AUTEUR: Nahira

DISCLAIMER : Les vidéastes ou personnes réelles présentes dans ce recueil s'appartiennent à elles même. Les personnages fictifs appartiennent à leurs créateurs (ou à moi si ce sont des OC). L'idée est de moi, bien qu'inspirée d'un tweet d'un ami et les univers crossovers appartiennent à leurs créateurs respectifs.

RATTING : M

CROSSOVER : /

PARING : Matoine

UA : Sur un continent divisé en plusieurs royaumes. (monde créé spécialement pour cet OS)

Bonjour bonjour ! J'AI REUSSIS A TROUVER UNE CONNEXION YOUHOU ! C'est incroyable. Soyez heureux.

Hop, voici un nouvel OS qui est… Le plus long de tous. Je l'ai écris en une seule journée mais j'en ai passé du temps ! 13 pages Word ! Autant vous dire que s'il est aussi long, c'est parce que je me suis éclatée à l'écrire ! J'ai carrément créé tout un univers pour cet OS ! Je pense d'ailleurs le réutiliser pour d'autres écrits.

Bref, je vous laisse à votre lecture, on se retrouve en bas o/


Colère maternelle

« Quoi ?!

- Mais oui ! C'est le dernier endroit où nous pouvons en trouver !

- Mais t'es cinglé ?! Tu sais très bien qu'ils sont sacrés là-bas ! On ne pourra pas en approcher un à moins de cent mètres !

- Alors ça t'en sais rien !

- Bien sûr que si ! Et combien même on arrive à en tuer un, tu y as pensé aux conséquences ?!

- Mais Toine ! Il n'y en a plus sur le continent ! Soit ils sont mort, soit ils ont migrés, soit ils se sont réfugié dans le royaume de La Mandragore ! C'est le seul endroit où on peut en trouver ! Si on n'y va pas on va se retrouver au chômage technique !

- …

- Aller Antoine… Je n'ai pas du tout envie de changer de profession maintenant…

- Au pire on n'a qu'à prendre un bateau pour aller sur le continent voisin…

- Tu sais très bien que ce n'est pas aussi simple… Autant encore rester un peu ici, terminer avec le Royaume Céleste puis partir non ? Aller, ça vaut le coup !

- Mais Mathieu… Je ne sais pas, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée…

- Avec les ingrédients qu'on récupèrera on pourra s'acheter des places dans le bateau, juste deux ou trois créatures, pas plus !

- … Pas plus hein…

- Promis. »

C'est en soupirant qu'Antoine accepta d'aller dans ce royaume si particulier. Il pouvait vraiment faire n'importe quoi pour son homme, il n'arrivait pas à s'en empêcher.

« Tu me promets toi aussi ?

- De ?

- De ne pas te défiler une fois là-bas.

- Math…

- Promet !

- … Promis. »

Joyeux, Mathieu lui offrit un petit baiser sur ses lèvres et commença à sautiller en avançant, déjà prêt à rejoindre et traverser la frontière. Son compagnon le suivit, un peu à contre cœur, mais le sourire était présent. Les baisers de son petit ami avaient toujours eu le don de lui rendre le sourire, dans n'importe quelle circonstance.

C'est sans encombre qu'ils quittèrent quelques jours plus tard le Royaume Enflammé, dirigé par la reine MadCalypso pour rejoindre celui de la Mandragore.

Tout le continent était divisé en quatre royaumes, tous quatre possédant un environnement propre à un élément. Le Royaume Enflammé était recouvert de sable et de terres brûlées, sans pour autant qu'il soit dénué de vie. De nombreuses créatures vivaient en ces terres, des créatures qui supportaient et vivaient principalement dans la chaleur et la sécheresse.

Le Royaume aquatique quant à lui était unique en son genre. Il ne possédait qu'une simple île à la surface d'une mer immense, mais peu importait à la reine Elan puisque celle-ci vivait dans une ville construite sous l'eau, elle-même remplit de faune et de flore plus stupéfiantes les unes que les autres.

Le troisième royaume, le monde Terrestre était une terre emplit de forêt et de plaines luxuriantes. Dirigée par le Reine Nori, elle cachait une immense ville entre les branches des arbres, sans compter les petits villages d'elfes qui cohabitaient avec ceux des humains.

Et enfin, le dernier Royaume du continent dirigé par la Souveraine Mandragore était l'une des terres des plus énigmatiques et incroyables de toutes. Seul des plaines meublaient le terrain, mais dans les airs se trouvaient une immense île flottante supportant un incroyable château et une ville magnifique. De nombreuses grottes étaient creusées dans le rocher flottant et protégeaient les créatures les plus admirables du continent : Des dragons.

