Chapitre 12
Pour la troisième fois cette semaine, Rosemary entendit un vibreur la réveiller à sept heures du matin. Pour quelqu'un qui avait pris l'habitude de ne pas bouger de son lit avant la mi-journée c'était carrément indécent. Trop molle pour étendre son bras vers le téléphone, elle se replia sur elle-même pour rabattre la couverture sur ses yeux, comme si ça allait changer grand-chose. Ça ne changea rien bien sûr, les textos continuaient d'affluer toutes les deux minutes, comme ils l'avaient toujours fait jusqu'à présent. On pouvait dire beaucoup de choses de Catgirl mais elle était persistante.
Et elle se levait beaucoup trop tôt.
Pourtant après leurs activités de la nuit dernière on aurait pu penser qu'elle ferait la grasse matinée. Après maints échanges téléphoniques pendant lesquels la brune la harcelait pour qu'elles partent à l'aventure, Rosemary avait fini par céder, ne serait-ce que pour ne pas perdre sa présence enquiquinante et étrangement réconfortante. Ça devait être parce que c'était la première fois qu'elle tenait des conversations normales de préado normale, ou au moins quelque chose d'approchant. Catgirl râlait parce que son grand-père refusait qu'elle se teigne les cheveux, parce qu'il la faisait se lever à sept heures pendant les grandes vacances, elle voulait en savoir plus sur Rosemary, elles cherchaient des blagues sur internet, discutaient de super-héros, de super-vilains, des craies de couleurs lavables pour cheveux que son grand-père refusait qu'elle utilise, des avantages des collèges avec et sans uniformes… Bref, Rosemary avait passé tout son temps sur son téléphone ces derniers jours, ce qui n'avait choqué personne parce que ça ne changeait pas de d'habitude.
Et puis Karen était revenue. Avec beaucoup de regrets elle se sépara de sa petite chambre, sa wifi, Sayonara, Scarlett et Jonathan pour s'installer dans un deux pièces exigu avec sa mère qui ne lui parlait toujours pas. Le premier jour Karen était partie avant qu'elle ne se lève, lui laissant un mot pour dire qu'elle allait chercher du travail et était revenue après qu'elle soit partie dormir chez son frère. Le lendemain elle avait passé sa journée avec une boule au ventre, ayant peur que sa mère l'appelle et peur qu'elle ne l'appelle pas. C'était Gimpy qui avait reçu un message de Karen dans la soirée lui disant de revenir et il l'avait ensuite transféré à Scarlett, qui le lui avait dit. Elle n'avait pu se retenir de fondre en larmes en entendant ça. Scarlett avait tenté de la rassurer, lui faisant un câlin tout en lui disant que peut-être qu'elle ne savait pas pour son téléphone, que c'était pas si grave et qu'elle pouvait revenir quand elle voulait. Mais elle l'avait quand même ramenée. La pièce à vivre était très spartiate pour le moment, tout était encore dans les cartons que Karen n'avait pas ouvert. Parce qu'elle n'était jamais là. Elle savait d'avance qu'elle ne serait pas là avant que Rosemary ne se soit endormie sur son matelas posé à même le sol parce que son lit était appuyé contre un mur de la pièce à vivre, dans une pièce aussi petite qu'un placard où il n'y avait de place que pour une commode et un lit, très serré, avec des murs jaunis par la cigarette et une moquette marron brûlée par endroits.
Elle avait pris son téléphone et rejoint Catgirl.
Rosemary ne savait pas si elle devait être rassurée ou non qu'elle ait voulu voler de l'argent dans le coffre d'un homme riche. Vu qu'elle ne voulait vraiment pas qu'on puisse prendre de photos d'elle de peur que son frère la reconnaisse, c'était bien parce qu'il n'était censé n'y avoir personne dans son appartement cette nuit-là. D'un autre côté… C'était un vol. Quand elle avait fait remarquer à Catgirl que les héros ne volent pas dans l'espoir qu'elles fassent autre chose, celle-ci lui avait répondu que si Catwoman pouvait voler des gens et être une héroïne quand même, il n'y avait aucune raison pour que ce soit différent avec Catgirl. Rosemary n'avait pas trouvé de réponse et elles s'étaient infiltrées par la fenêtre grâce au grappin de sa partenaire, qui avait comme super pouvoir d'être assez riche pour se payer du bon matériel. Au final tout s'était bien passé, même si elle était encore plus stressée –silencieusement- que lorsqu'elle était entrée dans la bibliothèque. En entendant un garde arriver Rosemary avait filé dans un coin, ce que Catgirl prit pour de bon réflexes alors que c'était de la panique, et avait réussi à le gazer avec un somnifère pendant qu'il visait Catgirl. Il ne l'avait même pas vue et personne n'avait été blessé. Pour le coup, elle se félicita d'avoir fouillé tout l'appartement de son frère pour trouver un masque à gaz et une canette à moitié vide. Après ça, les deux jeunes filles avaient laissé un sac plein de billets à un refuge pour chats abandonnés. Catgirl lui avait proposé de laisser sa signature sur le mot qui allait avec pour ne pas en retirer toute la gloire mais elle lui avait répondu que sa part du butin lui suffisait. Ensuite elles avaient discuté sur un toit jusqu'à cinq heures avant de rentrer chacune de leur côté. C'était terriblement grisant et ça lui donnait encore moins envie de rentrer, mais par contre c'était compliqué de se lever aux aurores après ça.
