Adossé à un mur à côté de la sortie nord, Tsukishima se demande encore comment il tient debout. Il a passé la nuit à se retourner dans son lit et le trajet aller à avoir légèrement envie de vomir (on aurait dit Hinata avant une compétition et Tsukishima est tout sauf fier de la comparaison).
L'heure d'arrivée du train de Kuroo passe et Tsukishima scrute les portillons en tentant d'avoir l'air le plus désintéressé possible.
Kuroo arrive, les mains dans les poches, un sac à l'épaule et le sourire aux lèvres.
Tsukishima se redresse mais ne va pas à sa rencontre, se contentant d'enlever son casque et d'essayer de rougir le moins possible alors que Kuroo réduit à zéro la distance qui les séparait encore.

"Alors, heureux de me voir ?", demande Kuroo avant même de dire bonjour.
"Jean déchiré et chemise qui dépasse de la veste le jour où je vous ramène chez mes parents, franchement ?
- J'avais tous mes potes à la maison hier et tout le monde était d'accord pour dire que j'avais trop la classe dans cette tenue.
- ... vraiment ?
- "Vraiment ?" comme dans "tu rameutes tes potes pour choisir ta tenue, t'es pas bien" ou "vraiment ?" comme "qui a pu penser que cette tenue m'allait bien ?" ?
- Première proposition.
- ...ben quoi, je vais pas voir mon petit ami tous les jours... j'voulais être classe. T'aimes pas ?"

Très clairement c'est tout sauf le style de Tsukishima, mais il doit admettre que ça va bien à Kuroo.

"... si.
- J'ai mon uniforme dans mon sac, sinon.
- Arrêtez avec l'uniforme.
- Je n'y peux rien si tu fantasmes sur mon uniforme.
- En fait je crois que vous fantasmez sur le fait que je fantasme sur votre uniforme.
- ... probablement. Mais bon, l'uniforme pour rencontrer les beaux-parents, c'est peut-être plus adapté ?
- ... rien ne rattrapera votre coupe de cheveux.
- Waseda, fac de maths ?
- ... j'ai rien dit."

Le sourire de Kuroo s'accentue et Tsukishima ne peut s'empêcher d'y répondre.
La conversation coule aussi facilement qu'au téléphone ces derniers jours.

"Bon, ben je te laisse me guider.
- En fait, j'habite à plus d'une heure d'ici. Je m'étais dit que vous en auriez marre du train et qu'on pourrait faire un tour en ville avant d'aller chez moi.
- Tout me va. Puis je vais pas te priver d'un moment à la grande ville, hein.
- Hmpf. Vous avez faim ?
- Ça va pas tarder.
- Bon, ben sortons, déjà, alors.
- Tu écoutais quoi ?
- Quoi ?
- Avant que j'arrive, ta musique, c'était quoi ?
- Je sais plus. Un truc.
- Ça fait plusieurs fois que je te vois avec un casque. T'écoutes beaucoup de musique ?"

Tsukishima se met à rire.

"Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien. Je me disais que c'était incroyable que mon petit ami ne sache pas ça."

Kuroo répond par une moue que Tsukishima ne lui a jamais vue.

"Je disais pas ça pour être méchant.", reprend-il parce qu'il n'a tout de même pas l'intention de vexer Kuroo dans la demi-heure suivant son arrivée. "C'est normal, hein. Pour ce qu'on s'est vus.
- Oui, oui, je sais, ça, c'est que...
- ... que quoi ?
- ... c'est la première fois que tu dis que je suis ton petit ami.", dit Kuroo sur un ton qui laisse penser que ça le touche et Tsukishima ne sait pas où se mettre.
"Vous déteignez sur moi, faut croire.
- Tant mieux.
- Achevez-moi le jour où je mets un jean troué, par contre.
- Tu veux l'essayer ?
- Non.
- Si tu veux tu pourras essayer mon uniforme.
- Arrêtez avec votre uniforme.
- En même temps, je comprends bien que tu sois jaloux vu que vous avez des gakuran à Karasuno. Et encore, tu ne m'as pas vu avec le blazer."