Ces créatures étaient assez courantes et vivaient un peu partout dans les différents Royaumes, mais c'était spécialement sur les Terres Célestes qu'ils étaient les plus nombreux. Ils étaient aimés et admirés, et même sacrés ! La reine et sa compagne étaient catégoriques là-dessus : Ne jamais toucher aux dragons. Jamais sous aucun prétexte. C'était l'une des lois les plus sévères de la monarchie, mais personne n'avait vraiment eu de raison de s'attaquer à ces animaux, alors tout le monde étaient content.

Jusqu'à ce jour.

Antoine et Mathieu n'étaient pas des humains ordinaires. Le brun était même un semi-elfe comme pouvait le montrer ses oreilles légèrement pointues. Mais en plus de ça, ils vivaient grâce à leur activité : La chasse aux dragons. Dans les trois autres royaumes élémentaires, les griffes, les cornes et les écailles de dragons étaient fortement demandées à la vente, surtout pour l'alchimie. Il fallait donc bien des hommes pour aller tuer ces merveilles et rapporter les ingrédients. Et ce couple en faisait partit.

Ils s'étaient rencontrés dans la capitale Terrestre alors que le semi-elfe s'était enfin décidé à sortir de son village d'origine. Tous deux étant nés sur les terres de la chasse, ils avaient appris dès le plus jeune âge l'art de manier un arc à la perfection. Aussi s'étaient-ils décidés de voyager à travers le continent voir le monde pour pratiquer leur activité favorite. D'abord ce fut seulement la chasse du gibier, mais ils s'ennuyèrent bien vite de cette activité. Et un beau jour, ils rencontrèrent une jeune femme du nom de Sun Wings qui leur demanda de rapporter les griffes d'un dragon vivant non loin dans les bois. Ils furent d'abord réticents mais ils accomplirent tout de même leur mission, les promesses de récompenses de la jeune alchimiste leur mettant l'eau à la bouche.

Et depuis ce jour, tout s'est enchaîné.

Le dragon fut tué très rapidement et les récompenses furent données. Et les deux jeunes hommes voulurent recommencer. Traquer un dragon était beaucoup plus palpitant et stressant que traquer une quelconque panthère ou du gibier. Et les récompenses étaient tellement alléchantes qu'ils ne purent s'empêcher de chasser davantage la créature merveilleuse.

Depuis, ils étaient devenus des chasseurs et des guerriers aguerrit et ils ne vivaient que pour la capture et le braconnage de dragons.

Et au fur et à mesure du temps qu'ils passèrent ensemble, des épreuves et des réussites, des sentiments s'étaient tout doucement imposés entre eux. Des sentiments qui eurent du mal à assumer au début mais qui terminèrent de les épanouir une fois qu'ils se l'étaient avoué. Maintenant, plus rien ne pouvait les séparer. L'un ne pouvait plus vivre sans l'autre, ils étaient bien trop liés à présent.

L'un meurt, l'autre le suit.

Mais aucun d'eux n'avait peur de la mort, sinon, ils ne feraient pas le métier qu'ils avaient choisis.

Mais cette fois-ci, alors que la frontière entre deux royaumes fut traversée et que les deux jeunes hommes rentraient sur d'immenses plaines, Antoine avait peur. Pas peur de mourir, mais peur de voir Mathieu mourir. Sa crainte était loin de trouver sa source chez les dragons, leurs protectrices étaient bien plus dangereuses qu'eux, et c'était d'elles qu'il avait peur. Il savait qu'elles connaissaient leur existences et leurs activités, il savait qu'elles ne voulaient voir qu'une chose : leurs têtes sur une pique. Et maintenant qu'ils étaient rentrés sur leur territoire, elles pouvaient largement assouvir cette volonté.

Mais le plus vieux des deux n'avait pas l'air de s'en soucier. Il sautillait, heureux de rentrer sur des terres qu'il n'avait encore jamais visitées.

Antoine soupira, essayant de chasser en vain son appréhension.

Tout allait bien se passer.

Ils allaient faire ce qu'ils étaient venus faire et repartir, ni vu ni connu.

N'est-ce pas ?

« Antoine regarde !, s'exclama avec joie le châtain tout en montrant le ciel du doigt. »

D'où ils étaient, ils pouvaient voir le château dans les cieux.

