Alors que le déjeuner avait été servi et que les généraux s'étaient retirés, Merle se demandait ce qui avait pu arriver pour que Hitomi leur lance des regards noirs. Elle savait les généraux joueurs et se demandait s'ils n'avaient pas fait une petite farce à sa chère amie. La femme-chat grogna, irritée qu'ils aient pu ennuyer la jeune fille alors qu'elle se remettait à peine de ses les avait quittées il y a peu, soupirant que le conseil l'attendait. Hitomi, au grand étonnement de Merle, ne le retint pas, le nez tourné vers son plat.

- Qu'est ce que tu veux faire, aujourd'hui, lui demanda finalement la femme-chat, ennuyée par son silence.

Hitomi lui adressa un large sourire et dit

- Tout ce que tu veux du moment que l'on s'amuse !

- Eh bien allons faire du cheval ! Déclara Merle avec enthousiasme.

- Très bien, je vais me changer alors !

Merle et Hitomi rejoignirent la chambre de celle-ci. En se changeant, mettant un pantalon ample et une chemise sans manches puis agrafant une ceinture autour de sa taille, Hitomi lui raconta ce qu'il s'était passé à son réveil. Merle fut agacée par cette blague de mauvais goût. Elle comprenait à présent la mauvaise humeur de son amie.

Les deux amies s'en allèrent aux écuries. Là un valet leur sella deux montures et ne s'abstint pas d'envoyer un pli au roi, lui faisant savoir que les deux jeunes filles sortaient sans escorte.

Puisqu'elles partaient en ballade et non pas faire une course, les deux amies laissèrent leurs chevaux aller au trot à travers la ville animée.

Elles ne quittèrent les enceintes de la ville que pour rejoindre une prairie où elles se arrivèrent lorsque le soleil atteignait son zénith, laissant les chevaux brouter librement.

Allongées ainsi, laissant le soleil leur réchauffer la peau, elles sentirent un bien-être paradisiaque les envelopper, comme si leurs mésaventures n'avaient été qu'un cauchemar oublié dans les rues de la ville. Merle ne tarda pas à s'assoupir. Hitomi la laissa dormi, se disant que la femme-chat n'avait sûrement pas bien dormi cette nuit. La jeune terrienne se refusait à fermer les yeux, voyant dans l'obscurité de ses paupières clauses des mains jaillir pour l'entraîner au loin, dans la noirceur de ces cœurs corrompus.

Quelques heures plus tard, les chevaux revinrent vers les deux cavalières, las de l'herbe qui les entourait. Ils se postèrent près d'elles, immobiles, patients. Hitomi voyait le soleil rougir les nuages, cela l'ennuyait, il était plus tard qu'elle ne l'avait pensé. Elle secoua gentiment Merle pour la réveiller, lui glissant qu'il était temps de rentrer. Son amie se releva en se frottant les yeux, l'esprit embrumé. Hitomi resserrait déjà les sangles de sa selle, attendant que son amie en fasse autant pour enfin enfourcher sa monture. Les deux chevaux partirent donc au pas en direction de la route principale qui les mènerait à la porte principale.

Traversant un bosquet déjà englouti par les ombres grandissantes, Hitomi sentit un présence. Elle paniqua, lançant des regard affolés autour d'elles, faisant peur à Merle.

- Hitomi ! Calme-toi ! Il n'y a personne ici, tenta d la rassurer Merle, consciente que le traumatisme de la jeune fille pourrait bien la ronger des semaines durant avant de disparaître.

- Merle, crois moi, il y a quelqu'un entre ces arbres, assura Hitomi d'une voix blanche.

Se souvenant que son amie avait durant la guerre, réussit à détecter la présence des Guymelefs invisibles, la femme-chat tressaillit. Les chevaux n'avaient pas cessé leur avancée, nullement affectés par les changements d'humeurs de leurs cavalières.

Finalement les deux montures quittèrent le couvert du bosquet pour se retrouver sur un chemin de terre qui allait jusqu'à la route principale.

