Chapitre 11

Cela faisait trois jours que Karen était repartie en Géorgie. Trois jours que Rosemary n'avait pas eu de nouvelles de sa mère après qu'elle l'aie quittée si froidement et elle ne savait pas quoi faire. Les deux premiers jours elle avait désespéré de ne pas recevoir de coup de fil avant de se dire qu'après tout elle avait elle aussi un portable et l'avait appelée. Deux appels, aucune réponse, et Rosemary était de retour en position fœtale sous la couette avec le chat. Jonathan était furieux, il ne disait rien mais la tension de ses muscles et de sa mâchoire était suffisamment parlante. De son côté Scarlett essayait de passer le plus de temps possible dans la chambre de Rosemary, qui s'était rabattue dans son mutisme, mais elle voyait bien que la jeune femme était très stressée. Elle hurlait deux fois plus fort au téléphone quand elle passait des commandes pour son frère et laissait tomber des choses en jurant alors qu'elle ne l'avait jamais vue être maladroite avant. Au final, le seul à être à peu près calme c'était Sayonara, qui avait dû avoir pitié d'eux parce qu'il n'attaquait plus leurs pieds et avait recommencé à tenir compagnie à Rosemary.

Au moins, on lui avait rendu son téléphone. Maintenant elle avait accès à internet mais elle n'avait pas le cœur de se bouger ne serait-ce que pour pianoter sur l'écran. En quoi ça pourrait l'aider ? Son problème c'était que sa mère la reniait parce qu'elle ne s'était pas laissée violée par son pédophile de petit ami. Elle était dévastée évidemment, mais plus le temps passait et plus elle sentait sa colère et sa frustration bouillir entre ses côtes. Pourquoi est-ce qu'elle devait être triste et désolée pour ça ? Ce n'était pas de sa faute si elle avait décidé de sortir avec lui, si sa mère était déçue. Alors oui, elle l'aimait, mais il lui avait menti et avait fait du mal à sa fille. Rosemary était la victime ici, pas Lionel ou Karen. C'était à cause de ses choix qu'elle avait souffert, qu'elle avait eu assez peur pour appeler Jonathan, qu'elle avait été si seule pendant si longtemps. C'était injuste qu'elle doive être punie parce que les adultes dans sa vie n'étaient pas capables de faire leur boulot correctement.

Alors elle s'était relevée avec un nouveau regard sur son frère, qui depuis très longtemps disait qu'il marchait à la rage pure et la caféine. Habitée par ce même sentiment elle était sortie de sa chambre avec un plan, probablement crée trop impulsivement pour fonctionner mais qui remettrait ses idées en place. Depuis le tout début on lui avait déjà menti au moins deux fois sur sa situation. S'il leur venait à l'idée de recommencer elle voulait apprendre toute la vérité avant.

Rosemary voulait savoir d'où venait Lionel, ce qu'il s'était passé avec la Grand-Mère Keeny, pourquoi sa mère n'avait pas élevé son frère, comment il avait réussi à la contacter quand elle était tout petite mais surtout, il allait falloir qu'elle arrête de se cacher la tête dans le sable et qu'elle enquête sur ce qu'il faisait réellement à Gotham.

Tordue entre la peur de tout ce qu'elle allait découvrir et son réel besoin de savoir, elle prit le chat dans ses bras pour se donner du courage une fois que la maison fut vide et se dirigea vers la trappe du grenier. Ils devaient bien garder des choses importantes là-haut, des papiers, des photos, des souvenirs peut-être ? Quoi que ce soit, il fallait bien commencer quelque part. Tout le monde était parti à un genre de rendez-vous, mais elle regarda tout de même des deux côtés en sortant dans le couloir. Avec sa chance, Jonathan aurait pu envoyer un autre employé qu'elle ne connaissait pas encore pour la surveiller. Elle traversa l'appartement et lâcha Sayonara pour ouvrir précipitamment la trappe. Même si elle s'y attendait, le bruit la fit sursauter une nouvelle fois. Sentant les pulsations de son cœur dans sa gorge elle monta les barreaux quatre à quatre, puis elle sortit son téléphone pour éclairer. Il n'y avait eu aucun changement depuis la dernière fois, les cartons attendant toujours qu'on les ouvre sous une couche de poussière. Personne ne la guettait dans les ténèbres pour la prendre sur le fait. Elle prit une grande inspiration, éternua à cause de la poussière et se mit au travail.

