Chapitre IV.
Tapotant fébrilement sur le cadran, il s'adossa contre la vitre de la cabine téléphonique dans laquelle il se situait. Il colla le combiné sur son oreille tout en vérifiant une ultime fois s'il ne s'était pas trompé dans la composition de la série de chiffres. Il attendit quelques instants avant d'entendre une voix féminine. Crispant la main sur le combiné, il s'empressa de se présenter : John, le serveur. Remus ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel à l'entente de ses propres propos. Son entrée en matière était tout simplement pitoyable. Après avoir partagé quelques banalités, il lui proposa de se revoir pour continuer leur discussion de la dernière fois. Sa paume droite se plaqua en un bruit sec sur son front. Il faisait résolument un piètre séducteur. Mais la colère contre lui-même se mua aussitôt en un sentiment d'allégresse. Elle s'affirmait ravie à la perspective de se rencontrer prochainement. Raccrochant le combiné, Remus afficha un sourire béat. Sa léthargie onirique fut brusquée par le bruit de coups précipités sur la cabine. Il se pressa d'en sortir en s'excusant auprès du vieil homme qui devait attendre depuis un peu plus d'un quart d'heure. Tout en accélérant le pas, Remus pensa que le geste du vieil qu'il avait cru discerner devait être en réalité beaucoup plus obscène qu'il n'aurait osé le croire.
Il s'écroula sur le premier fauteuil venu en poussant des grognements plaintifs. Tentant de reprendre sa respiration, il vit Sirius accoudé à la table du salon qui suait à grosses gouttes.
« Ce serait trop de demander de me servir quelques choses à boire ? Ce n'est pas peu de m'exploiter, tu cherches tout simplement à m'achever ! » Lança Remus d'un ton irrité. Sirius se redressa tant bien que mal avant de se servir de deux bouteilles de Bièreaubuerre et d'en jeter une dans la direction de Remus. L'animagus s'était mis en tête d'explorer l'ancien bureau de son père et avait demandé à Remus de l'accompagner en vue de lever quelques sorts de protection qui pouvaient se montrer légèrement nuisibles. À peine Sirius avait ouvert la porte de la pièce qu'une goule enragée s'était jetée à la gorge de Remus. Plaqué contre le sol, Remus s'était débattu pendant plus de dix minutes avant de pouvoir se tordre le bras et viser la goule psychopathe de sa baguette. Expulsée dans les airs, la créature se cogna brutalement au plafond avant de retomber sur le sol dans un craquement sinistre. Remus se releva difficilement en cherchant Sirius des yeux. Celui-ci était dans la pièce en face d'une goule à la taille exceptionnelle. La créature poussait des cris rauques et particulièrement agressifs. Les yeux exorbités, la bouche laissant découvrir de grandes dents pointues, elle se tenait sur ses pattes arrière en décrivant de grands moulinets de ses pattes avant. Les gestes de la goule étaient savamment travaillés et les grognements qu'elle produisait semblaient vouloir imiter un langage humain. Remus resta stupéfait à la vue de la scène, il ne s'était pas trompé sur sa première impression, la goule faisait une caricature grossière d'un ninja se préparant au combat .Elle s'élança d'un bond en brandissant le poing droit, les jambes légèrement repliées, la face déformée par la colère. Non, elle se prenait réellement pour un guerrier japonais. Remus lui jeta un sort de stupéfix avant qu'elle n'atteigne Sirius. Tout en étant immobilisée dans les airs, elle continuait à lui jeter des regards furieux pendant qu'il s'approchait d'elle pour l'observer.
« Mon père avait un goût particulier pour les expériences sur les créatures magiques. » Les propos de Sirius s'étaient confirmés lorsque Remus vit une étagère où s'entassaient des livres sur les créatures magiques ainsi que des bocaux dont le contenu révulsa au plus haut point le maraudeur .Au final , ils avaient mis la matinée pour rendre la pièce pénétrable. Remus s'était ouvert la tempe en se prenant un flot ininterrompu de boulons que l'imposante horloge lançait. Il était parvenu à la détruire en jetant un « incendio » rageur avant de venir en aide à un Sirius empêtré dans un tas de lianes qui tentaient de l'étouffer.
