Ce chapitre ne se déroule pas immédiatement après le précédent, il y a quelques jours après les événements du dernier chapitre. Une partie de ce chapitre est un peu torride, rien de très détaillé mais je préfère prévenir ...

-Vous avez la réponse du Vatican?

Henri hocha la tête. Cela faisait un moment que les contacts de Catherine au Vatican travaillaient sans relâche pour que le Pape consente à l'annulation de leur mariage, chose à laquelle il était plutôt réticent.

-Il est réticent...vous connaissez le refrain selon lequel nul ne peut défaire ce qui a été uni devant Dieu...

Catherine sourit face à la théâtralité démesurée avec laquelle Henri répétait ces propos. Il poursuivit, plus sérieusement:

-J'ai donc menacé le pape..

Catherine l'interrompit, dans un mélange de stupéfaction et d'amusement:

-Vous avec menacé le pape?!

-Je l'ai menacé...de faire comme Henri XVIII et de me désolidariser du Vatican. Ne me faites pas passer pour plus cruel que je ne le suis, je ne menacerais pas le pape de mort.

Catherine sourit et ajouta en chuchotant «pourtant j'ai entendu dire que son système de goûteurs anti-poison était assez douteux... » Elle préférait plaisanter que d'épiloguer sur le fait qu'Henri avait tenté un coup de bluff auprès du Vatican qui aurait pu lui faire perdre sa puissance et son argent, simplement pour qu'elle puisse être heureuse avec un autre homme.

-Quoi qu'il en soit, il a accepté. Nous devons juste signer ces papiers.

Henri désigna de la main un tas de parchemins qui étaient étalés sur le bureau devant eux.

-Je pensais que cela serait plus compliqué...mais je suppose qu'étant donné la montée du protestantisme, le pape n'a plus intérêt à se fâcher avec les souverains catholiques.

-En effet. Vous voyez, je ne suis plus la seule à maîtriser l'art du chantage et de la manipulation, vous vous en sortirez parfaitement!

-J'ai appris de la meilleure!

Catherine leva un sourcil approbateur et sourit. L'atmosphère était agréable, on entendait le feu crépiter et et la pluie tombait mais la chaleur dans la pièce était réconfortante.

Henri prit appui contre la table avec ses avants-bras et attrapa la plume entre ses doigts avant de la plonger dans l'encrier.

-Je suppose qu'il est temps de signer.

Il y avait plusieurs pages à signer, alors Catherine commença à lire l'une d'entre-elle pendant que son époux commencer à en ratifier une autre. Le papier à la main, elle se hissa sur la table pour s'y asseoir, les jambes croisées.

Entre deux signatures, Henri leva les yeux vers sa femme profondément concentrée sur la lecture des papiers. Dans cette position, le bas de son jupon était légèrement plus haut que d'habitude ce qui permit à Henri de laisser ses yeux se perdre dans ses jambes nues qui disparaissaient sous l'épaisse robe violette. Quand Catherine surprit ses yeux baladeurs, il détourna rapidement le regard. Elle rougit et siffla:

-Henri, vous devriez vous concentrez, votre encre est en train de se répandre partout sur la table.

Henri sursauta et remit sa plume dans l'encrier. Catherine saisit à son tour la plume et, toujours assise sur la table, elle prit appui avec son coude sur le côté, et se pencha en avant pour commencer à signer toutes les pages à son tour.

Dans cette position, c'était encore pire, Henri avait une vue dégagée sur le col bas de sa robe d'où se dégageait magnifiquement les courbes douces de sa poitrine. Il se demanda si elle avait fait exprès...de s'asseoir ainsi sur la table, de porter cette robe, de laisser ses cheveux à moitié-détachés. Il se rappelait qu'elle avait déjà porté cette robe violette perlée, lors du dernier anniversaire de Charles. Ce soir là, ils avaient fini la nuit ensemble et il lui avait avoué qu'elle lui faisait beaucoup d'effet dans cette tenue, il était certain qu'elle n'avait pas pu oublier...

Il connaissait son épouse et il savait qu'elle était tout à fait capable d'avoir fait exprès d'être particulièrement séduisante ce matin afin de...lui rappeler ce qu'il perdait.

Henri prit une gorgée de son vin pour se calmer. Il ne restait plus que 4 pages à Catherine, puis elle se relèverait, et partirait. Il pouvait se maîtriser le temps de 4 pages!

En vérité, il ne pouvait pas, un seul instant plus tard, ses yeux étaient à nouveau posés sur ses seins. Putain de femme!

Et alors qu'il pensait qu'elle était pleinement concentrée dans la ratification du dernier paragraphe, elle chuchota, les yeux toujours rivés sur le papier:

-Votre discrétion est à la hauteur de votre délicatesse.

