Note d'auteur : Et voilà ! Avec ce chapitre, je rejoins enfin la publication de ce recueil sur HPF. ^^ Du coup, pour la suite de la publication, le rythme sera le même que là-bas, c'est-à-dire deux chapitres par semaine, un le lundi et un le jeudi. J'espère que ça vous convient. :) Bonne lecture !
Le soleil venait à peine de se lever. Quelques rayons filtraient entre les rideaux mal fermés, nimbant la chambre à coucher d'une douce lueur dorée. Encore endormie, Tonks se tournait et se retournait dans un sommeil agité. Ses paupières frémissantes s'ouvrirent d'un coup, alors que la clarté du jour tombait sur son visage. Elle eut une grimace devant l'agression faite à ses pupilles et referma immédiatement les yeux en grognant.
Un bras sur le visage, elle tenta de se rappeler son rêve, qui ne faisait que s'échapper de plus en plus au fur et à mesure des secondes. Elle se rappelait vaguement de la présence d'un Elfe surexcité et d'une licorne qui parlait. Elle avait volé aussi à un moment donné, mais elle ne se souvenait plus comment. Puis elle était tombée nez à nez avec dragon, et le rêve s'était transformé en cauchemar.
Elle eut un petit rire devant son inconscient débordant d'imagination. Puis elle laissa sa main errer de l'autre côté du lit, à la recherche du corps chaud de Remus. Ils se racontaient souvent leurs rêves le matin, lorsqu'elle n'avait pas à se lever pour aller travailler. Ca les faisait souvent rire.
Mais à sa grande surprise, le lit à côté d'elle était vide. Et froid. Tonks se redressa en fronçant les sourcils, et laissa ses doigts effleurer les draps intacts. Ils étaient à peine froissés. Elle se souvenait pourtant l'avoir entendu rentrer hier soir, après sa mission. Il s'était glissé dans son dos et lui avait marmonné un « Bonne nuit » avant qu'elle ne sombre dans le sommeil.
Inquiète malgré elle, Tonks se leva, enfila le tee-shirt coloré des Bizarr's Sisters dont elle se détachait peu, et gagna le salon. Vide lui aussi. La gorge étreinte par l'angoisse à présent, elle se précipita vers la cuisine. Elle espérait tant le voir attablé devant une tasse de café que la table vide lui fit l'effet d'un coup de poing dans l'estomac.
Elle vacilla, et sa main s'agrippa au battant. Où était-il passé ? Lui était-il arrivé malheur ? Quelqu'un l'avait attaqué ? Un Mangemort ? Peut-être était-il blessé ? Ces questions la tourmentaient tant qu'elle dû s'asseoir, prise de vertiges. Il n'y avait pas un bruit dans tout l'appartement. Le silence lui mettait les nerfs à vif. Ce n'était pas dans les habitudes de Remus, de disparaître ainsi sans la prévenir. Il lui était sûrement arrivé quelque chose.
Elle devait prévenir quelqu'un. Agir. Le sang bouillonnant dans ses veines, prête à l'action, Tonks se releva et se dirigea d'un pas déterminé vers leur chambre. Elle allait s'habiller et débouler dans les minutes qui suivaient chez Kingsley. Lui saurait sûrement quoi faire.
Mais alors qu'elle traversait le salon, elle aperçut un bout de parchemin posé sur la table, recouvert d'une écriture familière. Son cœur retomba dans sa poitrine, et elle ne put réfréner un sourire idiot d'envahir son visage. Il lui avait laissé un mot ! S'il lui avait laissé un mot, cela voulait dire que tout allait bien. Il n'avait pas été enlevé ou torturé par ces abrutis de Mangemorts. Il avait juste dû partir faire quelques courses, et il reviendrait bientôt.
Le soulagement envahissait à présent chaque fibre de son corps. Elle se laissa tomber sur le canapé et s'empara de la feuille volante en se traitant d'idiote. Sa paranoïa lui semblait si stupide à présent !
Mais son sourire s'évanouit à l'instant où elle lut les quelques mots jetés sur le parchemin.
Je t'aime. Je suis désolé. C'est mieux comme ça.
Elle les relut plusieurs fois. Elle n'en croyait pas ses yeux. Ce ne fut pas un coup dans le ventre cette fois, mais des milliards d'aiguilles invisibles qui vinrent lui percer la peau, le cœur, les poumons. Elle suffoquait. Elle se sentait mal, si mal. Cela voulait bien dire que ce qu'elle pensait ? Alors, il la quittait ? Juste comme ça ? Elle, et son enfant à naître ?
A cette pensée, ses bras s'enroulèrent autour de son ventre. Les larmes lui piquaient les yeux. Elle souffrait tant. Elle ne méritait donc même pas une rupture en face à face ? Elle n'avait eu droit qu'à une lettre, non même pas, quelques mots écrits à la va-vite sur un vieux bout de parchemin.
Elle ne parvenait plus à réfléchir correctement. Elle lui en voulait, mais elle s'en voulait à elle aussi. De ne pas avoir vu les signes avant-coureur. D'avoir été aussi heureuse alors que lui était rongé par la culpabilité. Elle l'aimait et le détestait en même temps pour cet auto-apitoiement.
Elle ne sut pas combien de temps exactement elle resta ainsi, la main serrée sur la feuille jaunie. Cela lui sembla des heures. Elle fut tour à tour frappée par le désespoir, la colère et l'horreur. Ce fut la panique qui domina finalement. Comment allait-elle annoncer la nouvelle à ses parents ? Comment allait-elle pouvoir élever leur enfant seule ?
Comment allait-elle pouvoir vivre sans lui ?
Les pleurs qui coulaient sur ses joues se firent amers. Elle se recroquevilla dans un coin du canapé, et laissa libre cours à son chagrin et sa déception. Elle n'avait pas le courage d'affronter tout cela maintenant. D'affronter le monde extérieur, le regard des gens, sûrement plein de pitié et de mépris.
Elle voulait juste rester là. Jusqu'à ce qu'il revienne.
Note de fin : Merci d'avoir lu jusqu'ici ! Le chapitre suivant arrive jeudi prochain. :)