Plus elle ouvrait de cartons, plus elle était frustrée. Ils ne contenaient que des choses complètement typiques qu'on trouverait dans n'importe quel grenier : des vêtements d'hiver, du petit électroménager dont on n'avait pas l'utilité comme une machine à coudre au plastique jauni ou un grille-pain qu'on n'avait jamais sorti de sa boîte. Il y avait une glacière dans un coin, des manteaux épais, des bottes de pluie, une sonnette en forme de cavalier sans-tête... C'était très décevant de la part d'un super vilain. Où étaient les pistolets laser caduques et les trophées récupérés sur la carcasse de ses ennemis ? En même temps, se dit-elle, ses antagonistes favoris c'était Batman et sa mère et il avait toujours pas réussi à vaincre ni l'un ni l'autre. Ca expliquait cette absence-là, mais le reste ?

A force de fouiller elle finit quand même par découvrir deux cartons dans lesquels il avait rangé ses vieux costumes qu'elle observa avidement, elle qui ne les avait jamais vu qu'à travers un écran. De près, certains avaient l'air très bêtes, costumes à cinq dollars qu'on achèterait au dernier moment pour Halloween, un autre n'avait pas de haut, il avait sans doute dû être déchiré dans un combat avec Batman. Il y avait des tissus noirs, oranges, marrons, une paire de longues chaussettes rayées vertes et noires qui avaient dû appartenir à Scarlett, mais en général il n'y avait pas beaucoup de couleurs. Ça ne l'étonnait pas, Rosemary l'avait toujours vu s'habiller dans des tons neutres.

Puis, de la pile de vêtements en toile de jute, elle sortit un corset.

Sa première réaction fut de rougir, pensant qu'elle avait trouvé quelque chose qui appartenait à sa petite amie, puis elle se rendit compte que ce n'était pas du tout à sa taille. Scarlett n'était pas aussi plate et sa taille avait beau être fine, elle n'aurait jamais pu rentrer là-dedans. Prise d'un affreux doute elle le pressa contre son torse.

C'était à sa taille.

Elle le jeta à l'autre bout du grenier. Même de là il lui semblait qu'il la narguait, avec ses rubans rouges et son cuir rapiécé. Non, ça ne pouvait pas être pour elle, ça ne faisait aucun sens. Ça devait être un vieux costume de Molly, puisqu'il faisait tout son possible pour garder sa petite sœur le plus loin possible de ses activités. Mais, lui souffla une pensée pernicieuse qu'elle ne put retenir, Molly était trop musclée pour rentrer dedans. Elle déglutit, ravalant sa bile et se remit au travail, sentant toujours la présence maléfique du corset derrière elle qui la faisait douter de tout. Ce n'était pas en se rongeant les sangs à propos de ça qu'elle allait comprendre tout ce qu'il se passait autour d'elle et s'il y avait bien une chose dont elle était absolument certaine, c'était qu'il ne voulait pas changer sa petite sœur en mini vilain. Il lui avait rabâché des millions de fois à quel point il trouvait cela répugnant que le prétendu Chevalier de la ville enrôle des enfants de dix ans dans des costumes colorés et les jette à la figure de psychopathes, surtout parce qu'il cherchait toutes les raisons possibles et imaginables pour le critiquer. Cependant il n'était pas hypocrite à ce point donc la vérité était ailleurs.

Ceci dit…

Lentement Rosemary se retourna pour regarder le corset et se mordit l'intérieur des joues. Il n'était sans doute pas pour elle, mais il était à sa taille. Il y avait de la teinture qui passait au lave-linge sur les étagères au-dessus du lave-linge. Un nécessaire de couture dans un autre carton à côté d'elle. Suffisamment d'épingles à cheveux dans les affaires de Scarlett pour ouvrir un coffre-fort. Et assez de toile de jute sous ses mains pour faire en sorte qu'on la prenne pour un des fans les plus dérangés de son frère. Il avait déjà mentionné avoir eu des problèmes avec certains d'entre eux. Personne ne s'en douterait, elle ne serait qu'une usurpatrice parmi tant d'autres.

