Oui je sais, je suis encore en retard, mais j'avoue que j'ai du mal en ce moment, ce qui n'est pas aidé par la très charmante et courageuse personne qui m'envoie de longues reviews pleines d'insultes. Anonymes bien sûr. M'enfin bon. Plus de dix ans que j'écris des fanfictions, fallait bien que ça arrive un jour...


Chapitre 10 : Résurrection

Au final, son frère avait fini par écouter Scarlett et Rosemary avait passé quatre jours à Boston sur le matelas gonflable de Molly. C'était moins confortable que son lit, mais elle préférait ça à un pédophile notoire qui faisait une fixette sur Alice au Pays des Merveilles. Elle avait appris ça après avoir piqué l'ordinateur de la blonde pendant quelques minutes pendant qu'elle avait le dos tourné. Oui, parce qu'elle était privée d'internet chez elle aussi, son frère avait insisté pour qu'elle applique la punition et elle préférait ne pas contrarier le professeur, surtout qu'elle s'était un peu enfuie à l'improviste la dernière fois. Donc même là-bas elle avait passé son temps à lire, à pleurer et à rester étalée sur le canapé pendant que Molly était au travail. La seule différence c'était qu'il n'y avait pas Sayonara.

Le pauvre chat en avait d'ailleurs vu de belles : quand Rosemary était rentrée Scarlett l'avait enrôlée dans sa traque du gros félin, que les deux criminels avaient peinturluré en violet et rose avec du colorant alimentaire pour une raison qui lui échappait complètement. Il n'était pas en danger de mort mais il avait tout de même besoin d'un bain. L'ennui, c'était que la seule écoute du mot le faisait feuler. Les deux jeunes femmes avaient donc passé toute une après-midi à lui courir après et à le nettoyer. A part pour certaines tâches rougeâtres le chat était redevenu marron, au prix de nombreuses griffures. A ce niveau-là c'était pratiquement des blessures de guerre.

Depuis, il avait repris sa guérilla contre les doigts de pieds et ils ne le voyaient plus, sauf quand il fusait de sous les meubles pour les attaquer et repartir tout aussi vite avant rétribution. Jonathan lui avait assuré qu'il se lasserait d'ici quelques semaines. Ou d'ici à ce que Scarlett lui achète de la pâtée de marque. En fait c'était à celui qui craquerait le premier.

C'est pour cela qu'en se levant Rosemary enfila des grosses basquets avant même de toucher le sol. Il avait réussi à l'avoir une fois dès le matin comme ça. Elle ne savait pas du tout quand il avait pu entrer dans sa chambre, au point qu'elle suspectait que Sayonara était capable d'ouvrir et de fermer les portes sans faire de bruit tel un genre de chat mutant ninja. Il faudrait qu'elle demande à Jonathan s'il n'aurait pas par hasard fait des expériences sur lui parce que ça expliquerait beaucoup de choses.

Précautionneusement, elle ouvrit sa porte et regarda des deux côtés. Rien à gauche, rien à droite ; Pour le moment tout allait bien. Elle traversa le couloir sur la pointe de des pieds, consciente, que ça ne l'aiderait pas face à un petit monstre doté d'une ouïe trois cent fois supérieure à celle d'un humain. Elle atteignit le salon sans encombre, mais c'était calme. Trop calme. Alors qu'elle arrivait au niveau du canapé elle entendit un objet tomber et se figea. Est-ce que c'était lui ? Est-ce qu'elle devenait paranoïaque ? Tentativement elle posa une basquet par terre, prête à bondir. C'est là que le bruit des pattes inhumainement rapides de la bête la fit se jeter sur le dossier du divan en couinant de terreur pour ses chevilles. La chance fut avec elle, il ne parvint pas à la griffer et se contenta de plonger sous un meuble, retournant aux ténèbres qui l'avaient sûrement vu naître.

Les chats, c'était vraiment surfait. Un poisson rouge, ça c'était un animal de compagnie de qualité.

Méfiante, elle continua de scanner le sol pour le moindre signe de félin enragé, ne relevant le nez que quand Scarlett sortit de la cuisine. Pendant un instant, elle crut que c'était pour lui dire de venir prendre son petit déjeuner jusqu'à ce qu'elle voit la grosse bosse bleuissant sur son front. La rousse retint une exclamation horrifiée.