Remus poussa un souffle d'exaspération lorsqu'il entendit le flot d'injures que déversa Madame Black. Les hurlements cessèrent au bout de quelques instants avant d'être immédiatement remplacés par le bruit d'un pot qui se brisait. Un nouveau flot de jurons parvint aux oreilles de Remus. Il ne put s'empêcher de sourire à l'entente de la voix féminine. Il n'avait jamais rencontré une personne aussi maladroite que la petite cousine de Sirius. Enfin elle pénétra, le cheveu hirsute, l'air fulminant.
« Merci de votre aide. » lança-t-elle aux maraudeurs d'un air profondément irrité.
« Mais c'est naturel de la part de votre humble serviteur qui s'attache à rendre ce lieu habitable. » répliqua Sirius. Tonks poussa un cri de surprise en voyant l'énorme ecchymose que portait l'animagus à l'œil. Elle se précipita sur lui avant de pousser un nouveau cri à la vue du sang qui coagulait sur le visage de Remus.
« Vous vous êtes battu avec Rogue ? » s'exclama Tonks tout en faisant apparaitre des glaçons qu'elle mit dans un torchon avant de les appliqués sur l'œil de Sirius. Se saisissant d'un autre torchon qu'elle mouilla, elle fixa longuement les Maraudeurs qui conservaient résolument la tête baissée. Son regard allant de Remus à Sirius, elle semblait soudainement anxieuse.
« Ne me dites pas que vous l'avez tué ! » Sirius afficha un sourire rêveur, la perspective de tuer Rogue lui semblait particulièrement exaltante.
« Ce n'est pas le désir qui me manque » Remus regretta immédiatement la brusquerie de ses propos. Il se savait aisément irritable les jours qui précédaient la pleine lune ses sentiments étant à juste titre plus sensibles que d'habitude. Ou plutôt ses « instincts ». Lors de sa dernière convocation au bureau de la régulation des créatures magiques, Remus avait été reçu par Ombrage. C'était le terme qu'elle avait employé lorsqu'elle avait abordé les questions liées à sa vie intime.
« C'est compréhensible, après ce qu'il t'a fait subir »Remus ressentit une pression froide sur sa tempe, Tonks s'efforçait de nettoyer la plaie. Cette jeune femme était vraiment étonnante. Depuis la révélation de sa lycanthropie lors de la réunion, elle n'avait nullement cherché à aborder le sujet ou de manière plus radicale, à l'éviter.
Tapotant nerveusement les doigts sur le rebord du chevet, il fixait intensément le contenu verdâtre de son verre. Les bulles qui se formaient à la surface ne firent qu'accroitre son appréhension. Puis dans un élan de témérité, il se saisit du récipient et en ingurgita le liquide épais. Il dû s'y reprendre à deux fois, luttant contre des hauts le cœur, avant de pouvoir enfin se permettre de pleinement exprimer son tourment gustatif. Réprimant un dernier frisson, il se leva d'un pas titubant pour se diriger vers la petite salle de bain contiguë à sa chambre. Il ouvrit le robinet d'eau froide pour asperger son visage brûlant. Il détestait ce moment qui se répétait inlassablement depuis trente ans. Il sentait la faiblesse de son corps et surtout celle de son esprit qui s'amenuisait plus les heures qui le séparaient de sa transformation s'écoulaient. Le dégoût de son traitement se détournait pour se fixer sur sa propre personne. S'appuyant sur le rebord du lavabo, il se redressa et leva les yeux vers le miroir. Il vit ce visage pâle aux pommettes légèrement saillantes. Fixant son reflet, il regarda ce pli au milieu des deux sourcils ainsi que ses cheveux blancs qui se faisaient plus nombreux. Il observa ces rides qui s'ancraient année après année, ces cicatrices qui couraient le long de son torse noueux et ce ventre légèrement bedonnant. Il se vit, ses yeux bleus ternis par les événements qu'il avait pu vivre, ses pattes d'oie qui trahissaient son anxiété naturelle, il vit sa vieillesse.