Tsukishima pousse un soupir, se retourne et lève la tête.

"Tu fais quoi ?", demande Kuroo.
"Je regarde l'heure du prochain train pour Tôkyô."

Tsukishima et Kuroo se mettent à rire au même moment.


"Je suis rentré.", signale Tsukishima en ouvrant la porte de chez lui. Sa mère vient à leur rencontre et même s'il sait qu'elle ne sait rien sur sa relation avec Kuroo, il se sent tout de même mal à l'aise.
"Désolé pour le dérangement.", dit Kuroo dans une courbette en enlevant ses baskets dans l'entrée. "Merci encore de me recevoir.
- Pas de souci. Je suis la maman de Kei. Je vous ai préparé une collation à la cuisine, comme ça on pourra faire connaissance.
- Enchanté.", répond Kuroo, le sourire le plus innocent que Tsukishima lui ait jamais vu. "Désolé de me présenter à vous comme ça, j'ai écorché mon jean ce matin en tombant sur le chemin de la gare."

Tsukishima se retient de rire.
Le pire c'est que malgré sa tête de délinquant fourbe, Kuroo arrive à sortir ça avec le plus grand sérieux du monde et ça passe totalement.

"Ce n'est rien.", dit la mère de Tsukishima avec un sourire rassurant. "Kei pourra te prêter des affaires, si tu veux. Vous faites à peu près la même taille.
- Ça devrait aller, merci."

Bien qu'il ait tout sauf envie d'assister à plus, Tsukishima sait qu'il n'a pas trop le choix et suit sa mère dans la cuisine.

"Bon, alors, Kuroo-kun...
- Tetsu ça ira, madame.
- Si j'ai bien compris tu as connu Kei par le club de volley.
- Oui. Le club de mon lycée est plus ou moins jumelé à celui de Karasuno.
- Tu es déjà venu à Miyagi ?
- Seulement pour des matchs. Je n'ai pas visité. Enfin, à part les quelques heures à Sendai aujourd'hui.
- Vous allez faire un peu de tourisme ?
- ... maman, c'est mon invité, pas le tien.", soupire Tsukishima avant de souffler sur son thé.
"C'est bon, tu ramènes si peu d'amis, j'ai le droit d'être un peu intéressée, non ? Je ne sais même pas combien de jours il reste.
- Oh ça c'est ma faute, encore désolé.", reprend Kuroo avec son ton de beau-parleur le plus parfait. "Je ne sais pas si je ne vais pas avoir une pré-rentrée à la fac, j'ai eu des informations contradictoires. Je risque de partir un peu vite si jamais je dois rentrer plus tôt que prévu.
- Je comprends. L'entrée à la fac est un moment important. Reste tant que tu veux, en tout cas, tu es le bienvenu. Qu'est-ce que tu vas faire, comme études ?
- Mathématiques.", répond Kuroo et Tsukishima sait déjà ce qui suit. "Je vais à Waseda.
- Oh la la, c'est une tête, ton ami, Kei."

Kuroo boit son thé le plus innocemment du monde et Tsukishima se contente de lever les sourcils.
En quatre phrases (qui étaient à peu près toutes des mensonges), il a appuyé sur absolument tous les bons boutons pour passer comme le meilleur ami qu'un lycéen pouvait avoir.

"Au fait, Kei, Akiteru rentre ce soir, finalement, donc il faudra installer un futon dans ta chambre."


Une fois les garçons libérés de la cuisine, Kuroo pose son sac sur le sol de la chambre de Tsukishima et s'étire longuement.

