Chapitre 2
Au final elle n'était pas rentrée chez elle avant onze heure du soir, ayant passé plus d'une heure au téléphone avec son frère à parler de tout et n'importe quoi, comme les gâteaux qu'avaient apporté le Chapelier Fou la dernière fois qu'il était passé le voir ou autres sujets tout aussi bénins. Après ça Rosemary avait préféré lire un livre de la bibliothèque allongée sur le sol au beau milieu du champ de maïs plutôt que retourner à la vielle ferme où ils habitaient parce qu'elle n'avait aucune envie de voir sa mère après ce qu'elle avait entendu. D'accord, Karen n'y pouvait rien et c'était il y a longtemps mais entre ça, ce que Mary Keeny avait fait à cause d'elle et la façon dont elle la traitait… Ça allait être dur de lui reparler avant quelques jours. Oui, c'est ce qu'elle ferait. Sa mère avait l'habitude qu'elle l'ignore de toute façon. Depuis que Jonathan avait pris contact avec sa petite sœur, il y a tellement longtemps qu'elle ne se souvenait plus exactement quand, il lui arrivait de se sentir très mal à l'aise à ses côtés. Il était un douloureux memento de ses erreurs de jeunesse, de son incapacité à s'occuper correctement d'un enfant. Sans lui elle n'aurait probablement pas remarqué quand sa mère la laissait mettre n'importe quoi avant d'aller à l'école, que les parents des autres leur préparaient leurs déjeuners et qu'ils applaudissaient dans le public à leurs compétitions alors que Karen oubliait systématiquement de venir au point qu'elle soupçonnait que ce n'était pas un oubli mais une absence totale d'intérêt. Ce genre de trucs.
C'était bien tout ça mais elle s'en était bien mordu les doigts d'avoir déprimé dehors pendant si longtemps quand elle avait vu, après avoir escaladé la gouttière pour arriver à la fenêtre de sa chambre au premier étage, que Mlle Babcock lui avait laissé un message sur l'intranet de l'école lui ordonnant de réécrire son papier parce que c'était un travail de cochon et de le lui remettre en main propre le lendemain à sept heures. Pas le meilleur message de bienvenu qu'elle aurait pu recevoir, mais c'était toujours mieux qu'une heure de colle. Quoi que, pensa-t-elle en déglutissant, ça devait peut-être vouloir dire qu'elle voulait lui remettre la coller en face à face pour se repaître de la honte qu'elle lirait assurément sur son visage. Ou pour lui faire nettoyer les boulettes parce qu'elle s'était enfuie avant de le faire. Résultat, elle était restée debout jusqu'à minuit pour finir ça en plus de ses devoirs avec pour seule consolation le fait qu'elle n'avait pas eu à ramper devant les autres.
Deux heures de colles seraient toujours moins nulles qu'une humiliation publique.
A six heures trente, son téléphone la réveilla comme tous les jours et elle l'éteignit maladroitement, les paupières lourdes d'avoir aussi peu dormi. Normalement elle aurait dû utiliser son radioréveil au lieu de garder son portable à trente centimètres de sa tête, mais il était coincé sur une station de radio qui ne passait que de la pop et ça aussi c'était un truc qu'elle n'aimait pas alors après avoir passé une heure –bon ok dix minutes- à essayer de le débloquer, elle avait baissé les bras et retiré les piles. C'était un cadeau de Karen alors elle ne le jetait pas par politesse, mais ça ne voulait pas dire qu'elle acceptait d'entendre de l'autotune de bonne heure. Rosemary s'habilla prestement avec ses éternelles tennis trouées sur le côté, une longue jupe à fleurs qui lui arrivait sous les genoux et un-t-shirt rouge avec un dinosaure dessus qu'on leur avait offert quand ils avaient visité le musée d'histoire naturelle d'Atlanta. Ayant atteint le summum de la mode, elle descendit alors se faire un sandwich au beurre de cacahuètes et à la gelée de framboise avant d'approcher la salle de bain à pas de loup. Elle savait que Karen y était parce qu'elle l'avait entendu crier quelque chose à Lionel quand elle descendait les escaliers. Maintenant, encore fallait-il la convaincre de l'emmener et de ne pas lui révéler que si elle devait être là plus tôt, c'était parce qu'elle en avait fait une. Elle la trouva en train de s'épiler les sourcils, légèrement penchée au-dessus du lavabo pour se rapprocher le plus possible du miroir.
