I'm Back !
Émoustillée dans une cape d'hiver que Mylerna lui avait donnée, Hitomi, le lendemain, marchait d'un pas lent vers la cours centrale du palais de Pallas où Van attendait avec ses Généraux. Elle portait une robe de velours rouge et or, brodée de quelques buste était bien cintré, ses bras couverts par de manches juste à sa taille et de la taille, la robe tombait en gonflant un peu, juste assez pour ne pas gêner sa marche. Un autre présent de Mylerna qui jugeait sa garde robe trop vulgaire.
Hitomi soupira, remarquant que les gardes chargés de sa protection ne la lâchaient pas d'une semelle, la suivant, s'arrêtant lorsqu'elle s'arrêtait et ralentissant quand elle le faisait.
Assis sur un banc circulaire, les cinq Généraux de Fanélia et Van parlaient des faits du Conseil durant leur absence. Merle leur avait envoyé une missive, annonçant qu'ils avaient décidé d'unir la déesse ailée à une puissance de Gaia qui ne fait pas partie de l'Alliance. Ce prétendant était à Fanélia où il attendait le retour du roi de Fanélia qu'il croyait être un simple ami de ce héros de guerre et de Hitomi...
La jeune fille arriva alors, disant :
- Je sais que vous me cachez quelque chose. Je le lis sur vos traits.
Van posa un regard lourd de sens sur ses Généraux et dit :
- Ce n'est rien de si important.
- Van... Tu me demandes d'être honnête avec toi, essaie de l'être tout autant, soupira la jeune fille, blasée.
- Le Conseil a jugé bon de vous trouver un parti , milady, annonça le Général Jiyu avec un large sourire.
Hitomi tituba en arrière, les gardes chargés de sa protection tendirent tous les bras pour empêcher une quelconque chute, Van fit un pas en avant pour la saisir. Elle tomba contre les gardes qui stoppèrent sa chute et glissa à terre. Van, un genou à terre, face à elle, demandait, inquiet :
- Tu vas bien ?
- Bien ? Bien ? Je... Je vais parfaitement bien sinon que ce Conseil m'insulte à mes dépends et se plaît à me trouver un parti alors que... Je ne suis même pas citoyenne de Gaia ! Je ne sais rien de ce monde sinon qu'il sort d'une guerre !
- Vous verrez, milday, ici les tentatives de mariages arrangés par des idiots comme les conseillers sont fréquentes. Il est facile de se débarrasser d'un gêneur pareil. Le Conseil devra répondre de ce choix une fois que nous serons à la capitale, c'est certain, lui annonça le Général Kaze.
- Tu ne seras pas mariée au premier guignol péché par le Conseil, sourit son amant, amusé.
- Et s'ils ...
- Ils n'y parviendront pas car je suis le roi et j'ai le peuple pour me soutenir, la rassura-t-il en lui tendant la main pour l'aider à se relever.
Hitomi accepta cette main tendue et se releva doucement, sous les regards vigilants de ses gardes du corps. Et enfin, ils purent s'apprêter à partir...
- Ce sera un voyage éprouvant, êtes vous sure de pouvoir le faire, demanda le Général Din à Hitomi alors que ses pairs grimpaient dans leurs melefs.
- Je serai la passagère d'Escaflowne, je ne risque rien et pourrai bien me reposer une fois à Fanélia, sourit Hitomi alors que Van entrait dans son melef qui se transforma en un dragon argenté en quelques instants. La tête du dragon et son long cou se posèrent à terre, Van descendait aider son amante à grimper à bord puisque celle ci était freinée par sa longue robe.
Elle s'installa devant lui, entre les deux manettes de pilotage. Il posa une couverture sur ses épaules, lui même vêtu d'un épais pull de laine sous sa cape d'hiver. Il lança en décollant, suivi des cinq Généraux alors que Dryden et Mylerna leurs faisaient de grands signes de la main de leur fenêtre :
- Tu devrais dormir, nous ne serons pas à Fanélia avant deux jours et nous ferons sûrement aucun arrêt.
