Hitomi fixait Van qui était resté debout près du balcon où il s'était retiré pendant les soins. Il décela une lueur de panique dans le regard émeraude de son aimée, et en fut navré. Il dit :
- Hitomi ?
Pas de réponse. L'esprit de la jeune fille lui ordonnait de ne se fier à personne sinon elle même. Et cet ordre de son subconscient lui ordonnait donc de rester loin de son amant.
- Hitomi, c'est moi. Seulement moi, Van.
Il y avait plusieurs pas entre eux, peut-être trois mètres. Il détestait cette distance, détestait ce prisonnier, détestait son inconscience...
- Puis-je approcher, Hitomi ?
- Pourquoi veut-on m'approcher ? La voix était rauque, lointaine. La jeune fille était menée par son instinct non pas ses désirs ou sa raison.
Elle était toujours dos au mur, à quelques pas de la porte.
- Pour t'aider, mon amour. Laisse moi juste t'aider.
- Ceux qui m'ont touchée ne me voulaient que du mal, se souvint-elle. Van s'avança, ses mains levées en signe de paix. Il dit :
- Je ne suis pas de ceux là, souviens-toi. Qui est Van, Hitomi ?
- Van... Van... C'est...
Des larmes traversèrent son visage marqué par la peine alors qu'elle glissait sur ses genoux, ses mains sur sa bouche. Elle sanglota :
- Oh Van... Je suis tellement... désolée !
Il fut rapidement à ses côtés, la prenant contre lui. Elle se laissa faire, oubliant la douleur de ses côtes cassées. Oubliant la honte et la peine qui l'écrasaient.
- Ça ira. Ça passera. Ne t'en fais pas, tu ne crains plus rien, je le jure.
Il la souleva, la déposant sur son lit. Elle avait séché ses larmes mais son regard brillait encore d'une certaine crainte et tristesse. Même sur Terre, elle n'avait jamais ressenti cela. Là-bas, elle agissait sans songer aux conséquences de ses actes ou de sa mort. C'était pour cela qu'elle avait réussit à publier de tels titres, créant de plus en plus de scandales et de polémiques.
Là, sur Gaia, elle ne voulait pas disparaître. Elle ne voulait pas que son corps soit utilisé comme un vulgaire objet. Car si elle venait à mourir, son amant en souffrirait certainement. Si elle venait à être blessée ou souillée, celui qu'elle aime s'en voudrait de ne pas avoir pût la sauver.
Elle ne voulait pas voir de culpabilité luire dans son regard d'un brun flamboyant.
Van prit le petit pot de baume, il s'assit près de la jeune fille et demanda, coupant court à ses pensées :
- Hitomi, puis-je t'appliquer ce baume ? Je jure de ne pas te toucher après cela.
- Pourquoi, renifla-t-elle, sentant de nouvelles larmes lui monter aux yeux. Pris au dépourvu, il demanda :
- Que t'arrive-t-il, Hitomi ?
- Pourquoi ne me toucheras-tu plus ? Pare que j'ai... Ils ont...
Le jeune roi posa un doigt sur ses lèvres, sourcils froncés, ennuyé de l'entendre se remettre en cause. Il glissa, appliquant du baume sur la trace mauve qui marquait son côté droit :
- Parce que je ne veux pas te brusquer, mon amour. Je ne veux pas que ma présence te soit insupportable.
Elle soupira, marmonna quelque chose au sujet du ridicule de ses propos alors que son esprit glissait dans un sommeil réparateur.
Van acheva de couvrir les côtes cassées de baume, irrité et désemparé en voyant la largeur de la marque mauve. Un simple fragment d'os aurait pu se loger dans l'un des poumons de la jeune fille et provoquer sa mort en moins d'une heure. Une dizaine de minutes plus tôt et il l'aurait sauvée...
En colère contre lui même et son inconscience, il couvrit Hitomi, ferma les portes du balcon et après avoir déposé un baiser furtif sur son front, il sortit. Sa mine s'assombrit lorsqu'il remarqua ses généraux campés devant la porte de la chambre, un immense verre de vin frais entre les mains. Il grogna avec humeur :
- Que foutez-vous là ?
- Nous guettons, Majesté, le moment où elle partira en courant pour la rattraper ! Déclara simplement le général Blue qui, comme le général Jiyu, n'avait pas encore eut l'occasion de converser avec la jeune prétendante. Car plusieurs juraient qu'elle porterait le titre de reine sous peu.
- Dites moi que vous vous fichez de moi, fit Van menaçant.
- Mais oui, il riait, Majesté, s'empressa de commenter le général Kaze. Nous sommes arrivés ici par le plus grand des hasards !
- Nous ne savons même pas que votre amante se croit coupable de vous avoir trahi en ayant été presque enlevée par les individus en cellule, glissa le général Hak avec un large sourire.
