Salut ! La suite un peu tard, navrée, ce fut une rentrée mouvementée ^^ #Sofia

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L'aube pointait à l'horizon, empourprant le ciel et gommant la clarté de leur feu. La troupe leva le camp moins d'une heure plus tard, laissant les brigands à leur place avec un mot pour les autorités de la frontière.

Assise derrière Van, un bandage autour de la tête, Hitomi tenait bien son amant par la taille, de peur de ne tomber alors qu'ils étaient au trot. Elle avait demandé pourquoi ils n'avançaient pas au pas, Van avait répondu qu'il était trop risqué de passer une nuit proche des terres de la capitale de Fried. Bien des moines bannis ou illuminés erraient autour du palais, espérant trouver ne faille dans la spiritualité des moines de Fried.

Elle avait tressaillit en entendant cela. Après leur rencontre avec un Morph des années plus tôt, elle ne souhait pas rencontrer de nouveaux illuminés manipulant l'esprit des gens.

Les Généraux chevauchaient aux côtés et derrière la monture de Van pour assurer tous les flancs possibles et ainsi minimiser les dangers potentiels. Un voyage à cheval jusque Fried était certes dangereux, mais jadis, le roi n'avait jamais eut de tels ennuis. Les Généraux se rendaient peu à peu compte que protéger une jeune fille en terre hostile n'était pas une mince affaire. Sans le vouloir, sans le comprendre, elle animait soit colère soit envie chez ceux qu'elle rencontrait. Si elle n'ouvrait pas la bouche pour dire ce qu'elle pensait, elle était désirée. Si elle exprimait son point de vue et son idéal, elle devenait détestable au point de vouloir sa fin ou souffrance. Elle était un peu l'exacte copie de leur roi en voyage diplomatique. Il savait se montrer fort aimable du moment qu'il ne disait pas ce qu'il pensait. Fanélia avait donc peu d'ennemis puissants. Les rares ayant tenté d'envahir le petit royaume avaient vite été écrasés par ces troupes ayant visiblement hérité de l'esprit belliqueux de leurs ancêtres.

Assoupie en selle, sa tête posée contre le dos de son amant, sa prise s'étant desserrée un peu, Hitomi avait une vision.

Le ciel était noir, mais des centaines de torches brillaient autour d'elle. Attachée à un immense piquet, elle voyait devant elle hurler maintes personnes qu'elle ne connaissait pas. Ils voulaient sa mort. A elle. Elle ne comprenait pas. Sur Terre, à Tokyo, elle aurait compris. Mais pourquoi là ? Qu'avait-elle fait pour en arriver là ?

Un homme surgit de nulle part, fendant la foule en colère et le brouhaha. Il arriva à hauteur de la captive. Il souriait. Elle connaissait ce sourire :

Vous...

Encore et toujours. C'était ma guerre. Tu l'as écrasée...

Non. Je n'ai rien fait. Il n'y a pas de g...

Si. Silencieuse, invisible, comme celle qui tu livres sur ta Lune.

Le marché noir...Toutes ces filles ! Je vais vous le faire payer ! Fulmina-t-elle en comprenant enfin.

Tu l'as déjà fait, oublié... Mais tu te souviendras... Tu le feras et trouveras ce pieu pour te lier poings et pieds.

Je le ferai et ne serai pas attachée sur cette place !

Il souleva le menton de la captive, amusé de la voir impuissante.

Tes barrières psychiques n'ont visiblement plus aucun effet sur moi puisque je peux aller et venir dans tes rêves...

Les lèvres ce protagoniste nommé Feru effleurèrent les siennes. Elle hurla :

DEHORS !

Une force invisible le crocheta et l'éjecta hors de l'esprit tourbillonnant de rage et de mépris de la jeune fille. Il ne souriait plus...