- Pourquoi aucun, sourcilla Hitomi qui se demandait si deux jours de voyage ne seraient pas trop épuisants pour les pilotes.
- Car plusieurs Kaizos et leur leader ne furent pas capturés et l'esclavagiste Feru rôderait à la frontière depuis plusieurs jours déjà, fit sombrement son amant. Elle tressaillit, la voix de l'esclavagiste résonnant toujours dans son esprit.
- Je piloterai lorsque tu seras épuisé, annonça alors Hitomi.
- Si je le suis, sourit-il, amusé par cette proposition.
Les guymelefs traversaient le ciel dégagé depuis près de douze heures, le vent glacial les harcelant. Hitomi s'était finalement endormie, assise, ses jambes ramenées contre son buste. Van était ravi de constater que la jeune fille ne gardait aucunes séquelles de sa captivité, bien qu'elle fut courte. Il aurait aimé que cet épisode ne se joue pas, que ses ennemis ne s'en prennent pas à elle...
- Majesté, si je puis me permettre, le Conseil semble avoir une position solide quant à cette idée de mariage, fit soudain le Général Hak que l'envergure de la situation dérangeait depuis un moment.
- Le Conseil aura beau dire et faire, le roi a le dernier mot, fit Van.
- Or ce prince régent semble motivé à la prendre pour parti, d'après les dires de lady Merle, intervint le Général Kaze.
- Je l'ai déjà rencontré, lors d'un dîner à Fried. Cet homme est irritant, narcissique, son ego dépasse largement l'entendement. Je ne pense pas que sa priorité soit la prospérité de sa nation, ni même sa protection. Sa nation ne s'identifie qu'en son individu, glissa Van avec une note de mépris.
- Or cette petite nation ne comptant que de grand exploitants miniers et ses terres portant de nombreuses mines, il n'a aucun soucis à se faire ,pour l'instant, entre ses frontières. Il devra s'inquiéter lorsqu'il aura épuisé cette richesse qu'il exploite. Lorsque son peuple se lèvera en criant famine, soupira le Général Jiyu.
- Il ne sera peut être plus sur le trône, fit le monarque de Fanélia.
- En tout cas, cette puissance économique semble de mèche avec le Conseil. Je crains qu'un marché n'ait été promis, soupira le Général Blue.
- Et ce en l'absence du roi, un crime par excellence, grogna le Général Din.
- Fanélia baigne dans l'autarcie, je ne compte pas laisser une puissance économique perturber nôtre équilibre. Aucun marché ne sera promis, aucun contrat signé, rappela Van, sourcils froncés.
- Nous y veillerons, Majesté, fit le Général Hak avec un sourire.
- Et ce prince prétentieux ne restera pas longtemps au palais, sa présence m'insupporte déjà. Je veillerai à son retour le plus rapide.
- Un banquet et une soirée dansante auraient été organisés par le Conseil qui appliquera cela pour le lendemain de nôtre arrivée à a capitale, disait lady Merle, souleva le Général Jiyu.
- Je vais finir par tuer ces vieux gâteux, grogna Van irrité.
- Le comportement du Conseil a beau être risible, il est intolérable. Ils devraient songer aux conséquences de leurs actes, s'agaça le Général Kaze.
- Ils ne songent qu'au profit économique et aux avantages de leur pouvoir, lui rappela le Général Blue.
- Ah, ces conseillers... soupira le Général Din en secouant la tête de mécontentement.
Le voyage s'acheva sans encombres. Hitomi avait finalement piloté Escaflowne aux heures de la nuit, chapeautée par les Généraux, afin que Van puisse prendre quelques heures de sommeil. Elle fut ravie de ne pas rester passive. Elle n'avait pas envie d'être un fardeau de plus.