Hitomi se sentit mieux sous le ciel rougissant. Au moins, elle verraient ceux qui approchaient.

- Hitomi, ne me refais plus ce genre de frayeurs, gronda Merle, ses oreilles plaquées contre sa chevelure rose.

- Navrée, Merle , soupira celle ci.

Les deux cavalières poursuivirent leur chemin et finirent par voir la route principale, plus loin devant elles. Ravies que finalement le bosquet occupé n'ait été qu'un fruit de leur imagination, elle souriaient.

C'est alors que derrière elles, un bruit de galop retentit. Hitomi se retourna vivement en selle et vit ce qu'elle redoutait : des brigands de grands chemins leurs fonçaient dessus.

- Merle, grimpe derrière moi, ce sera plus prudent ! S'exclama la terrienne en se rapprochant de la monture de la femme-chat. Celle ci bondit sur la selle de Hitomi avec agilité. Elle frappa l'arrière train de sa monture qui fila vers la cité.

Hitomi lançait déjà sa monture au galop, quittant le chemin de terre pour couper la prairie et rejoindre la grande route plus rapidement.

- S'ils nous rattrapent, on sera dans de beaux draps, grogna Merle, agacée que tant de malfaiteurs viennent troubler la paix de Fanélia.

- Ils veulent peut être boire un thé, plaisanta Hitomi qui sentait sa monture fatiguer et l'ennemi se rapprocher.

- Ben voyons ! Invitons les à dîner aussi, s'exclama Merles.

- Je suis sure que Van serait ravi de les rencontrer, ria Hitomi avec bonne humeur, se refusant à paniquer.

- Sois sérieuse, idiote ! Nous sommes en danger !

- Mais trop proches de la porte principale pour risquer quoi que ce soit ! Allons, cette monture va bientôt s'écrouler de fatigue, il faudrait penser à ne pas nous faire...

La monture trébucha, envoyant les deux jeune femmes rouler sur la route principale, à quelques mètres des portes de la ville. Les gardes quittaient déjà leur poste en courant, sabres au clair.

- Éjecter... acheva Hitomi en frottant sa tête douloureuse suite à ses roulades alors que Merle s'était réceptionnée sur ses pattes. Les brigands, ne se rendant pas compte que la ville était si proche à cause du manteau d'arbres qui parsemait l'enceinte, fonçaient toujours à vive allure, certains que leurs proies étaient à leur merci.

Hitomi saisit Merle dans ses bras et courut à la rencontre des gardes. Ils furent vite occupés à combattre le groupe de malfrats.

Mais le peu de gardes qui tenaient la porte n'était pas suffisant pour tous les occuper. Hitomi soupira de lassitude en voyant deux brigands, toujours à cheval, les encercler, créant un anneau de poussière.

Merle pestait haut et fort, son odorat perturbé par cette poussière insupportable. Hitomi s'exclama, serrant la min de Merle pour qu'elles ne soient pas séparées :

- Le roi de Fanélia vous tuera si vous nous touchez !

- Aucune chance, il ne saura même pas que deux servantes ont disparues, gloussa l'un des cavaliers.

- Servantes... Non mais ! A qui crois-tu... se mit à hurler Merle, vite interrompue par Hitomi qui lui chuchota :

- Je ne crois pas qu'il soit sage de dire que nous sommes proches du roi, du moins pas dans cette situation...

Les deux brigands mirent finalement pied à terre, ravis par leurs prises du jour. Hitomi vit deux ombres traverser les portes de la ville à une vitesse époustouflante, suivies d'autres protagonistes. Elle sourit.

Entre les deux jeunes femmes et les brigands, sans que ceux ci n'aient compris comment cela était arrivé, deux généraux se tenaient, épées à la main. Le général Blue et le général Kaze se tenaient côtes à côtes alors que les généraux Jiyu, Hak et Din arrivaient au galop en compagnie de Van.

- Que... Des généraux ? Que font-ils là, gronda l'un des brigands, la panique le gagnant.