Henri rit.

-Désole je...

-..profite de la vue?

-N'est ce pas la raison pour laquelle vous avez mis cette robe?

Catherine haussa un sourcil taquin. Elle savait qu'elle ne devrait pas faire ça...l'encourager. Henri était un homme qui comprenait très bien quand on l'encourageait et bien qu'elle s'était disputée avec Narcisse, elle était toujours censée partir avec lui dans peu de temps...

Il ne restait plus qu'une signature à Catherine, et son mariage avec Henri serait terminé. Elle prit une respiration et lança un regard à son mari qui fixait la plume comme l'arme du crime...

Elle plongea la plume dans l'encre noire beaucoup plus longtemps que nécessaire puis d'un geste rapide, comme si elle avait peur de perdre sa détermination, elle signa.

Elle reposa la plume à sa place.

Personne ne parla.

Henri posa sa main sur la sienne et demanda doucement:

-Nous avons quand même eu de bons moments n'est-ce pas?

Catherine regarda dans ses yeux, c'était comme s'ils la suppliait de dire qu'elle garderait de bons souvenirs de lui, qu'elle ne le détestait pas.

Elle acquiesça simplement par un sourire.

Alors Henri continua de la regarder, un regard qui brûlait tout son corps. Il se leva de sa chaise pour lui faire face et la respiration de Catherine s'accrocha. Il posa distraitement une main sur sa cuisse et chuchota, la balayant toujours de ses yeux affamés:

-J'ai du mal à me dire que vous n'êtes plus à moi désormais...

Elle décroisa ses jambes, elle savait ce qu'elle faisait mais elle s'en foutait.

-En théorie, tant que le Pape n'a pas vu ces documents, je suis toujours entièrement à vous...

Henri fit glisser sa main jusqu'à l'ourlet de sa jupe. Suggérait-elle ce qu'il pensait?

Il fit courir ses ongles le long de son mollet tout en la regardant droit sans les yeux.

Êtes-vous sûre?

Elle sortit sa langue pour humidifier ses lèvres, chose à la vue de quoi, Henri sourit audacieusement.

Il fit glisser sa main plus haut sur sa jambe nue, causant à Catherine des frissons d'excitations. Elle haleta quand sa main atteint sa destination.

Elle savait que ce qu'elle faisait était mal mais elle était incapable de résister.

Henri continuait de la regarder dans les yeux, observant son regard pour y percevoir un quelconque signe que ce n'était pas ce qu'elle voulait, mais la seule chose qu'il voyait c'était sa respiration qui s'accélérait et ses yeux qui se révulsait.

Elle écarta les jambes pour qu'il puisse s'approcher et c'est ce qu'il fit. Elle gémit quand il l'attrapa par derrière pour plaquer fort son corps contre lui. Elle gémit encore plus fort quand Henri commença à créer une friction contre elle.

Henri haleta, dans cette position, il pouvait sentir ses seins contre son torse, ses cuisses autour de lui. Elle gémit encore. Putain de gémissements, qu'est ce qu'elle allait lui manquer!

Il ne l'embrassait pas, pas encore.

Elle s'arqua en arrière quand il commença à malaxer ses seins à travers le tissu et Henri plaqua sa main sur sa bouche charnue pour étouffer ses râles:

-Il y a des dizaines de personnes juste derrière cette porte!

Il recommença à utiliser sa main gauche contre sa féminité, alors Catherine mordit la main qu'il avait sur sa bouche. Il poussa sa main plus fort en elle et elle mordit à nouveau. Elle approcha sa bouche de lui pour qu'il l'embrasse mais il se contenta de lui mordre la lèvre.

-Embrasse moi.

Il s'exécuta. C'était torride, chacun se battait pour la domination. Henri fit glisser sa main dans son dos et la bascula en arrière pour l'allonger sur la table. Il déchira sa robe et les papiers du Vatican posés sur la table voltigèrent dans le vide.

Le sexe en n'étant plus marié avait un goût tout à fait différent...c'était comme si chacun prenait le plus possible de l'autre, ils se dévoraient, sachant que c'était certainement la dernière fois pour eux deux. Ils prenaient tout ce qu'ils pouvaient.

-Dieu, comme cela va me manquer...

-C'est vous qui allez me manquer!

Dans cette salle, ils firent l'amour durant des heures et des heures, sur la table, sur le sol, contre la fenêtre.

Les papiers de l'annulation, eux, étaient éparpillés par terre, patientant au milieu de leurs râles et gémissements...


-3 jours plus tard-

Catherine marchait dans le couloir ouest du château lorsqu'elle tomba nez à nez avec Stéphane Narcisse. Elle hésita à fuir en courant mais c'était trop tard, il l'avait vue.