L'île flottante était bien plus imposante et immense que ce qu'ils s'étaient imaginé ! On pouvait voir de nombreux trous dans la roche, surement des entrées de grottes et un château somptueux surplombait l'île de toute sa hauteur et sa beauté. De l'argent et de l'or magiques, ne pouvant s'oxyder ornaient les remparts et les murs de la grande bâtisse le faisant briller au soleil et de nombreux drapeaux représentant une écaille de dragon et une feuille de mandragore flottaient dans les airs un peu partout.

C'était juste sublime, et les yeux des deux hommes brillaient devant tant de beauté.

« Bordel…, soupira le brun.

- Il faut monter si on veut trouver des dragons. »

Antoine tiqua un peu.

« Qu-quoi ?! On ne va quand même pas s'attaquer aux dragons royaux ?!

- Noon ! Enfin je sais pas, on tuera les premiers qu'on trouvera, mais il faut monter si on veut avoir un accès aux grottes. Il n'y a que là-haut qu'ils vivent, on en trouvera pas en bas. »

Le plus grand soupira un peu, son stresse le reprenant aux tripes.

« Ou-ouais, t'as raison… Je te suis. »

Le châtain sourit et lui prit tendrement la main pour l'inciter à avancer avec lui et le rassurer.

Ils marchèrent quelques temps avant d'arriver à une grande bâtisse à deux parties. L'une était dédiée aux téléporteurs grimpant et l'autre aux téléporteurs descendant. Le couple s'avança vers la première partie et attendit patiemment qu'une cabine se libère pour pouvoir monter à leur tour dans la ville. Celle-ci était largement ouverte aux touristes, ainsi ils n'eurent aucun mal à s'y rendre.

La cité dans laquelle ils pénétrèrent était aussi magnifique que le château lui-même. Toutes les bâtisses étaient blanches, un peu grisées pour éviter que le soleil ne fasse trop briller les murs et les rues étaient décorées de fleurs dans des pots d'argents et d'or, de lampadaires de même couleur et de pierres grises claires. Tout était lumineux et énergique dans cette ville.

« Je me demande s'il y a un accès aux grottes…, murmura Mathieu.

- Je ne sais pas… Je ne suis pas sûr qu'il y en ait, après tout, les dragons et les humains vivent ensemble sans pourtant se marcher dessus ici…

- C'est embêtant…

- Mmh…

- Par contre le château est ouvert.

- N'y pense même pas.

- Mais arrête ! Putain Antoine t'es pas un protecteur des dragons à ce que je sache !

- Nan mais je t'aime trop pour vouloir risquer de te perdre ! »

Toute la discussion avait été chuchotée, mais le ton d'Antoine s'était avéré dur, avec une pointe de détresse dans la voix. Il avait réussi à calmer Mathieu d'un coup net.

« Moi aussi je t'aime Toine mais… »

Le plus vieux baissa les yeux, une expression incertaine sur son visage. Son compagnon soupira alors qu'il se sentait craquer. Qu'est-ce qu'il pouvait bien l'énerver quand il faisait cette tête ! Il pouvait céder à n'importe quel caprice pour lui rendre le sourire dans ces cas-là…

« Arrête de faire cette tête…

- Tu m'as promis, Toine… »

Touché.

« … D'accord mais sérieux, t'es vraiment irresponsable quand tu t'y mets.

- C'est pas irresponsable ! Je veux pouvoir manger à la fin du mois ! On a pratiquement plus d'argent pour vivre, ça fait trop longtemps qu'on a plus chassé.

- Tu as peut-être raison…

- Aller, ça ne durera pas bien longtemps… On fait le tour de la ville et s'il n'y a aucune entrée de grotte on infiltre le château et on tue ceux qu'on trouve. Il n'est pas gardé, ce ne sera pas difficile de le faire sans se faire repérer.

- Si tu le dis… »

Le plus petit se mit sur la pointe des pieds et embrassa l'autre amoureusement en lui caressant tendrement les cheveux.

« T'inquiète pas. Ca fait des années qu'on fait ce job, l'infiltration et la discrétion ça nous connait.

- Ouais mais c'est un peu immorale…

- Trouve pas d'autres excuses Antoine. On ne l'a jamais été.

- … C'est pas faux. »

Mathieu sourit et le brun le lui rendit. Il avait réussi à trouver les mots pour le rassurer, et c'est avec assurance que les deux hommes s'avancèrent vers le bâtiment royal. En demandant aux habitants, ils furent sûrs qu'il n'y avait aucun moyen pour entrer dans les grottes. Il ne restait plus qu'une seule solution : les dragons royaux.

