Suivie partout par les généraux du jeune homme qui l'avait sauvée des jours plus tôt, Hitomi se demandait s'ils n'étaient pas las. Elle passait ses journées à errer, sans savoir où aller ni que faire. Elle avait finit en bibliothèques si longtemps que la vue d'un ouvrage, même intéressant, la faisait grimacer. Son corps réclamait de l'activité et les balades de ces femmes de la cour à travers les jardins l'ennuyaient plus qu'autre chose.

Ce matin là, toujours suivie par les Généraux, elle avait prévu de trouver le camps d'entraînement et de trouver une arc, une épée ? Les deux lui convenaient ! Elle savait que son tir à l'arc était meilleur que son escrime, aussi penchait-elle pour un entraînement à l'épée.

Elle croisa sur le terrain d'entraînement de nombreux hommes qui semblaient la connaître mais qui la respectaient. Elle trouva une épée, un poteau solide et commença par quelques séries sous les regards vifs de ses anges gardiens. Elle sentait sur sa nuque les regards de nombreux soldats. Tous étaient du royaume de ce jeune homme, Van, qui affirmait la connaître. Elle était attristée de ne pouvoir se souvenir de cela. Sa mémoire semblait sélective, effaçant visages et noms en laissant des passages de sa vie blancs, dépourvus d'acteurs connus.

- Lady ! Vous n'avez rien à faire en ces lieux !

La voix claqua avec tant d'ardeur que la jeune femme sursauta de surprise. Les Généraux de Fanélia fixaient le nouveau venu avec suspicion. Ils ne semblaient pas ravis de voir un officier brailler ainsi de si bon matin.

- Excusez moi, fit-elle, sourcils froncés, en baissant son épée d'entraînement.

Un homme au crâne luisant sous le soleil matinal, arrivait à sa rencontre, le front plissé par l'agacement. Il fit comme si les généraux n'étaient pas présents et s'exclama au visage de la perplexe :

- Une femme sur le terrain ! Qui l'eût pensé ? Qui l'eût cru ? Notre matériel n'est pas à portée de demoiselles ne sachant comment se distraire toute la sainte journée !

- Je ne suis pas...

- Roh ! Ne me coupez pas , impolie ! Je pense que mes hommes ont bien assez à faire pour en plus leur ajouter les soucis irritants d'une enfant !

- Sauf le respect que je vous dois ,bien que je ne sache pas qui vous pouvez bien être, je ne faisais rien pouvant perturber l'entraînement de vos hommes et je ne suis pas source de soucis puisqu'il semblerait que je manie mieux mon épée d'entraînement que la plupart de vôtre bleusaille.

Son ton était froid, son regard plongé dans celui de l'officier aux joues rougies de colère. La jeune femme se dit qu'un officier ne devrait pas perdre son sang froid de manière si prompte. Elle n'avait pas lâché son épée d'entraînement, n'avait pas daigné se diriger vers la Citadelle.

- Officier Denkins, veuillez rejoindre vôtre poste, la lady ci présente a parfaitement sa place sur ce terrain, intervint le Général Blues qui avait décidé de se placer entre les deux protagonistes.

- Vous, Général de Fanélia, osez prétendre que cette gamine est plus douée que mes hommes, s'insurgea le dit-officier Denkins.

Plusieurs curieux, entendant cela, s'approchèrent, et les mots de l'officier ne tardèrent pas à êtres sus de tous.

- Une lady plus douée que nous ?

- Qui est cette femme encore ?

- Pas l'amnésique de Fanélia ?

-Si, si, elle le serait...

Hitomi sentit ses joues se colorer, non habituée à être sujette à tant de conversation. Les soldats de la troupe d'escorte de Fanélia, sourcils froncés, s'approchaient de la protégée de leur roi, ne sachant trop de quoi il retournait.

- Officier, on nous insulte, s'enquit un soldat à la carrure inquiétante. Hitomi intervint, rapidement :

- Non ! Non ! Je n'ai jamais...

- On se contredit, cracha l'officier.

- Jamais ! Je parlais de la bleusaille ! Non pas de vos soldats, siffla la jeune femme, le rouge aux joues.

- La lady se contredit, s'exclama d'un ton exagérément trop haut l'officier Denkins.

Hitomi, gênée par les cris de cet homme et la colère qui luisait dans les regards des soldats se croyant insultés, serrait de plus en plus fort la garde de son épée d'entraînement.

