One shot 5 : Courses et fantasmes
Emiko jouait tranquillement avec ses deux amis, Aiko et Haru. Ils avaient construit un circuit automobile dans un coin de la salle avec des livres, des lego et tout un tas d'objets pouvant servir d'obstacles, et essayaient chacun leur tour de faire le meilleur parcours avec une voiture télécommandée, cadeau de Erin Tsukamoto, la mère des jumeaux.
La femme de Kise était française d'origine japonaise et était une ancienne pilote de course, qui avait mis fin à une carrière prometteuse quand elle était repartie avec le blond au Japon pour faire sa vie auprès de celui qu'elle aimait. Lui et sa femme s'étaient rencontrés en France lors d'un voyage d'affaire du jeune homme. Son agent lui avait déniché un important contrat avec la marque Dior et avait dû poser bagages pour quelques semaines. Quelques semaines qui furent sans doutes les meilleures de sa vie. Ses beaux cheveux ondulés et châtain clairs mettaient en valeur ses magnifiques yeux bleus océans dans lesquelles Kise s'étaient noyés à la première seconde où les siens s'étaient posés sur elle. Il avait été obnubilé par sa beauté. Il était comme la terre tournant autour de son orbite.
Aujourd'hui, madame Kise travaillait avec son mari en tant qu'agent personnel de monsieur. Elle avait assez vite compris les dessous du métier, ayant une cousine qui était du milieu. Elle avait transmise sa passion à ses enfants et à la fille d'Aomine et Kagami. Depuis, Emiko hésitait beaucoup entre une carrière de basketteuse professionnelle et une carrire de pilote de formule 1 hors paire.
— Emiko-chan, Kagami-kun est là ! la héla son professeur.
La petite fille se leva et s'empressa de câliner son père qui la prit dans ses bras.
— Bonjour tonton Kagamicchi ! le salua Aiko, qui avait la même habitude que son père de rajouter le suffixe aux personnes qu'elle respectait.
— Bonjour, Aiko, bonjour Haru, c'était bien l'école ? demanda le pompier aux trois enfants.
— Oui ! On devait lire un livre qu'on aimait bien à toute la classe et moi j'ai choisi le Livre de la Jungle, parce que j'aime bien Bagheera comme mon doudou, s'exclama Emiko en brandissant fièrement sa peluche à qui elle avait donné le nom de la panthère de Disney.
— Moi, j'ai lu le Roi Lion et tonton Kuroko il a dit que j'ai bien lu. Haru il a choisi de lire Peter Pan, mais il parle pas très fort parce qu'il est un peu timide.
Gêné, le petit garçon baissa la tête. Des deux enfants de Kise, Haru était plus introverti que sa sœur. Cette dernière prenait très à cœur son rôle de grande sœur et défendait toujours son petit frère, étant né trois minutes avant lui.
— Ne t'inquiète pas Haru-kun, ce n'est pas grave, sourit son maître d'école.
— Voilà maman ! s'exclama Aiko en apercevant se mère avancer vers la petite troupe.
— Maman !
Courant vers la femme, celle-ci referma ses bras autour de son fils et lui fit pleins de bisous, suivi de sa fille. Puis, elle salua les anciens de Seirin et Emiko. Les trois adultes discutèrent un peu, notamment autour de la prochaine soirée organisée par Akashi et son mari.
— Bon il faut qu'on vous laisse, je dois encore faire des courses et préparer à manger. À demain Kuroko, passe le bonjour à Kise, Erin.
— D'accord, toi aussi passe le bonjour à Aomine.
Emiko salua ses amis, sa tante et Kuroko, avant de repartir avec son père. Ils rejoignirent la voiture et allèrent au supermarché le plus proche. Après avoir garé le véhicule, ils prirent un caddie.
— Je peux le pousser ? proposa Emiko, dont sa tête n'arrivait pas jusqu'au guidon.
— Si tu veux, mais je reste quand même derrière toi.
— D'accord daddy.
Ils rentrèrent dans le magasin et s'approchèrent du rayon des fruits et des légumes. Kagami dressa de mémoire une petite liste des ingrédients qu'il avait besoin pour préparer le repas de ce soir et celui du lendemain. Il me semble qu'il reste encore des oignons et de l'ail à la maison. Avec l'aide de son assistante, il remplit un sachet de quelques tomates. Puis, ils prirent des aubergines, des courgettes, du persil et un poivron rouge, jaune et vert. L'adulte prit aussi des bananes et des pommes, avant de peser tout cela. Les fruits et les légumes fais.
Le papa et la fille allèrent ensuite chez le poissonnier, car Emiko voulait absolument manger les délicieuses nouilles aux crevettes du cuisinier de la petite famille. Soudain, Kagami sentit son smartphone vibrer dans sa poche. Il le sortit et vit que son mari essayait de le joindre. Il tendit l'appareil à sa fille pour qu'elle décroche à sa place pendant qu'il puisse commander deux kilos de ces petits crustacés roses.