Ils purent entrer dans le bâtiment sans problème, aucun garde ne leur barrant le chemin. Ils durent seulement déposer leurs arcs et leurs carquois à l'entrée, celles-ci interdites dans l'enceinte du bâtiment. Contrairement à d'autre châteaux comme celui des Terres enflammées, celui-ci était ouvert au publique, la reine et sa compagne aimant partager leurs vies avec leur peuple, du moment que celui-ci respectait les règles, n'entrait pas dans les appartements privés et n'abusait pas de leur hospitalité.

Le couple se balada dans les couloirs, agissant comme de simples touristes voulant juste découvrir les merveilles du lieu.

Au bout d'un moment, ils rencontrèrent une porte gardée par deux gardes forts protégés par de puissantes armures.

« N'approchez pas, vous ne devriez pas être ici ! Retournez dans les couloirs réservés au publique, dit l'un d'eux alors que Mathieu s'approchait de la porte. »

Celui-ci put lire sur une plaque dorée que la salle derrière était les appartements royaux de la femme de la Mandragore : Nahira.

Un grondement se fit entendre derrière, proche à celui d'un animal.

« Mathieu on s'en va, murmura Antoine, un peu apeuré. »

L'interpellé accepta et ils retournèrent à l'entrée du bâtiment.

« Ils étaient dans la chambre de Nahira !, chuchota le plus petit avec excitation.

- Ouais, et je pense que c'est une bonne raison pour abandonner ! C'est trop gardé, on ne peut rien faire !

- Pff ! On a vécu pire hein ! »

Antoine grogna, sachant pertinemment que l'autre avait raison.

« Aller, on récupère nos arcs et on y va !

- Ca va être discret tiens…

- T'es vraiment de mauvaise foi hein… »

En sortant du bâtiment, ils récupérèrent leurs armes et se postèrent dans une ruelle peu fréquentée.

« Hop, un petit sort de dissimulation… »

Une incantation plus tard, les arcs et les flèches ne furent plus visibles pour un temps.

« Pourquoi tu ne veux pas m'apprendre la magie putain !, désespéra le brun, ne pouvant s'empêcher d'être émerveillé quand sa moitié jetait des sortilèges.

- On a déjà essayé tu te rappelles ? Depuis on a la haine des elfes noirs sur les épaules avec ton explosion en plein milieu du village !

- Roooh c'est bon, c'était un accident, je ferais mieux maintenant !

- J'préfère pas retenter. »

Antoine lui tira la langue et ils s'empressèrent de rentrer à nouveau dans le château avant que le sort ne s'annule.

« Qu'est-ce que vous refaites là ?!, s'exclama le garde qu'ils avaient vu quelques temps plus tôt. Ne m'obligez pas à vous arrêter.

- Ce ne sera pas nécessaire. »

Mathieu prit une flèche invisible, l'encocha et tira entre les deux yeux de l'homme, là où son casque ne le protégeait pas, tandis qu'Antoine faisait de même pour le second.

Sans qu'aucun bruit ne soit produit, les deux corps tombèrent et laissèrent la porte à disposition des deux assassins. Ceux-ci entrèrent dans la chambre et ils eurent presque des étoiles dans les yeux en voyant la beauté de l'endroit s'ils n'avaient pas été concentré par leur chasse.

Il ne leur fut pas bien longtemps avant qu'ils ne trouvent leurs cibles. Un jeune dragon rouge et doré de la taille d'un petit poney dormait tranquillement sur un gros tas de tissus tandis que deux autres dragonnets, l'un de la taille d'un grand chien de couleur bleu et l'autre de la taille d'un chaton de couleur gris foncé se battaient gentiment un peu plus loin.

Les deux plus jeunes remarquèrent la présence des deux intrus mais ne furent pas alarmés. Leur mère Nahira les avait élevés dans la sécurité et l'amour, ils ne connaissaient pas encore le danger.

Antoine soupira.

« T'es sûr de vouloir le faire… ?

- J'hésite entre les tuer tous les trois ou capturer le plus jeune…

- Le capturer c'est la meilleure façon pour que la souveraine nous retrouve.

- Alors on les tue. Dès qu'on en aura fini on ira au port et on quittera le continent, d'accord chéri ?

- Mmh… »

Tous deux bandèrent leurs arcs, une flèche encochée, et tirèrent sur les deux plus grands dragons, les atteignant soit dans la tête, soit dans le cœur. Ils n'eurent même pas le temps d'hurler avant de trépasser.

