Bonjour tout le monde, me voila super heureuse de poster un nouveau chapitre ! Un peu court mais j'essairai de re-actualiser rapidement...

Considérez que la première partie se déroule en même temps que le chapitre précédent, deuxième partie, c'est le matin après la pyjama-party de Cathry...

Quand Narcisse croisa Claude dans le couloir, il l'interpella. Il s'inquiétait pour Catherine de manière démesurée depuis qu'elle avait quitté la soirée bouleversée suivie de près par un Henri furieux. Il craignait que le roi et la reine se soient disputés et qu'il la retrouve blessée, plus physiquement que mentalement, même si, étant donné le regard noir qu'arborait Henri et son caractère plutôt sanguin, il n'excluait pas totalement cette possibilité.

Je dois vraiment arrêter de nourrir mon inquiétude avec des suppositions idiotes, pensa Narcisse, Catherine connait Henri depuis des années, elle doit savoir gérer sa colère...

-Princesse Claude, vous ne sauriez pas où se trouve votre mère?

Elle s'approcha de Narcisse et lui donna un sourire difficile à interpréter.

-Si, je le sais. On a tous vu ce qui s'est déroulé ce soir, j'étais donc inquiète pour elle alors je suis partie à sa recherche. J'ai toqué à la porte de sa chambre mais ses dames m'ont informées que mon père l'avait rejoint il y a une heure et qu'ils avaient demandés à ne pas être dérangés.

Elle sourit encore, de manière tout à fait exagérée et ajouta:

-Il semblerait que mes parents aient une manière bien à eux de régler leurs différends.../

-En effet.

Il avait presque craché ces deux mots. Il s'attendait à, à peu près tout, sauf à ça et alors qu'il s'apprêtait à reprendre son chemin, Claude s'approcha de lui et lui souffla:

-Vous savez Narcisse, vous m'avez l'air d'être quelqu'un de charmant, c'est pourquoi je vais vous donner un conseil amical: quittez ce château, trouvez une épouse dans votre duché et oubliez ma mère.

-Je ne comprend pas exactement ce à quoi vous faites référence princesse.

-Je pense que vous savez précisément ce à quoi je fais référence. Vous êtes en train de mettre les nerfs de mon père à rude épreuve et dieu sait que ce n'est pas un homme qui aime qu'on touche à ce qui est à lui. Et aussi audacieux que ce soit de défier un roi, c'est aussi terriblement idiot.

Elle s'approcha encore en posant sa main sur l'épaule de Narcisse:

-Si vous devez croire une chose, croyez cela: ma mère ne sacrifiera ni sa couronne, ni sa famille, ni son mariage pour vous. L'amour est une chose magnifique, mais mourir pour une femme qui en aime un autre, je trouve cela plutôt triste.

Il resta face à elle, se demandant toujours ce qu'elle savait exactement et comment elle le savait, Elle devait en savoir bien assez, Claude était la fille de sa mère après tout. Il lui cracha amèrement un «Bonne nuit, princesse.» tout en repensant à ce qu'elle avait dit plus tot. Elle avait certainement raison, mais une partie de lui ne pouvait se résoudre à l'admettre.

Il essayait de tout cœur de lutter contre cela, se convaincant depuis le premier jour que Catherine et lui n'avaient partagés que quelques moments insignifiants, se disant qu'elle n'était que le plus beau trophée de son tableau de chasse, mais la vérité était la suivante : il nourrissait des sentiments pour la reine de France, une femme mariée, avec des enfants.

Quand était-il devenu aussi idiot et inconscient? Il ne le savait pas, peut-être le jour même où il avait aperçu pour la première fois ces deux beaux yeux noisettes perçants. Dieu seul savait à quel point il adorait chaque infime partie de cette femme, mais, ses yeux, oh ses yeux, il semblait qu'on y observait chaque force, chaque douleur, chaque sentiment de Catherine Médicis. Elle avait beau cacher ses sentiments derrière son masque de reine toute-puissante, il suffisait d'un coup d'œil à Narcisse dans son regard envoûtant pour y déceler peur, amusement, tristesse, désir, douleur.