Ce fut donc avec très peu de motivation qu'elle attrapa son portable et regarda tous les messages que Catgirl lui avait laissés.
Je suis trop morte ! Ça va ?
UGH
Pater Familias me saoule.
UGH UGH UGH !
Tu fais quoi ?
Typique. Il n'y en avait pas un d'intéressant dans le lot. Elle se rallongea sur son matelas et lui répondit vite fait.
Fatiguée. C'est pas une heure pour se lever.
Est-ce qu'elle comprendrait l'insinuation ?
UGH. Mais trop. Mon grand-père me saoule ! Tant que tu vivras sous ce toit et BLA BLA BLA ! Tu vois le genre ?
Apparemment non. Ou alors elle l'avait parfaitement comprise et voulait juste de la compagnie. Peut-être qu'elle se trompait, mais Rosemary avait l'impression que Catgirl se sentait très seule malgré son entourage.
Assez oui. Je vais voir si ma mère m'a laissé des trucs à faire.
Bon courage ! Moi je dois descendre manger avec la familia. Pff...
Rosemary, elle, n'avait pas besoin d'une 'familia' pour se sentir seule. Elle regarda le plafond pendant quelques secondes en se demandant si ça valait le coup de se lever. Ce n'était pas comme si elle avait quoi que ce soit à faire. Il y avait bien la liste que sa mère lui laissait tous les matins, mais elle l'ignorait. Selon le papier de Karen, il fallait qu'elle s'occupe de ce qu'il restait à faire, terme vague qui comprenait laver les murs, la moquette, nettoyer la moisissure dans la salle de bain et ranger tout ce qu'il y avait dans les cartons. Ce n'était pas à elle de tout faire, donc elle n'avait touché à rien par pur esprit de contradiction. L'ennui, c'était que Karen n'avait touché à rien non plus et n'avait pas l'air motivée pour le faire. En plus, elle n'avait pas fait les courses.
Après un dernier soupir agacé elle se leva. Au moins, elle pourrait commencer à sortir ses affaires et voir ce que Karen avait choisi de prendre. Ça ne lui disait rien de bon, mais heureusement elle avait déjà pris tous ses vêtements présentables avec elle quand elle était partie chez Jonathan. Elle marcha machinalement jusqu'à la pièce à vivre, prit son carton et retourna dans son antre pour en inspecter le contenu. Un seul coup d'œil suffit pour lui apprendre qu'elle n'avait pas pris la moitié de ses médailles et un seul bâton d'entraînement. Ses peluches qu'elle cachait dans son armoire parce qu'elles faisaient trop bébé n'étaient pas là non plus. Les images qu'elle avait découpées dans des magazines et scotchées à son mur pour égayer sa chambre avaient dû être jetées. Il y avait juste quelques vêtements, du matériel scolaire et cette saloperie de réveil que Karen lui avait offert. Le carton n'était même pas rempli.
Elle jeta le réveil par la fenêtre et serra les dents pour ne pas pleurer. Ce serait bête de pleurer. Elle s'y attendait de toute façon, quand Karen l'avait rempli elles n'avaient pas étés en très bon termes. Elles ne l'étaient toujours pas. Et de toute façon, elle avait assez d'argent maintenant pour s'acheter tout ce qu'elle voulait, y compris un verrou pour sa porte. Sauf que ses médailles, elle ne pourrait pas les remplacer. Rosemary partit se chercher un verre d'eau pour atténuer la boule en travers de sa gorge avant de ranger ses affaires. Ce n'était que des grosses pièces sans valeur. Elle savait qu'elle était douée. Ce n'était pas important. Pas important du tout.
Malgré ses pensées rageuses contre sa mère, elle finit tout de même par nettoyer la cuisine et la salle de bain, ne serait-ce que pour se changer les idées. Et aussi parce que la moisissure sentait vraiment mauvais quand elle prenait sa douche, c'était infect. Elle venait de finir quand elle entendit quelqu'un frapper à la porte. Pourtant personne ne devait venir ?