Une douleur effroyable le tenait à demi éveillé. La tête bourdonnante, il mit plusieurs minutes avant de pouvoir ouvrir les yeux. Il put discerner une masse imposante à l'autre bout de la pièce dans laquelle il se trouvait. Il se souvint qu'il était dans le grenier. La masse du fond semblait se lever, elle s'avançait doucement vers lui. Remus sentit un contact rugueux sur son épaule. Il rouvrit les yeux et ne put s'empêcher de réprimer un léger sourire en voyant l'hippogriffe presser son énorme bec sur son bras. Il se souvint qu'il avait passé la nuit avec Buck. Lui caressant doucement la tête, Remus vit ce qui semblait être une couverture à quelques mètres de lui. À sa grande surprise, L'hippogriffe tenta maladroitement de rapprocher le morceau de tissu vers Remus. Enfin il parvint à la déplacer suffisamment près pour qu'il puisse s'en saisir.
« Remus, réveille-toi. » Poussant un grognement plaintif, Remus tenta de sortir de sa léthargie onirique. Il avait la tête qui tournait et la vision trouble. Il discernait Buck qui était retourné à sa place initiale. « Fais un effort, fils » Malgré son état de faiblesse, Il prit conscience de l'étrangeté du fait que l'hippogriffe puisse lui parler. Deux bras vigoureux le saisirent afin de le redresser. Tournant sa tête, il vit plus nettement la personne qui lui parlait. Fol Œil était à moitié accroupi pour le soutenir et tenait dans sa main une tasse fumante. Ne lui laissant pas le temps de pousser un nouveau grognement plaintif, Maugrey lui fit avaler de force le contenu de la tasse. Crachant et toussant violemment, il ne parvient qu'à produire des sons gutturaux pour exprimer son mécontentement. Mais la douleur se fit moins lancinante au bout de quelques instants.
« Les hostilités sont déclarées, Diggle et Rolin ont été attaqués. » Maugrey marqua une pause avant de reprendre d'une voix basse. « Je ne crois pas que le libraire survivra. » Remus sentit un poids se former au creux de son estomac. Il songea à Florian, il revoyait l'image d'un visage enfantin qu'il lui avait montré à plusieurs occasions. Il eut la nausée à l'idée qu'un jeune garçonnet allait perdre son père à cause de lui. Maugrey lui tapa l'épaule de manière bourrue avant de sortir de la pièce. Remus se leva et tenta fébrilement de boutonner sa chemise. Cela faisait seulement deux semaines qu'il était revenu. Sa tête bourdonnait pendant qu'il descendait les étages de la résidence. Seulement deux semaines et les Mangemorts les avaient déjà devancés. Il entendait Maugrey aboyer des ordres. À peine avait-il atteint le rez-de-chaussée qu'il faillit être renversé par un membre qui se précipitait vers la porte d'entrée. Lorsqu'il pénétra dans le salon Sirius lui tendit une chaise avant de reporter son attention sur Doge. Ce dernier agitait nerveusement une liasse d'anciens parchemins.
« Ce serait par ce moyen qu'ils parviennent à se retrouver ? Il serait donc possible de les localiser ! » Sirius acquiesça de la tête tout en saisissant des parchemins pour les disposer sur la table.
« Si on parvient à reproduire le sort on sera en mesure de transplaner sur le lieu du rassemblement. »L'animagus posa son regard sur Remus. « La potion te fait de l'effet ? ». Lupin mit quelques instants avant de comprendre que Sirius lui parlait du liquide que Fol Œil lui avait fait avaler. Outre le fait de mener des recherches avec Doge, l'animagus s'était fixé pour principal objectif de battre Rogue sur son propre terrain. Sirius avait déjà préparé une grande quantité de potions visant, apparemment, à répondre aux besoins de l'ordre sur une dizaine d'années. Sirius s'efforçait aussi d'inventer de nouvelles concoctions dont le résultat laissait parfois à désirer. Son « fortifiant ultra tonique » avait poussé un Mondigus survolté à courir dans les rues de Londres cinq heures durant avant de passer la nuit à se déhancher sur la piste de danse d'un bar moldu pour évacuer son trop plein d'énergie. Au petit matin Sirius avait fini par assommer Fletcher pour mettre fin aux cris qu'il poussait en tentant d'imiter un chanteur de rock très en vogue dans les années 1960. Mais Remus devait avouer que la potion que Maugrey lui avait administrée s'était révélée efficace.