- Ils ne sont que six, nous pouvons les vaincre ! Les gardes derrière sont trop épuisés pour montrer de la résistance, ria l'autre brigand.

Les gardes à qui les jeunes femmes devaient la vie avaient ligoté le reste de la bande de malfrats mais semblaient en effet épuisés. Ils avaient tout de même vaincus six hommes à eux trois.

- Généraux, Van, merci de vôtre arrivée, sourit Hitomi alors que Merle bondissait au cou de son ami d'enfance.

- Voyons milady, nous vous avons expliqué ce matin quel était notre devoir, soupira le général Blue alors que les brigands les fixaient d'un œil noir et avide.

- Certes, mais vous avez fait très vite, même pour des généraux, dit la jeune fille.

- Quand il faut protéger les membres de la famille royale, le temps n'est qu'un grain de sable dans l'œil de l'espace, il n'a aucune importance, sourit le général Kaze en voyant les deux brigands leur foncer dessus.

Van, sourcils froncés, jeta un rapide coups d'œil à sa bien aimée pour s'assurer qu'elle n'avait rien et demanda, alors que les deux brigands tombaient sous les coups des généraux et qu'il entourait de ses bras les hanches fines de la jeune fille :

- Pourquoi être encore sorties sans escorte ?

- Parce que nous n'allons pas déranger tous tes gardes à chaque fois que nous voulons faire un tour, soupira Hitomi, consciente qu'elle l'avait encore inquiété.

- Les généraux sont là pour la sécurité de la famille royale, l'as-tu oublié ?

- Je ne suis pas de la famille royale, fit-elle, mal à l'aise.

- Cela ne saurait tarder, glissa-t-il à son oreille, la faisant rougir malgré elle.

- Je suis... Trop banale pour un roi, marmonna-t-elle.

- Tu es trop importante pour que ce roi t'oublie, souffla-t-il en posant ses lèvres sur son cou, la faisant soupirer doucement.

Les généraux toussotèrent, Merle était déjà partie, ravie que cela se finisse bien et que son maître Van ne lui en veuille pas d'avoir encore mis Hitomi en danger.

- Majesté, milady, il vaudrait mieux rentrer avant que la ville entière ne vienne voir ce que font là le roi et es généraux, intervint le général Kaze avec un petit sourire. Van lâcha la jeune fille à contrecœur et dit :

- Bien, je dois rejoindre le conseil, ramenez Hitomi à sa chambre, je ne tiens pas à ce que la ville entière sache qui elle est, ce serait dangereux...

Ce disant, il grimpa en selle et fila. Hitomi fut déçue de ne pas avoir pu rester plus longtemps dans ses bras. Elle lança un coups d'œil aux généraux qui affichaient une mine béate. Elle comprit que son expression faciale en disait long sur ses pensées, ce qui la fit encore plus rougir.

- Ne rougissez pas milady ! C'est normal, après trois ans de séparation !

- Général Blue, gardez pour vous vos commentaires s'il vous plaît, sourit la jeune fille en se dirigeant vers le palais à pieds puisque sa monture s'était effondrée d'épuisement et était prise en charge par quelques cinq généraux la suivaient de près, pas trop pour éviter d'attirer l'attention. Hitomi fut rassurée en tout cas par leur présence pendant qu'elle traversait les rues déjà sombres. Depuis son arrivée, presque deux mois plus tôt, elle avait passé la majorité de son temps au lit.

Et à présent, la présence de l'étrangère dans les rues de Fanélia se faisait de plus en plus remarquer. Heureusement, la population ne semblait manifester aucune animosité à l'égard de la jeune fille. Juste de la curiosité. Hitomi finit par arriver face au palais, consciente qu'elle avait tourné e rond un moment mais que les généraux n'avaient pas jugé bon de la rediriger vers le bon chemin. Ainsi donc, une petite heure s'était écoulée depuis que Van l'avait laissée. Cela l'irritait, elle avait mal aux pieds et aux côté. Elle n'avait pas besoin de le voir pour savoir que sa marque violacée s'était assombrie. Quoi de plus normal si elle ne faisait pas attention. Les gardes aux portes, la voyant approcher, ne la reconnaissant pas, lui barrèrent le passage.