Elle était belle sa mère, et Rosemary regrettait amèrement de ne pas plus lui ressembler. Sa silhouette était fine mais pas aussi maigre que la sienne, qui ressemblait plus à celle de Jonathan. Ses traits étaient plus doux que ceux de ses enfants, ses yeux bleus moins froids et elle faisait attention à son apparence. Son maquillage était discret, sophistiqué tout en restait professionnel, son jean près du corps pour exhiber le fait qu'à presque cinquante ans elle tenait toujours la forme et la teinture noire de ses cheveux était parfaite, pas un cheveu gris ou roux ne ressortait.
"Bonjour maman" dit-elle doucement.
Karen se retourna un instant pour lui sourire avant de se retourner vers la glace.
"Bonjour Esther ! Tu as bien dormi ?"
Rosemary.
"Mnoui. Dis euh tu pourrais m'emmener à l'école s'il te plaît ?" Demanda-t-elle, sa voix se faisant plus basse à chaque syllabe.
"Quoi ? Oh ! Non désolée mais tu peux demander à Lionel il doit partir pour la pizzeria- LIONEL !" Elle hurla soudainement. "Tu pourrais emmener Esther à l'école s'il te plaît ?"
Il hurla "D'accord !" depuis l'entrée et Karen se retourna vers elle en souriant.
"Voilà, c'est réglé !" Elle se pencha vers elle et l'embrassa sur la joue, la baignant dans l'odeur vanillée de son parfum. "Allez ne le fais pas attendre, à plus tard !"
Rosemary marmonna quelque chose d'inintelligible en retour et fila sans demander son reste. Elle aimait beaucoup sa mère, c'était d'autant plus frustrant de ne pas pouvoir la voir et d'apprendre qu'elle avait des squelettes dans le placard. Jonathan aussi, mais lui au moins il ne s'en était jamais caché. Ou en tout cas pas à elle. Enfin il ne le lui avait pas dit quand elle était toute petite pour ne pas lui faire peur mais. Voilà. C'était différent. Elle trotta dehors en entendant la portière de son pick-up claquer pour qu'il ne parte pas sans elle et grimpa prestement à l'intérieur, sac sur les genoux et MP3 sortit au cas où Numéro 5 lui casserait trop les oreilles.
"Tu t'attaches bébé ?"
Elle le fit sans répondre, gardant les yeux fermement rivés sur le pare-brise poussiéreux. Rosemary n'aimait pas Lionel. Déjà parce qu'il la faisait vomir tout le temps avec son obsession pour le fromage, ensuite parce que de tous les petits amis de sa mère c'était le seul qui ne voulait pas comprendre qu'elle n'avait aucune envie de lui parler. Au lieu d'abandonner et de la laisser tranquille comme les autres il s'évertuait à vouloir lui parler, la toucher, lui donner des surnoms idiots ou passer du temps avec elle au point qu'elle le voyait plus que sa propre mère. Ça, elle aurait pu s'en passer, merci bien.
"Bien dormi sinon ?" Demanda-t-il en démarrant la voiture.