Quant au plus petit, c'était une autre histoire.

Il vit mourir ses deux frères et sœur juste devant ses yeux. D'abord il ne comprit pas ce qu'il se passait, puis paniqué, il commença à hurler aussi fort que sa voix encore aigue pouvait le faire.

Sans attendre, Antoine encocha une seconde flèche et tira dans le cou du dragonnet.

Le sang coulait en abondance sur le sol de la chambre.

Mathieu se précipita sur les cadavres en sortant son poignard de sa ceinture et commença à retirer plusieurs écailles et à arracher les griffes des dragons.

« Faut qu'on se grouille ! Le p'tit a dû alerter la garde ! »

Antoine s'exécuta en l'imitant, récupérant aussi les petites cornes de la plus petite des créatures.

Leurs butins dans leur sac ensanglanté et leurs flèches récupérées, ils sortirent en trombe de la suite royale et coururent dans les couloirs qui ne comportaient pas encore de gardes. Ils n'étaient pas encore repérés, mais s'ils ne sortaient pas vite de l'endroit, ça n'allait plus tarder !

Cependant, Mathieu s'arrêta devant une porte qu'ils n'avaient pas encore croisée auparavant.

« Bordel Math tu fous quoi ?!, s'exclama le brun au bord de la panique.

- Regarde ! Il faut qu'on rentre !

- Nan mais ! »

Sans que son compagnon ait eu le temps de l'en empêcher, le châtain ouvrit la porte qui portait une plaque argentée avec inscrit « Incubateur royale ».

« Oh meeeerde…, s'exclama-t-il en entrant. »

La salle n'était pas bien grande, mais le plus important était juste au milieu. Sur un présentoir se trouvait une grande cuve en verre et argent, portant en son sein de l'eau qui semblait visqueuse et brulante ainsi qu'un œuf aussi gros qu'une tête humaine absolument magnifique.

Antoine entra à son tour et remarqua ce qui retenait l'attention de sa moitié.

« Alors là même pas en rêve Math ! Tuer des dragons royaux c'est déjà pas moral, mais alors enlever un œuf à une mère c'est pire que tout ! Surtout pour le revendre à un gars mal intentionné derrière ! »

Mais Mathieu ne l'écoutait déjà plus. Il s'approchait dangereusement de l'œuf avec un air béa sur le visage.

« Imagine tout ce qu'on pourrait faire avec notre propre dragon ! »

Alors qu'il s'apprêtait à casser l'incubateur, Antoine encocha une flèche le plus vite possible et tira pile sur la structure qui tenait la cuve, empêchant le châtain d'avancer davantage.

Il se mit hors de lui.

« Ecoute Mathieu ! On est déjà sur le point de nous faire emmener par les gardes, on a déjà tué les dragons fétiche du royaume Céleste, on a ôté la vie à des hommes qui ne faisaient que leur travail, c'est déjà beaucoup trop pour moi ! Vous les humains vous n'avaient aucune putain de morale ! Vous et votre appât du gain ! J'ai déjà fait trop d'atrocités pour aujourd'hui, je ne te laisserai pas enlever cet œuf, est-ce que c'est clair ?! »

Le jeune homme était à bout. En général, ils ne tuaient que les dragons qui gênaient la population, plus quelques autres pour qu'ils puissent vivre convenablement. Au début il n'avait pas été pour, mais au fil du temps, il s'était fait à cette façon de chasser. Après tout, il devait bien vivre, tuer un dragon n'était pas pire que tuer un autre animal. Mais tuer des dragons qui avaient une mère et qui étaient aimés, il n'appréciait pas ça du tout.

Contrairement à Mathieu, il ne voulait pas s'enrichir sur le dos des autres. Tout ce qu'il voulait c'était vivre avec celui qu'il aimait et rien d'autre.

Ses mots il avait eu du mal à les sortir, il n'avait encore jamais crié ainsi que l'élu de son cœur, mais cette fois-ci il était allé beaucoup trop loin.

Celui-ci justement, le regarda avec surprise pendant quelques secondes avant de prendre une expression douloureuse. Jamais on ne lui avait crié dessus ainsi, surtout pas le brun. Il se rendit compte à quel point ce qu'il faisait était grave.

« Je suis désolé Toine, je voulais pas te pousser à bout. Je… Je…

- Tu t'excuseras plus tard, il faut qu'on se tire maintenant !

- Je… Ouais ouais… T'as raison… »

Sans se retourner, le plus petit courut vers la sortie, et tout deux repartirent dans les couloirs, cherchant puis trouvant un endroit pour sortir du bâtiment royal.