Rassemblant tout son courage, elle souffla lentement et descendit chercher des croquettes pour déloger Sayonara.

Elle avait beaucoup de travail devant elle.


Précautionneusement, Rosemary remonta sa main vers la prochaine rose en pierre, puis tira sur ses bras en même temps qu'elle poussait avec ses jambes pour arriver à la hauteur des fenêtres de la Bibliothèque Universitaire de la Faculté de Droit de Gotham.

A sa grande surprise, s'enfuir de l'appartement de son frère au milieu de la nuit avait été ridiculement facile. Tout ce qu'elle avait eu à faire c'était attendre avec l'oreille collée contre la porte jusqu'à ce qu'il aille se coucher avec Scarlett vers quatre heures avant de se glisser par la fenêtre à côté de sa chambre pendant qu'ils étaient autrement occupés. Ça avait été très embarrassant, mais au moins ça avait marché. Ils ne devaient pas s'attendre à ce qu'elle lui désobéisse ainsi. Si elle devait être parfaitement honnête, Rosemary devait admettre qu'elle ne s'y attendait pas non plus. Pendant toute sa traversée des rues sombres de Gotham, engoncée par un grand manteau à capuche élimé, son cœur avait battu la chamade à l'idée d'être attaquée, ou pire, que l'Epouvantail vienne la chercher lui-même. Si ça arrivait, le petit taser qu'elle avait pris dans le porte-parapluie risquait de ne pas lui être très utile contre un grand méchant bien remonté et prêt à lui casser la figure. Donc la moitié du trajet jusqu'au monorail se fit en courant, elle se tordit les mains dans son siège durant le voyage, puis elle se remit à courir une fois arrivée à destination, très contente qu'on ne l'ait pas démasquée. Elle aurait vraiment eu l'air très bête si on la police l'avait arrêtée lors de sa toute première sortie en costume.

Non pas qu'elle comptait recommencer.

Elle disait juste ça comme ça.

La chance lui souriait cette nuit. Le grand bâtiment de style néo-classique –classe et administratif dans l'esprit de Rosemary- avait de larges interstices entre chaque bloc de pierre que personne n'avait cru bon de remplir par manque de fonds et là où il n'y en avait pas l'architecte avait ajouté bon nombre de bas-relief qui rendirent son ascension encore plus simple que d'escalader la gouttière branlante de sa maison en Géorgie. Arrivée à une des fenêtres de la bibliothèque, elle sortit un genre de tournevis en métal avec une pointe brillante qui s'était trouvé dans la poche du manteau de son frère. Elle aurait bien pris plus de matériel, mais à part ça, le taser et une canette de toxine à moitié vide qui traînait sous le canapé c'était tout ce qu'elle avait pu obtenir vu qu'il avait changé le code de son laboratoire. Enfin, de toute façon elle ne savait même pas comment utiliser ce qu'elle avait déjà. Heureusement, il lui suffit de donner un bon coup dans la vitre pour qu'un énorme éclat apparaisse. Après deux tentatives elle parvint à faire un trou assez grand pour y passer sa main, attraper la poignée et ouvrir en grand.

La bibliothèque était très calme à cette heure de la nuit, baignée dans la pénombre à part pour les quelques carrés sous les vitres où le sol de lambris sombre brillait sous la lumière des lampadaires. Il n'y avait aucun étudiant entre les rayonnages, pas le moindre signe de vie qui trahirait un vigile. Les tables de travail étaient vides, les lumières éteintes. Le silence oppressant de ces lieux la fit hésiter. Est-ce que s'introduire dans une faculté en cassant une fenêtre ça comptait comme de la violation de domicile ? Elle secoua la tête et sauta sur le sol. Ce n'était pas le moment de penser à ça, si elle restait plantée là trop longtemps quelqu'un allait finir par arriver et là elle serait bien embêtée.