"Et ben, on peut dire que t'as rarement l'air joyeux, mais là tu bats des records.", dit Kuroo. "Elle est pourtant gentille, ta maman.
- Non, elle, ça va, mais ça me saoule que mon frère n'ait pas prévenu qu'il rentrait...
- Dis donc, c'est la grosse réjouissance à l'idée que je pieute dans la même chambre que toi au final, hein.", ajoute Kuroo sur un ton taquin, mais sans reproche.
"C'est pas contre toi.
- Pourquoi, tu l'aimes pas, ton frangin ?
- ... ça va.
- Alors ?
- Alors oui, j'aurais préféré que tu dormes à côté, parce que j'ai besoin qu'on me laisse tranquille à certains moments et que me laisser tranquille est un concept qui t'est plus qu'étranger. Mais c'est pas ta faute, alors je vais pas te le reprocher.
- ... ok. Je peux être calme tu sais.
- ... j'en doute.
- Non, sans dec. Je peux m'occuper tout seul si tu me laisses dans mon coin. C'est ce que Kenma fait tout le temps.
- Même en habitant à 300 kilomètres tu ne me laisses pas tranquille.
- Mais ça c'est pour que tu penses à moi. Si je suis dans la même pièce, je t'assure, je t'embêterai pas.
- ... mouais.
- Bon, alors, qu'est-ce qu'on fait ?
- Qu'est-ce que tu veux faire ?
- ... une partie de shôgi ?
- J'ai pas de plateau.
- Bah, tu prends ton ordi et moi mon portable.
- C'est vrai que ça me semble idéal.
- Au moins ça nous dépaysera pas.
- Bon, ben si tu y tiens."

Tsukishima allume son ordinateur, s'assied à son bureau.

"Vraiment ?", demande Kuroo, un sourcil levé.
"Vraiment quoi ?
- T'as un ordinateur portable, tu pourrais au moins t'asseoir à côté de moi.", ajoute Kuroo, assis en tailleur sur le lit.
"... OK.", répond Tsukishima, qui n'a pas l'habitude de faire de l'ordi sur ses genoux, mais bon, il comprend la demande de Kuroo.

Il débranche son PC, range sa chaise et vient s'asseoir à une distance raisonnable de Kuroo.

"... je vais pas te manger.
- Je sais.
- Alors pourquoi tu laisses un mètre entre nous ?
- ... pour pas être déconcentré."

Le sourire de Kuroo s'agrandit.

"Tu es adorable quand tu es nerveux.
- C'est bon, n'en rajoute pas.", dit Tsukishima, sentant ses joues rougir.

Kuroo se rapproche, s'assied de manière à ce que son genou touche la cuisse de Tsukishima.

"Je jouerai mal aussi, comme ça on ne verra pas que tu es déconcentré.", dit Kuroo pour justifier son geste.

- ... je te mets mal à l'aise ?
- C'est pas le terme. Je sais juste pas gérer... ça.
- Quoi "ça" ? Un petit ami sur ton lit ?
- ... oui.
- Et ben ton petit ami il va être très sage et jouer au shôgi et tu vas voir, très vite tu n'y feras plus attention."

Effectivement, au bout de quelques coups, la présence de Kuroo à ses côtés l'intimide beaucoup moins, et semble même naturelle.
Au milieu de la partie, Kuroo reprend la parole pour parler de choses et d'autres, comme il l'aurait fait sur le chat de l'application de shôgi, et Tsukishima doit avouer que ça lui convient parfaitement.
Quand Kuroo change de position au bout d'un moment et que son genou ne le touche plus, Tsukishima regrette le contact. Il hésite une seconde puis pose sa main gauche sur le lit, le dos au contact de la jambe de Kuroo.

"Si tu veux me tripoter tu peux y aller plus franchement.", remarque Kuroo.
"Ne prends pas tes désirs pour des réalités.", réplique Tsukishima, mais il en profite pour attraper la main de Kuroo dans la sienne.
"... ça va être chaud pour jouer.", dit Kuroo en emmêlant ses doigts à ceux de Tsukishima.
"Moi aussi j'ai qu'une main.
- Oui, mais toi c'est la droite. Et t'as pas besoin de tenir ton portable.
- Je te lache, alors ?
- ... non."


