Van était assis sur son trône, son regard flamboyant d'une colère contrôlée, alors que face à lui un messager d'une contrée inconnue se plaignait de l'inactivité militaire du royaume. Il attendait quoi, le Duc de cet endroit ? Que Fanélia soit le théâtre de toutes les batailles ? Cette idée était ridicule alors que le royaume se remettait juste de sa destruction ! Il attendit avec patience que le messager achève son récit pour lui faire savoir qu'il enverrait une missive à son Duc avec sa réponse.

Le messager sortait et un conseiller entrait pour se plaindre encore du besoin du conseil d'avoir plus de pouvoir. Van sourit sombrement, disant :

- Vous en faites déjà juste assez pour que vos tête ne volent pas au loin. Demandez encore plus de pouvoirs et je vous accorderai la tombe, est-ce clair ?

- Majesté, nous sommes incapable de vous aider si vous n'appliquez pas les lois que nous vous proposons !

- Vos lois sont inégalitaires et en opposition avec la philosophie de Fanélia. Je n'appliquerai aucune loi nuisant à mon peuple, conseiller.

- Pourquoi ? Les impôts sont...

- Plus que suffisants. La monarchie ne finira pas en tyrannie. J'ai le pouvoir exécutif et juridique. Contentez vous de proposer des lois mais n'oubliez pas que ces lois sont sensées être bénéfiques pour le peuple non pas pour le château ou la richesse de la famille royale, le coupa Van avec autorité.

Merles entra en courant dans la salle du trône, hurlant :

- Maître Van ! Maître Van !

- Vous pouvez disposer, conseiller, fit Van en se levant.

L'homme obéit, rouge de honte et de déception. Merle lui adressa un regard noir et poursuivit son avancée jusqu'au jeune roi. Elle dit en tendant un papier cacheté :

- Une missive de Pallas !

- Merci, Merle, fit le roi en brisant le sceau pour lire à vive voix :

« Cher Van,

Il lui aura fallu deux semaines pour que son état s'améliore, ce qui ne m'étonne pas vue l'étendue de sa blessure. Hitomi se porte comme un charme à présent et se languit tant de toi, soupirant aux repas et lisant toutes les histoires de Fanélia, que nous l'avons laissée partir. N'aies craintes ! Je t'imagine déjà pâlir en lisant ces mots ! Elle est escortée de mes douze plus fines lames et sa voiture quitte Pallas ce matin. Vue la météo et la vitesse de l'escorte, je pense qu'elle sera à Fanélia d'ici une petite semaine.

Avec toute nôtre amitié, Mylerna et Dryden, régents d'Astria. »

Merles fronça du nez à la fin de la lecture, disant :

- Une semaine ? C'est toujours long ...

- J'enverrai les Généraux à sa rencontre d'ici deux jours, qu'ils aient le temps de franchir les cols, fit Van en souriant.

Merles gardait les oreilles aplaties contre son crâne. Van savait qu'elle voulait dire quelque chose mais s'abstenait. Il soupira :

- Qu'est ce qui t'inquiète ?

- La missive que j'ai reçue ce matin des villages d'hommes animaux.

- Que disait-elle ?

- Rien de rassurant...

- Parles Merle, tu connais ma patience.

- Bon... C'est une missive écrite il y a deux jours aussi... Après c'est peut être simplement un sujet à soucis inutiles...

- Merle, soupira Van en levant les yeux au ciel.

- Les Kaizos rôdent à la frontière, fit Merles.

Van ouvrit la bouche, mais ne parvint pas à se prononcer quant à son ressenti.

- Et les conseillers étaient sensés t'avoir transmis ce message il y a deux jours lors de la réunion... Van... Je te croyais informé, s'excusa Merles.

Van avait toujours en main la missive de Pallas. Il alla au large bureau qui était placé dans la salle du trône, prit du papier , de l'encre, gratta de longues phrases et dit en prenant sa cape, laissant sécher l'encre :

- Envoies ça à Pallas une fois sec, s'il te plaît. Je vais trouver mes Généraux.

Merles baissal es yeux sur les message qui disait :

« Chers amis,

Nos frontières sont arpentées par les Kaizos, ce groupe armé qui s'en prend aux villages et aux marchands. Nos routes ne sont pas sûres. Je sollicite l'envoi d'une troupe de chaque pays de l'Alliance. Je pars moi même pour la frontière avec Escaflowne n'oubliez pas que les Kaizos sont équipés des plusieurs melefs d'Ispano et ont des armes de guerre bien trop importantes pour nos fantassins.

Les Généraux de Fanélia et une vingtaine de mes homme seront avec moi. Ne prenez pas de risques inutiles.

Au plaisir de vous voir bientôt à Fanélia,

Van Slanzar de Fanel. »

Merles prit la missive, courant à la volière où elle équipa leur rapace le plus rapide et l'envoya à Pallas sous le vent d'hiver.

Endormie alors qu'au dehors, le vent hurlait, Hitomi sentait le froid l'engourdir. Elle avait beau avoir plusieurs couches sur elle, son immobilité la glaçait. Ils avaient pris la route la veille et la nuit commençait déjà à tomber. Elle avait demandé au Capitaine Sol s'ils comptaient s'arrêter, il avait dit que sa troupe pouvait chevaucher des jours sans s'arrêter et qu'il serait imprudent de s'arrêter en pleine tempête de neige.

Puis elle avait cessé de le déranger et était retombée dans un sommeil sans rêves.