« Lupin, te sens-tu capable d'assurer la surveillance des Avery ? » Remus répondit affirmativement de la tête. Maugrey se retourna pour intimer «Tonks, tu y vas avec Remus. Dépêchez-vous. Et n'oubliez pas : vigilance constante ! » Ajouta-t-il en fixant les deux par un œil différent. Remus suivit la jeune aussi rapidement qu'il le put. À peine furent-ils sur le perron qu'elle le saisit par le bras en le fixant d'un air anxieux. Quelques secondes plus tard ils transplanèrent.
Remus regardait d'un air distrait les légumes qui trônaient sur les étals. Peu de monde déambulait dans le marché alimentaire. Malgré la chaleur étouffante, Remus conservait son chapeau profondément enfoncé sur sa tête. Il suivait du regard une femme blonde qui semblait avoir la quarantaine. Celle-ci leva légèrement la tête pour lui adresser un regard avant de se diriger vers une ruelle. Remus remonta les manches de sa chemise jusqu'à ses coudes avant de s'engager dans la rue principale. Il avança lentement en scrutant la foule matinale. Enfin il le vit qui marchait à l'ombre des habitations. Crispant les doigts dans la poche de son pantalon, Remus tenait fermement sa baguette tout en poursuivant sa filature. Arthur Weasley avait réussi à accéder aux dossiers de certains Mangemorts qui étaient connus de l'ordre. Il s'était avéré que les Avery possédaient une maison dans une banlieue de Londres. Anciennement industrielle et depuis lors désertée par la plupart des ouvriers qui l'habitaient, la ville présentait un lieu idéalement situé pour les rassemblements des partisans de Voldemort .Remus commençait à s'inquiéter, il n'avait toujours pas revu Tonks depuis qu'elle avait disparu dans la ruelle. Le fils Avery continuait de s'avancer vers le nord de la banlieue. Il s'enfonçait dans un dédale de ruelles où la population se faisait de moins en moins dense. L'apparence urbaine était sinistre, partagée entre les habitats décrépits et les chantiers de rénovations. Remus se sentit soulagé en voyant sur le trottoir d'en face une femme blonde qui tenait dans sa main droite un panier de provisions. Elle avançait d'un pas lent en faisant mine de s'intéresser aux bibelots exposés dans la vitrine des magasins. Remus ne put s'empêcher de s'étonner de l'aspect quasiment désertique du quartier. Certes, c'était un jour de week-end mais il croisait de moins en moins de personnes à mesure qu'il s'enfonçait dans le dédale. Remus s'arrêta pour observer la vitrine d'une échoppe en essayant d'apaiser le trouble qui l'agitait. Il vit son propre reflet se déformer sous la frayeur qui l'anima soudainement. Un sort de « repousse moldu » !
