Henri était en pleine réunion avec ses conseillers à propos de la répartition des troupes militaires françaises en Europe lorsque toutes les têtes se tournèrent simultanément vers la porte qui venait d'être déchirée dans un grand vacarme.

Catherine se tenait sur le seuil, immobile. Ses joues étaient rougies, ses yeux sombres et une vague de fureur semblait se dégager d'elle.

Un seul regard noir de sa part suffit pour que tout le monde se précipite hors de la salle. Henri eut presque envie de les suivre... Sa femme semblait furieuse et il ne savait même pas pourquoi mais il ne doutait pas un instant qu'elle saurait le lui expliquer très rapidement...

Tandis qu'Henri restait passivement assis sur sa chaise, au bout de la table, Catherine parla d'une voix forte :

-Puis-je savoir à quoi vous jouez ?

-Pourriez-vous contextualiser votre question ma chère ?

-Ne jouez pas les idiots Henri ! Je ne vois nulle part la petite mine arrogante de votre maîtresse, ce qui, j'imagine, signifie que les rumeurs sont vraies...

Henri but lentement une gorgée de vin, pour se donner le temps de comprendre. Elle était énervée parce que Diane était partie? Cela n'avait aucun sens.

-Vous êtes donc en colère parce que j'ai bannie votre rivale et pire-ennemie ?

Sans répondre, Catherine se dirigea vers son mari, attrapa rapidement le gobelet de vin qu'il tenait dans sa main et le vida d'un trait dans sa gorge. Puis, elle parla d'une voix inhabituellement grave:

-Ne pouviez vous pas la bannir le jour où vous m'avez épousé ? Ou bien le jour où vous m'avez dit que vous m'aimiez ? Ou celui où je suis tombée enceinte de votre enfant ? Non, vous avez choisi aujourd'hui !

La fureur de Catherine montait en elle à tel point qu'elle finit par jeter violemment le verre sur la table en hurlant :

-Je veux savoir pourquoi Henri !

Le roi ne répondit rien. En vérité Catherine savait pertinemment pourquoi il avait renvoyé Diane au moment même où elle s'apprêtait à le quitter pour un autre... elle voulait juste l'entendre le dire.

Comme Henri resta silencieux, elle s'approcha de lui et répéta, plus fort :

-Pourquoi ?

Et alors qu'elle hurlait pour la troisième fois «pourquoi ? », Henri se leva si violemment qu'il renversa sa chaise et il parla, à quelques centimètres à peine du visage de Catherine :

-Parce que je ne veux pas que vous partiez !

Un sourire (de satisfaction?) se glissa sur le visage de Catherine qui fit de son mieux pour soutenir le regard de son époux qui, ainsi accolé à elle, la dominait clairement physiquement. Elle sentait son cœur battre à une vitesse folle dans sa cage thoracique, signe qu'elle avait mis son mari sur les nerfs. Le dévisageant toujours, elle reprit :

-Vous n'êtes qu'un salaud égoïste et manipulateur! Que disiez-vous déjà ? Que vous ne feriez rien pour me retenir car je mérite le bonheur? Et maintenant vous essayez de me manipuler pour que je reste en envoyant votre Diane adorée siroter du vin espagnol de l'autre côté de la frontière, pour la faire revenir dès que je serai tombée dans votre piège sournois !

-Elle ne reviendra pas.

-Et je ne resterai pas.

Henri s'approcha encore de sa femme, enfin s'il était possible d'être plus proche et chuchota « Oh mais je vais vous convaincre de rester ça je vous l'assure chère femme ». Alors, intriguée, Catherine rétorqua rapidement « Je serais curieuse de savoir comment ! » mais à l'instant même où elle prononça ces mots, elle sut ce qu'Henri allait faire. Cet homme ne connaissait qu'un seul langage et il le maniait à la perfection...

Il écrasa ses lèvres contre celles de sa femme dans la seconde qui suivit. Et durant seulement quelques instants, Catherine se laissa aller à profiter de la douceur de ses lèvres et de la sensation excitante de son souffle saccadé contre le sien. Elle ne l'avouerait jamais mais son contact lui manquait terriblement. Cela ne dura qu'une seconde seulement car elle reprit ses esprit et asséna à son mari la gifle la plus phénoménale qui soit.

Elle aurait pu être pendue pour avoir levé la main sur le roi mais après cette conversation, quelque chose lui faisait penser que son mari en était incapable...

