PDV KARA

Chapitre 9 – La Terre (2005) Cœurs

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Tu la regardes dormir. Tu entends son cœur paisible, rassurant.

Boom, Boom, Boom, Boom, rapide et régulier.

Boom, Boom, Boom, Boom, tu aimes entendre son cœur quand elle dort. Il est parfait, fort et sonore. Il s'accorde parfaitement avec celui de son fils, un peu plus étouffé par les murs mais tout aussi régulier et rassurant. Et puis, il y a le battement de cœur de ton fils. Plus lent, plus sourd. Et le tien, identique à Kal. Tu entends ses quatre cœurs, calmes et paisibles. Vous êtes en sécurité, loin de tout danger, loin de toute menace. Tu entends même le cœur de Kat au-dessus de toi. Son cœur n'est pas régulier, pas tout à fait. Elle travaille sur son livre, même s'il est tard, qui prend une forme inattendue, très personnelle, très intime. Sans doute terrifiant pour Kat, d'où les battements de cœur presque affolés. Mais c'est une bonne peur, une peur stimulante, qui pousse plus loin, pas une peur mortelle.

Tu fermes les yeux pour mieux entendre, pour mieux percevoir les sons de ces cœurs. Des cœurs de ta famille.

Boom, boom, boom, boom, rythme binaire des cœurs humains. Des cœurs de Cat et d'Adam.

Si l'on prend pour base le rythme du cœur humain, les cœurs Kryptonniens font trois battements pendant que les humains en font 4.

Boom, Boom, Boom, rythme tertiaire des cœurs Kryptonniens. De ton cœur et de celui de Kal.

Ça fait une musique dans ta tête, une musique qui t'aide à t'endormir, qui t'aide à t'éveiller, qui t'aide à vivre.

Tu caresses du bout des doigts la joue de Cat, tu as fait des progrès non négligeables en matière de toucher. Tu as fait des progrès dans ta relation avec Cat. Après le premier jour d'école des enfants, tu avais décidé de véritablement entamé une relation humaine avec Cat. Pour les critères Kryptonniens, tu étais avec Cat depuis des mots. Tu avais décidé de la courtiser, de la séduire, de sortir avec elle comme un humain, comme une humaine. Et tu étais vraiment douée si l'on en croyait les battements et les rougissements de Cat. Et ses sourires bien sûr, tu adorais ses sourires.

Tu la courtises en la couvrant de présent. Avec des fleurs, avec des chocolats, avec des livres, avec des vêtements, avec des bijoux. Tu te trouvais très humaine, quand tu avais un sentiment éclatant lorsque Cat portait tes cadeaux. Les enfants aimaient bien le fait que tu achètes des chocolats à Cat, car ils mangeaient souvent plus de la moitié du paquet.