"On éteint la lumière bientôt ? Je suis claqué.", dit Kuroo en attrapant un papier qui traîne sur son sac pour servir de marque-page au bouquin qu'il lisait pendant la dernière demi-heure.
"Ok...", répond Tsukishima en enlevant son casque.
"T'es pas obligé de mettre un casque pour écouter ta musique quand je suis là, hein.
- ... c'est plus une habitude qu'autre chose. J'ai pas d'enceinte de toute façon.
- En tout cas, t'as vu que tu pouvais me laisser dans un coin sans que je t'embête, hein.", dit Kuroo et Tsukishima doit reconnaître qu'après le repas et le bain, Kuroo est resté à s'occuper sur son portable ou à lire sans embêter Tsukishima outre mesure.
"J'en suis encore étonné.
- Mais si tu veux que je te colle maintenant, ça peut se faire...
- ... je croyais que tu étais claqué ?"

Du futon installé à côté du lit, Kuroo tend la main et attrape celle de Tsukishima dans la sienne.

"Ouip, claqué. Mais je n'ai rien contre un peu d'affection avant de m'endormir.
- ... je...", commence Tsukishima, maudissant à nouveau Akiteru de l'avoir mis involontairement dans une situation pareille.
"Je rigole. Je suis pas du genre à coucher la première nuit.", ajoute Kuroo. "Bonne nuit, Kei.", conclut Kuroo avec un grand sourire avant de lâcher la main de Tsukishima et de s'étendre dans le futon.
"... bonne nuit."

Tsukishima retire ses lunettes, éteint la lumière.
Il sent encore la caresse de Kuroo sur sa main.
Le sommeil va être difficile à trouver.


Quand Tsukishima se réveille, il découvre Kuroo endormi sur le ventre, un oreiller de chaque côté de la tête dans une position des plus étranges.
Le soleil filtre déjà au travers des rideaux et Tsukishima se doute qu'il est assez tard. Il se redresse, enfile ses lunettes et baisse à nouveau les yeux vers son petit ami.
Il se demande ce qu'il devrait mieux faire : se lever en essayant de faire le moins de bruit possible ? Ou réveiller Kuroo ?
Au moment où Tsukishima pose le pied au sol, Kuroo se met à bouger, se retourne et ouvre les yeux.

"... bonjour.", dit-il, un sourire encore plus grand que celui qu'il arbore déjà d'habitude.
"Bonjour. Bien dormi ?
- Parfaitement.", répond Kuroo en se redressant. "Et j'apprécie beaucoup le réveil aussi."
"... je pensais pas que vous pouviez être plus décoiffé que d'habitude en fait.
- Tu croyais quoi ? Que je mentais quand je disais que c'était un souci sérieux ?", demande Kuroo en passant une main dans ses cheveux.
"Oui.
- Ben bonjour la confiance... On fait quoi aujourd'hui ?
- Je sais pas, vous voulez faire quoi ?
- ... qu'est-ce qu'i faire dans le coin ?
- Rien. Enfin, rien de particulier.
- On va se faire un jogging ? Respirer l'air pur ?", demande Kuroo en s'étirant.
"Un jogging ?", répète Tsukishima avec une moue dégoûtée.
"Du sport pour un titulaire d'une équipe de sport qui a participé à un tournoi national, quelle idée !", ironise Kuroo à la réponse de Tsukishima.
"Oui, vraiment...
- Bon ben juste l'air pur, alors."

Deux heures plus tard et avec le concours d'Akiteru et de la voiture de ses parents, Tsukishima et Kuroo se font déposer au début du chemin de randonnée du mont Aoso.