-Vous ne pouvez pas m'embrasser comme si cela résolvait tout Henri. Je vais partir, que vous le vouliez ou non.

-Je ne le veux pas.

Il avait parlé d'une voix étonnement calme, presque comme une supplication.

Il prit l'une de ses mains dans la sienne et continua :

-Vous avez raison, je vous ai menti quand j'ai dit que j'étais d'accord pour que vous partiez... je veux que vous restiez...et pas pour votre argent ou vos compétences politiques mais parce que je..je...vous êtes ma partenaire. Et contrairement à ce qu'ils disent tous, je pense que vous m'avez aimé et j'espérais que, peut-être, si j'envoyais Diane au loin..

Catherine posa une main contre le cou de son époux, elle pouvait sentir sous ses doigts les pulsations dans son artère. Alors elle parla :

-Je suis autrefois tombée amoureuse de vous, Henri, sincèrement et de tout mon cœur.

Ses yeux brillaient d'espoir alors qu'il commençait à s'agiter:

-Alors restez. Je..je serai un meilleur mari, je suis certain que vous pouvez m'aimer à nouveau si je me fait pardonner !

-Je n'ai jamais cessé de vous aimer ! Mais, le fait que Diane soit partie ne change rien à tout ce qui s'est passé. C'est trop tard pour s'excuser Henri, je suis désolé.

Il lâcha sa main.

-Sait-il cela ?

-Pardon ?

-Vous venez de dire que vous m'aimiez toujours, votre nouveau fiancé, est-il informé de cela ?

Catherine soupira, elle n'aurait jamais du dire cela mais elle s'était un peu laissé emporter par la discussion. Henri était-il capable de la faire chanter avec ce genre de chose ? Au pire, s'il le faisait, elle pourrait toujours nier mais...

Henri, sachant ce à quoi son épouse pensait, ajouta :

-C'était juste une question.

-J'ai également une question. Avez-vous réellement envoyé une demande d'annulation au pape, ou pas ?

Plusieurs longues secondes de silence passèrent avant que le roi ne réponde :

-Je ne l'ai pas fait. J'attendais de..je vais le faire aujourd'hui.

Catherine hocha pensivement la tête. Elle regardait Henri dans la lumière du jour, il était beau. Et il n'avait pas seulement un corps et un visage harmonieux qui faisaient qu'il était agréable à regarder, non..il avait quelque chose en plus, dans le regard ou dans l'attitude peut-être...c'était comme si chaque pore de sa peau transpirait le charisme et l'envoûtement. Catherine avait été frappée par sa beauté sauvage et par son charme dès la première fois qu'elle avait posé ses yeux sur lui et elle était forcée de constater que, même tant d'année et de déceptions après, elle le trouvait toujours incroyablement beau et envoûtant...

Ce n'est que lorsque Henri commença à se racler la gorge qu'elle comprit qu'elle le dévisageait depuis bien trop longtemps.

-Je devrais y aller...

Sur ce, Catherine se dirigea vers la porte en lissant sa jupe. Elle était arrivée dans cette pièce en étant en colère et elle en repartait dans un état tout à fait différent...ne sachant pas tout à fait si elle était contente ou pas de savoir que son mari luttait pour ne pas qu'elle le quitte.

Avant qu'elle ne parte de la salle, Henri l'interpella dans son dos :

-Vous savez, j'étais sincère quand j'ai dit que vous méritiez le bonheur, je n'étais simplement pas prêt à voir quelqu'un d'autre vous l'offrir.

-Juste, envoyez la lettre au pape Henri.

Catherine partit sans attendre une réponse, essuyant d'un revers de la main la larme solitaire qui coulait sur sa joue.

Je ne peux pas croire que j'ai réellement écrit 30 chapitres pour cette histoire qui est ma première! Bref merci à tout ceux qui m'encouragent en postant des reviews, et aussi à ceux qui lisent simplement ma fanfic! J'ai hâte de vous poster la suite! :)

J'ai aussi commencé à écrire une autre histoire, que je posterai (si ça vous intéresse) lorsque celle-ci sera terminée. Cette nouvelle histoire serait à propos de Henri et Catherine qui sont obligés d'entreprendre un voyage vers Florence, chez les Médicis (désolé mais j'adore tellement quand Catherine est sur domaine et non Henri). Dites-moi s'il vous plait, si cette idée d'histoire vous plait!