Et tu la courtises en passant du temps en tête à tête avec elle, sans les enfants. Pas tout le temps sans les enfants, mais assez souvent. Une fois par semaine au moins. Théâtre, cinéma, opéra, restaurant, ballade, musée, vernissage, tu l'invitais et elle te souriait et elle te laissait payer l'addition et être une gentlewoman. La première fois, tu l'avais accompagnée jusqu'à l'ascenseur et elle t'avait laissé à l'extérieur en disant qu'elle ne couchait pas le premier soir. Et son rire étouffé t'avait suivi alors que tu montais les escaliers à toute vitesse. Tu étais rentrée dans l'appartement et tu t'étais posé tranquillement sur le canapé en allumant la télévision. Quand Cat était rentrée, elle t'avait trouvé devant la télé et tu lui avais demandé si son rendez-vous s'était bien passé. Elle avait de nouveau ri. Les garçons étaient à l'étage du dessus avec Katherine, qui avait consenti à les garder et les garçons avait consenti à être gardé par elle, rien ne vous pressait et elle s'était allongée sur le canapé en posant ses jambes sur toi, en te racontant en détail ce que tu venais de vivre. Cat, elle, t'invitait souvent à des évènements de CatCo et tu étais très fière d'être à son bras, les Kryptonniens tiraient de la fierté d'être avec un individu important. Ça te plaisait de pouvoir être à la fois une Kryptonnienne et une humaine dans cette relation. Elle t'avait présenté comme sa compagne et ça avait fait une crise médiatique. Mais, Cat t'avait commandé, enfin avait commandé à K un dossier sur l'homophobie et ses conséquences dans le monde. Et elle avait elle-même interviewer des dizaines de célébrités homosexuelles de la ville et du pays. CatCo allait sans doute gagner un ou deux nouveaux Pulitzer cette année. Toi et les garçons avaient été embêté quelques temps par des journalistes ridicules, des photographes et des paparazzis, mais Cat avait littéralement acheté et démantelé un magazine People qui avait osé publier une photographie des enfants et ça avait calmé les autres. Tu trouvais ça adorable que Cat protège votre famille comme ça. Ton passée tenait bien la route et aucun journaliste, si on pouvait les appeler comme ça, n'avait trouvé de trou dans ton histoire. C'était bien, très bien. Plus on en parlait, plus ton passé devenait réel. C'était parfait. Tu passais du temps, seule à seule, avec Cat, et tu passais du temps en famille. Et tu adorais ça. Tu commençais à être douée pour les rendez-vous et les trucs que les humains faisaient dans une relation. Tu étais attentive et présente, tu étais à l'écoute et sensible, tu l'aidais quand tu le pouvais, tu la faisais rire et sourire. Tu adorais danser avec elle, les Kryptonniens étaient féru de danse, c'était le seul moment où un couple pouvait se toucher en public sur ta planète, et la valse était quelque chose de très agréable. Tu faisais danser Cat au rythme de ton cœur. Boom, Boom, Boom. Un, deux trois. Et tu la faisais tournoyer et la tirait vers toi. Tu adores danser avec Cat. La tenir contre toi. La faire tourner et virevolter. Elle se laissait guider, ce qui t'étonnait. Mais Cat aimait ça, ta main en bas de son dos qui la guide et la tient contre toi. Elle posait ses mains sur tes épaules. Souvent, elle portait des talons vertigineux et tu n'en portais pas, ce qui faisait qu'elle était très légèrement plus petite que toi. Tu aimais ça. La regarder dans les yeux, alors que vous dansiez au milieu des investisseurs de CatCo et autres grandes pontes de la ville. Elle te souriait sans retenue et elle était sublime. C'était durant l'une de ses danses, qu'elle t'avait volé un baiser la première fois.

Parce qu'outre tout cela, courtiser Cat (presque) platoniquement, tu commences aussi à comprendre pourquoi c'est si agréable d'être touchée et de toucher l'autre. Il y a l'accélération du cœur, la dilatation des pupilles, l'afflux du sang vers les joues, les frissons qui parcourent tout le corps, le tressaillement de certains muscles, mais ce que tu préfères c'est la contraction de son ventre et l'afflux liquide dans son sexe, que tu pouvais littéralement sentir. Quand tu sens cela, alors tu sais que tu lui fais vraiment de l'effet. Tu as beaucoup lu sur la sexualité des humains et sur comment faire l'amour à une femme. Tu n'étais pas étonnée de la similarité sexuelle d'un point de vue biologique entre les Kryptonniens et les humains. Des êtres humanoïdes, sous des atmosphères compatibles, sous des soleils compatibles ne pouvaient pas vraiment se reproduire par des milliers de façon différentes. La Nature fait toujours au mieux et le mieux pour des êtres qui ressemblaient à un Kryptonnien et donc à un humain, c'était une sexualité binaire, avec un individu qui engendre et un individu qui porte la progéniture, un mâle et une femelle. Et à part le fait que tes zones érogènes étaient plus nombreuses et sensibles que celle des humains, ce qui étaient un comble pour une espèce qui avait pratiquement banni le sexe de sa culture, tu ressemblais physiquement à une humaine de ton âge. Sauf pour les poils pubiens, tu n'en avais aucun. Comme il en était de même pour Kal, même si la puberté n'était pas encore là, tu allais pouvoir utiliser l'argument génétique pour expliquer cela à Cat, comme pour les facilités de Kal en sport. Donc quand le ventre de Cat se contractait de plaisir et que sa cyprine commençait à couler, tu savais qu'elle était sexuellement excitée et son regard était parfaitement satisfaisant pour toi. Tu faisais des expériences quand tu la touchais. Ici ou là. Quand tu posais ta main sur sa cuisse, au milieu ça avait peu d'effet. Mais quand tu la posais plus haut ou sur son genou, zone érogène chez certains humains, tu avais des réactions très intéressantes. Les oreilles chez Cat étaient très sensibles et ses fesses étaient une zone à ne pas négliger. Ce que tu ne faisais pas, tu laissais trainer ta main, sur ses fesses à la moindre occasion, tu savais, à la vitesse de son cœur qu'elle adorait ça…