Il entendit un puissant bruit de détonation. Sans réfléchir il se précipita derrière une énorme benne à ordures. En tournant la tête il vit le corps inanimé d'un homme allongé au milieu de la rue. Tonks était dissimulée derrière une voiture et lançait des sortilèges en direction d'un immeuble en construction. Deux Mangemorts sortirent précipitamment de la maison des Avery. Remus bondit et leur envoya un sort d'expulsion avant qu'ils aient le temps de réagir. Le Mangemort qui se situait dans l'immeuble en construction transplana pour apparaître derrière Remus. Immédiatement Tonks engagea un duel furieux contre lui. Les faisceaux de lumière s'entrechoquaient avec une telle violence que les éléments alentours furent rapidement réduits en miettes. Lupin n'eut pas le temps de lui apporter du renfort, deux nouveaux Mangemorts venaient d'apparaître. Détournant le sortilège de celui de droite, il envoya un « diffendio » rageur au second. Il poussa un cri de douleur en se tenant le bras. Ignorant le sang qui se déversait abondamment sur le sol, le Mangemort maintint sa position de duel. Remus dû repousser la pluie de sortilèges que lui lançait les deux hommes. Il était en mauvaise position, il ne pourrait pas tenir longtemps à ce rythme alors que les deux Mangemorts qu'il avait projetés s'étaient déjà relevés. Il parvint à toucher le premier Mangemort à la hanche. Un craquement sinistre semblait signifier qu'il s'était brisé les os du bassin. Il s'écroula en poussant un hurlement terrifiant. La baguette de l'homme au bras baigné de sang s'envola dans les airs. Celui-ci tenta de courir pour aller la récupérer à quelques mètres de l'endroit d'où il se situait. Remus se précipita à son tour et le rattrapa rapidement. S'il n'était pas dans les principes de Remus d'user de la magie sur un sorcier désarmé, il ne se privait pas d'user de ses poings quelles que soient les circonstances. Et de fait, Lupin infligea un puissant coup dans le flanc du Mangemort avant de lui briser de nez avec son coude. Il fut surpris de voir que Tonks était déjà aux prises avec les deux autres hommes. Il reconnut immédiatement l'un d'entre eux : Mulciber, un ancien camarade de Rogue.
« Quand tu auras fini de me contempler, tu pourras peut être m'aider ! » Hurla la jeune femme qui reculait sous les attaques de Mulciber et d'un jeune homme blond. Remus était trop essoufflé pour pouvoir répliquer. Il s'employa à joindre ses forces à celles de Tonks. Il sentit une douleur foudroyante qui le fit tituber. La sensation d'un liquide chaud sur son omoplate laissait supposer qu'il saignait. Il se tourna à temps pour repousser un sortilège que lançait le père Avery. Il avait retiré son masque pour dévoiler son visage ensanglanté. Remus éprouva une certaine satisfaction à la pensée que son coup de poing avait produit son petit effet. Les genoux légèrement pliés Avery Senior affichait un sourire dément en envoyant un sortilège impardonnable sur Remus.
« Expulso ! ». Avery reçut de plein fouet un jet de lumière rouge qui l'expulsa à plusieurs mètres. La blessure à son épaule était effroyable. Les larmes de douleur troublaient sa vision, ses jambes se firent flageolantes. Il vit le Mangemort blond envoyer un puissant sortilège que le bouclier de Tonks ne parvint pas à éliminer en totalité. Elle s'effondra sous la puissance du jet de lumière. Le jeune homme blond transplana avant que Remus ait pu faire le moindre mouvement. Il ne restait que Mulciber. Les sortilèges de protection du loup-garou étaient de plus en plus faibles à mesure que le Mangemort lui lançait des sorts.
« Sois un homme Lupin, bats toi ! » Cracha Mulciber en continuant à jeter sortilèges sur sortilèges que Remus s'efforçait de contrer. « Allons ! Fais surgir la bête ! ». Remus faiblissait, sa tête bourdonnait avec une telle intensité qu'il entendait à peine ce que lui disait le Mangemort. « Même ta catin s'était montrée plus combative. » L'esprit soudainement submergé par une colère irrationnelle, Remus envoya un flot dévastateur de sortilèges. Mulciber conservait un sourire crispé en essayant de dévier les sorts du loup-garou. Perdant du terrain, il perdit son sourire pour laisser apparaître un visage déformé par la colère. Il tendit brutalement le bras en s'écriant « Endoloris ».
« Avada Kedavra ». Remus demeurait debout, sa colère s'était immédiatement effacée pour être supplantée par le sentiment d'un vide complet. Il avait perdu toute sensation auditive, seule restait figée l'image du visage crispé de Mulciber. Une vision obsédante qui formait par sa seule présence un monde dans lequel le loup-garou demeurait passif. Il ne sentit pas la main de la jeune femme qui se refermait sur son poignet et qui le forçait à la suivre dans son transplanage.
