Chapitre 7
Rosemary n'avait pas envie de bouger.
Son corps était encore empâté après toute une nuit de sommeil, un peu comme quand elle faisait une indigestion en mangeant la cuisine de Lionel, mais cent fois pire. Elle aurait juré qu'on avait volé tous ses muscles pendant son sommeil pour les remplacer par de la barbapapa tellement c'était dur de garder les yeux ouverts. En plus vu que les stores de sa fenêtre étaient de meilleure qualité que ceux qu'elle avait à la maison, la chambre était dans l'obscurité la plus totale. Son lit était confortable, moins que le canapé cela dit, qu'elle ne se souvenait pas avoir quitté. On avait dû la bouger pour lui éviter un mal de dos au réveil. Qu'à cela ne tienne, elle ne voulait pas se lever, d'autant plus que la réalisation qu'elle avait eue au moment de s'endormir lui était revenue avec la puissance d'une tonne de brique dans la figure en se réveillant.
Lionel avait un téléphone portable, sa mère aussi, et elle risquait de voir d'un très mauvais œil que le fils dont elle n'avait pas eu de nouvelles depuis trois décennies avait emporté sa fille sous le bras. Il allait se faire crier dessus, mais ça ne serait rien par rapport à ce qu'elle allait se prendre. Au point où elle en était, Rosemary croisait les doigts pour que Karen ne soit pas au courant des choix de carrière de son fils. Ça se pouvait non ? Crane c'était commun comme nom, il officiait à plusieurs états de la Géorgie alors on entendait parler d'autres vilains que lui au vingt heures et lui-même disait qu'elle n'était pas restée assez longtemps après sa naissance ne serait-ce que pour lui donner un prénom, donc elle ne devait pas savoir ça non plus. Mais du coup, elle ne saurait pas comment s'assurer que c'était son fil, si ?
Oh non, A tous les coups elle allait appeler la police. C'était ce que ferait toute personne raisonnable en apprenant que sa fille unique venait de partir avec un inconnu sans qu'il n'y ait aucun moyen de la joindre. Karen était … une mère spéciale disons, mais elle n'était pas complètement folle. Il allait falloir qu'elle en parle à Jonathan au plus vite.
A grand renfort de grognements elle parvint à arriver à une position assise, mais sa tête se mit à tourner avant qu'elle ne puisse sortir ses jambes du lit. Une pensée perfide lui fit froncer les sourcils : est-ce qu'elle avait été droguée ? Ce n'était pas de la fatigue d'avoir le vertige, encore moins quand on vient de se lever. En y réfléchissant elle ne se souvenait pas avoir vu les autres prendre des biscuits, c'était juste elle que Scarlett et Jonathan avaient poussé à en manger. Si on pouvait faire des brownies avec de la drogue dedans, on devait pouvoir en faire des cookies non ? Mais pourquoi l'avoir droguée ? Rosemary porta une main à sa tête. Quoi qu'on lui ait fait avaler ça rendait son cerveau trop lent pour essayer de comprendre tout de suite. Il allait falloir qu'elle attende d'être d'aplomb. Avec un profond soupir elle regarda autour d'elle. C'était assez étroit, et probablement pas fait pour être une chambre à l'origine, la porte de la penderie laissait entrevoir des draps et des produits d'entretien. Il y avait un carton à côté de son lit, qui au grincement devait être un genre de convertible et un autre sur le bureau qui ne tenait que parce qu'on avait repoussé l'écran d'ordinateur et le clavier au bord. On aurait dit un genre de pièce fourre-tout. Il ne devait pas souvent y avoir des gens qui venaient dormir chez lui.
Ses paupières clignèrent de plus belle quand elle entendit des pas derrière la porte, qui s'ouvrit violement sur Scarlett, les cheveux encore mouillés et un autre plateau dans les bras. Quand elle s'approcha Rosemary rougit en voyant qu'elle avait troqué ses vêtements contre un haut assez transparent pour qu'on voit son soutient gorge et un short en jean si court que Miss Babcock en aurait fait une crise d'apoplexie.