"Qu'est-ce que-"

Elle fit un grognement de cochon et pointa l'intérieur de la cuisine de son pouce sans s'arrêter de marcher. Une fois qu'elle fut sortie de la pièce Rosemary descendit de son perchoir. Est-ce qu'elle pouvait aller voir ? Peut-être que c'était une autre personne qui lui avait infligée ça et qu'elle voulait juste qu'elle aille demander des explications à son frère à l'intérieur. Oui, sans doute, se rassura-t-elle en approchant, Scarlett faisait de son mieux pour qu'elle ne soit pas en danger, alors ça ne devait pas être si grave, si ?

Elle passa le pas de la porte et dû s'appuyer contre le chambranle pour ne pas tomber.

Dans la petite pièce exiguë, un homme chauve immense dans un costume en cuir était appuyé dans un coin, tête rentrée entre ses épaules et ses deux mains proches de son visage comme s'il voulait se cacher dedans et se faire oublier du reste du monde, tandis qu'à table deux personnes se fusillaient du regard dans un silence tendu.

Jonathan et sa mère.

"Maman ?" Couina-t-elle sans pouvoir se retenir.

C'était impossible. Non. C'était un rêve bizarre où Karen était revenue à la vie mais refusait de la regarder. Il ne pouvait pas en être autrement ! Lionel était mort, ça elle l'avait vu et elle avait déjà disparu avant sa mort et… Si elle était en vie, pourquoi est-ce qu'elle ne voulait pas la regarder ? Pourquoi est-ce que tout le monde faisait comme si elle n'existait pas ? Elle serra le bois du chambranle plus fort. Ça ne pouvait pas être réel. Elle avait pleuré pendant des jours et aussi loin qu'elle ne se souvienne son frère n'avait jamais agi comme ça avec elle.

"Rosemary", commença-t-il justement, "il se trouve que Karen ici présente était encore en vie et n'a rien trouvé de mieux à faire que de menacer un de mes employés et le faire frapper Scarlett pour entrer ici."

Elle se retourna vers sa mère, sa bouche se fermant et s'ouvrant sans qu'elle ne puisse s'arrêter en voyant qu'elle ne niait pas. Elle avait fait quoi ? Sa mère, qui vivait depuis des années à la campagne où personne ne la respectait et où elle devait faire des heures supplémentaires toutes les semaines pour survivre, avait réussi à menacer un énorme criminel de deux cents kilos ?!

"Ne soit pas si surprise", dit- il acidement, "celui-là c'est une lavette de compétition."

Il se cacha le visage entre les mains et se pressa un peu plus contre le mur. C'était vrai qu'il n'avait pas l'air très menaçant non plus. Mais tout de même !

"Maman c'est vrai ?" Dit-elle d'une toute petite voix.

Elle ne répondit pas, ne la regarda même pas.

"Ta mère et moi en avons beaucoup discuté…"

Elle se pinça les lèvres. Dit comme ça, ça faisait comme s'ils étaient divorcés.

"… Et nous en sommes arrivés à la solution suivante." Il croisa les doigts sur la table. "Nous allons faire en sorte de calmer les choses de notre côté, pendant ce temps-là elle va prendre Gimp avec elle, puisque vous vous entendez déjà si bien tous les deux..." Le Gimp en question se ratatina un peu plus sur lui-même, si c'était encore possible."... et il l'aidera à déménager pour venir s'installer ici."

Le regard de Rosemary passa de l'un à l'autre sans qu'elle ne comprenne quoi que ce soit. Un jour elle apprenait que sa mère était morte et elle se retrouvait cloîtrée chez son frère dans une ville à des centaines de kilomètres de tout ce qu'elle avait connu sans aucun contact vers l'extérieur, puis voilà que Karen revenait d'entre les morts ! Ça commençait à faire beaucoup pour elle. Aucune réponse ne semblait adaptée à ce genre de situation ubuesque. Elle se contenta donc de hocher bêtement la tête, bouche entrouverte.

"Mais… Mais…" Elle balbutia en le voyant prendre une gorgée de sa tasse de thé, probablement pour ne pas avoir à regarder leur mère. "Mais qu'est-ce qui s'est passé en fait ? Je comprends pas…"

Il reposa lentement sa boisson et lui répondit.

"Ce qu'il s'est passé", articula-t-il lentement, "c'est que aussi étrange que ça puisse paraître Karen s'était bien absentée pour une semaine de vacance avec une collègue, en te laissant avec un criminel notoire…"

Rosemary sursauta en l'entendant faire une petite exclamation amère.

"Comme si tu pouvais parler."

Il serra la mâchoire, mais ne se jeta pas sur elle comme il l'avait fait pour Lindsey.

"Ne reporte pas tes propres erreurs sur moi." Dit-il froidement. "C'est de ta propre faute si tu l'as laissé seul avec Rosemary même après qu'il t'ai montré son casier judiciaire."