Elle louvoya inutilement entre les immenses bibliothèques remplies d'encyclopédies de droit qu'elle n'aurait jamais le temps de lire en toute une vie pour atteindre le coin reculé où étaient alignés les ordinateurs, sursautant à chaque fois que sa jupe de toile froufroutait un peu trop fort. A la réflexion peut-être qu'elle aurait dû opter pour un pantalon, mais ça aurait été beaucoup plus long à coudre. Sans perdre de temps elle brancha son téléphone à la première colonne venue et alluma la machine. Il n'y avait pas de code d'accès mais ils étaient vieux et mettaient du temps à démarrer dans un grincement qui résonnait trop pour qu'elle se sente bien. Si on lui trouvait un ulcère avant ses vingt ans elle blâmerait cette nuit, Jonathan était malade d'avoir choisi une carrière pareille ! Elle serra les dents et prit son mal en patience. Finalement l'écran afficha la page d'accueil bleue ornée du logo des Knights, l'équipe de Foot locale. Elle double cliqua sur l'icône de la banque de données à côté du heaume et entra le nom de son frère dans la barre de recherche. Ce qu'elle n'avait pas escompté c'était que Jonathan et Crane sont tous les deux des noms horriblement communs et elle se retrouva devant une longue liste de litiges qui n'avaient rien à voir avec lui.

Alors, elle croisa les doigts et tapa 'Epouvantail'.

Là elle trouva ce qu'elle cherchait et ce n'était pas beau à voir. Meurtres, vols, crime organisé, attaque à l'arme chimique, prise d'otage, chantage, kidnapping, destruction de preuves, faux témoignage, ivresse publique et même outrage à la pudeur après qu'il ait tenté un rituel satanique à la téquila en slip de bain dans le jardin du maire. Rosemary commençait à croire que Jonathan voyait le code de loi des Etats-Unis comme une liste de courses à cocher. C'était très tentant mais elle n'avait pas le temps de tout lire, il y avait des centaines de cas passant des actes farfelus aux choses horribles qu'elle n'aurait jamais voulu voir. Néanmoins elle avait une mission. Elle commença à les télécharger en maudissant la lenteur de l'ordinateur.

"C'est plus l'heure pour écrire une thèse !"

Rosemary se figea. Oh non. C'était pas vrai. Elle n'était même pas fichue de rentrer dans une bibliothèque sans se faire prendre. Bon, pas de panique. Elle avait lancé une petite phrase à la James Bond, si elle faisait ça elles pourraient discuter un peu, ne serait-ce que par pur plaisir de rajouter du suspense à cette situation. Elle se retourna lentement et se leva en retirant son manteau pour révéler son costume. Il n'était pas très impressionnant, une petite cape avec un chaperon noir, un masque d'épouvantail, le corset et une jupe noire qui lui arrivait aux genoux, mais ça lui semblait être quelque chose que le vilain dans un film ferait pour le style en voyant le gentil. La fille en face d'elle, debout sur une table avec ses poings serrés sur ses hanches, avait l'air à peine plus vielle mais ça ne la calma pas pour autant. Dans cette ville les enfant-soldats c'était commun si on en croyait son frère. Certes elle savait se battre mais elle ne l'avait jamais vraiment fait. A l'école elle baissait la tête et ne cherchait pas la confrontation. Si elle avait plus d'expérience que Rosemary, elle allait n'en faire qu'une bouchée. Ses doigts se refermèrent sur son taser et elle compta jusqu'à dix pour se calmer.

A ce moment précis, elle n'était pas Esther Rosemary Keeny, la fille pauvre et un peu nulle dont tout le monde se moquait, avec sa mère qui ne s'occupait pas d'elle, son pseudo beau-père pédophile, ses longs membres maigres et son acné dévorante. Elle était une criminelle en costume, assez grande pour être adulte, sortant des ténèbres avec un taser chargé à bloc et un tournevis qui pouvait couper à travers la chair.

"Un problème ?" Dit-elle avec un calme qu'elle ne ressentait pas.

"C'est pas bien légal d'entrer ici par effraction…" Dit-elle d'un air moqueur, sourire clairement visible sous son masque qui ne cachait ni sa bouche, ni ses yeux, ni ses sourcils, mais l'affublait d'une grosse paire d'oreilles de chat roses.