Elle s'éveilla en sursauts, oubliant qu'elle était en selle. Son premier reflex fut de s'éloigner de celui qui était près d'elle, craignant qu'il ne s'agisse de celui qui hantait son rêve. Ce mouvement de recul la fit basculer de selle. Avec un cri de surprise, elle finit en roulé-boulé sur la route alors que tous immobilisaient leur montures pour stopper l'avancée.

En grognant de douleur, Hitomi resta à plat ventre sur le chemin de terre et de pierres, certaine de s'être écorchée de partout, sentant son corps s'irradier de douleur. Van avait été le premier à réagir, bondissant à terre pour l'aider. Les Généraux ne comprenaient pas ce mouvement de recul et étaient perplexes.

Qu'est ce qui t'a pris ? L'interrogea son amant avec gravité en l'aidant à se remettre sur pieds.

Un mauvais rêve, ne t'en fais pas, sourit-elle, mentant à moitié.

Tu me caches encore quelque chose, soupira-t-il.

Mais non, voyons ! S'amusa-t-elle en époussetant sa tenue.

Les Généraux, perplexes, proposèrent au roi de faire une pause. Le temps que leur compagne se reprenne et que les montures boivent un peu. Van acquiesça, certain que son amante lui cachait la gravité de ce rêve qui pouvait aussi être une vision.

A l'époque de la Grande Guerre, elle ne taisait jamais ses visions, se mettant dans des états frôlant l'hystérie. Il se rendait compte qu'elle avait bien mûri avec le temps, n'étant plus la fragile étrangère qui ne savait pas comment faire face à ses visions.

Assise sur un vieux tronc rongé par les intempéries, Hitomi effleurait du bout des doigts les parties douloureuses de son corps, pour s'assurer qu'elle ne s'était rien cassé. Elle fut soulagée et exaspérée de découvrir qu'elle n'avait que des bleu ou des plaies pas assez profondes pour être un problème. Plus tard, elle soignerait tout cela, loin du regard inquiet de son amant.

Finalement, Van annonça qu'ils devaient se remettre en route pour arriver au château de Fried avant la nuit noire. Tous grimpèrent en selle et Hitomi prit la main que lui tendait Van afin de se mettre derrière lui. Elle fut étonnée de voir qu'il tenait les rennes moins fermement que ce matin. Elle demanda :

Van, pourquoi relâches-tu la prise sur tes rennes ?

Pour être plus libre de mes mouvements, répondit le roi.

Elle passa ses bras autour de sa taille, s'accrochant fermement alors qu'ils repartaient au trot.

Tu crains une attaque, sourcilla-t-elle.

Non, pas tant qu'il fera clair. Mais je pourrai au moins te rattraper si tu venais à tomber une fois de plus.

Elle eut un sourire amusé et commenta :

Or si nous venons à être attaqués, je te prierai de ne pas faire attention à ta passagère mais à tes adversaires.

Si ma passagère est en sûreté, je combattrai sans me soucier du reste.

Tu n'étais pas si acharné à l'époque. Une vie ne valait pas la perte du combat.

J'étais inconscient et imprudent à l'époque. Ta vie a plus d'importance que l'issue du combat.

Si tu perds un combat, tu risques d'y laisser la vie, ce serait idiot d'agir de la sorte.

Je n'ai pas su te protéger à l'époque. Ni même pendant ces dernières années. Je ne répéterai pas cette erreur.

Tu es ridicule. Je t'interdis de te mettre en danger pour ma vie, grogna la jeune fille en posant son front contre son dos.

Je m'interdis de t'exposer alors nos désirs ne finiront pas par se heurter, sourit-il, le vent ébouriffant sa chevelure sombre.

Hitomi sourit à cette remarque. Elle n'ajouta rien, soudain consciente que les Généraux qui les entouraient avaient entendu tout leur échange et souriaient à présent de manière niaise. Son visage rouge de gêne se cacha dans les plis de la cape de son amant alors que riaient aux éclats les Cinq Généraux. Van eut un petit sourire, conscient que la jeune fille était gênée facilement.

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