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Van se leva en la voyant arriver, souriant d'un air ravi. Son beau sourire se fana, au grand malheur de la jeune femme, lorsqu'il remarqua sa joue enflée et rougie et le filet de sang séché qui souillait sa lèvre.
Les Généraux , debout à quelques pas du siège de leur monarque, froncèrent des sourcils en la voyant ainsi. Hitomi rejoignit en quelques pas son amant qui s'avançait pour la tenir entre ses bras, comme pour se rassurer qu'elle était entière et en état de marcher.
- Que t'est-il arrivé, demanda-t-il en effleurant le visage blessé, son regard empli de peine et de colère contrôlée.
- Rien nécessitant que tu t'inquiètes, Van. Désolée d'être en retard, à vôtre table, duc Cid, fit-elle en souriant.
- Ravi de vous revoir après tant d'années, Lady Hitomi. Ne vous en faites pas, nous avons juste craint que vous ne soyez perdue, dit le jeune duc blond avec un large sourire.
- Ou que tu n'aies fait de mauvaises rencontres, commenta Mylerna en lui tendant un mouchoir humide que la jeune femme posa contre sa joue meurtrie en la remerciant.
- Ce ragoût semble délicieux, commenta Hitomi en goûtant un plat au hasard, comme pour noyer le sujet de conversation.
Mylerna leva les yeux au ciel avec un petit sourire amusé. Dryden lorgnait l'actionnaire qui attendait le duc pour son audience. Cet homme avait l'air bien sombre depuis l'arrivée de leur amie.
Van qui avait cessé de manger par manque d'appétit se contentait d'observer son amante de son regard pénétrant, sachant qu'avec un peu de patience, il finirait par savoir ce qu'il voulait savoir. Après quelques baisers et quelques chuchotements, elle finirait par lui dire ce qu'il lui était arrivé. Elle détestait lui mentir. Il le savait. Il la connaissait bien.
Les Généraux semblaient perplexes. Qui dans la Citadelle des Moines de Fried oserait frapper une jeune femme, même avec un raison apparente ?
La table fut débarrassée, les convives s'en allèrent doucement. Leur réunion avait eut lieu au matin, à présent, ils avaient champs libre jusqu'au lendemain où une autre réunion les enfermerait dans une pièce des heures.
Hitomi accepta avec ravissement lorsque Van lui proposa de l'emmener sur les terrasses de la Citadelle où la vue était magique. Elle ne se soucia pas des Généraux qui les suivaient comme leurs ombres, les sachant doués pour leur laisser un peu d'intimité lorsque la situation l'exigeait.
Traversant les corridors d'un pas léger, le jeune roi tenait dans la sienne la main de sa bien aimée, craignant de la lâcher, de la perdre. Hitomi le comprenait et s'en voulait de le mettre dans un tel état d'inquiétude. Elle s'en voulait d'avoir provoqué, sans l'avoir fait, le courroux de cet idiot à la main leste. Elle soupira, se disant qu'elle avait le chic pour tout gâcher.
Assis sur un banc de pierre sur le balcon, admirant le soleil qui rougissait doucement l'horizon déchiré des mille ponts, le couple ne disait rien. Côtes à côtes, ils savaient bien que ce moment pourrait être l'un de leurs derniers, conscients de la fragilité de leur lien, de la solidité et du nombre de ceux qui voulaient les séparer, les voir mourir...
Van céda, sa patience ayant atteint sa limite. Il demanda en caressant la joue moins enflée de son amante :
- Dis moi qui a levé la main sur toi.
- Tu serais furieux, je ne veux pas gâcher nôtre séjour ici.
- Tu ne gâches rien, cet individu gâche tout, la corrigea-t-il en posant ses lèvres contre son front. Elle posa sa tête contre son épaule, disant :
- Je ne connais pas son nom.
- Décris le moi. L'ai-je déjà vu ?
- Hmm... Oui, assez longtemps même.
- Où cela ?
- Dans la salle à manger. Il avait une mine sombre, des lèvres pincées, une large carrure... Un homme nerveux.
- Que lui as-tu fait pour qu'il s'en prenne à toi ?
- Bousculé, involontairement. Mon excuse lui sembla impolie.
- Qu'as-tu dit ?
- Que j'étais navrée, il m'a tout de même trouvée impolie.
- C'est tout ?
- La suite ne te plaira pas, soupira-t-elle en levant les yeux vers lui. Il la serra contre lui, disant à son oreille, sa proximité la faisant rougir malgré elle :
- Ne pas savoir ne me plaît pas.
- Tu seras furieux...
- Pas plus que je ne le suis.
- Je ne veux pas que cet homme te blesse.
- Je ne veux pas que son geste passe avec tant de facilité. Qu'est-il arrivé ?
- Il a offert de m'inculquer la politesse. Je lui ai dit qu'il était celui ayant besoin de leçons... Parce que... J'ai trouvé révoltant qu'il ose parler politesse alors qu'il me retenait par le coude malgré mes excuses et me tienne pareil discours malgré son comportement.
Van prit le coude gauche de la jeune fille. Il releva avec douceur le manche de sa tenue, remarquant les marques violacée d'une poigne. Il posa ses lèvres sur la blessure, navré.
- Van, fais moi un promesse, ajouta la jeune femme.
- Hmm ?
- Ne tentes pas de corriger cet homme.
- Pardon ?
- Il ne serait que ravi d'avoir l'attention du roi de Fanélia. Ne lui donnes pas ce plaisir.
- Je ne ferai rien à moins qu'il ne fasse preuve de nouvelles violences, promit-il avec regret, sourcils froncés.
Merci, fit-elle en posant ses lèvres sur les siennes, souriant.
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