Tu avais un intérêt (scientifique) malsain à l'égard de Cat, du corps de Cat. Tu avais décidé que pour apprendre à apprécier le contact humain, si Cat savait à quel point cette expression était correcte, tu devais la masser. Quand tu le lui avais dit, Cat était restée bouche bée un long moment.

Et tu avais commencé par la tête, un massage du cuir chevelu pour faire passer son stress et ses mots de tête. Tu avais lu quelques livres et regarder des vidéos, et visiblement tu étais douée. Cat avait été très relaxée après ça et elle avait un sourire détendu et heureux sur le visage.

Puis tu avais proposé un massage de la nuque et des épaules. Cette fois, Cat n'avait pas bloqué longtemps avant d'accepter. Après une journée particulièrement difficile, alors que Cat se massait le cou avec sa main, tu t'étais doucement penchée sur elle pour lui proposer un massage. Elle avait hoché la tête et t'avait suivi dans votre chambre, quand tu avais doucement enlevé sa chemise et quand tu lui avais dit de s'assoir au bord du lit, elle avait obtempéré sans un mot alors que son cœur battait la chamade comme disent les humains. Tu étais allée chercher une huile de massage et tu avais frotté tes mains pour qu'elles soient un peu plus chaude, tu savais que la différence de température même minime avec les humains pouvait être dérangeante. Tu avais commencé à la masser doucement sans un mot, alors que son cœur s'emballait et que sa respiration s'accélérait. Au premier gémissement, tu avais cru lui avoir fait mal, mais un marmonnement menaçant qui t'ordonnait de continuer t'avait détrompé. Elle ronronnait presque sous tes doigts. Ce qui avait envoyé des ondes de plaisir dans ton propre corps. Quand tu eu fini, tu t'étais enfuie dans la salle de bain. Tu tenais à peine debout et ta respiration était tremblante, humide. C'était nouveau, inédit. Intéressant. Kal t'avait regardé avec inquiétude, car ton cœur allait trop vite. Mais tu l'avais rassuré en souriant et tu étais allée préparer le repas.

Tu avais ensuite proposé de lui masser le dos. Et tu avais eu la vision de Cat, allongée sur le ventre, sans aucun vêtement au-dessus de la taille. Rien que ça, ça t'avait presque mis à bout de souffle. Tu avais commencé à la masser et ça avait été une expérience éblouissante, magique. Cat Grant, qui gémit, qui se tortille, qui perd son souffle, qui a le cœur en fête, qui mouille… rien que sous tes doigts. Tu avais embrassé sa nuque en murmurant que c'était fini et tu t'étais enfuie dans ton bureau.