"Allez on se lève !" Elle clama de sa voix nasillarde. "Y fais beau dehors et y'a le Crane y veux que j'te sorte !" Elle posa son plateau sur le lit et se laissa tomber à côté avec un grand sourire aux lèvres. "J't'ai fait du bacon et des muffins, y m'a dit t'aimais ça. Comment tu te sens ?"
Elle parlait vraiment trop vite du matin celle-là. Rosemary bredouilla des remerciements et s'enfonça un muffin dans la bouche pour ne pas avoir à parler. Pas offensée pour un sou, Scarlett s'avachit au pied du lit et prit une tranche de bacon avec les doigts.
Du haut de ses onze ans, elle s'estimait être une jeune fille –et pas petite fille merci beaucoup- très observatrice. Des années de brimades lui avaient au moins appris à reconnaître un danger quand elle voyait un. Son frère était dangereux, il n'y avait pas de questions à se poser, mais il ne l'était pas avec elle. Molly elle ne l'avait pas suffisamment vue pour savoir, mais Scarlett lui semblait inoffensive. A aucun moment elle n'avait tenté de dissimuler qui elle était ou de marcher sur des œufs autour d'elle pour qu'elle l'apprécie. Non, elle avait insulté son frère de but en blanc, elle portait des vêtements encore plus vulgaires que les pires allumeuses du lycée, celles dont on ne disait pas de très bonnes choses sur les portes des toilettes, et là elle était en train de racler le restant de vernis sur ses ongles en mâchant un deuxième bout de bacon. Sans réfléchir elle ouvrit la bouche pour lui demander pourquoi ils l'avaient droguée mais se ravisa immédiatement. Elle était suffisamment réveillée pour qu'il lui vienne à l'esprit que si elle en parlait ils sauraient qu'elle avait des soupçons et feraient plus attention en sa présence. Il serait donc sage de faire profil bas et de les laisser s'imaginer qu'elle pensait s'être écroulée de sommeil. Et il y avait toujours la possibilité que ce soit elle qui ait mis de la drogue dans les biscuits. Est-ce qu'elle avait dit qu'elle les avait fait ? Rosemary n'arrivait pas à se souvenir. Méfiance donc.
"Qu'est-ce y se passe ?" Demanda Scarlett en voyant qu'elle avait arrêté de manger.
"Ah, euh…" Vite une idée. "Tu sors avec Jonathan depuis longtemps ?"
Ce fut au tour de Scarlett de rester bouche bée, et elle avait l'air bien embêtée. En fait, Rosemary se rendit compte, elle semblait carrément horrifiée qu'on lui pose la question, yeux écarquillés et bouche ouverte formant une grimace pas très seyante.
"J'ai dit quelque chose qui fallait pas ?" Elle demanda avec une petite voix.
"Non, euh, 'fin, chépa." Balbutia-t-elle. "Pis t'es pas un peu jeune pour te mêler des histoires de cul de ton frangin toi ? Eh nononon ça va !" Elle paniqua un peu en voyant la rousse se recroqueviller sur elle-même, les joues en feu. "J'veux dire, c'est pas méchant mais voilà on n'est pas… euh…"
Elle ne dit rien pendant plusieurs secondes, se frottant la nuque en regardant le plafond avec l'air de celle qui voudrait être partout ailleurs sauf ici. Rosemary prit un des morceaux de bacon qu'elle avait épargné pour meubler le silence.
"Bon, je bosse pour lui depuis cinq-six ans d'accord ? Et pis bah…" Elle fit un bruit qui ressemblait à un grincement de porte avec sa gorge et leva dramatiquement ses mains au ciel avant de les laisser retomber lourdement, ce qui fit sursauter Rosemary. "On bosse, on s'engueule, on baise et on bouffe des chocapics ad nauseam, voilà !"