-Catherine! Seigneur, je vous cherche depuis trois jours! Ou étiez-vous passée?

Elle s'approcha de lui lentement.

-Nous avons reçu les papiers pour l'annulation. J'étais...avec Henri.

Narcisse sourit « oh et bien c'est une bonne nouvelle, il était temps! » puis il fronça les sourcils... « Attendez que signifiez vous par «avec Henri »?

Un petit froncement de sourcil de la part de Catherine suffit pour que Narcisse comprenne.

-Durant 3 jours? Est-ce une plaisanterie?

-Henri est mon..

Narcisse l'interrompit, énervé:

-Ne me redites pas qu'il est votre mari et que vous avez des devoirs envers lui! Il n'est même plus votre époux!

Il fronça les sourcils, une veine ressortait sur son front, Catherine ne l'avait jamais vu si en colère.

-Quoi? Vous allez me dire qu'il vous a enchaîné à son lit durant 3 jours? Avouez simplement la vérité qui est que cet homme vous manipule et que vous êtes incapable de résister!

Catherine posa une main sur son avant-bras.

-C'est compliqué Narcisse...je ne sais pas quoi vous dire...nous avons été mariés durant 25 ans alors...

-Alors quoi? Quel est votre plan Catherine? M'épouser pour tomber dans son lit à chaque fois que vous en aurez l'occasion? Devenir sa maîtresse quand vous vous serez tout les deux remariés à d'autres personnes?

-Bien sûr que non!

Narcisse parla sans hurler cette fois mais sur un ton plein de reproches:

-Vous savez ce dont j'ai l'impression moi? Que vous êtes incapable de vous défaire de lui!

Catherine nia. C'était faux, enfin du moins elle pensait que c'était faux, ou plutôt elle espérait que c'était faux...

Narcisse marqua un silence puis demanda:

-Que faisons-nous encore ici? Les papiers sont signés alors apportons les au Vatican et quittons définitivement ce château.

-Maintenant?

Catherine s'agita, elle pensait qu'ils resteraient encore un peu ici, le temps de..le temps de quoi en fait?

Narcisse, percevant son incertitude, haussa un sourcil de défi et demanda:

-Oui. Aujourd'hui. Sauf si quelque chose ou quelqu'un vous retient ici...

-Et bien il y a les enfants et..

Elle ne finit même pas sa phrase tant elle savait qu'elle allait sonner ridicule.

-Nous savons tout les deux que cela n'a rien à voir avec les enfants. Vous me mentez ou plutôt: vous vous mentez à vous même. Je suis fatigué de jouer à cela.

-Vous avez tord.

-Si j'ai tord, alors nous partirons ce soir. Je ne peux pas passer une minute de plus ici tout en sachant que votre époux essaie de vous récupérer dans mon dos.

Catherine resta béate. Il lui posait un ultimatum? D'un côté elle le comprenait, il avait raison, pourquoi resteraient-ils ici?

Elle était cruelle de le faire patienter sans raison. Mais, elle s'était réveillé dans le lit d'Henri à peine quelques heures auparavant, après 3 jours pratiquement enfermée avec lui, devait-elle aller le voir et juste lui dire « salut Henri, bien dormi? Au fait je m'en vais aujourd'hui! » ?

Catherine allait s'en aller lorsque Narcisse ajouta:

- Oh, et avant de décider ou non si vous faites vos valises, il a quelque chose que, je pense, vous devriez savoir.

Catherine fronça légèrement les sourcils lorsque Narcisse continua:

-J'ai des amis de l'armée qui sont responsables des frontières françaises, et, on m'a récemment transmis une information très troublante à propos de Diane de Poitiers...

Catherine l'interrompit d'une voix enjouée:

- Oh oui, elle s'est présentée à la cour d'Espagne! J'ai appris aussi! Quelle idiote, peut-être avait-elle oubliée que la reine d'Espagne était ma fille aînée! Je dois avouer que j'étais terriblement joyeuse lorsque j'ai appris qu'Elisabeth l'avait renvoyée d'où elle venait à grand coup de pieds! La pauvre Diane a dû être si humiliée!

Catherine jubilait ouvertement, à tel point que Narcisse regretta presque de devoir lui dire que cette histoire en Espagne n'était pas du tout ce dont il parlait...

-Ce n'est pas cela Catherine. Son nom a été supprimé de la liste des personnes à incarcérer lors de leur entrée sur le territoire français...

Catherine ouvrit la bouche pour répondre puis se ravisa et demanda seulement « Qu'est ce que cela signifie? »

En vérité elle savait très bien ce que cela signifiait mais...

-Diane de Poitiers n'est plus bannie du royaume de France.

J'espère que vous avez aimé ... prêts pour le dernier chapitre?