A Fanélia, les guymelefs se posèrent avec douceur dans la cour intérieure du palais. Van fronça des sourcils voyant aux portes ses conseillers aux côtés du prétendant arrogant... Le roi de Fanélia prit Hitomi par la main, l'aidant à descendre de Escaflowne alors que les Généraux bondissaient lestement à terre. Le prince alors arriva, prenant les mains de la jeune fille dans les siennes, se plaçant entre elle et Van, disant aussitôt :
- Oh ! Douce lady ! Je me suis languis de vôtre absence ! Quelle ne fut ma peine quand j'ai sût que Fanélia ne vous portait pas !
Il avait de courts cheveux bleu électriques, tirés par un peu de gel et luisant sous le soleil matinal. Elle aurait ri si la situation ne l'embarrassait pas.
- Euh... Je... fit Hitomi, mal-à-l'aise pas tant de proximité, ne sachant que répondre à cela.
- Ne dites rien ! Au bal, nous aurons le temps de converser ! Quelle joie ! Oui, quelle joie de vous voir enfin !
- Je ne vous connais pourtant pas, lança Hitomi, sourcils froncés, ennuyée par un tel élan de sentiments d'un inconnu, en dégageant ses mains.
- Nous aurons largement le temps de nous connaître puisque vous êtes ma promise.
-Navrée de vous informer que ce mariage ne m'intéresse point, sourit la jeune fille en se souvenant de cette histoire.
- Mes oreilles se joueraient-elles de moi ? Fit le prince, sourcils froncés.
- Bien sur que non, sourit la jeune fille. Un sourire sans joie qui irrita la prince et les conseillers.
- Or il fut convenu que...
- Les conseillers de Fanélia n'ont rien à imposer à lady Hitomi, annonça Van, se plantant aux côtés de la jeune fille, face au prince.
- Que racontez-vous, majesté ? Je ne pense pas que vous puissiez intervenir, cet accord ne vous regarde absolument pas.
- Au contraire. Cet accord passé en mon absence n'a aucune validité, les monarques de l'Alliance pourront appuyer sur ce fait. Je ne laisserai ni vous, ni mes conseillers, mettre de nouveaux bâtons dans les roues de son histoire.
- Navrante réflexion venant de celui dont les milles ennemis attaquent ma promise, lança le prince avec mépris.
- Osez seulement vous répéter et vous quitterez Fanélia la honte aux talons, siffla Van. Hitomi se renfrogna en entendant le «ma promise ». Van et le prince se lançaient un tel regard que la tension régnant entre eux était ressentie par tous...
Hitomi soupira en les voyant sur le point de se lancer dans un conflit inutile. Elle sourit en son fond intérieur et avec un gémissement théâtral, elle s'exclama en tombant sur le côté :
- Aaaaaaah ! J'ai mal ! Ma blessure...
Van brisa aussitôt le contact visuel avec le prince, à genoux aux côtés de son amante qui s'était effondrée sur le flanc, se tenant le côté. Paniqué, il cherchait une logique à sa douleur, demandant :
- Hitomi ! Qu'as-tu ? Est-ce ta blessure qui...
- Je... Vaaan ! Je me meurs, geignit-elle avec art.
- Majesté, il serait sage de l'emmener à sa chambre, intervint le Général Hak qui lisait la comédie brillant dans le regard émeraude.
- Dégagez le passage, voyons ! Vous ne voyez pas qu'il y a urgence ! Aboya le Général Kaze en se frayant un chemin jusqu'aux portes, repoussant le prince et les conseillers.
- Gardes, surveillez ce prince, glissa le Général Din avec raison.
Van souleva le jeune fille qui jouait les inconscientes, ses bras mollement pendus, sa tête penchée sur le côté, renforçant son jeu en gémissant. Il n'avait pas vu dans le jeu de la jeune fille, la croyant vraiment souffrante. Il la porta jusqu'à sa chambre, suivi de ses généraux. Il l'installa dans son lit, inquiet de la voir inconsciente.