Le visage de Rosemary se décomposa encore plus en entendant cette description. Donc son frère était bien le genre de pervers qui faisait des choses avec sa jolie employée qui devait avoir dix ans de moins que lui. Le malaise qu'elle ressentait devenait physique, creusant un trou dans sa cage thoracique.
"Oh merde, fais pas cette tête gamine ..." Elle lui posa une main sur l'épaule pour qu'elle la regarde. "On s'aime bien c'est juste…" Elle soupira. "C'est vachement compliqué les relations quand on est adultes, alors déjà que ni lui ni moi on n'est pas foutus de faire les adultes responsables c'est pas gagné, tu vois ?"
Mais bien sûr. S'il y avait bien une chose qu'elle avait remarqué, c'était que quand les adultes disaient que quelque chose était compliqué, ça ne l'était pas tant que ça en fait. Soit ils n'avaient pas envie de se donner la peine de s'expliquer, soit ils n'avaient pas de raison pour leur conduite exécrable et ne voulaient pas l'avouer
"Tu vas me dire que je comprendrais quand je serais plus grande ?" Murmura-t-elle avec aigreur.
"Ah putain non, moi j'y comprends rien non plus."
Rosemary pencha la tête sur le côté et Scarlett haussa les épaules en faisant la grimace. Elle avait l'air honnête. Aussi bizarre que ça puisse paraître, elle non plus ne savait pas vraiment ce qu'il se passait entre elle et son frère.
"Comment ça se fait ?"
"Ben je sais pas justement. Demande-lui à ton frangin."
"Pourquoi tu ne lui demande pas ?"
Son expression devint neutre, sans grimace ou gestes grandiloquents, et Rosemary comprit qu'elle était allée trop loin. Scarlett fronça les sourcils et soupira longuement.
"Parce que je sais pas si j'aimerais la réponse", dit-elle en se levant. "La salle de bain c'est la deuxième porte à gauche, tu t'habilles et tu me rejoins en bas."
Avant qu'elle n'ait pu rassembler le courage d'ouvrir la bouche pour la retenir, Scarlett avait déjà claqué la porte derrière elle, laissant la pièce dans un silence tendu. Honteusement, Rosemary baissa les yeux vers le gâteau entamé dans sa main. Elle était mortifiée de l'avoir autant pressée. Normalement elle savait éviter les sujets qui fâchent mieux que ça avec son frère. Mais, elle se rendit compte, elle connaissait Jonathan depuis des années et les points qui étaient sensibles pour lui l'étaient tout autant pour elle. Ce n'était pas dur d'éviter de parler de brimades, de sa relation avec sa famille, ou de son travail quand elle n'avait aucune envie d'aborder le sujet elle-même. Il fallait croire que chez Scarlett, le sujet à éviter c'était son statut relationnel, et qu'est-ce qu'elle avait fait ? Elle avait continué à pousser alors qu'il était évident qu'elle n'aurait pas dû. Ca faisait mal de se mordre l'intérieur des joues aussi fort qu'elle le faisait mais Rosemary ne pouvait s'en empêcher. Se mêler de ce qui ne les regardait pas en se fichant des sentiments des autres, n'était-ce pas exactement ce qu'elle avait reproché à Lionel et à Babcock ? Et pourtant voilà qu'elle infligeait ça à une personne qui ne lui avait jamais rien fait et l'avait accueillie gentiment avec un sourire et des gâteaux. Qui étaient peut-être drogués mais bon. Ca faisait combien de temps que Karen n'avait pas cuisiné pour elle ? Ou était venue dans sa chambre pour la réveiller et demander comment elle se sentait ?
Trop longtemps pour qu'elle s'en souvienne.
Elle n'aurait pas dû la traiter comme ça. Ce n'était pas bien et elle allait s'excuser de suite. Le plus rapidement possible, Rosemary engloutit ce qu'il restait de son petit déjeuner, fit son lit – elle avait entendu des gens se plaindre dans sa classe que c'était un truc idiot que leur parents leur faisait faire-, partit vers la salle de bain, revint précipitamment parce qu'elle avait oublié ses affaires et retourna à la salle de bain se doucher.