- Si Ma dame se croit assez douée pour critiquer mes hommes, je la défie donc, cracha avec mépris un homme qui semblait être le capitaine de cette troupe. Hitomi fit une bouche bien ronde, choquée par cette animosité qui le poussait à la défier. Et s'il la blessait ? Et si elle l'humiliait ? Et s'il l'assommait ? Sa tête en avait déjà reçu assez que pour attendre un nouveau coups.

- Je ne le permets pas, siffla le général Hak en posant sa main sur la garde de l'épée qui à sa ceinture pendait. Le capitaine fusillait le général du regard alors que les autres généraux, sourcils froncés, se rapprochaient de la jeune femme. Les soldats de l'escorte de Fanélia étaient sur le qui-vive, inquiets de voir tant de soldats, dont la plupart étaient des bleu, s'agglutiner autour de l'amante de leur roi.

- Un problème, général, fit le capitaine, le regard brillant de colère.

- J'allais justement vous poser la question, capitaine, fit Hak en insistant sur le grade de l'homme lui faisant face. Ce dernier le remarqua et cela ne fit qu'enflammer sa colère. Ils se défiaient du regard, attendant que l'autre dégaine ou ose faire le premier acte de violence. Le général aurait aimé que cela se produise, certain que leur protégée ne risquait rien et qu'il saurait le maîtriser sans mal.

- Je relève le défi, annonça Hitomi en s'avançant. Mais nous combattrons avec des épées de bois, je ne tiens pas à perdre un bras suite à votre « négligence » .

Reniflant face à l'insulte mais souriant d'un air triomphal, le capitaine récupéra l'épée de bois que lui tendait l'un de ses soldats alors qu'un large cercle se formait autour des combattants.

- Milady ! C'est de la folie ! Cet homme a pour seul but de vous humilier ! S'exclama le général Kaze avec panique.

- Il peut bien m'humilier. Je ne pense pas que vôtre maître souhaite voir des soldats de ses alliés si aptes à retourner leur veste sur le champs de bataille. Autant affronter son mépris ici que sur le front, fit la jeune femme en empoignant solidement la garde de son épée de bois et en la dressant en position défensive.

- Au moindre problème, déclarez forfait, cela vous évitera d'être blessée négligemment, lui conseilla le général Din.

Elle hocha la tête, ses pieds solidement plantés dans le sol. Les cinq Généraux n'étaient plus que quatre, l'un s'en allant déjà informer son roi de la situation.

La première frappe fut si violente que la jeune femme ploya, un genoux à terre, en bloquant l'épée de bois au dessus de son front. Avec un grognement de douleur, elle repoussa son assaillant et s'éloigna d'un bond. C'était un combat inégal, le capitaine ayant plus d'expérience que la jeune femme sur le terrain. Il savait prévoir les attaques. Il savait feinter avec efficacité.

Il était un combattant, elle était une invitée royale.

Son escrime laissait à désirer, son tir à l'arc était époustouflant.

Un coups dans les côtes. Elle tituba, le souffle court, une main sur son côté douloureux. Il n'y allait pas de main morte.

Les généraux se demandaient si leur intervention serait sage. Ils ne voulaient pas créer de conflits entre les groupes armés de l' Alliance mais ils ne voulaient pas non plus que leur protégée soit l'objet ludique de soldats à l'ego surdimensionné.

Les soldats de l'escorte hurlaient à la jeune femme de tenir le coups, de ne pas se laisser faire. Les hommes du capitaine exigeaient réparation ! Ne voulant laisser un lady inconnue s'en tirer si bien après avoir fait remarqué leur manque de niveau. Seule la vérité blesse et eux préfèrent qu'elle soit tue plutôt qu'autre chose.

Dans la Citadelle, les moines peu habitués à voir les soldats excités se demandaient ce qu'il se passait. Dryden et Mylerna sortaient déjà de la Citadelle en courant, inquiets. La reine médecin était ivre de colère de savoir son amie amnésique être ainsi défiée par un capitaine belliqueux.

Hitomi frappait avec colère et désespoir à présent, lasse de ces frappes violentes et de ce mépris injustifié. Elle savait que ses petites frappes ne pouvaient pas déstabiliser son adversaire, mais elle se refusait à déclarer forfait sans avoir essayé.

Distraite, elle posa son regard sur l'entrée de la cour, sur les grandes portes de la Citadelle où des gardes, yeux ronds, fixaient le combat, ne comprenant pas pourquoi ce capitaine s'en prenait ainsi à l'invitée du duc, la protégée des familles royales de Fanélia et Astria.