"Il avait fait sa peine." Répondit-elle, sur la défensive. "Il avait changé."

Il lui fit un petit sourire condescendant

"Oui, c'est ce qu'il avait dit. Toujours est-il que j'ai trouvé une dose de GHB sur lui et je me doute qu'en faisait le tri de ses affaires tu auras l'occasion d'en retrouver beaucoup plus si ça ne te convainc pas."

Rosemary se mordit la lèvre et croisa le regard effrayé de l'homme chauve. Ils les avaient complètement oubliés.

"Qu'est-ce qui me dit que ça n'est pas toi qui les auras mis là ?"

"Oh oui", ironisa-t-il, "c'est forcément de ma faute, c'est absolument impossible qu'après un égoïste infidèle et un analphabète violent tu te sois rabattue sur un pédophile en puissance. Et même si c'était ça, ça n'aurait rien à voir avec tes goûts ignobles en matière d'hommes, ça aussi ça serait de ma faute d'une façon ou d'une autre." Il souffla, rageur. "J'adore les réunions de famille !"

A ça, Karen se tu. Elle sentait qu'elle devait ravaler quelque chose mais pour une fois elle n'était pas du tout curieuse de savoir quoi. Voir les deux personnes qu'elle aimait le plus au monde s'affronter ainsi avait été un de ses cauchemars les plus communs pendant des années et le voilà qui prenait forme devant ses yeux. Sa tête tournait, son corps était transi et ses jambes menaçaient de céder sous son poids. Comment est-ce que toute sa vie avait pu dérailler si vite ? Depuis combien de jours avait-elle quitté l'école ? Une semaine ? Deux ? L'isolement lui avait fait perdre toute notion du temps.

"Je disais donc", il reprit devant son silence, "elle t'as laissé avec un homme qu'elle savait être un pédophile qui n'avait normalement pas le droit d'approcher une mineure à moins de cinquante mètres et ce qui devait arriver arriva, il a tenté quelque chose. Tu as eu peur évidemment, tu m'as appelé, je suis venu te chercher et Lionel s'est pris une balle dans le cœur."

Sa mère déglutit en relevant la tête et Rosemary comprit. Une chape de plomb s'abattit sur elle et les larmes qu'elle retenait depuis le début de la discussion coulèrent librement. Elle pensait que c'était de sa faute. Sa mère… Karen lui en voulait parce que Lionel était mort. Mais qu'est-ce qu'elle pouvait faire d'autre ? Elle n'allait pas lui donner le feu vert ! Et puis s'il voulait la toucher elle, ça devait vouloir dire qu'il n'aimait pas vraiment sa mère, non ? Pourquoi est-ce qu'elle … Pourquoi ?

"Je suis désolée", dit-elle entre ses larmes.

Karen ouvrit la bouche mais il la coupa préemptivement, se tournant enfin vers elle pour la regarder droit dans les yeux avec une intensité qui la fit presque reculer.

"Tu n'as pas à être désolée. Pas pour ça. Jamais pour ça. Tu as écouté ton instinct de survie, ce qui t'as épargnée d'un viol. Ne t'excuse jamais d'avoir eu raison et encore moins pour ça."

Elle hocha faiblement la tête mais il avait déjà recommencé à maudire Karen du regard.

"Après ça, il continua comme si rien ne s'était passé, je t'ai ramenée en sécurité à Gotham. Malheureusement la Babcock dont tu me parlais avait déjà signalé ton cas aux services sociaux parce que Karen ici présente est si merveilleusement maternelle. Cette dernière regarda ailleurs, un de ses doigts tapotant nerveusement sur la table. Un assistant social est donc arrivé à votre domicile pour le trouver abandonné et a sonné l'alerte, d'où les affiches."

A l'air un peu perdu de Karen, elle ne connaissait pas le nom de sa prof d'anglais. Elle aurait dû s'en douter puisqu'elle ne venait jamais aux réunions parents-professeur, mais elle ne put s'empêcher de ressentir un petit pincement au cœur.

"Karen a donc enfin comprit que quelque chose s'était passé et a conclu que je devais forcément être la source de ses problèmes parce que c'est toujours de ma faute. Elle a donc roulé jusqu'ici, a trouvé la larve ici présente-" Il fléchit en couinant. "Toi, fais-toi oublier."

Rosemary ne pensait pas l'avoir jamais entendu utiliser un ton aussi agressif, même quand Lindsey et Scarlett se chamaillaient, ou quand il menaçait le chat.

"Elle l'a menacé jusqu'à ce qu'il l'amène ici. En les voyant arriver Scarlett a crié pour m'avertir, il l'a assommé et je suis arrivé pour… Calmer ses ardeurs."