Laissant une flèche enchantée dans la salle.

Aucun garde ne les retrouva, mais les cloches annonçant un crime dans le château sonnaient inlassablement, résonnant partout dans la ville.

Ils purent reprendre le téléporteur, et c'est avec un soulagement non dissimulé qu'ils commencèrent leur marche vers le Nord du Royaume, où se trouvait le port.

A peine étaient-ils revenus sur terre que Mathieu implora le pardon d'Antoine. Il s'en voulait terriblement et il ne voulait pas que l'homme qu'il aimait lui en veuille. Bien heureusement pour lui, le brun ne put lui en tenir rigueur bien longtemps. Après tout, lui-même avait commis les actes répréhensibles qu'il avait reprochés à Mathieu.

Finalement, il s'en voulait plus qu'il n'en voulait au châtain.

Il se sentait faible de plier ainsi devant les caprices et les envies de son compagnon. Il se jura d'arrêter d'être autant fleur bleue et de s'imposer un peu plus dans leur couple.

Mais pour combien de temps ?


Dans le château, tout le monde s'affolait.

Nahira était rentrée en trombe dans sa chambre alors qu'elle s'était précipité pour rejoindre ses dragons après avoir entendu le cri de l'un d'eux.

La scène horrifique qui s'imposa à elle la choqua pendant plusieurs secondes avant qu'elle ne réalise ce qu'il s'était passé.

Elle s'approcha de ses enfants, s'agenouilla devant eux, restant silencieuses.

Puis les larmes commencèrent à couler et un cri remplit de chagrin et de douleur s'échappa d'entre ses lèvres.

Qu'est-ce qu'on leur avait fait ?

Ses cris et ses gémissements résonnaient dans tout le château, indiquant à tous les nobles de la cour que le drame que les cloches annonçaient était bien plus grave que ce qui était craint.

La jeune femme prit le plus petit de ses dragons dans ses bras, ignorant le sang qui tachait sa robe bleue.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? P-pourquoi ? Co…Comment… ? »

Ses larmes et ses hoquets ne voulaient plus s'arrêter. Elle se sentait horriblement vide et désarmée… En insécurité…

Ses yeux se posèrent sur les pattes de la dragonne rouge. Plus aucune griffe ne les agrémentaient. Elle remarqua par la suite que les cornes, les griffes et certaines écailles de ses dragons avaient disparues.

Un acte de braconnage. On avait osé rentrer dans la demeure royale pour tuer SES bébés ?!

Son chagrin se transforma soudainement en colère… En haine.

« QUI A OSE ?!, cria-t-elle, hors d'elle. »

A l'instant, sa femme entra dans la salle, paniquée, et fut choquée par le sang et les cadavres qui régnaient dans la pièce.

« Oh nan…, murmura-t-elle, dégoutée et chagrinée.

- On a tué mes dragons ! On les a tués pour les dépouiller par la suite ! Les fautifs me le payeront ! Et- »

Soudainement, elle s'arrêta en plein milieu de sa phrase, une autre émotion la prenant aux tripes. La peur. Cette peur qu'on ressent en tant que mère quand on s'inquiète pour ses enfants. Cette peur qui vous détruit de l'intérieur tant qu'elle n'est pas soulagée.

« ELYN ! »

Sans rien dire d'autre, elle abandonna le corps du petit qu'elle portait et courut hors de la salle pour en rejoindre une autre plus loin. Elle entra dans celle dédiée à son futur enfant et c'est un cri de soulagement qu'elle laissa échapper en voyant que son œuf était toujours à sa place.

Cependant, une chose lui retint l'attention.

Elle s'approcha et retira une flèche noire aux bords bleutés en ardoise qui était plantée dans le présentoir.

Elle prit cette flèche pour une seule chose : Une menace.

Elle vit rouge, et elle perdit tout calme et tout sens commun.

La Mandragore qui l'avait suivi s'approcha d'elle et essaya de la raisonner.

« Nahi ! Calmes-toi ! Je-je sais que c'est horrible et difficile, mais il ne faut pas que tu te transformes ! Tu sais que tu perds complètement la raison quand c'est le cas ! Contrôle-toi ! »

Mais aucune belle parole ne pouvait la faire sortir de sa rage désormais.