"Bon, ben voilà. De l'air pur. Content ?", demande Tsukishima une fois Akiteru reparti.
"Oui. Là, j'ai l'impression d'être en vacances.", répond Kuroo en inspirant à plein poumons.
" C'est pas vraiment comme ça que j'imaginais votre visite, je dois dire... Mais heureux de savoir que vous n'êtes pas venu jusqu'ici pour rien.
- On aurait pu rester dans la gare de Sendai, tant que je pouvais te voir, je ne venais pas pour rien.
- ... ne dites pas des choses comme ça.", répond Tsukishima, mal à l'aise.
"... comme quoi ?
- ... comme ça.", se contente de répliquer Tsukishima.

Au bout de quelques mètres parcourus, Kuroo attrape sa main.
Tsukishima se contente de le regarder d'un œil suspect.

"On est au milieu de nulle part.", se justifie Kuroo.
"J'avais remarqué.
- ... alors pourquoi tu fais cette tête ?
- On est un couple du genre à se tenir par la main ?
- Très clairement.
- ... ah.
- Pas convaincu ?
- Je pense qu'on a l'air ridicule.", explique Tsukishima qui ne peut s'empêcher d'être embarrassé par le geste. Ca passait la veille sur son lit, mais dehors ? En train de marcher ? Ce n'est pas quelque chose qu'il pensait faire un jour.
"On ne peut pas avoir l'air ridicule vu qu'il n'y a personne pour nous voir.
- Moi je vois, et je trouve ça ridicule.
- Et chou.
- Non.
- Un peu. Mignon. Quand même.
- ... non.
- Sexy, alors ?
- Non plus.
- Juste ridicule alors ?", demande Kuroo en retirant sa main de celle de Tsukishima.
"Non, ridicule... et plaisant.", répond Tsukishima en attrapant à nouveau la main de Kuroo dans la sienne.
"On est un couple qui se donne la main, alors ?
- ... peut-être.", répond Tsukishima, et il ne peut s'empêcher de répondre au sourire que lui fait Kuroo.


"Alors, Tetsu, le mont Aoso t'a plu ?", demande la mère de Tsukishima au moment du repas.
"Oui, c'était très agréable. Ca montait fort, mais la nature était magnifique.
- Hm, le printemps est déjà là.", répond la mère de Tsukishima. "Vous êtes redescendus directement ou vous êtes passés aux sources thermales ?
- Redescendus directement.", répond Tsukishima.
"Tu m'as pas emmené aux sources thermales ?", demande Kuroo, incrédule, en se tournant vers son petit ami.
"On n'avait rien avec nous, ça n'aurait pas été pratique. Je ne pensais pas que ça t'intéresserait."

Kuroo répond d'un lever de sourcil que Tsukishima interprète sans aucune difficulté.


Après les quelques heures à Sendai, la randonnée à l'unique montagne sympa du coin et des heures passées à jouer au shôgi en ligne en étant assis côte à côte, Tsukishima se dit quand même que Kuroo doit trouver son trou paumé vraiment paumé.
Quand il met le sujet sur le tapis, Kuroo se contente de dire qu'il n'est pas venu pour le coin, et ça ne résout en rien le problème.

"Tu sais, chez moi aussi, je glande sur mon portable et je joue au shôgi avec toi, hein. Je fais pas des choses fabuleuses.
- ... si vous le dites."

La soirée passe, assez semblable à celle de la veille, principalement dans le calme. Kuroo lui adresse la parole de temps en temps, lui montre ce qu'il voit d'intéressant sur internet, mais la soirée passe sans que Tsukishima n'ait d'idée pour ce qu'ils pourraient bien faire d'intéressant le lendemain, et sans amorcer la conversation une seule fois. Il a beau bien aimé parler avec Kuroo (et ne plus s'en cacher), il n'a jamais le bon timing... ou le bon sujet. Quand arrive le moment d'éteindre la lumière, Tsukishima ne peut s'empêcher d'être légèrement déçu de ne pas arriver à mieux.

"Kei ?"

La voix de Kuroo résonne dans la chambre où la lumière est éteinte depuis plusieurs minutes.

"Hm ?
- Ca te dérange pas que je sois là, hein ?"

Il ne s'attendait pas du tout à ça.