Tu avais ensuite massé ses jambes et ses pieds. Et on pouvait dire désormais que tu étais totalement convaincu de l'utilité, de la nécessité, du besoin de toucher l'autre, de toucher Cat. Le grondement qu'avait fait Cat quand tu lui avais massé les pieds, la première fois, t'avait pratiquement assourdi, et tu aurais pu l'embrasser et faire plus… mais Kal qui lui aussi avait entendu le grognement était sorti de sa chambre, inquiet. Une Cat hébétée de plaisir s'était retrouvé avec un Kal inquiet sur les genoux, qui lui prenait la température avec sa main. Tu avais doucement souri à Cat.

Tes mains étaient sans aucun doute efficaces pour expérimenter le corps de Cat mais ta bouche était très très utile aussi. Et tu penses que Cat aime ça. Mais tu avais mis plus de temps à t'y faire. A te faire aux baisers.

Le baiser était quelque chose d'étrange. Et tu n'en aurais pas eu l'envie, mais Cat, elle, semblait prendre ça très à cœur. Elle t'embrassait les joues, le front, les mains, les épaules, le cou et tu trouvais ça étrangement excitant. Et quand tu en faisais de même, le corps de Cat réagissait sublimement. Mais surtout surtout, elle t'embrassait sur les lèvres et faisait entrer sa langue dans ta bouche. Tu n'avais jamais eu envie d'embrasser personne et en fait, si on t'avait parlé de cette pratique plus jeune tu aurais trouvé ça dégoutant. Mettre sa langue dans la bouche de quelqu'un d'autre… Beurk, non merci.

Mais Cat, Cat rendait ça acceptable, voir agréable, voir totalement à couper le souffle. Ton cœur rattrapait presque le sien quand elle t'embrassait. C'était magique, magnifique et irréel. Tes lèvres contre ses lèvres, sa langue contre la tienne. Tu pourrais l'embrasser pendant des heures et des heures. Et tu le faisais, sur le canapé du salon, sur la table de la cuisine, dans votre lit… C'était parfait. Tu pourrais de contenter de ça. Mais pas Cat. Tu savais que Cat ne pouvait pas se satisfaire de ça. Mais tu l'arrêtais avant que ça devienne plus. Et tu t'excusais et elle disait que tu n'avais pas à le faire, que vous irez à ton rythme. La première fois, qu'elle t'avait embrassée, c'était durant un gala de CatCo. Vous dansiez et elle appuya ses lèvres contre les tiennes juste quelques secondes. Tu avais sursauté, surprise, tu étais en terrain inconnu. Et le sourire espiègle de Cat ne s'était pas envolé de la soirée. Dans la voiture, Cat avait loué une limousine avec chauffeur, elle avait pris ta main et t'avait attirée à elle. Elle avait mis sa main libre sur ta joue et avait de nouveau posé ses lèvres sur les tiennes, doucement. Et ce encore et encore. Le trajet jusqu'à votre appartement ne t'avait jamais paru aussi court. Les lèvres légères et douces de Cat était distrayantes au possible. Les garçons étaient de nouveau avec Katherine et vous étiez seules dans l'appartement, ce soir. Cat avait été sage au pied de l'immeuble mais dans l'ascenseur, elle t'avait de nouveau attirée à elle. Ses lèvres de plus en plus pressantes et sa langue caressait tes lèvres. Tu avais mis tes mains sagement sur sa taille mais ses mains à elle fouillaient tes cheveux. Tu avais demandé grâce quand l'ascenseur s'était arrêté à votre étage. Et Cat avait été très sage le reste de la soirée. Elle n'avait exigé qu'un baiser très doux avant de dormir, tout contre toi, comme toujours désormais.

Tu fermes les yeux et te concentre pour écouter la musique des cœurs de ta famille. Tu souris de bonheur sereine. Tout allait pour le mieux.

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Encore un peu court, mais celui de Cat est plus long donc ça compense.

Le chapitre de Cat sortira le Samedi 18 Aout.

Un commentaire pour la route?!

Salut salut !