Les tremblements irrépressibles qui faisaient frémir ses gros muscles firent un peu pitié à Rosemary… Mais elle ne put s'empêcher de penser qu'il l'avait tout de même un peu cherché. C'était cruel, mais il avait fait du mal à Scarlett.

"Pour une fois elle avait raison, et voilà où nous en sommes." Il se tourna vers le Gimp, qui avait l'air au bord des larmes, et ajouta d'une voix doucereuse. "C'est d'autant plus vil de ta part Gimp, parce que combien de fois est-ce que Scarlett a détourné mon attention pour que je ne te punisse pas ? Est-ce que tu les as seulement comptées ?"

Il secoua la tête et les lèvres de son frère se fendirent en un sourire malsain qui dévoilait ses dents tordues sans monter jusqu'à ses yeux. Rosemary détourna les yeux quand il se mit à pleurer.

"Il va falloir que nous les comptions ensemble alors ?"

"Laisse-le tranquille !"

Son expression redevint haineuse quand il se détourna de sa proie pour Karen, qui s'était levée de sa chaise. Il se leva lentement à son tour et lui désigna la porte d'un bras.

"Il me semble que vous avez un déménagement à préparer ?"

Elle se redressa de toute sa hauteur, qui n'arrivait pas au menton de son fils, avant de commencer à sortir de la pièce à grand pas. Gimp la suivit en faisant un très grand détour pour éviter Jonathan. Quand elle passa auprès d'elle sans la regarder, Rosemary la retint par la manche, le visage brouillé de larmes. Tout ce qu'elle avait voulu ces derniers jours c'était se jeter dans les bras de sa maman, mais maintenant qu'elle était là elle n'en trouvait pas la force.

"Je ne viens pas avec vous ?"

Karen ne la regardait toujours pas.

"Non. Mais en revenant, il faudra qu'on parle."

Elle retira son bras d'un coup sec et continua son chemin. Sa fille la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle sorte, et même après cela elle fixa le mur du couloir à travers la porte pendant que son frère la prenait dans ses bras et qu'elle serrait ses côtes à lui en faire mal, terrorisée à l'idée qu'il puisse partir aussi.

Rosemary resta là toute la matinée à pleurer silencieusement en pensant à des choses horribles.

Elle se demandait si sa mère n'aurait pas préféré que Lionel la viole.


Merci à Skaelds pour la review, prochain chapitre le 25.

- Crane expérimente sur des rats, pas sur des chats. Sayonara est juste un chat ninja. Voilà.

- Pour ceux qui lisent Carnet de Bal, vous connaissez déjà Gimpy, qui vient de Balent's Catwoman : Return of The Scarecrow, tout comme Scarlett.

-Pourquoi je représente Karen Keeny comme ça ? Déjà, dîtes-vous que tout ce qu'on sait de son passé on le sait de Jonathan, qui la déteste, et que pour la plupart ces informations il les tient de Mamie Keeny la psychopathe qui la détestait aussi. Donc CERTAINES SONT FAUSSES.

Pour son présent par contre… Dans la bédé, on a vu qu'elle avait eu un enfant avec un soldat de passage, puis vingt ans après un autre enfant avec ce même type qui l'avait déjà abandonnée et était marié avec deux enfants, et ensuite elle s'est mariée avec un gros fermier obèse et abusif. Donc oui, il est canon que son goût en matière d'hommes est plus que douteux. A côté un Lionel tout gentil qui se dit repenti, aide financièrement et semble vraiment l'aimer, ça devait être le Graal pour elle… Et là voilà qu'il est mort et une personne en qui elle n'a aucune confiance lui dit qu'il avait tenté de violer sa fille. Son déni n'est pas vraiment contre Rosemary en particulier, c'est contre Jonathan, mais comme Rosemary appuie la version de Jonathan (parce que, bah, c'est vrai, et c'est elle la victime) alors pour Karen elle passe dans la case des gens en qui elle n'a pas vraiment confiance.

Pour le fait que ce soit une mère négligente, encore une fois C'EST CANON : lors de sa deuxième et dernière apparition dans les comics on apprend qu'un an après elle a déménagé en ville après avoir perdu la garde de sa fille pour négligence et travaille pour essayer de la récupérer, mais elle désespère et tente de se suicider dans Deadman : Unbearable Loss après avoir vu un meurtre laissé là par son fiston, qui décidément refuse de lâcher le morceau. Deadman la sauve et lui remonte le moral, mais je doute que ça efface des années de trauma.

Oui c'est sombre, mais je vous rappelle que cette fic est classée Drame hein.