Elle grogna quelque chose d'intelligible qui ressemblait à un 'mnoui' et il soupira comme un condamné. Si ça l'ennuyait tant que ça il n'avait qu'à pas lui parler, point. En plus à chaque fois que sa mère lui ramenait un nouveau 'beau-père' il fallait toujours qu'il y ait des gens pour lui dire que sa mère était la bicyclette du village parce que tout le monde était monté dessus ou autres méchancetés. Ça ne l'aidait pas à les apprécier. Ils se turent pendant quelques minutes alors qu'elle le paysage défiler par la fenêtre, ce qu'elle apprécia à sa juste valeur, surtout quand il reprit la parole en posant sa grosse paluche sur son genou.
"Eh, ça va ?"
Elle jeta un coup d'œil à l'horloge digitale du tableau de bord. Il restait huit minutes avant qu'ils n'arrivent à destination. Joie.
"Mm-hm." Grogna-t-elle en mettant sa jambe hors de portée pour le déloger.
"Non c'est juste que t'as une toute petite mine, t'as des problèmes à l'école ?"
Oui, mais là elle faisait la tronche parce qu'elle devait être à côté de lui. Cependant elle était ravie que sa mauvaise humeur lui soit enfin montée au cerveau, il y avait donc encore de l'espoir pour lui.
"Gnon sva."
Est-ce que ce serait malpoli d'augmenter le son de la radio pour ne plus avoir à l'écouter ?
"Je sais pas, t'invites jamais de copines à la maison. T'en a au moins ?" Demanda-t-il après une courte pause.
Bon, voilà, c'était le moment où elle sortait ses écouteurs et les vissait sur ses oreilles parce que mince, ils n'avaient pas élevé les cochons ensemble. Si elle ne lui parlait pas du tout d'habitude, qu'est-ce qui pouvait bien lui faire croire qu'elle voudrait lui parler de ses problèmes personnels ? Pas question. Pour elle il était Numéro Cinq, ni plus, ni moins et il n'allait pas rester de toute façon donc à quoi ça pouvait bien servir ? Cependant, il ne devait pas être d'accord parce qu'il souffla et arrêta la voiture. Elle mordit sa langue et jeta un coup d'œil par la fenêtre. Ils étaient au milieu de nul part, perdus sur une route de campagne entre Lotham et Arlen. Une grosse patte velue retira ses écouteurs de ses oreilles, ce qui la fit se ratatiner dans son siège.
"Tu sais bébé," commença-t-il sur un ton qu'elle interpréta comme faussement enjoué. "Ta mère avait dit que tu devais venir à la pizzeria après les cours."
Non, ce n'était pas comme ça que ça s'était passé. Karen n'en avait jamais rien eu à faire que sa fille rentre à pied, jusqu'au jour où il lui avait fait remarquer que ça serait mieux qu'elle vienne à la pizzeria et reste à la cave. En plus, ça leur permettrait de nouer des liens. Sa mère lui avait donné le feu vert même si Rosemary ne voulait pas.
"Ce serait plus sûr tu sais ? C'est dangereux une petite fille toute seule sur les routes."
Personnellement elle pensait qu'elle était bien plus en sécurité sur les chemins de terres entre les champs, très loin de lui. Elle ne lui faisait pas confiance.
Devant son mutisme il posa sa main sur sa nuque, trop près de ses cervicales à son goût.
"C'est pas une proposition, tu sais ? Tu viens après les cours."
Ses mains se serrèrent sur ses genoux maigres. Elle n'avait absolument aucune envie de rester dans une cave isolée avec Lionel.
"Mmkay." Dit-elle sans la moindre intention de le faire.
Lionel n'essaya plus d'engager la conversation après ça et se contenta de lever les yeux au ciel devant son air boudeur. Le reste du trajet se passa donc en silence, pour son plus grand bonheur. Arrivés devant l'école elle retira ses écouteurs et allait se jeter hors de la voiture sans lui dire au revoir quand elle se sentit un peu coupable devant son air niais. Rosemary ne l'aimait pas, elle le lui faisait sentir dès qu'elle le pouvait mais il l'avait quand même emmenée sans se plaindre.
"Euh… Merci de m'avoir emmenée." Dit-elle en se forçant à parler plus fort.