"C'est qui ?" Demanda-t-elle avec méfiance.
Elle fit la grimace en entendant la douce voix de crécelle de Scarlett lui répondre en hurlant.
"PENDAISON D'CREMAILLERE !"
Ses pauvres oreilles. Néanmoins, elle se sentait trop seule pour ne pas lui ouvrir.
"Salut !" Grinça-t-elle en s'invitant à l'intérieur, les bras pleins de sacs en plastiques qu'elle laissa tomber en entrant. "T'es encore en vie ?"
Elle lui répondit avec un grognement neutre en fermant la porte derrière elle. Elle allait très bien, sauf si on comptait sa relation avec sa mère, les pages de rapports qu'elle devait lire sur son frère et Catgirl qui l'empêchait de dormir. Avant d'avoir eu le temps de protester elle se retrouva dans les bras de Scarlett, le visage dans ses mèches roses. C'était toujours un peu bizarre parce qu'elle était jolie, elle l'embrassait sur le front et elles faisaient à peu près la même taille. Mais c'était la copine de son frère. Ce qui ne l'empêchait pas de laisser sa tête sur son épaule en se faisant caresser les cheveux sans rien dire de peur qu'elle mette fin au câlin, ses mains sagement posées dans son dos.
"Tu sens la cigarette." Remarqua-t-elle doucement.
"Normal, ça le fait chier que ta mère soit là alors ton frangin fume comme un pompier."
Elle la tapota une dernière fois sur l'épaule et Rosemary s'en détacha à regret.
"Bon, j'savais pas si elle avait fait les courses alors je les aie faites." Dit-elle en empoignant ses sacs pour les poser dans le coin cuisine. "Et pis j'ai eu la flemme de cuisiner alors j'ai récupéré du chinois en passant."
Rosemary prit le sac avec un panda dessus et fouilla dedans pour en ressortir des nems tandis que Scarlett posait des légumes surgelés dans le congélateur, trop lasse pour l'aider. Ça n'eut pas l'air de l'offenser plus que ça. En moins de dix minutes elle finit de tout ranger avant de mettre ses doigts dans sa boîte pour lui voler le dernier nem, ignorant son grognement.
"Ca se pache comment 'vec l'aut' ?" Demanda-t-elle en mâchant. "Elle t'parle touchours pas ?"
Elle prit une autre boîte au hasard dans le sac, qui se révéla être du bœuf mariné avec des brocolis.
"Non."
Scarlett la regarda quelques secondes en finissant de mâcher, puis elle avala et regarda autour d'elle les meubles empilés dans un coin, les murs sales, la moquette répugnante et les quelques cartons abandonnés au milieu.
"Bon tu sais quoi." Dit-elle en sortant son téléphone." Je vais appeler le Gimp et lui dire de nous ramener un truc à vapeur et une shampouineuse. Parce que bon, je veux bien être sympa mais j'ai mal au dos et t'façon ce mec c'est une machine de guerre, tu vas voir y va tout bouger en dix minutes ça va être vite vu."
"Où est-ce qu'il va trouver ça ?"
Et c'était quoi un 'truc à vapeur' ?
"Y s'débrouille." Elle lui fit un grand sourire et pointa sa bosse du doigt. "Sérieux, je lui en veux même pas pour le gnon mais lui y s'en veux tellement, j'ai même plus à monter les escaliers maintenant, y me porte. Y fais tout c'que je lui dis, j'en profite tant que ça dure."
Ce n'était pas très charitable de sa part, mais Rosemary avait besoin d'aide et avait dévalisé des gens quelques heures plus tôt alors elle ne dit rien pendant qu'elle lui passait un coup de fil.
Comme promis, l'immense homme chauve qu'elle avait vu dans la cuisine de Jonathan arriva à leur porte une heure plus tard quand elles eurent fini de nettoyer les reliefs de leur repas. Aujourd'hui il n'était pas en tenue de cuir cloutée mais en t-shirt et bas de jogging, un nettoyeur vapeur dans une main, une shampouineuse dans l'autre et un air profondément contrit sur le visage. Scarlett l'accueillit lui aussi avec un câlin et lui montra la pile de meubles, qu'il eut fini de déplacer en cinq minutes au lieu de dix, pendant lesquelles Scarlett et elle se mirent à nettoyer. Après avoir placé son lit et sa commode dans sa chambre il passa sa tête dans l'embrasure de la porte pour que sa collègue vienne le voir, ce que Rosemary ne remarqua que trop tard, le bruit ayant été couvert par le sifflement de la shampouineuse.
