Après que des servantes aient rempli la baignoire d'eau tiède et aromatisé l'eau de quelques senteurs, Hitomi de débarrassa de sa chemise souillée de sang. Elle se défit se ses bandages. A son épaule il n'y avait plus qu'une cicatrice rose, la nouvelle couche de peau semblait encore fragile.

Elle tira le bandage qui couvrait ses côtes, étonnée de voir que la trace mauve ne s'était pas encore effacée. La jeune fille se glissa dans l'eau, geignant au contact des produits avec ses blessures. Elle se frotta doucement la peau au moyen de l'éponge que lui avait laissé une servante qui avait longtemps insisté pour la laver. Or Hitomi ne voulait pas qu'on la lave ! Elle n'allait pas s'effondrer dans sa baignoire et se noyer. Elle était capable de s'occuper d'elle même.

Elle fut rapidement propre, tout le sang sec et toute la crasse ayant disparu. Ses cheveux retrouvèrent leur éclat. Hitomi soupira d'aise et se glissa hors de l'eau. Elle s'enroula dans un essuie et regagna sa chambre. Elle fut à moitié surprise de trouver un corset blanc et une longue jupe aux reflets verts sur ne chaise. Elle croisa le regard joyeux de Merle qui était assise sur le lit défait.

C'est la seule tenue peu respectable que tu mettras, je le jure ! Annonça la femme-chat avec un sourire large sur ses lèvres, faisant frémir ses moustaches.

Merle, ne faisons pas trop d'achats, je ne pourrai jamais te rembourser, intervint la jeune fille en laissant glisser son essuie et en saisissant son corset. Le femme -chat émit un petit rire, disant :

Mais tu es l'invitée du roi, tu ne dois rien rembourser à personne !

Tu exagères, je ne pense même pas que Van soit sérieux à mon sujet. Ce n'est qu'une amourette, il finira par trouver une princesse qui deviendra sa reine, soupira tristement Hitomi en enfilant sa jupe. Elle fit une ceinture au moyen d'une écharpe légère et bordeaux. Merle s'assombrit en entendant les propos de son amie mais à la note de tristesse qui scintillait dans sa voix, elle se refusa à lui faire un reproche.

La femme-chat rejoignit son amie d'un bond gracieux et annonça en posant un châle sur ses épaules :

Tu ne peux pas savoir combien tu te trompes.

En ville, les marchands grouillaient, venant de partout pour vendre leurs produits au grand marché de Fanélia. Les tissus et fruits de toutes couleurs, que Hitomi n'avait jamais vu, défilaient sous leurs yeux. Merle, d'un coups d'œil d'experte, lui trouva les tissus les plus uniques et les couturiers les plu fiables.

Finalement, incapables de tout porter seules, elles demandèrent que tout soir livré au château. Lorsque le soleil rougissait l'horizon, les deux amies avaient finit leurs achats et s'étaient installées sur la terrasse d'une taverne où elle sirotaient une boisson rafraîchissante.

Merle semblait mal à l'aise. Plus elles restaient, plus le malaise de la jeune femme-chat augmentait. Hitomi le remarqua. Cela n'avait sûrement rien à voir avec la nuit qui commençait à tomber. Elle demanda :

Merle, qu'as-tu ? Tu es malade ?

Non, Hitomi... Oh, je suis navrée, j'avais oublié, tellement oublié... Maître Van ne me le pardonnera jamais... Hitomi, nous devons partir, vite !

Ceci dit, elle s'était levée, avait déposé des pièces sur leur table et tenté d'entraîner son amie le plus vite possible vers le château qui semblait si lointain.

Pourquoi cette inquiétude, Merle, demanda Hitomi de plus en plus troublée par le comportement de son amie.

Hitomi, tu n'es là que depuis deux semaine. Tu n'as pas encore mis les pieds en ville, tu ne pouvais pas savoir... J'aurai dû commander à quelques gardes de nous accompagner, cela aurait été tellement plus simple !

Reprends-toi, Merle et explique toi, je t'en prie, déclara Hitomi, un nœud se formant dans sa gorge.

Merle cessa de foncer à toute allure. Elle se retourna pour faire face à son amie et lui dit :

Il y a depuis quelques mois une vague d'enlèvements et d'agressions qui sévissent dans la capitale mais ne frappent jamais le palais . Les témoins sont rares, les corps jamais retrouvés mais un groupe d'assassins s'amuse à harceler la population. Et... Nom des Dieux ... Ils ne s'en prennent qu'aux femmes, Hitomi ! Nous devons nous hâter !

Merle reprit sa course effrénée alors que les rues s'assombrissaient et que quelques lanternes s'allumaient. Hitomi, toujours traînée par son amie, se disait qu'elle n'avait pas assez de malchance pour être ciblée alors qu'elle venait d quitter le château et que plusieurs autres victimes potentielles erraient çà et là. Merle pourtant semblait paniquée, sûre que leurs vies étaient en danger !

Deux jeune femmes couraient dans une ville à moitié plongée dans la nuit. Plusieurs ombres comme attirées par leurs angoisses, les suivaient. Hitomi ,qui avait finit par apprendre à repérer les présences qui la suivraient sur Terre, comprit vite que Merle paniquait avec raison. Elles étaient suivies !

Merle ! Nous devons croiser des gardes ! Vite !

Hitomi, nous sommes presque au palais ! Je ne les laisserai pas t'emmener, pour le Seigneur Van !

Mais tu disais que...

Les femmes, Hitomi ! Je suis une femme-chat ! Je ne les intéresse pas !

Hitomi comprit vite qu'elle devait se hâter. Elle venait de retrouver l'amour de sa vie après une longue séparation, elle ne voulait pas qu'ils soient déjà séparés !

Merle s'arrêta soudain, ses yeux écarquillés. Hitomi comprit qu'elle étaient encerclées, leurs ennemis cachés dans l'obscurité.

Dos à dos, elles étaient à un croisement, faisant face à plusieurs ruelles sombres.

Que font-ils aux femmes, Merle, demanda Hitomi dans un souffle.

Trafic, viol, meurtre, tout leur va, glissa la femme-chat avec angoisse, les larmes aux yeux.

Hitomi déglutit. Elle ajouta :

Et les femmes-chats ?

Ils les tuent si elles les gênent, fit la voix blanche de Merle.

Merle ils sont six, huit peut être. Avec un peu de chance, nous les sèmerons.

Comment ?

Nous nous séparons.

QUOI ? Non ! Je ne...

Cours Merle, nous nous retrouvons au château et si l'une de nous n'arrive pas, il faudra avertir Van, lui glissa Hitomi avant de s'élancer dans un sprint désespéré à travers l'un des ruelles, se dirigeant vers la palais. Elle avait survécu aux assassins de son État, survivrait-elle à des esclavagistes ? Elle ne pariait pas là dessus... Mais au moins, elle avait détaché leur attention de la femme-chat qu'ils auraient certainement tuée.

Merle bondit sur les toits des maisons, fonçant vers le palais, le visage ruisselant de larmes.

De l'action ! Une situation plus qu'ennuyant pour nos héros ! Esclavagistes ou assassins ?