- Qui êtes vous pour espérer rentrer au palais de nuit ?

- Je...

- L'invitée d'honneur de sa Majesté, intervint le général Blue qui venait d'apparaître en compagnie de ses quatre acolytes.

- Oh. Généraux, les salua le garde qui avait parlé. Nous ne pouvions pas savoir, ma dame.

Ils s'écartèrent , laissant la voie libre. Hitomi les remercia et regagna l'intérieur, sentant le froid lui engourdir les membres.

Les généraux la suivirent en silence à travers la palais et furent plus qu'amusés de l'entendre soupirer en remarquant leur présence.

- Ne soupirez donc pas, cela ne sied pas à vôtre beauté, lady Hitomi, lança le général Jiyu en souriant.

- Pourquoi me suivez-vous ? Je ne risque rien au palais, dit la jeune fille en ignorant la remarque.

- Voyons, tout palais porte ses espions bien que celui-ci n'en compte pas plus de deux depuis l'arrestation du voleur. Il serait trop risqué de laisser une lady ,attirant vers elle les ennuis, seule, lança tranquillement le général Din.

- Surtout si la lady en question est d'une importance rare pour nôtre roi, soupira le général Hak.

- A tel point que nous ne nous risquerons pas à vous perdre, pas après trois ans d'attente, souligna le général Kaze.

Hitomi cessa de marcher, jaugea les généraux qui comme son ombre avaient stoppé leur avancée.

- Mais si je venais à disparaître, Van pourrait épouser quelqu'une qui serait digne de lui, fit-elle remarquer.

- Ne tenez pas de tels propos, lady Hitomi, vous nous inciterez à vous surveiller de plus près encore, grogna le général Hak, irrité qu'elle se rabaisse ainsi.

- Mais je suis d'une banalité effarante, leur rappela-t-elle .

- Si banale que vous avez sauvé nôtre roi durant la Grande Guerre, soupira le général Din.

Hitomi sourit légèrement à ce souvenir. Elle reprit sa marche vers sa chambre et les généraux lui emboîtèrent le pas. Arrivée à sa porte, elle les remercia de l'avoir escortée, leur souhaita bonne nuit bien qu'elle les soupçonnait de rester tout près puis entra.

L'obscurité du lieu engloutit, il lui fallu un moment pour que ses yeux repèrent son lit plus loin. Elle se débarrassa de ses bottes et se glissa sous ses draps d'un rouge royal en soupirant.

- Je pari qu'ils t'ont laissée te perdre dans les dédales de la ville, fit une voix qu'elle reconnut immédiatement.

- Ils m'ont laissée trouver mon chemin, c'est certain, sourit-elle en se relevant lentement, son regard posé sur la silhouette qui était installée sur son canapé.

- C'est fort aimable de leur part, voilà une heure que je me ronge les sangs ne sachant s'ils t'avaient oubliée ou si tu avais été éloignée d'eux, soupira le monarque en la rejoignant. Il la prit dans ses bras, elle se logea contre lui, riant :

- Ils n'auraient pas laissé cela se produire.

- Que t'ont raconté ces rigolos ?

- Bien des choses que tu ne sauras pas, sourit la jeune fille que le sommeil emportait déjà.

Van posa un doux baiser sur son front. Il se détacha doucement d'elle, la laissant se reposer et sortit sans bruits. Il ne fut pas étonné de croiser ses généraux à la porte. Il lança :

- Vous devriez aller vous reposer, messieurs.

Voyons, Lord Van, vous savez bien que nous sommes aussi humains que vous et que quelques heures de sommeils sont plus que suffisants, sourit le général Blue.

Encore un long chapitre pour les mordus de lecture !

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Après, voilà, je travaille cet été donc c'est sûr sûr de trouver le temps de bosser mes textes même s'ils sont toujours un priorité absolue 3

Bisou bisou !