"Euh Rosemary ?"
La jeune fille se retourna, interloquée. Elle avait l'air vraiment mal à l'aise.
"Oui ?" Demanda-t-elle avec une pointe d'inquiétude dans la voix.
"Quand t'es sortie piquer du fric, t'as mis un masque au moins ?"
Sa bouche s'ouvrit en grand mais aucun son ne sortit tant elle était glacée d'horreur en la voyant relever un sac, celui-là même où elle avait jeté tous ses billets, qui était censé être caché sous une planche dans le sol. Elle voulait dire qu'elle pouvait tout expliquer, même si ce n'était pas vrai, ou s'étonner qu'elle ait pu trouver ça, mince, qu'elle chance ! Mais seul un bruit étranglé sortit de sa gorge.
"Je… Je…"
"Nan, écoute, explique pas d'accord ? Mais est-ce que t'as mis un masque ?"
"Comment…"
"Gimpy c'est un sale fouineur, y peut pas s'empêcher de regarder partout. Les trois quart du temps quand ton frère l'engueule c'est qu'il a le nez dans ses affaires. Est-ce que t'as mis un masque ?"
Elle essaya vainement de répondre, déglutit, puis hocha la tête. Scarlett se tourna vers Gimp, qui se tordait les mains dans un coin de la pièce en regardant ailleurs.
"Toi si t'appelles Crane…"
"Mais il devrait savoir !" Il clama d'un air coupable.
"Non y devrait pas savoir !" Elle passa son bras autour des épaules de Rosemary. "Parce que si y sait, on est tous foutus. Y va péter un câble ! Déjà qu'il est pas bien en ce moment, y pète des trucs tout le temps et je suis obligée de lui filer ses médocs dans son thé pour le calmer – Et y va s'en rendre compte, il est pas con ce mec, y s'en rend toujours compte !- si on lui dit ça en plus on va se retrouver avec des types pendus aux lampadaires par leurs tripes comme après Friitawa ! Tu te souviens comment c'était ?"
Il hocha la tête.
"Tu veux que ça recommence ?"
Il secoua la tête.
"Alors pourquoi tu fais chier ?" Elle cria, hystérique.
Il haussa les épaules avec un petit gémissement misérable qui lui fit lever les yeux au ciel en soufflant.
"Et toi-" Elle s'adressa à Rosemary, qui rentra un peu plus sa tête dans ses épaules. "Je sais que c'est la merde et tout, et si tu veux jouer à ça tu fais comme tu veux mais t'attends que ça se tasse et une fois qu'y t'auras choppée tu lui dis pas qu'on savait, et pour l'amour du ciel, de moi et des petits oiseaux ne te fais pas flinguer ou ton frangin va tous nous tuer, d'accord ?"
Tout comme Gimpy, elle hocha la tête sans rien dire. Elle n'avait pas pensé à l'état mental de son frère. Elle n'avait pas pensé à eux. Elle avait juste pensé à elle-même.
"Je voulais juste sortir d'ici." Dit-elle en un seul souffle.
"Je sais pupuce, je sais." Sa voix s'adoucit et elle lui frotta le dos. "Je t'ai dit, je sais que c'est la merde, avec ta mère qui s'en fout et ton frère qui fout n'importe quoi et le déménagement et tout."
Elle la prit par la main et la fit s'assoir sur le canapé, puis l'attira pour mettre sa tête dans le creux de son cou et lui caresser les cheveux. Rosemary se laissa faire et passa ses bras autour de sa taille en ravalant ses larmes.
"Ca va passer d'accord ? Ca va se tasser, tout le monde va s'habituer, et là après si tu veux jouer à fout' la merde grand bien t'en fasses…"
Ne sachant pas quoi faire, le Gimp commença à raser les murs en crabe pour s'enfuir de la pièce.
"…Mais pour le moment t'en as ras le cul et tout le monde est sur les nerfs, ça va mal finir." Elle la prit par les épaules et la redressa doucement pour la regarder dans les yeux. "Attends un peu okay ?"
Elle hocha à nouveau la tête sans rien dire. Ça se passait infiniment mieux qu'elle ne l'aurait espéré. Il lui était venu à l'idée qu'elle se ferait prendre, mais dans sa tête c'était toujours par la police, Batman, ou son frère en tenue. Se faire avoir par le type que son frère traitait de lavette, ce n'était pas prévu.
