Les yeux de Catherine s'ouvrirent douloureusement. Sa tête était terriblement lourde et sa gorge sèche mais rien ne surpassait la violence avec laquelle son estomac la brûla après essaya de se redresser. Catherine avait l'impression désagréable d'avoir des lames tranchantes qui déchiquetaient son estomac, son œsophage et toute sa gorge.
Vin de merde.
-Votre majesté, vous avez bu ce flacon.
Catherine battit des cils pour clarifier sa vision et apercevoir la jeune servante qui lui avait lancé cette phrase. C'était la même jeune fille qui lui avait apporté son vin qui veillait dans sa main une fiole remplie d'un breuvage verdâtre.
-Qu'est-ce que c'est?
-Une décoction préparée par Nostradamus, votre majesté. Le goût est peu agréable mais le seigneur Narcisse a dit que cela vous aiderait.
Catherine sourit intérieurement, c'était agréable de savoir que quelqu'un prenait soin de soi.
Elle avala le flacon d'un coup et absence de vomir tant le goût était horrible mais cela la soulagea presque instantanément. Au final, les dommages corporels étaient insignifiants face à la honte qu'elle ressentait pour tout ce qu'elle avait fait et dit à Narcisse. Elle se rappelait très clairement de tout et elle se sentait plutôt ridicule ...
Avant que la jeune servante blondinette ne quitte la pièce, Catherine décida de l'interpeller:
-Dites-moi mon enfant, quel est votre nom?
-Euh ... c'est Antoinette votre majesté
-Et bien, Antoinette, je vous ai réprimandé assez violemment hier, mais, je sais que vous faites de votre mieux pour satisfaire mes exigences, ce qui, je dois l'avouer, n'est pas choisi.
La jeune fille ouvrit de grands yeux. La reine vient-elle bien, à sa manière disons, de s'excuser?
-Votre majesté, en toute honnêteté, je mourrais de faim ou me prostituerais si vous ne m'aviez pas employé au château. Je suis heureuse de vous servir, quelques augmentations vos exigences.
Antoinette courba son dos dans une révérence et quitta la salle. Catherine était soulagée, elle préférait que ses relations avec ses serviteurs les plus proches soient détendues et agréables.
Son estomac et sa tête lui offrant un peu de répit grâce au breuvage de Nostradamus, Catherine décida de trouver Narcisse. Il fallait qu'elle s'excuse d'avoir débarqué en pleine nuit dans sa chambre et, au passage, il fallait peut-être aussi qu'elle évoque avec lui le fait qu'elle avait accepté sa proposition de mariage.
De longues minutes de préparation et un petit déjeuner plus tard, elle tombe enfin nez à nez avec Narcisse dans un couloir.
-Stéphane, je suis contente de tomber enfin sur vous!
Un petit sourire se dessine sur le visage de Narcisse. Catherine s'imagina que c'était parce qu'elle se rappelait à quel point elle était ridicule la veille, mais en réalité, il avait seulement l'indication qu'elle continuait à l'appeler «Stéphane» au lieu de «Narcisse».
Dans un silence mal à l'aise, ils se dirigèrent vers un banc dans le jardin du Nord, là, Narcisse décida de briser la glace.
-Vous vous sentez mieux?
-Oui, mal à l'aise et honteuse, mais mieux.
-Honteuse d'avoir traversé le château complètement ivre ou bien d'avoir honteuse d'avoir laissé un pauvre seigneur espérer en disant des choses que vous ne pensiez pas?
Catherine roula des yeux à la teinte d'humour dans sa voix.
-Je pensais absolument tout ce que j'ai dit.
Narcisse tue le mal à cacher la lueur d'étonnement et de soulagement dans ses yeux et bégaya presque:
-Vraiment?
-Vraiment. Par contre, je veux qu'on parle à Henri le plus vite possible, je n'aime pas l'idée d'agir comme si de rien n'était avec lui, alors que je viens de moi le fiancer à quelqu'un 'autre.
-Aujourd'hui.
-Quoi?
-Parlons-en à Henri aujourd'hui. Je suis censé avoir une audience avec lui à midi pour évoquer un problème dans mon duché, se réjouir moi, avec Diane, et nous lui expliquons tout.