Il lui fit un grand sourire et passa son bras de la taille approximative d'un jambon de pays autour de ses épaules maigre pour l'attirer vers lui et lui faire un gros bisou sur la tempe qui la fit frissonner. Elle n'aimait vraiment, vraiment pas qu'il la touche mais bon. Il avait été gentil quand même.
"Passe une bonne journée !"
"Euh, oui, pareil." Marmonna-t-elle en sortant prestement de la voiture une fois qu'elle lui eut échappé.
Mais bien qu'elle soit maintenant libre, il allait falloir rentrer et affronter la terrible, l'affreuse Mlle Babcock et ses heures de colles. Elle poussa les doubles portes et regarda discrètement à l'intérieur. A cette heure-ci les couloirs étaient encore vides alors ça n'avait pas beaucoup d'intérêt mais ça la rassura un peu quand même. Elle referma précautionneusement pour ne pas faire de bruit avant de déglutir. Un instant elle avait cru entendre un drôle de truc, puis elle souffla en comprenant que c'était juste le concierge qui passait la serpillère. Le bruit de ses basquets se réverbérait contre les murs tandis qu'elle marchait d'un pas bien mal assuré vers la salle des profs, où elle lui avait dit de venir la voir. Une fois devant la porte, elle se mordit la lèvre sans trop savoir quoi faire. Elle était en bois aggloméré et revêtement plastique tout simple comme toutes les autres portes et pourtant elle lui semblait tellement plus sinistre. Comme la porte interdite dans le conte de Barbe Blue, celle où-
"Je vous ai entendu arriver Miss Keeny."
… Le doute n'était plus permis, sa prof de littérature était un vampire.
"Oh pour l'amour de-" s'exclama-t-elle en l'entendant toquer. "Bien sûr que vous pouvez rentrer !"
Lèvre inférieure fermement coincée entre ses dents, elle pénétra dans l'antre des profs. Si elle avait été étonnée elle ne le montra pas. A part pour les quelques posters punaisés aux murs c'était très spartiate. La pièce était assez petite, il y avait seulement une photocopieuse dans le coin, un meuble de bureau avec une cafetière et une plante en pot dessus, ainsi que quelques tables assemblées sur la longueur pour en faire une plus grande, à laquelle était assise Mlle Babcock qui la toisait derrière ses lunettes rouges. Rosemary se dit qu'il était peut-être temps de lui rendre son papier et de s'enfuir. Les élèves n'étaient pas censés entrer ici alors c'était gênant.
"Bonjour Mlle Babcock", dit-elle en tendant son devoir "je vous ai apporté mon analyse de document."
"J'espère bien", répliqua-t-elle sèchement. "Asseyez-vous."
Obéissante, elle tomba dans la première chaise à portée de main. Puis elle posa sa copie sur la table vu qu'elle ne savait pas trop quoi en faire. Babcock croisa les doigts et souffla mais ne dit rien. Est-ce qu'elle devrait lui demander si elle allait être collée de suite histoire que le supplice dure moins longtemps ? Euh non. Après tout, il y avait une chance qu'elle oublie.
"J'aurais espéré voir votre mère Miss Keeny."
Vielle chouette. Elle n'avait pas oublié. Sa tête rentra dans ses épaules.
"Elle vous a emmenée cette fois ?"
Cette fois ?
"Euh… Son petit ami m'a emmenée là..."
Son reniflement dédaigneux s'accompagna d'un coup de tête qui fit bouger toute la choucroute blonde platine qu'elle avait sur la tête. Ça devait être une perruque. Elle fit donc attention à fixer la table pour ne pas qu'elle ait de soupçons.
"Je vois. Et vous avez beaucoup de corvées à la maison en rentrant ?"
Il y avait un problème avec ses devoirs à la maison ? Pourtant ils étaient biens, non ? Est-ce que les autres en avaient volé un ?