Comme promis, Scarlett l'attendait en bas, bras croisés contre la porte d'entrée. Molly était là aussi, infiniment plus sobre avec son jean et son chemisier vert. C'était si dangereux que ça d'aller faire les courses à Gotham pour qu'il faille deux personnes pour la protéger ? Pour un type qui se faisait appeler le Maître de la Peur Jonathan était bien parano.
"Bonjour Rosemary, tu as bien dormi ?"
"Oui merci, dit-elle doucement. Tu viens faire les courses aussi ?"
"Ouais, parce qu'elle veut pas que je conduise ma voiture." Ronchonna Scarlett en sortant dans la rue. "Y paraît je conduis mal."
"Sans commentaires", répondit Molly en souriant plus pour Scarlett que pour Rosemary.
Elle ne savait pas trop que faire de cet échange alors elle suivit les deux jeunes femmes jusqu'à une petite voiture grise avec une porte rouge dépareillée et s'assit à l'arrière sans rien dire. Pendant qu'elles parlaient toutes les deux d'un évènement antérieur ou Scarlett avait failli emboutir la camionnette de Crane –depuis quand il en avait une lui ?- elle ne put s'empêcher de remarquer que c'était tout aussi difficile d'en placer une ici qu'à l'école. Même si elles n'étaient pas tout à fait amies, elles avaient des expériences communes et leur proximité avec Jonathan pour les rapprocher. Elles se connaissaient, s'entendait assez cordialement. C'était tellement dur d'essayer de parler quand on ne connaissait rien des gens et après sa bourde de tout à l'heure, il valait peut-être mieux qu'elle se fasse oublier.
Enfin bon, ce serait toujours plus sympa que le collège.
"Bon tu repars quand sinon ?"
Rosemary releva le nez en pensant que Scarlett s'adressait à elle, mais elle était toujours tournée vers Molly.
"Non parce que si toi tu te barre, moi je sens que vais devoir me taper la conne."
L'estomac de Rosemary se tordit avant qu'elle n'entende la réponse, pensant qu'on parlait d'elle.
"Lindsey me remplacera la semaine prochaine." Soupira-t-elle. "Ecoutes, tu ne pourrais pas au moins faire un effort devant-"
"Nan mais toi vas lui dire de faire un effort à cette pute ! Dès qu'elle me voit elle me saute à la gorge !"
"… Certes mais…"
Elle fut coupée par le feu qui tourna au vert. Donc Lindsey était la troisième amie de Jonathan. Est-ce qu'il faisait exprès de s'entourer de filles ? Ou alors il avait aussi des collègues masculins qu'elle n'avait pas encore rencontrés ?
"… Peut-être que si tu essaies de l'éviter…"
"Si je l'évite elle viendra me chercher !" Contra Scarlett. "Elle peut pas me blairer ch'te dis ! Chépa pourquoi, c'est probablement juste du délit de sale gueule mais tu vois je pense pas qu'elle va se calmer la moule pour une gosse."
Ses lèvres se plissèrent. La gosse elle était juste derrière, un fait dont Molly se souvint vite fait puisqu'elle jeta un petit coup d'œil vers elle avant de répondre lentement.
"Jonathan déteste vraiment quand vous vous crêpez le chignon."
Le silence se fit. Scarlett croisa les bras et regarda par la fenêtre en se mordant les lèvres. C'était quoi le problème avec Jonathan ? Ou était-ce spécifiquement entre lui, Lindsey et Scarlett ? Est-ce que l'une était son ex et l'autre sa copine et c'était pour ça qu'elles ne s'aimaient pas ? Elle comprenait maintenant pourquoi on l'avait prévenue de ne pas se mêler de ces histoires, c'était pire que les Feux de l'Amour !
"Oh merde."