Rosemary haussa les épaules.

"Et alors ? Tu viens de le faire, non ?"

"Oui, mais moi je suis Catgirl !"

La fameuse Catgirl la regardait fièrement, comme si l'évocation seule de son nom aurait dû l'emplir de terreur. Sauf qu'il y a moins de deux semaines, Rosemary avait arraché le cœur du petit ami de sa mère alors elle garda le silence quelques secondes sans réagir pour laisser planer le doute et la mettre mal à l'aise.

"… Pardon ?"

"CAT- GEUUUURL ! L'acolyte de Catwoman ! La plus grande ennemie d'Enigma ! Catgirl quoi !"

"Connais pas."

En fait si, maintenant qu'elle le disait elle se souvenait qu'il y a au moins un an Jonathan lui avait annoncé avec un certain amusement que Catwoman, le Joker et le Sphinx avaient décidé de faire comme les super-héros et de prendre des gamines sous leurs ailes. Ça avait duré deux mois, puis ils les avaient renvoyées. Duela et Enigma, elle les connaissait surtout parce qu'elles avaient été membres et ennemies des Teen Titans avant, et qu'aucun adolescent américain digne de ce nom ne connaissait pas les Teen Titans. Même elle qui était coincée dans sa bulle à l'école prenait quand même de leurs nouvelles occasionnellement, faisant des rêves insensés où elle s'imaginait jolie, populaire avec des pouvoirs cools, c'était dire.

De son côté, Catgirl avait l'air légèrement outrée de ne pas être reconnue.

"C'est ! Enfin, bon, écoute. Je suis une héroïne, tu es une criminelle." Dit-elle en les désignant de la main l'une après l'autre. "C'est pas la même chose."

"Pourquoi ?"

"AHA !" Elle se redressa en pointant un doigt accusateur vers elle. "N'essaie même pas ! Si tu me dis qu'il n'y a pas de bien et de mal je-"

"Non mais je veux dire, pourquoi je suis une criminelle ?" La coupa Rosemary. "Oui je suis entrée par effraction, d'accord, mais c'est juste pour voir un truc sur la base de données et ça c'est pas illégal." Sentant Catgirl hésiter devant tant de logique, elle ajouta "Tu peux même rester si tu veux, je fais rien de mal."

"Ton costume !" Finit-elle par dire en désespoir de cause.

Rosemary jeta un coup d'œil vers sa jupe avant de relever le nez vers le justaucorps rose et violet de Catgirl, ses manchons couverts de strass et ses converses roses à talons avec une tête de chat à la place de l'étoile. Elle ne dit rien, mais pensa beaucoup.

"Quoi mon costume ?"

"Il est noir et rouge ! Noir et rouge c'est des couleurs de vilains ! Les héros portent des couleurs !"

"Batman est en noir, Batwoman en rouge et tous les vilains de Gotham ont des costumes colorés."

Sauf Jonathan, mais elle ne le lui rappela pas, trop contente de voir un air perdu se dessiner sur son visage. Tentant le tout pour le tout, elle lui tourna le dos et se rassit devant l'ordinateur pour lui faire comprendre qu'elle en avait fini avec elle, comme un vilain de James Bond. C'était cool d'être un vilain de James bond.

Catgirl soupira avec agacement et descendit de la table pour s'approcher d'elle. Rosemary se força à ne pas réagir quand elle se pencha pour lire par-dessus son épaule.

"Oh." Dit-elle avec un reniflement amusé. "Pourquoi tu regardes ça ? T'es fan ?"

"Non, pas du tout." Elle répondit honnêtement. "J'en ai besoin c'est tout."

"Pour quelqu'un qui est pas fan ton costume ressemble quand même pas mal au sien."

Elle marquait un point.

"Ça veut pas dire que je suis fan, ce serait bizarre."

"En quoi ce serait bizarre ?"

"Ça, c'est à moi de le savoir et à toi de te le demander" dit-elle mystérieusement.