Elle trembla presque. Midi, soit dans deux petites heures, deux petites heures à la suite desquelles elle écrabouillerai son mariage comme une punaise sous son talon. Elle ne se sentait pas prête.
Commentaire Henri allait-il réagir? Allait-il être furieux, déçu, ravi de pouvoir épouser Diane?
Il serait sûrement juste contenu, après tout, il allait enfin se débarrasser de sa femme Médicis adulteère, encombrante, froide.
Assise dans l'antichambre de Henri, côte à côte avec Narcisse et Diane en attendant que son époux ne revoive pas, Catherine ne s'empêcher de se sentir nauséeuse. Henri était quelqu'un d'assez controversé surtout quand on parle de son ressenti émotionnel ...
Diane, elle, arborait un grand sourire satisfait, alors que Narcisse était silencieux, posant simplement une principale réconfortante sur l'épaule de Catherine. Il savait qu'elle était un peu stressée, même si elle ne le disait pas.
Pendentif ce temps, Henri a fini son entretien avec son conseiller en commerce maritime. Ils parlaient tous les deux de choses importantes mais Henri était distrait. Il était fatigué car sa nuit avec une comtesse anglaise ne lui avait pas laissé beaucoup de temps et de sommeil, puis savait que Catherine, Diane et Narcisse arrivaient tous les trois dans quelques minutes, trois personnes qui ont grandi à priori pas grand choisi à faire ensemble ... Que se passait-il encore?
Il allait le savoir. Les grandes portes s'ouvrirent pour laisser apparaître la reine de France entourée de la favorite du roi et du duc Narcisse. Henri remarqua immédiatement que sa femme portait des cheveux à moitié attachés ce qui lui permettait d'admirer ses belles boucles qui roulaient sur ses épaules, mais, en regardant son visage, il a trouvé une mine préoccupée, fatiguée et assez indéchiffrable. Henri sentit qu'il n'allait pas aimer la discussion qui allait suivre.
Diane, retroussant ses lèvres dans un sourire qui se fait charmeur
-Henri, mon roi, vous devez nous demander pourquoi nous sommes tous les trois réunis devant vous ensemble être donné notre passif commun ... je vais être directe si vous le permettez mon cher, le seigneur Narcisse, la reine Catherine et moi- Même chose d'une solution à nos situations actuelles, qui nous serait profitable à tous.
Henri écoutait, ne saisissant pas exactement où sa maîtresse essayait d'en venir.
Il voyait Catherine qui luttait pour ne pas se décomposer à chaque mot de Diane et la fixer dans les yeux sans jamais s'en détacher. Elle a également plongé ses yeux noisettes dans les siens, une lueur étrange dans le regard, comme si elle essayait d's'excuser d'avance pour ce qui allait venir.
Diane continua:
-Henri, vous et moi sommes amoureux et nous avons longtemps rêvé de nous marier, une chose impossible impossible car votre femme n'avait aucune raison de procéder à une annulation de mariage. Cela a changé de voiture aujourd'hui, comme nous sommes amoureux, Catherine et Narcisse le sont aussi. Voilà pourquoi, avec votre accord, nous sommes tous les trois favorables à une dissolution de votre mariage et à votre remariage avec moi ainsi que celui de votre femme avec le duc Narcisse.
Henri a été attentif à chaque paroles qui tombaient sur lui comme des coups de massue.
Il regarde toujours sa femme dans les yeux tandis que Diane continue d'évoquer les détails de l'annulation de mariage. Il serra les dents, serra les poings, fit tout pour maîtriser l'avalanche douloureuse d'incompréhension, de regrets et de colère qui dévorait son âme. Les paroles de Diane venaient de fouetter en pleine face, Catherine mettait le lire dans ses yeux.
-Sortez.
Diane, ni Narcisse, ni Catherine ne s'exécutèrent pas immédiatement, trop éprouvée à se lancer des regards confus, Henri Hurla: Henri avait donné cette ordre d'un ton calme et inhabituel.
-Sortez!
Merci à tous ceux qui lisent mes chapitres et postent des critiques, vous ne savez pas à quel point cela m'encourage et moi fait plaisir!
Voilà, Henri est au courant ... et le moins on peut dire que la nouvelle risque de ne pas laisser le indifférent. Après tout, on sait que quand il s'agit de sa femme, il n'est jamais vraiment indifférent. Je posterai la suite rapidement, promis!