Elle avait remarqué la silhouette de cet homme que son amnésie avait blessé. Cet homme qui prétendait la connaître si bien et qui était d'une douceur et d'une politesse si familières.

Elle voulait se souvenir de lui, de ce qui les liait car elle savait, inconsciemment, qu'ils étaient liés d'une manière quelconque.

Sa garde baissée, son regard perdu vers la porte principale, elle ne remarqua pas que son adversaire profitait de son manque d'attention pour lancer une attaque éclair.

Une douleur aiguë la foudroya lorsque l'épée de bois la frappa derrière le genoux, elle se mordit les lèvres de douleur en lâchant son arme alors quelle flanchait en arrière, déséquilibrée.

Dans son champs de vision: la silhouette, le ciel bleu puis le bois usé de l'épée...

L'épée de bois fonçait vers sa tête ! Et ne l'effleura même pas..

L'arme de bois eut été tranchée, sa moitié tombant sur le sol avec un bruit sourd.

La jeune femme se cogna à terre lorsqu'on la poussa brusquement pour l'éloigner. Elle gémit , tenant sa tête douloureuse, incapable de bouger sa jambe enflammée par la douleur. La silhouette qui était si loin était dressée face à elle, le regard brillant de colère, sa lame à la main.

- La désarmer ne vous a pas suffit, demanda-t-il d'une voix froide et calme.

- Je n'avais pas remarqué que la lady avait perdu son arme,mentit le capitaine en s'inclinant, le protocole l'exigeant.

- Vous m'en direz tant. Disparaissez, capitaine Denkins avant que ma lame n'en finisse avec vôtre insolence, siffla la roi draconien.

L'homme s'exécuta sans rien dire, jetant à terre ce qu'il restait de son épée de bois. Mylerna écartait les soldats avec impatience et sentit sa panique grimper en voyant son amie à terre. Van qui avait rengainé était près de son amante.

- Hitomi ? Comment va ta tête, désolé... Je devais t'éloigner et j'ai du le faire le plus vite possible...

Elle hocha la tête, se relevant doucement en massant l'arrière de son genoux pour taire la douleur.

- Merci d'être intervenu. Si ce coups m'avait assommée, je ne sais pas si mon pauvre crâne aurait supporté le choc, ria la jeune femme en acceptant le bras que lui tendait le jeune roi pour la soutenir.

- Que s'est-il passé avec ce capitaine, s'exclama Mylerna en s'avançant vers eux.

- Une simple erreur, fit Hitomi avec un large sourire. Elle jugeait inutile d'irriter ses amis.

- Je te la laisse, Mylerna, fit Van avec une note de tristesse dans la voix, au souvenir de l'amnésie de la jeune fille.

- Van, s'exclama Hitomi, blessée de le voir partir ainsi.

Le jeune roi lui adressa un regard brillant d'espoir. Il dit :

- Tu.. Tu as dit mon nom ?

- Bien sur ! Pourquoi cette question ? Et pourquoi pars-tu ainsi, je ne compte pas rester dans ma chambre !

- Sa mémoire ! S'exclama Dryden, ravi.

- Qu'est ce que tu nous racontes, sourcilla Hitomi en passant son bras sous celui de son amant. Ce dernier ne parvenait pas à y croire.

Dryden demanda, la question le torturant depuis trop longtemps ( plusieurs jours ) :

- Dis moi, peux tu me dire qui t'a poussée l'autre jour ?

Mylerna hurla son désaccord face à la question prématurée. Le mental de son amie était trop instable pour qu'elle se souvienne sans que cela ne crée des séquelles.

- L'homme à la tête effrayante, souffla Hitomi, sourcils froncés.

- Celui qui a levé la main sur toi, devina son amant avec amertume.

Elle hocha la tête, les yeux braqués vers le sol. Van laissa Mylerna l'emmener, se dirigeant vers la salle d'audience où le duc Cid entendait encore le plaidoyer de l'actionnaire tenace. Les Cinq Généraux suivaient en silence. Le temps leur était à présent compté. S'il filait, ils ne sauraient pas s'il avait un lien avec l'esclavagiste recherché..

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..

...

Here It's done ! Je publie lentement, pour toutes mes fics, navrée !

Je suis moi même d'une impatience rarissime, donc je ne vous ferai pas subir

ce que moi même je ne supporte pas.

Have a nice Night/Day and Live a life you will remember ► #Avicii

#Sofia