- Idiot ! S'exclama le général Kaze.
- Nous sommes ici pour veiller à la sécurité d'une lady douée à s'attirer des ennuis, Maître, annonça le général Din avec un sourire innocent.
- Et pour courser la lady si elle venait à craindre tous ceux qui l'entourent et se remettait à hurler comme elle le fit un peu plus tôt, conclut le général Blue avec un révérence.
Van fixa les cinq hommes qui lui faisaient face, remarquant qu'ils avaient renvoyé les gardes pour avoir toute la place pour eux seuls. Il sourit sombrement et dit :
- Si vous la réveillez, vous le regretterez amèrement, est-ce clair ?
- Voyons, pourquoi réveiller une lady endormie ? Lança le général Blue.
- Sûrement pour voir si oui ou non son traumatisme sera toujours là à son réveil, supposa le général Jiyu.
- Ou pour voir qui elle appellera en premier : Son Dieu, un amant, un autre amant, un troisième amant ou nôtre roi, sourit malicieusement le général Hak.
- Ou si elle ne vous assommera pas avant de filer se cacher on ne sait où, inquiétant le palais entier, conclut le général Kaze.
- Bonne nuit, messieurs, soupira Van en se retirant dans sa chambre qui faisait face à celle de Hitomi.
- Dormez bien, Majesté ! Nous sommes là pour veiller !
Van leva les yeux au ciel en fermant sa porte, priant pour qu'ils ne troublent pas sa bien-aimée plus qu'elle ne l'était déjà.
Tout en marmonnant, elle se retourna dans son lit pour donner le dos au soleil, s'injuriant pour ne pas voir songé à fermer les tentures. Sa joue rencontra le froid tissu qu'elle n'avait pas touché de la nuit, la réveillant inéluctablement . Elle passa sa main dans ses cheveux, repoussant les mèches qui obstruaient son champs de vision. Elle battit des paupières à plusieurs reprises avant de s'habituer à la clarté matinale. Se redressant sur ses coudes, elle se tourna vers la fenêtre, constatant qu'il était encore tôt. Son regard se posa ensuite sur le reste de la chambre. Elle fut surprise de croiser cinq pairs d'yeux qui la fixaient avec amusement. Poussée par son instinct, ravivant ses cauchemars de la veille, elle se leva d'un bond, se plaquant au mur hurlant à pleins poumons :
- QUI ETES VOUS ? SORTEZ !
- Milady, bonjour, fit l'un, amusé par sa réaction.
Hitomi se demandait pourquoi elle n'avait pas d'armes sur elle ou dans cette chambre. Elle hurla alors bien plus fort encore :
- VAAAAAAAAAAAAAANNNNN !
Les inconnus qui étaient dans sa chambre, assis sur son canapé ou sur son bureau, se mirent à rire tandis que certains s'échangeaient des pièces.
Le roi entra dans la chambre d'un pas vif, une humeur massacrante se peignant sur son visage. Il siffla :
- Ne vous ai-je pas ordonné de ne pas la réveiller ?
- Elle s'est réveillée d'elle même , Majesté. En tout cas, vous pouvez être heureux ! Elle vous a appelé vous et nul autre !
Van leur adressa un sombre regard, sachant qu'ils avaient vraiment espéré qu'elle appelle un amant inconnu.
Hitomi fixait ces étranges gars d'un œil peu confiant. Elle fut rassurée quand Van vint près d'elle pour la serrer contre lui.
- A présent, présentez vous sinon vous passerez pour des voyeurs incapables de cacher leurs méfaits, dit le roi qui n'avait pas lâché son aimée.
Hitomi adressa un regard sceptique à son amant, ne comprenant pas cet échange.
Les cinq hommes se levèrent alors. Ils saluèrent bien bas leur roi et sa dame et celui qui était le plus proche dit :
- Lady Hitomi, nous sommes les Cinq Généraux de Fanélia, nos sabres et nos vies n'ont pas de raisons d'être si ce n'est pour le bien de la couronne. Ici, bien sur, la couronne et l'amante du roi, mais passons les détails.
Hitomi sentit ses joues se colorer. Elle avait hurlé comme une paranoïaque à leur vue, alors qu'ils étaient...
Sentant son malaise, les généraux et le roi ne purent que rire de bon cœur. Hitomi, rouge de honte, cachait son visage contre le torse de son amant, ne prêtant aucune attention aux tentatives d'appels des généraux qui voulaient voir ses joues colorées.
Encore un long chapitre pour les mordus de lecture !
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Après, voilà, je travaille cet été donc c'est sûr sûr de trouver le temps de bosser mes textes même s'ils sont toujours un priorité absolue 3
Bisou bisou !