"Non.
- OK. Sûr ?
- Oui.
- Tu sais que c'était notre accord de base, hein, si je te fais chier je peux repartir plus vite."

Tsukishima sent son coeur se serrer à cette idée.

"Vous venez d'arriver", argumente-t-il, même si ça fait deux journées quasiment pleines que Kuroo est là. "Je pense sincèrement que je peux vous supporter encore un peu.
- Merci de ta générosité.
- ... je vous dois bien ça vu le prix du billet de shinkansen.
- Quel argument charmant."

Tsukishima se mord la lèvre. Comment arrive-t-il à faire passer le message inverse de ce qu'il voudrait ?

"C'est pas ce que je voulais dire.", reprend-il. "Désolé de ne pas être plus expansif.
- Est-ce que tu essaies de me dire que tu es content que je sois là mais que tu n'oses juste pas me le dire ?
- ... je suis content que vous soyez là. Mais j'ai pas vraiment l'impression d'être à la hauteur.
- T'es grand pourtant.
- ... elle était juste nulle celle-là.
- Il est tard.
- ... mouais.
- En tout cas moi je suis bien ici. Je passe de bonnes vacances, je trouve que c'est mieux de te voir en vrai que d'échanger sur internet parce que tu es adorable quand tu es embarrassé, et j'ai l'impression de pas trop foirer mon coup en prenant mon temps."

Tsukishima reste silencieux, le temps d'absorber ce que dit Kuroo.

"Tsukki, je m'attendais pas à mieux, hein. Je m'attendais plutôt à pire. Je vois pas pourquoi tu te prends la tête. Moi je m'amuse, si toi t'es bien aussi, tant mieux. On verra bien ce que ça donne à terme.
- Hm. Vous avez sûrement raison.
- C'est assez fréquent avec moi.
- Pas besoin de la ramener.
- Je t'aime aussi, Tsukki.", ajoute Kuroo sur un ton ironique, mais Tsukishima ne peut s'empêcher d'être un peu troublé. Oui, c'est son petit ami, et oui, ils se sont déjà déclarés leurs sentiments, mais il n'est tellement pas habitué à vivre ça qu'il est tout de même perturbé. Il a beau se dire qu'il passe des moments agréables avec Kuroo, il n'arrive pas à imaginer un futur où il entendrait ce genre de phrases régulièrement.

Incapable de répondre à la déclaration et tout aussi incapable de tendre une main pour attraper celle de Kuroo dans la sienne, Tsukishima se contente de se retourner dans son lit.
Kuroo a dit que ça lui convenait après tout.
Pour l'instant, la situation actuelle lui convient aussi.


"Bon, je sais que t'avais dit que tu comptais pas jouer au volley... mais ça te dit pas ?", demande Kuroo à la table du petit-déjeuner trois jours après être arrivé.
"... si tu veux. A deux ça va pas être passionnant.
- Moi je joue, si vous voulez.", dit Akiteru qui se retourne depuis la cuisine où il est en train de se servir un café.
"Vous jouez au volley ?", demande Kuroo et Tsukishima a un peu envie de se mettre dans un trou au regard qu'il lui lance en coin.
"Et comment ! Je suis dans un club à la fac.
- Bon, ben voilà. On n'a qu'à contacter un ou deux gars de Karasuno et ce sera bien assez.
- J'ai pas leur numéro.", dit Tsukishima.
"Comment ça t'as pas leur numéro ?", demande Kuroo, incrédule.
"... enfin, j'ai celui de Yamaguchi.", essaie de rattraper Tsukishima.
"T'es vraiment un asocial, en fait, hein ?
- C'est pas contre les gens en général, c'est plus contre les imbéciles qu'il y a dans le club de volley. Pas ma faute si j'aime pas les gens stupides...
- Bon, ben va pour tâches de rousseurs, alors.", dit Kuroo avant de se tourner vers la cuisine. "Grand frère, vous avez des potes de fac qui peuvent venir histoire qu'on soit plus que trois ?"