Sa robe se déchira alors que d'immenses ailes bleues poussèrent dans son dos et qu'une magnifique queue de la même couleur sortit de son bas du dos. Des cornes grises pointèrent entre ses cheveux et ses pupilles se rétractèrent pour ne former que deux lignes verticales. Sa robe déchirée tomba au sol et des écailles argentées apparurent et camouflèrent ses parties intimes.

Il existait très peu de Drakos en ce continent d'Elémentalis, des êtres semi-humains et semi-dragons. Mais Nahira faisait partie de cette communauté restreinte et avait même adopté le pouvoir de prendre une forme complètement humaine.

Mais quand elle perdait le contrôle d'elle-même, sa véritable nature refaisait surface.

Sans écouter les supplications de son aimée, elle sortit de la salle, le visage fermé par la haine. Elle récupéra son arc et ses flèches dans sa chambre et sortit de son château d'un pas décidé.

Dès que le vent effleura ses cheveux, elle déplia ses ailes et s'élança dans les airs pour rejoindre le monde d'en bas et observer les plaines d'en haut. Elle regarda la flèche trouvée et imprima son image dans sa tête. Elle retrouvera son propriétaire, coûte que coûte. Le criminel ne devaient pas être bien loin.


Les deux chasseurs marchaient d'un pas rapide dans les herbes hautes sans se soucier qu'un danger venant du ciel les menaçait.

Ils avaient quelques heures de marche avant d'arriver au port, mais ils pouvaient y arriver avant l'aube du lendemain.

Antoine marchait d'un air décidé, toujours un peu stressé d'être poursuivit. Mathieu quant à lui le suivait de près mais peinait à maintenir à la cadence avec ses jambes plus petites que son compagnon.

Il décida alors de prendre sa main dans la sienne, l'obligeant à ralentir.

« Toine, tu m'en veux toujours ?

- Mais non ! Je veux juste éviter qu'on nous rattrape ! On est à découvert ici…

- Arrête-toi alors.

- Mais-

- S'il te plait. »

En soupirant, le plus jeune s'arrêta et le regarda presque agacé.

« Qu- ? »

Sans même qu'il n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, Mathieu l'attrapa par le col pour l'obliger à se baisser et lui captura les lèvres des siennes.

Le brun se détendit presque instantanément, comme à chaque fois que sa moitié l'embrassait.

Quelques secondes plus tard, le couple se relâcha et les deux hommes se sourirent.

« On va arriver au port sans rencontrer de problème, d'accord Toine ?

- Moui…

- Je t'aime.

- Moi aussi. »

Antoine embrassa une nouvelle fois son petit ami pour l'espace d'une seconde et ils reprirent la route, main dans la main.

Enfin, c'est ce qu'ils auraient voulu faire.

Mais des battements d'ailes puissants se firent entendre et en un rien de temps, une Nahira au sourire malsain se posa à quelques mètres d'eux, arc en main et flèche encochée.

« Je vous ai retrouvé. »

Mathieu eut à peine le temps d'encocher sa flèche qu'il venait de sortir qu'une autre, celle d'Antoine qu'ils avaient oubliée se planta entre ses deux yeux.

Avant que la Drakos n'ait le temps d'encocher une seconde flèche, le brun tira la sienne, mais déstabilisé par la chute de son compagnon, celle-ci ne se planta que dans la jambe de la jeune femme.

Celle-ci hurla de douleur en tombant, mais pas aussi fort qu'Antoine quand il vit les yeux ouverts et voilés du déchu.

« MATHIEU ! »

Il s'agenouilla auprès du corps sans vie de son petit ami, paniqué et chagriné.

« Non non non non ! Tu ne peux pas me faire ça Math ! »

Il retira la flèche dans une gerbe de sang qui se mélangea avec ses larmes et secoua le petit corps de toutes ses forces.

« Bordel non t'as pas le droit… »

Il allait hurler son désespoir quand il entendit un rire tout proche de lui. Il banda son arc avec une nouvelle flèche avant de lever la tête, par sécurité.

Il vit alors la mère des dragons avec un sourire douloureux, chagriné, haineux et malsain, arc bandé pointé sur lui.

« Tu sais ce que ça fait maintenant, lui dit-elle, la voix tremblante de folie. »

Et elle décocha sa flèche.

Tout comme Antoine.

Leurs projectiles se percutèrent, mais une flèche d'ardoise est bien plus solide qu'une flèche de bois.

Celle du brun déchira celle d'autre en deux et vint se planter dans les poumons de la Drakos.

Celle-ci tomba en arrière, peinant à respirer alors que du sang s'échappait par sa bouche.