Le reste de l'après-midi se passa de façon beaucoup plus calme. Pour tous ses défauts, Gimp était très travailleur, contrairement à Scarlett qui s'arrêtait souvent en râlant qu'elle était essoufflée, qu'elle ne se sentait pas bien ou qu'elle avait mal dans le bas du dos et finit même par abandonner mais elle se rattrapa en disant qu'elle passerait le lendemain en fin de matinée pour qu'elles prennent une serrure et des posters pour sa chambre. A eux trois, ou plutôt à eux deux et demi, ils arrivèrent au bout de ce bouge qui ressemblait un peu plus à une maison. Les murs étaient passés de jaunasse à blanc cassé et la moquette avait l'air auburn plutôt que marron, même si des tâches subsistaient. Ils durent partir avant le coucher de soleil, mais Scarlett lui avait préparé une grosse omelette espagnole pour lui tenir compagnie ce soir et lui passa son numéro de téléphone en lui faisant promettre de lui envoyer un message si elle voulait sortir quand même, comme ça elle pourrait lui dire si son frère risquait d'être dans le coin ou pas.
Une fois que tout ce beau monde fut partit, qu'un silence oppressant s'abattu de nouveau sur l'appartement propre mais vide, Rosemary ressorti son téléphone. Il y avait quatre messages de Catgirl, qui lui disait qu'elle s'ennuyait, que sa nounou ressemblait à un troll des montagnes et qu'elle n'avait plus l'âge d'avoir une gouvernante. Elle alla se laisser tomber sur son lit et lui envoya un sms.
Je vais pas pouvoir faire de sortie de nuit pendant un moment.
Pourquoi ?! Tu t'es faites chopper ?!
Elle se mordit l'intérieur de la joue. Qu'est-ce qu'elle pouvait dire ? Elle ne voulait pas aliéner Catgirl trop vite. Ca faisait du bien de parler à quelqu'un avec qui elle pouvait se plaindre de sa mère sans que ça ne risque de revenir vers Karen ou Jonathan. Quelqu'un à qui elle pouvait un peu se confier.
C'est ça. La copine de mon frère a trouvé le sac de billets.
Oh merde ! Tu lui as dit quoi ?
Rien. Elle avait tout deviné. Elle a dit que je pouvais faire ce que je voulais tant que mon frère ne le sait pas.
C'est tout ? Mon grand-père aurait pété un câble ! La dernière fois il m'a envoyée en pension pour sales gosses pendant SIX MOIS ! La vache, t'as trop de chance !
Rosemary hésita un instant, ses doigts traînant au-dessus de l'écran sans oser le toucher. Il était trop tard pour reculer maintenant.
Pas tant que ça. Mon frère, c'est l'épouvantail.
A des kilomètres de là, sur l'île Sud de Gotham, dans l'une des plus larges suites du plus grand hôtel particulier de Little Italy, une adolescente brune prit une grande inspiration sifflante, se jeta hors de son lit, fit trois tours de son immense chambre refaite il y a moins d'un mois pour son anniversaire, sautillant et courant bizarrement, puis revint sur son lit en s'éventant, trépignant sur place devant la révélation. Elle le savait, elle le savait ! Elle était trop grande, trop, maigre, elle parlait comme lui, elle utilisait ses produits, elle n'était pas une fan obsessionnelle alors son costume ressemblait trop au sien pour que ça ne soit pas le sien ! Seule une fan connaîtrait tous les détails et elle n'était pas fan, donc elle devait le connaître lui ! Bon, d'accord, elle avait cru que c'était son père et pas son frère mais c'était encore mieux ! Elle était la sœur de l'épouvantail et elle, elle était la nièce de Catwoman ! C'était parfait ! Absolument parfait !
Mais en relisant les messages de la-fille-dont-elle-ne-connaissait-pas-le-nom-mais-qui-était-trop-cool elle se remémora des choses autrement plus importantes pour le salut de l'humanité, comme sa fanfiction à moitié entamée, et tapa frénétiquement :
Quoi il est pas gay ?!
Merci à ReiPan pour les reviews, prochain chapitre le 8 Juin !
-Pater Familias, c'est le père de famille et UGH, c'est une onomatopée pour 'j'en ai marre/fatiguée/ça me dégoûte' en anglais américain.
-Encore des références à Carnet de Bal, je suis désolée mais c'est inévitable. Ce sont après tout des gens qui se connaissent et supportent Crane pour le meilleur et pour le pire depuis des années. Le pétage de câble de Crane post-Friitawa c'est vers le chapitre 40 donc il va falloir attendre.
- J'aime bien Catgirl. J'avoue que je l'aime plus que je ne l'avais prévu. Donc vu qu'elle va apparaître un peu plus que prévu elle finit en auteure de fanfiction yaoi sur Crane. Juste pour embarrasser Rosemary.