Tsukishima se retient très fort de se lever de table et d'aller se cacher quelque part pour ne plus jamais voir Kuroo, ni Akiteru, ni plus personne en fait.


"Tu aurais pu me dire qu'il y aurait personne qui ferait moins d'1m85, hein.", soupire Yamaguchi après un premier match.
"Désolé, je savais pas qui viendrait...
- Tu n'as prévenu personne d'autre de Karasuno ?
- ... non.
- Tu ne veux pas ou c'est juste que tu ne leur as pas proposé ?
- ... un peu des deux.
- Pas de souci. Et sinon, ça se passe bien ?", demande Yamaguchi en pointant discrètement Kuroo du menton, alors en grande discussion avec Akiteru.
"... oui.
- Tu as l'air pensif...
- Non, non, ça se passe très bien. Trop bien. Alors qu'il était chiantissime par mails, en vrai je le trouve... agréable. Prévenant. C'est bizarre.
- Il n'y a que toi pour trouver ça bizarre que ça se passe bien.", rigole Yamaguchi.
"Non, ce que je veux dire, c'est que... si en fait, c'est un chic type... qu'est-ce qu'il fait avec moi ?", demande Tsukishima qui se dit que c'est là que repose le gros de son incrédulité face à la situation.

Yamaguchi se met à rire plus fort.

"T'as la classe.
- Oui, enfin, ça fait pas tout.
- C'est déjà ça. T'es grand, intelligent, tu as de la conversation... et je suppose que pour un mec t'es plutôt beau gosse.
- ... bof.
- Dis-toi qu'il se demande probablement exactement la même chose.", conclut Yamaguchi en ramassant la balle à côté de lui.

Tsukishima ne voit pas comment Kuroo pourrait se poser cette question.
Il est drôle, perspicace, sociable et doué dans ce qu'il entreprend.
C'est évident qu'il plaît à tout le monde.

"J'ai du mal à me l'imaginer.", se contente de répondre Tsukishima.
"Tu as toujours du mal à imaginer que d'autres gens puissent bien t'aimer, en fait.", explique Yamaguchi et Tsukishima n'a pas grand chose à lui répondre. Il n'a aucune idée de pourquoi Yamaguchi l'aime bien alors que ça fait cinq ans qu'il traîne avec lui, déjà.


Même si Tsukishima avait dit ne pas être foncièrement motivé à l'idée de jouer au volley pendant le séjour de Kuroo, il doit avouer qu'il a trouvé l'après-midi sympathique. Il était relaxé de ne plus être seul avec Kuroo, et jouer au volley avec uniquement des personnes qu'il apprécie le changeait de d'habitude.
Kuroo est de bonne humeur toute la soirée, ne manquant pas de dire tout le bien qu'il pense de son frère, de ses camarades de fac, et même de Yamaguchi.

"Je ne savais pas que taches de rousseur savait servir.
- ... il fait beaucoup d'effort.", répond Tsukishima, ne sachant pas trop ce qu'on doit répondre à un compliment sur quelqu'un d'autre.
"... pas comme un autre première année de Karasuno que je connais.
- Je te trouve cruel, Kageyama et Hinata font de leur mieux, en général."

Kuroo se met à rire, pose sa tête sur l'épaule de Tsukishima.
C'est une position agréable, mais particulièrement perturbante.

"Je parlais de toi.
- Merci, je n'avais pas deviné.
- Tu voudras rejouer ?
- ... pourquoi pas.
- C'est trop insisté ?
- Non. Et puis...", commence Tsukishima mais il s'interrompt, ne sachant pas vraiment comment formuler sa pensée.
"Et puis ?
- J'imagine que... enfin, je pense que... ça te va bien.
- Quoi ?
- Le volley.
- Le volley me va bien ?", demande Kuroo en se redressant.
"Ce n'est pas comme ça que je voulais le formuler.
- C'est me voir en short, c'est ça ?
- Si le short rejoint l'uniforme et les jeans troués dans la liste des fantasmes que tu me prêtes, je vais commencer à me poser des questions.", réplique Tsukishima.
"Moi j'aime bien te voir en short.", répond Kuroo un sourire aux lèvres en posant une main sur la cuisse de Tsukishima.
"Je voulais dire que j'aimais bien... comment tu es quand tu joues.
- Euh... merci ?
- ... et puis un peu le short, aussi."


