant que les nobles nous voient dans cet état!
Catherine avait la peau glacée et trempée lorsqu'elle entra dans ses appartement et qu'elle croisa Charlotte:
-Votre majesté, un prisonnier de la tour demande à vous parler et je...
La reine lui fis signe de la main de se taire
-Charlotte, vous me parlerez de cela plus tard, j'ai besoin d'un bain brûlant car mes dents claquent et mes vêtements sont trempés!
-Mais votre Grâce, ce prisonnier..
-Plus un son à propos de cela! J'ai dis plus tard! Ce n'étais pas une proposition mais un ordre!
Charlotte s'étant exécutée, Catherine put se prélasser dans son bain , quoiqu'elle ne resta pas bien longtemps dans l'eau chaude car une longue journée l'attendait.
Le midi, elle déjeuna avec ses enfants afin de les briefer un peu sur la soirée de leur anniversaire de mariage qui aurait lieu le soir même et à laquelle les enfants devaient faire une apparition. Après tout, ces enfants n'étaient ils pas la plus belle chose qui ne soit sortie de ces années de mariage?
François et Claude avaient prévus un petit discours mais Charles et Henri n'avaient qu'à faire office de présence quelques minutes et pourraient partir.
Catherine quant à elle, passa toute son après-midi à se préparer pour la fête, des dizaines de servantes, coiffeuses, habilleuses et maquilleuses autour d'elle l'aidaient à choisir sa tenue et à se mettre en beauté. Après tout elle serait, et ce encore plus que d'habitude, la reine de la fête.
Elle avait opté pour une toute nouvelle robe venue de Paris. Elle était faite de brocarts de soie noire tout en étant lacée au niveau de la poitrine par les rubans argents. De petits diamants ornaient le bout des manches, l'encolure et le bas de jupons en cascade et c'était sûrement la raison pour laquelle cette robe avait coûté si cher.
En effet Catherine avait toujours mis un point d'honneur à être toujours vêtue de toilettes très belles et coûteuses afin de rappeler à cet cour, qui était la reine et qui avait l'argent. C'était une histoire d'ego.
Mais ce jour là, même si elle ne l'admettrait jamais, la raison pour laquelle elle avait tant à cœur de se mettre en beauté était différente. Elle avait peur, peur que son mari et la cour remarquent à quel point elle était moins belle qu'il y a 25ans, car même si elle le laissait croire, la confiance en soi n'était pas ce qui dominait chez elle.
Quelle femme pourrait avoir confiance en elle lorsque même son propre mari ne lui accorde pas d'attention?
C'est en cela que Narcisse lui avait fait tant de bien, elle ne s'était jamais sentie seule et il lui avait donné tant d'affection et d'admiration. C'est à cela qu'un mariage devrait ressembler, et non à cette mascarade dont elle fêtait ce soir les 25 ans.
Elle en venait à se demander quelle aurait été sa vie si son mari avait été un homme comme Narcisse et non Henri, aurait-elle était plus heureuse? Sûrement que oui.
Elle aimait Henri, depuis le premier jour de leur mariage, un amour qu'elle avait dû enfouir pour ne pas qu'Henri la détruise totalement par ses tromperies et ses indiscrétions. Elle se surprenait parfois à laisser cet amour rejaillir à la surface, se maudissant de pouvoir garder dans son cœur un homme qui ne la méritait pas de la sorte. Et à chaque fois elle en venait à la même conclusion: en tant que reine, elle ne pourrait jamais connaître le bonheur dans l'amour, c'est ce qu'elle avait cru pouvoir faire avec Narcisse et le résultat était plutôt décevant.
Bon dieu pourquoi devenait-elle si nostalgique et sentimentale tout à coup? Il était temps de laisser ses espoirs et rêveries de côté et de faire son entrée à cette soirée.
Quelqu'un toqua à la porte et Catherine ouvrit, Henri se tenait là, vêtu de son plus beau pourpoint:
-Henri! Vous êtes...majestueux!
-Je vous retourne le compliment, mais, que...quel est cette robe?
Elle parut paniquée
-Oh...vous n'aimez pas?
-Ce n'est pas cela mais...
Il baissa les yeux sur elle, cette robe était la plus belle et seyante qu'elle n'ait jamais porté. Elle semblait faite exprès pour elle. Légèrement moulante par endroit et d'une longueur interminable, elle laissait paraître les courbes gracieuses de ses hanches et la finesse de sa taille.
Le corset semblait si serré qu'Henri se demandait comment sa femme réussissait à respirer. Chacune de ses inspirations gonflait légèrement sa poitrine qui se laissait nettement apercevoir grâce au col si large de la robe. Il n'y avait en cette tenue rien de choquant mais portée sur des courbes aussi féminines que celles de sa femme, le résultat était envoûtant.
-Euh..Henri?
Il releva les yeux vers Catherine, réalisant à quel point elle était gênée par le fait qu'il soit resté si longtemps, les yeux rivés sur son corps, s'attardant sur ses formes sans aucune retenue.
-Oubliez cette histoire de robe Catherine!
Perplexe, elle attrapa son bras et tout deux se dirigèrent vers la grande salle afin de faire leur entrée.
J'espère que ça vous a plu, l'idée de l'histoire avec les chevaux m'est venue en apprenant dans un documentaire que c'était Catherine de Médicis qui avait importé en France le fait, en tant que femme, de monter à califourchon à cheval... intéressant non?