La voiture tressauta sur une bosse, Hitomi se réveilla alors, son esprit embrumé. Elle lança un regard au dehors, constatant que la neige avait cessé de tomber et que la nuit noire les entourait toujours. Ils n'étaient plus dans la forêt qu'ils avaient traversée depuis leur entrée en zone montagneuse. A présent, un large champs blanc, effrayant, s'étendait à perte de vue. Ils étaient au sommet de la montagne, devaient simplement la traverser pour redescendre le flanc opposé. Elle entendit le Capitaine Sol ordonner l'arrêt de la troupe. Hitomi fronça des sourcils, demandant en passant sa tête par la fenêtre :

- Que se passe-t-il ?

- Restez à l'intérieur, milady. En deux jours de voyages, nous n'avons croisé personne. Or il y a là des empreintes fraîches... fit le Capitaine, penché en selle, pour étudier le sol.

- Deux jours ?

- Oui, le soleil n'est pas visible sur les flancs de la montagne. Cela nous a pris deux jours pour atteindre le sommet, expliqua-t-il.

- Je n'ai pourtant pas eut cette impression, fit-elle, confuse.

- Le froid vous a endormie, j'ai eut craint que vous ne mourriez gelée, milady, sourit le Capitaine en se remettant droit sur sa selle.

- Alors ces empreintes, demanda-t-elle, oubliant ce phénomène climatique étrange.

- Un groupe d'une trentaine d'hommes. Ils semblent traîner des armes de guerre et assistés de quelques melefs, fit le Capitaine, soucieux en scrutant toujours l'horizon.

- Fraîches à quel point, s'enquit-elle d'une petite voix.

- Une heure, tout au plus... Ils allaient vers Astria.

- Nous ne les avons pas croisés pourtant, lui signala Hitomi.

- Là est l'ennui, milady, fit un soldat de l'escorte, le poing serré autour de la garde de son épée, ses camarades en position.

- Alors... souffla la jeune femme.

- Ils sont quelque part aux alentours, soupira le Capitaine Sol.

- Demi-tour ?

- Trop tard, grogna un soldats en dégainant alors qu'un cercle d'inconnus se formait autour de l'escorte et se resserrait doucement, ricanant de la situation.

- N'en laissez aucun atteindre la voiture, aboya le Capitaine Sol en dégainant sa longue épée alors que sa troupe formait un cercle défensif autour du véhicule.

- Évidemment, je n'ai aucune arme, grogna Hitomi qui assistait, impuissante, à l'avancée de l'ennemi, lasse de toujours se trouver dans ce genre de situations improbables.

Bien ! Bien ! Capitaine de Pallas ! Quel honneur de te croiser sur ma route, ria un homme assis sur un bison immense portant un casque de guerre. La pauvre bête était ridicule et semblait souffrir de et poids. Hitomi voulait rire mais s'abstenait, écoutant la conversation.

- Maudit Gen ! Que fais tu à la frontière de Fanélia ? Le roi Fanel t'avait banni de ses terres et de celles de l'Alliance pour tes crimes d'après-guerre ! Gronda le Capitaine.

- Oui, ce bon roi, m'a reproché mon sens de l'humour, soupira le dénommé Gen.

- Vas ton chemin et je ne tiendrai pas rigueur de ton passage. Les lâches ne méritent pas d'être sujets de tant d'attention.

- Je ne suis pas lâche, je suis Chef des Kaizos. Je suis riche, craint et... Seul avec ma haine... Or j'ai ouï dire que tu escortais une chose précieuse à nôtre ami commun...

- N'espères pas cela, Gen. Je ne te laisserai pas approcher.

- Je le sais, l'ami ! Je le sais ! D'où mon déploiement de force !

- Tu seras mort avant d'avoir put vanter ton acte, Gen, promit le Capitaine.

-Je pense que je vais surtout bien m'amuser !

Les soldats de l'escorte furent alors attaqués. Le Capitaine Sol voyait ses homes tomber les uns après les autres, dépassés par le nombre d'assaillants et harcelés par des lames lâches. Jurant, pestant, il fouetta la monture qui tirait la voiture de l'escorte, la faisant filer au galop à travers la plaine enneigée. Hitomi hurla :

- Non ! Capitaine Sol, c'est du suicide !

Elle n'entendit pas sa réponse, ses oreilles fouettées par le vent. Elle regagna l'intérieur du véhicule, se demandant comment prendre les rennes alors que le cheval ne cessait de galoper. Elle entendait les hommes de ce dénommé Gen se lancer à ses trousses, hurlants de cris à son attention. Elle voulut quitter sa voiture pour grimper sur le dos de la monture et la débarrasser du carrosse mais n'en eut pas l'occasion. Avec un hennissement de douleur, le cheval tomba, roulant sur lui même à plusieurs reprises. La voiture fut emportée, faisant plusieurs tonneaux avant de se fracasser contre un arbre sépulcre. Le leader des Kaizos, criminel d'après-guerre, avait abattu la monture d'une flèche. Souriant, il avançait vers les débris du véhicule, ses hommes ramassant la jeune femme qui gisait à terre, semi-consciente, une belle bosse sur la tête. Il dit :

- Bon ! Il est temps de rejoindre nôtre repaire, après nous enverrons une petit mot à ce bon roi de Fanélia !

Hitomi eut les poings liés et malgré le fait qu'elle n'était pas très consciente, elle fut tirée par une corde nouée à une selle, titubant dans la neige, tombant pour se relever malgré elle. Elle se demandait si elle allait garder tous ses orteils après cette balade dans la neige...