Le fait était qu'il avait goûté ce que c'était que d'avoir cette femme, de comploter, l'entendre rire, l'embrasser, lui faire l'amour ou juste parler, et que désormais il ne pouvait simplement plus s'en passer.

Grand dieu, dans quel merdier il s'était fourré...

Quand lady Felicia toqua à la porte de Catherine pour signifier qu'il était l'heure de se lever, le roi et la reine de France, jusque là enlacés et plongés dans un profond sommeil, ouvrirent les yeux simultanément pour découvrir avec stupeur à quel point leur corps s'étaient considérablement rapprochés durant leur sommeil.

Un silence gêné passa, tandis qu'Henri retirait son bras du bas ventre de sa femme, démêlait ses jambes des siennes et décollait son entre-jambes qui était venu se blottir contre son derrière. Elle, réajustant la fine soie blanche qui était désormais la seule chose qui protégeait son corps des yeux d'Henri, Catherine balbutia:

-Je suppose que...nous avons eu besoin de..chaleur humaine pour nous protéger du froid en cette nuit glaciale

-Et bien, la chaleur des corps est terriblement plus efficace quelque cheminée que ce soit et tellement plus agréable...

Catherine s'éloigna du lit pour attraper rapidement une robe de chambre. Quand elle l'eut enfin enfilée, sentant toujours le regard appuyé d'Henri qui la suivait, elle se retourna pour lui faire face. Et là ou elle pensait voir un Henri se préparant à filer, elle le vit confortablement installé au milieu du lit, la regardant tranquillement, enroulé dans les couvertures comme s'il possédait l'endroit.

En théorie, il possède l'endroit, lui rappela sa conscience.

"Qu'importe, plantant ses mains sur ses hanches et lui lançant un regard incrédule elle demanda « Henri, vous comptez camper dans ce lit combien de temps exactement? » puis se rapprochant pour tirer hors du lit la couverture, elle ajouta «Parce que j'aimerai bien commencer ma journée avant que le soleil ne soit couché, et pour cela, j'ai besoin que vous sortiez de mon lit pour que je puisse me préparer»

Il se leva alors théâtralement pour simplement se rasseoir sur une chaise en velours quelques mètres plus loin, sous le regard désapprobateur de Catherine.

-Henri, par sortir de mon lit j'entend aussi sortir de ma chambre.

-Oh s'il vous plait, vous vous rappelez de nos premières années de mariage? Vous regarder vous préparer a toujours été l'un de mes moments préférés!

Elle cacha un sourire, évidemment qu'elle s'en souvenait, comment aurait-elle pu oublier...

Henri se leva avec désinvolture du fauteuil rouge, torse nu et traversa la pièce à la recherche de sa chemise. Il leva un sourcil, sourire aux lèvres lorsqu'il attrapa le regard de Catherine qui suivait le contour de ses muscles saillants pour descendre vers le renflement visible dans son pantalon. Quand celle-ci comprit qu'il avait attrapé son regard, elle détourna les yeux, légèrement rougissante. Il alors posa un baiser plumeux sur sa joue et s'éloigna, ouvrant la porte quand elle lança, un peu hésitante:

-Henri?

-Oui?

-Le fait que..vous ayez dormi ici cette nuit ne signifie pas que..

-Ne vous inquiétez pas je le sais.

Henri lui lança un clin d'œil puis disparut rapidement pour la laisser se préparer.

Ses dames lui enfilèrent une robe à col haut dans des teintes de noir et de beiges et accrochèrent ses longues boucles dans un semi-chignon sophistiqué retenu par une couronne en or ornée de plusieurs diamants. Un ensemble confortable mais élégant, tout ce qu'elle aimait.
Elle se dirigea vers son bureau dans l'aile voisine, elle savait qu'elle aurait du mal à se concentrer sans laisser ses pensées divaguer à cette nuit mais Henri l'avait déjà mise cruellement en retard.