Se changeant, Hitomi se demandait si le lieu était si vaste que le palais de Fanélia. Elle se disait qu'elle ne pouvait se perdre comme à Fanélia. Ici, son visage était peut être connu. A la cité royale, elle était une inconnue blessée qui était apparue dans la cour du palais. Elle alla faire un tour, une fois présentable. Elle découvrit en jetant quelques regards à travers des fenêtres ouvertes que la nouvelle Citadelle avait été bâtie sur des falaises.
Lorsqu'elle se penchait pour voir le sol, elle remarquait les gardes bien petits et le sol trop éloigné pour ne pas la faire paniquer. Et si elle tombait ? Comment survivre à une telle chute ? Elle se secoua, se trouvant ridicule de penser à cela. C'était à Fanélia qu'on voulait sa mort. Les agents des conspirateurs ne les avaient sûrement pas suivis jusque Fried. Elle marchait tête basse, sourcils froncés. Elle savait qu'ils finiraient par la tuer ou par être tués.
Elle ne voulait pas que son retour sur Gaia mène tant de personnes à la mort. Mais elle ne voulait pas mourir si tôt après avoir retrouvé l'amour de sa vie. Car elle en avait croisé quelques Casanova sur Terre. Elle avait eut la chance d'être assez consciente pour ne pas tomber dans leur baratin et ne pas finir à l'hôtel. Ah, les amants d'une nuit...
Elle n'en avait jamais eut, si bien que son ancienne amie Yutari l'avait réprimandée, disant qu'elle finirait vieille fille. Hitomi à cette époque jurait que son existence sur terre ne se solderait jamais d'un mariage ou un compagnon.
Elle se l'était refusé interdit, jugeant les hommes trop avides de richesse et de pouvoir pour être dignes de confiance L'état voulait sa tête. Quel homme aurait été assez peu opportuniste pour ne pas céder à toutes les sommes alléchantes qui étaient proposées ? Quelle famille mafieuse n'avait pas envoyé ses membres les plus doués et les plus séduisants pour ravir son cœur ?
Hitomi se heurta à quelqu'un. Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas fait attention à où elle allait. La personne qu'elle avait bousculée s'exclama, ne la reconnaissant pas et irrité pour diverses raisons :
- Mais regardez où vous mettez les pieds voyons !
- Navrée, fit-elle en passant son chemin, contournant l'imposant brailleur. Il la retint par le coude, ajoutant :
- Où croyez vous être ? Vous êtes dans la Citadelle, pas dans une ruelle quelconque. Quand on est en tort, on fait preuve de politesse.
- Où est mon impolitesse puisque je me suis excusée, siffla la jeune femme en lui adressant un regard noir.
Sa prise se resserra. Elle grimaça. Il dit :
- Dois-je vous inculquer la politesse au fer rouge, miss ?
- Qui aurait besoin de leçons de politesse, celle qui s'est excusée ou celui qui se montre violent ? rétorqua-t-elle en tentant de se dégager, sentant son avant bras être traversé de fourmillement.
Une gifle vola, l'envoyant s'écraser à terre. La jeune femme dût battre des paupières à plusieurs reprises, sa vue brouillée par plusieurs étoiles. Elle avait une main sur sa joue enflée, le goût métallique du sang se rependant dans sa bouche. La gifle la plus violente qu'elle n'ait jamais reçu...
- Tsss. Gare à vos dires, insolente.
Et il s'en alla comme si de rien n'était ! Comme si frapper une jeune femme sans raison était un fait si bénin qu'il le faisait sans ressentiments.
Lentement, elle se releva, choquée. Même à Tokyo elle n'avait jamais été frappée pour une bousculade involontaire !
Elle essuya le sang qui coulait sur la lèvre inférieure, tentant d'oublier le goût âcre dans sa bouche alors qu'elle reprenait sa balade à travers la Citadelle.
Hitomi finit par rejoindre un large jardin intérieur, assez semblable aux jardins zen qu'elle avait déjà vus dans plusieurs temples Shinto ou Bouddhistes à Kyoto ou dans les régions montagneuses encore très traditionnelles. Elle s'installa sous le cerisier en fleur qui semblait sépulcre et soupira.
Après cette longue marche, elle avait bien mérité de se reposer. Un instant. Elle ne tenait pas à errer trop longtemps au même endroit, peu désireuse de croiser l'étranger violent.
Le personnel de la Citadelle s'affairait, sans prêter attention à son existence même. Elle avait peut être été prise pour une servante ou une messagère. Cela l'arrangeait. Au moins, elle ne serait pas menacée.
Mais elle était navrée de constater que n'importe qui pouvait s'en prendre à ces travailleurs.
Elle n'avait jamais vécu cela à Fanélia. Peut être que Fried logeait quelques hommes peu courtois de plus que la capitale reconstruite.
Avec un dernier regard sur la magnificence du cerisier en fleur, elle se leva et rejoignit une porte, le doux fumet du déjeuner de la mi-journée la guidant. Elle espérait n'avoir pas inquiété son amant en allant se promener seule. Elle avait quitté sa chambre tôt après tout.
Elle fut rapidement sur la bonne voie, reconnaissant les voix de Mylerna, Dryden, Van, les Généraux et Cid qui avait visiblement conservé sa petite voix enfantine. Ils semblaient en forme et faisaient de leur mieux pour ignorer les autres voix qui tentaient de les appeler où ennuyer.
Hitomi arriva aux Grandes Portes menant à la salle à manger. Elle croisa les regards des gardes qui semblaient informés de son arrivée tardive. Elle passa les portes, s'arrêta un instant, d'instinct, en reconnaissant l'homme qui était debout à quelque pas du jeune duc.
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