— Bonjour papa !
— Bonjour ma princesse, tu vas bien ?
— Oui, je suis avec daddy, on fait des courses. On est entrain de chercher des crevettes pour demain soir.
— Je pars du travail, je vous rejoins dans dix minutes, d'accord ?
— D'accord. À tout de suite, papa. Je t'aime.
— Moi aussi je t'aime, princesse.
Elle raccrocha et redonna le portable à Kagami, en l'informant qu'Aomine les rejoignait. Quelques minutes après, ils étaient devant le rayon des sucreries. Taiga et sa petite puce avaient soudainement envie de faire un gâteau au chocolat, demain après qu'elle soit rentrée de l'école. Étant en congé, l'américain voulait en profiter pour passer un peu plus de temps avec Emiko.
— Ah vous voilà !
— Papa ! s'exclama-t-elle en sautant dans les bras protecteurs de son deuxième père encore en tenu de policier.
Celui-ci ne se fit pas prier et déposa une multitude de petits bisous sur sa joue rose. Ils s'échangeaient des bisous esquimaux, élargissant le sourire du basané, heureux de retrouver sa princesse après une journée harassante. Il la déposa ensuite sur ses deux pieds pour venir embrasser son mari qui ne put s'empêcher de penser que le policier était diablement sexy dans son uniforme de gardien de la paix.
— Ta journée s'est bien passée ? murmura le rouge, tout près de ces divines lèvres.
— On peut dire que c'était animé, dit-il en jetant un coup d'œil autour de lui s'il n'y avait pas des oreilles indiscrète. Je ne sais pas combien de personnes on a arrêté aujourd'hui sur la circulation, parce qu'ils roulaient trop vite, grillaient les feus. Vers quinze heures, on a même arrêté un groupe de jeunes complètement fous au volant, avec en plus, aucun papier sur eux et trois d'entre eux étaient sous l'effet de la drogue.
Taiga écarquillait les yeux, effaré. Son homme lui racontait souvent ses tribulations quand il rentrait et dieu seul savait toutes les fois où le tigre était au paroxysme de la frayeur, parce que son époux n'était pas rentré de la nuit à cause d'un collègue coincé dans un lit d'hôpital. Évidemment, l'inverse était aussi souvent le cas... et dans ces moments-là, gérer sa peur et celle d'une petite fille de 5 ans était bien trop souvent synonyme de larmes, de crises et de disputes interminables. Aomine secoua la tête et préféra changer de sujet, le lieu ne prêtant pas pour ce genre de discussion.
— Et toi, ta journée ?
— Comparé à toi, c'était plutôt calme de mon côté. D'ailleurs je te passe le bonjour d'Erin, elle est venu chercher ses enfants. Kise est cloué au lit. Midorima est passé le voir samedi. Il a attrapé une bronchite et depuis il déprime, parce qu'Erin l'a interdit de... de jouer à l'infirmière et au malade, si tu vois ce que je veux dire, dit-il, un peu gêné en jetant un coup d'œil à Emiko qui essayait de comprendre ce que voulait dire son daddy.
— Bah je comprends qu'il déprime. Moi aussi je deviendrais fou si tu ne pouvais plus venir éteindre l'incendie qui me brûle les reins avec ta grosse lance, rit le policier en s'approchant félinement de son amant dont les joues se tentaient de rouge. D'ailleurs en parlant de ça, il faudrait acheter du lubrifiant, j'ai vider le reste lundi matin, parce que je m'ennuyais tellement de toi dans le lit. Je me suis donc amusé tout seul en pensant très fort à toi, bébé.
Le rouge sur son visage s'intensifia, mais Kagami ne sut si c'était de gêne de parler de cela dans un supermarché où des personnes étaient présentes autour d'eux, et en l'occurrence leur fille qui ne faisaient pas attention aux deux adultes, ou si c'était d'excitation, parce qu'il fallait quand même avouer qu'Aomine était foutrement sexy dans son uniforme, avec sa casquette sur la tête et son regard sauvage qui brillait de désir, ou bien même les deux. Daiki approcha ses lèvres de son oreille et lui susurra d'une voix rauque :
— Je vais en chercher un moi-même, je pense que cinq tubes devraient suffire pour les semaines à venir. En plus, j'aimerais bien essayer l'effet massage stimulant ce soir.
Satisfait de l'état de son amant, il se retourna, un sourire en coin, et partit vers le rayon soin et beauté, laissant son mari reprendre doucement ses esprits et reconnecter ses neurones qui avaient légèrement surchauffés. Nul doute que les deux félins allaient bien s'amuser ce soir comparé à leur ami malade...
