Un mot fut envoyé à leur monarque l'informant de l'état de son invitée et de sa position.

Le général Hak fut celui qui regagna la salle de réception une fois la jeune femme au lit alors que les autres généraux, après s'être changés, avaient pris leur place habituelle dans la chambre.

Quelques heures après la fin des festivités, Van rejoignit la chambre de sa bien aimée, guère étonné de trouver les généraux jouant aux échecs.

A son entrée, ils se levèrent, partant sans rien dire, inhabituellement silencieux. Ce silence inquiéta le jeune roi qui les suivit dehors et demanda en fermant doucement :

- Que signifie ce silence ?

- Majesté, vous devriez ne pas l'entendre parler cette nuit. Ne voulez-vous pas nous laisser veiller, demanda le général Blue.

- Qu'a-t-elle dit ?

- Rien d'inhabituel mais ses mots pourraient vous heurter, surtout qu'elle a bien trop bu, souligna le général Kaze.

Van fronça des sourcils. Il leur adressa un regard noir, irrité qu'ils soient si explicites et regagna la chambre de son aimée.

Il ôta son arme de sa ceinture, la posant près de lui sur le canapé et s'installa. Il ne voulait pas perturber le sommeil de l'endormie. Il ne voulait pas qu'elle lui raconte de nouvelles idioties.

Alors, la voix endormie de la jeune fille parvint à ses oreilles. Il entendit :

- Indigne... Ils l'ont dit... Je... Non... Elle... Non... Lui fais honte... Disgrâce... Impossible...

Van fixait la silhouette endormie qui remuait dans le lit. Un mauvais rêve ? La voix poursuivit :

- Assez ! Silence, conseiller de... Enflure... Rah ! Mais... Je...

Hitomi fit un geste très brusque, manquant de tomber de son lit, son corps se stabilisant près du rebord. Van se leva doucement, craignant de la voir choir.

- Je l'aime... Tant... Silence !

BAM ! Hitomi s'étala tout son long sur le sol de marbre alors que Van accourait à ses côtés. Elle geignit, se recroquevilla sur elle même et au grand étonnement du roi, n'ouvrit pas les yeux.

Il la souleva avec douceur, l'installant sous ses couvertures et souffla en posant ses lèvres contre les siennes :

- Je t'aime aussi.

Avec une douleur profonde lui tiraillant le crâne, Hitomi finit par ouvrir les yeux, constatant qu'il faisait encore sombre. Le soleil n'allait pas tarder à se lever et un silence plat régnait sur le palais.

Elle se redressa sur ses coudes, se maudissant d'avoir tant bu et son regard se posa sur le canapé. Elle aurait pu en pleurer si elle ne tenait pas à le laisser endormi. Mais elle se contenta de sourire tendrement en découvrant son amant allongé sur son canapé, son épée à portée de main.

Elle se glissa hors de ses draps, alla jusqu'au canapé sur la pointe des pieds et s'accroupit pour admirer le visage endormi de son roi.

La tête appuyée contre l'accoudoir du lit de fortune, Van semblait peu confortablement installé. Hitomi se demandait pourquoi il n'avait pas dormi dans sa propre chambre ou partagé son lit. Elle rougit en comprenant que la timidité qu'elle lui connaissait n'avait pas tant disparu.

Avec des gestes délicats, elle souleva la tête de Van pour la poser contre ses fins doigts jouaient avec la chevelure rebelle du roi alors qu'elle admirait son visage paisible.

Elle resta ainsi un bon moment, ne se lassant pas de le regarder, se disant que ce visage lui avait bien manqué.

Lorsque l'aube éclaira la cité et que le soleil finit par se dresser dans le ciel, Hitomi commença à entendre les serviteurs qui s'agitaient dans les corridors. Les servants avaient sûrement bien du boulot, cela l'ennuya...

Elle remarqua alors que les prunelles brun-rouge de son amant la fixaient avec intensité. Ses joues ses colorèrent automatiquement, elle se souvint qu'elle ne portait qu'une légère chemise de nuit, laissant nues ses jambes.

- Bonjour, dit-il amusé sans bouger pour autant.

- Bien dormi, demanda la jeune femme en souriant timidement.

- Hmm... J'ai connu mieux mais les dernières heures étaient bien plus confortables, glissa-t-il.

- Tu m'en vois ravie. Mais tu sais que ce lit est assez large pour trois personnes, pourquoi ne pas y avoir dormi ?

- Tu es la dernière personne au monde que je voudrai brusquer avec mon indélicatesse, dit-il en portant sa main à son visage alors qu'elle se penchait lentement pour laisser leurs lèvres s'effleurer.

- MILADY ! Tonna soudain un voix alors que les portes de la pièces s'ouvraient avec fracas.