Elle releva le nez et, elle devait l'admettre, elle acquiesça mentalement avec le sentiment en voyant de quoi il s'agissait. Son visage, sur un poster collé au poteau du signe stop avec un numéro de téléphone à joindre en dessous au cas où elle aurait été vue. Avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit Scarlett jeta sa veste sur sa tête et Molly avait accéléré pour s'éloigner. Le sentiment de malaise qu'elle avait ressenti se matin se trouva exponentiellement amplifié, parce qu'elle avait eu raison. Oh, mais pourquoi avait-elle été aussi stupide ? Elle aurait dû rester en Géorgie avec Lionel ! Maintenant voilà qui était recherchée !
"… Merde merde merde merde merde !"
"Bon on ne panique pas", dit Molly d'une voix chevrotante en faisant demi-tour, "ce n'était pas censé arriver mais-"
"Ah non moi je dis c'est le moment de paniquer ! Putain mais c'est pas vrai comment on va faire ?"
"Et bien, on peut ..." Elle jeta un coup d'œil à l'arrière. "Désolée Rosemary mais tu vas probablement devoir rester cloîtrée à la Librairie le temps que-"
"NON !" Geignit Scarlett, la détresse clairement audible dans sa voix devenue plus grinçante. "Comment on va faire pour le dire à Crane ?!"
La voiture vit un virage sec à droite qui les poussa toutes les trois. Dit comme ça, elle marquait un point : il risquait d'être de très mauvaise humeur en apprenant ça, assez pour faire une de ces horreurs pour lesquelles il était célèbre. Rosemary ne voulait pas voir ça. Oh pitié faites qu'elle n'ait pas à voir ça.
"Ah comment tu vas dire ça à Crane !" Contra Molly. "Les mauvaises nouvelles c'est ton travail."
Le grincement apeuré qui lui répondit aurait presque fait pitié s'il n'avait pas été si désagréable ou si Rosemary elle-même n'avait pas été terrifiée à l'idée d'affronter ce que sa propre lâcheté lui avait fait ignorer pendant toutes ces années :
Son frère était-il vraiment un monstre ?
Voilà voilà, merci à Maiaka et KatherineNotGreat pour les reviews et à dans deux semaines !
Maiaka : J'ai hâte de te voir en inscrite ! Je ne manquerais pas de jeter un coup d'oeuil à ce que tu fais mais tu es prévenue, si je vois des trucs à te conseiller je n'hésiterais pas, même si ça fait un bon pavé. Merci pour ton soutient !
- Je vous rassure, il n'y aura pas de triangle amoureux dans cette fic entre Lindsey, Crane et Scarlett. C'est juste que Lindsey et Scarlett ne peuvent pas se blairer, Crane n'a rien à voir là-dedans.
- Vous êtes libres de proposer vos spéculations dans les commentaires par rapport à ce qu'il se passe ! J'espère que je vous ai laissé assez d'indices pour que vous puissiez deviner ce qu'il s'est passé et ce que Rosemary va découvrir dans le prochain chapitre. (Si vous aviez déjà lu cette fic avant réécriture ça ne compte pas :D).
-Changement : comme dans les chapitres d'origine, Rosemary est droguée, mais cette fois-ci elle s'en rend compte et va chercher des indices. La situation dans laquelle elle est ne lui est pas révélée tout de suite. Elle et Scarlett y vont en voiture mais Molly conduit car Scarlett a subit un peu de développement depuis le temps et cette fois-ci il y a des affiches.
- Il va y avoir pas mal de références à des choses qui se passent dans Carnet de Bal, normal puisque Carnet de Bal relate toutes les conneries de Crane&Co au fil des années :
Dans Carnet de Bal Scarlett apprend à conduire avec le Chapelier Fou, qui lui-même conduit aussi bien que son nom l'indique ;
La porte de sa voiture a été réparée après avoir été défoncée sur un zombi-hibou-champignon-ninja ;
Crane a bien des males autour de lui mais il les a tenu à distance pour la visite de sa petite sœur parce que Silence à une gueule de patchwork et Gimpy est un masochiste qui vit dans une cage dans son labo. Alors bon. Voilà.