Catgirl ne répondit pas et elle se félicita de s'être souvenue d'une phrase aussi cool. Qu'elle avait piquée à son frère. C'était pas grave, la brune ne la connaissait pas et devait maintenant penser que Rosemary était très rusée, c'était tout ce qui lui importait. Une fois qu'elle eut fini elle débrancha son téléphone, éteignit l'ordinateur et allait sortir par la fenêtre quand quelque chose lui vint à l'esprit :

"Comment est-ce que tu es entrée au fait ? Je t'ai pas entendue casser de fenêtre."

Catgirl bomba le torse et prit un air beaucoup trop sûr d'elle pour être honnête.

"Et bien tu n'as peut être pas entendu parler de moi, mais je suis déjà connue comme étant l'une des plus grande escapiste du monde !"

Elle la regarda sans rien dire, son masque cousu en un air sempiternellement dubitatif. Son sourire condescendant se flétrit petit à petit jusqu'à ce qu'elle soupire et grommelle une réponse beaucoup plus réaliste.

"…La porte de la sortie de secours en bas est cassée, j'ai pris les escaliers."

Rosemary eut presque envie de laisser sa tête tomber contre le rayonnage le plus proche. Elle n'avait pas du tout pensé que si personne ne s'était donné la peine de payer pour un ravalement de façade, il y aurait probablement des brèches de sécurité à exploiter. Pour le coup, elle aurait des crampes pour rien.

"C'est par là si tu veux ?"

Après avoir pensé un instant repartir par la fenêtre pour rester classe, elle réalisa qu'elle serait ridicule s'il lui fallait plus de temps pour descendre le long de la façade qu'il n'en faudrait à Catgirl en prenant les escaliers, alors elle remit son manteau et l'accompagna.

Elles continuèrent de discuter ensemble en sortant, chacune cherchant à paraître plus cool qu'elle ne l'était réellement dans l'espoir d'intéresser l'autre.

Rosemary revint à l'appartement avant sept heures avec le numéro de téléphone de Catgirl.

Non pas qu'elle comptait recommencer.

Non, non, non.

Juste comme ça.


Merci à BlueVassilissa pour la review, prochain chapitre le 1er Juin.

-Le costume de Catgirl est le vrai, vous pouvez vérifier. Et son histoire est tellement wtf dans les comics ? Je suis désolée mais une gamine qui s'habille comme ça et dit 'nan mais ta gueule avec mon vrai nom, c'est catgEUUUUUUURL' n'est pas incroyablement mature et intelligente pour son âge et une des meilleures voleuse et escapiste au monde à 13 ans. Non. Juste non. Et non, elle n'a pas naturellement les yeux jaunes et les cheveux roux (alors que personne dans sa famille italienne ne possède ces traits extrêmement rares) et n'est pas née d'une union incestueuse entre Sophia Gigante et son père. Non. Son histoire sera ici infiniment plus cohérente, c'est-à-dire que c'est une petite princesse de la mafia en phase rébellion.

-La sonnette en forme de cavalier sans tête vient d'un petit OS avec Crane et Scarlett où il mentionne que Toymaker la lui a offerte en bonus contre quelque chose qu'il avait fait pour lui dans le cadre de la Société secrète des supers vilains. Parce que oui, Crane est un membre de pas mal de sociétés de super vilains (Injustice League, Injustice Gang, Secret Sociey of Super Villains, Legion of Doom) et est un membre fondateur de deux d'entre elles.

-Les chaussettes rayées sont bien à Crane, c'est celles qu'il porte dans le comics de Balent où on le voit avec Scarlett et Gimp. Le costume sans haut est une référence à Batman : Arkham Asylum. Le costume de femme avec le corset est celui qu'il avait conçu pour Becky Albright.

-Les Knights de Gotham sont bien l'équipe de foot locale ! Ils sont apparus dans quelques bédés mais les mentions les plus notables sont dans le dernier film des Nolan, où Bane massacre le terrain lors d'un de leurs matchs avant de faire son allocution télévisée, et dans la série Gotham où les Cheerleader sont kidnappées. J'adore la petite phrase d'encouragement qu'elle crient d'ailleurs -Score Gotham score ! Hit 'em where it hurts n' knock 'em to the floor ! / Marque Gotham Marque ! Frappe là où ça fait mal et fout les à terre ! ).