Prit de la même folie meurtrière de l'assassin de son cœur, il prit son couteau et s'approcha d'un pas rapide de celui-ci.

Sans aucune pitié et en hurlant, complètement aveuglé par le chagrin, il assena de multiples coups de couteau dans le corps de la jeune femme.

Le sang s'éclaboussa sur son visage, se diluant dans la cascade de larme qui noyait déjà ses joues.

Il continua de la poignarder quelques temps après qu'elle ait arrêté de respirer, et quand il termina son massacre, il s'écroula sur le côté.


La reine du Royaume courut vers sa salle de divination. Elle avait un pouvoir bien à elle qui lui permettait de voir dans le passé, le présent, et plus rarement le futur. Au milieu de cette fameuse salle, se trouvait une boule de cristal posé sur un présentoir à hauteur humaine. Cette boule lui permettait de voir seulement dans le présent à travers le monde et elle comptait bien s'en servir pour surveiller sa bien-aimée.

Elle s'approcha de l'objet et passa ses mains au-dessus pour l'utiliser. Ses yeux devinrent blancs et elle put voir toute la scène entre sa femme et les chasseurs de dragons.

« Gardes ! Prenez vos dragons et allez vite sur la plaine Nord ! Vous y verrait Nahira et deux autres hommes ! Amenez-moi ces derniers s'ils sont toujours vivants quand vous y arriverez. »

Aussitôt, ses ordres furent exécutés. Les gardes montèrent sur les dragons qu'avait autrefois élevés Nahira. Etant nés et élevés sous la charge de la couronne, ils avaient l'habitude d'aider les gardes et la famille royale lorsque c'était nécessaire, sans pour autant vivre avec eux, préférant leur liberté.

Une quinzaine d'homme se mirent alors en route pour la scène de massacre qui se déroulait non loin.

Mandra assista au meurtre de sa femme quelques temps plus tard.

De nature plus calme que sa compagne, aucune haine ne l'anima sur le moment. Juste un infini chagrin et de la colère. Juste de la colère.

Cet homme allait payer, mais rien ne servait de se précipiter.

Nahira avait payé le prix de son manque de contrôle, la reine ne voulait pas subir le même sort.


Quand les gardes arrivèrent sur place, Antoine ne résista pas. Il ne voulait pas se battre.

Son regard était vide, son cœur complètement anéanti.

« L'un meurt, l'autre le suit. »

Sa raison de vivre était partis de l'autre côté, pourquoi voudrait-il rester ici ?

Ses poignets furent enchaînés dans son dos et, toujours sans opposer de résistance, on l'emmena sur le dos d'un dragon pour le présenter à la reine sans attendre. Le corps de Nahira fut lui aussi emmené.

En arrivant, Mandra ne voulut voir le prisonnier tandis qu'elle enveloppait le corps de sa femme défunte dans une couverture de soie. L'enterrement eut lieu très vite et le corps fut emmené dans la crypte royale. La veuve réussira quelques semaines plus tard à faire son deuil, mais son cœur brisé n'allait pas se reconstruire de sitôt.

Antoine resta pendant ce temps enfermé dans les cachots, attendant avec impatience sa mise à mort.

Il voulait partir !

Vite.

Son Mathieu l'attendait déjà depuis trop longtemps…

Son jugement fut sans appel. Multiples meurtres dans la famille royale, rien n'était pardonnable.

Une semaine après la mort de son petit ami, il fut emmené sur une scène alors que la totalité des Célestiens l'observait avec une expression haineuse.

Mais il n'en avait cure de leurs regards.

Il allait partir, et c'était tout ce qui comptait.

On plaça alors sa tête dans la guillotine, mains nouées, et il ferma les yeux.

Il ne les ouvrit plus jamais.

Son corps et sa tête tombèrent séparément, mais son esprit s'éleva, rejoignant celui de son aimé, des dragons qu'ils ont tués, et de Nahira qui avait quant à elle retrouvé ses trois bébés défunts.


07 (et maintenant le 10...) Août : Décapitation


Et voilààà !

Je pense que c'est l'un des plus hardcore de tous… D'où le rating M.

Alors oui, il y a eu beaucoup de mort et la plupart sont à la flèche et non à la décapitation. Mais bon, c'est moins drôle si tout le monde devait mourir de la même façon pour cette fois 0:3

J'espère que ça vous a plu autant que moi ! N'oubliez pas votre review !

J'espère pouvoir vous dire à demain :') On va voir si j'arrive à me connecter aussi~ Sur ce, je vais aller essayer de répondre à mes reviews~