"Oh euh… Ca dépend ? Les soirs où il est là pas trop mais sinon maman rentre très tard alors ben… Je fais le ménage, je mets une machine de linge à tourner… Me réchauffe à manger, tout ça…"
Elle gesticula sur sa chaise sans le vouloir. La conversation hautement bizarre, surtout vu qu'elle l'interrogeait avec cet air pincé, comme si elle venait de trouver une crotte de chien sur son paillasson. Ses ongles cliquetèrent en rythme sur la table quelques secondes.
"Vous habitez loin ?"
"… Pourquoi ?"
"Et bien je vous vois arriver à pied tous les jours, j'en conclu que vous ne vivez pas loin ?"
Elle fit de son mieux pour garder le même air craintif et embarrassé. Ce ne fut pas dur.
"Bah oui, c'est à dix minutes…"
"Je vois. Vous pouvez disposer Miss Keeny ce sera tout pour cette fois."
Trop contente de ne pas être collée, elle se prit les pieds dans sa chaise en se levant, en oublia presque de lui dire au revoir et fila le plus loin possible. Ce n'est que quelques heures plus tard en mangeant son sandwich que Rosemary commença à se demander ce qu'elle avait bien pu voir justement.
OOps ! Il semblerait que j'ai oublié qu'en fait, oui, il y a bien des OCs. Mais bon, ce sont des personnages secondaires avec un but bien précis et ils disparaîtront assez vite. Merci à Maiaka pour la review ! A dans deux semaines !
Maiaka : Salut ! Je suis contente que tu aimes, et j'en parlais depuis longtemps parce que c'est en fait une réécriture, j'étais allée jusqu'au chapitre 9 la dernière fois il me semble. La version d'avant ne m'allais pas et je comptais la refaire, mais entretemps j'ai écrit Etranges Coïncidences dans la section Batman Begins/Dark Knight Rises, parce que j'avais plus vraiment d'idées pour mes fics de ce côté-là du site, et oui ça compte Roulette Russe, désolée. Ceci dit, je ne vais pas réécrire RR, mais je vais la continuer un de ces jours. Merci pour ton soutient !
-Changements notables par rapport aux chapitres originaux : Le moment où Rosemary se réveillait était en fait le début du premier chapitre et plus tard elle avait dû nettoyer les boulettes devant tout le monde. Ajouté le message par intranet, les différentes utilisations du téléphone par Rosemary qui originellement ne l'utilisait que pour appeler son frère (alors que, soyons honnêtes, on est pratiquement tous accros au téléphone maintenant *éteint son portable*) et l'entrevue avec Mlle Babcock.
- Rosemary n'a pas des goûts alimentaires bizarres, le sandwich beurre de cacahuètes et gelée est un grand classique américain, surnommé le PB n' J (Peanut Butter and Jelly), un peu comme le célèbre jambon-beurre français. C'est de ça que parlait la banane qui danse quand elle disait 'IT'S PEANUT BUTTER JELLY TIME !'. En gros elle était contente parce que c'est l'heure du goûter. Voilà.
- Alors niveau âge, Karen à eut Jonathan à 15-16 ans et Rosemary à 37 (dans la bédé Jarvis disait qu'elle n'était plus toute fraîche et Rosie devait avoir un an) donc là elle doit avoir à peu près 48 ans. Crane et Rosemary ont donc 22 ans d'écart, c'est aussi pour ça qu'elle le voit plus comme une figure paternelle que comme son frère, après tout il a l'âge d'être son père et en a endossé le rôle. Donc en résumé, Karen : 48 ans, Crane : 33 ans, Rosemary : 11 ans.
- Comme beaucoup de préados, les rares fois où elle répond Rosemary parle le groumpf : le langage où l'articulation n'existe pas et où la bouche s'ouvre très peu pour économiser de l'énergie, très importante si on veut pouvoir lire des fanfictions sur le téléphone jusqu'à deux heures du mat' en étant caché sous la couette.