Après avoir de nouveau passé la plus grosse partie de l'après-midi à jouer au volley, Tsukishima n'est pas mécontent de retrouver le confort de sa chambre. Il se pose sur son lit, attrape son casque et met sa musique, laissant à Kuroo le choix de faire ce qu'il lui plaît.
Kuroo s'assied à côté de lui, sort son portable et écrit quelques mails avant de lire un article d'un magazine de volley. De temps en temps, quand il lit un passage de plusieurs paragraphes, il en profite pour attraper la main de Tsukishima dans la sienne.

"Je pense repartir demain.", finit par dire Kuroo alors qu'il est à nouveau sur ses mails.
"... ok.", répond Tsukishima, enlevant son casque.
"Ma mère me tanne de ne pas rentrer la veille de la rentrée. Et je la comprends. Donc je vais lui faire plaisir.
- C'est normal.", répond Tsukishima, sachant bien que ça n'aurait pas pu durer vraiment plus longtemps.
"Je préfèrerais passer une journée de plus ici, hein. C'était chouette.
- Hm.
- Faudra remettre ça. Enfin, si ça te va.", ajoute Kuroo, hésitant.
"... ça me va.
- Je suppose que ça va être difficile de se voir avant les vacances d'été ?
- J'imagine. Enfin, même pendant les vacances, je suppose que j'aurai droit au camp d'entraînement du club.
- A part si c'est chez vous cette année et je pense vraiment pas que ce sera le cas, au moins tu seras sur Tôkyô.
- Probablement même dans votre lycée.
- Ne retourne pas le couteau dans la plaie.
- Je sais pas ce que je vais faire, avec tous ces garçons qui porteront l'uniforme de Nekoma à proximité.", ironise Tsukishima même si la perspective ne lui plaît guère.
"Si c'est à Nekoma, au moins, j'habite à côté. Y aura sûrement moyen qu'on se croise.
- ... oui. Enfin, attendons de voir les dates, déjà.
- ... Kei ?"

En cinq jours, Tsukishima s'est habitué à être appelé par son prénom une fois sur deux par Kuroo. Même si c'était étrange au début, il en est venu à ne plus le reprendre à ce propos.

"Oui ?
- ... alors, ta conclusion ?
- A propos de ?
- De ma visite. C'était comment ?
- Fatiguant.", répond Tsukishima, un léger sourire aux lèvres. Bon, en fait c'était peut-être juste le volley aujourd'hui.
"Rien que ça ?
- Oui. Mais... bien. Ça m'étonne moi-même, mais ça s'est mieux passé que ce que je pensais.
- Je suis validé en tant que petit ami, alors ?
- On va dire ça comme ça."

Kuroo attrape à nouveau sa main et replonge son nez dans son téléphone.

"Kuroo-san ?", reprend Tsukishima, qui trouve que la conversation s'est interrompue un peu trop tôt à son goût.
"Hm ?
- Et... de votre côté ?
- Moi j'étais déjà totalement convaincu avant.", répond-il le sourire aux lèvres. "Alors je suis content d'avoir fait mes preuves."

Bien que satisfait de la réponse, Tsukishima ne trouve pas du tout la situation à son goût.
Ça lui rappelle les quelques minutes qu'il a passé à discuter avec Kuroo au tournoi de printemps, en fait. Des minutes qui sont passées trop vite et l'ont laissé frustré de ne pas avoir su dire plus, faire plus. Ça fait cinq jours qu'il est tout le temps avec lui, et il a l'impression de faire du sur-place, de ne pas arriver à vraiment exprimer ce qu'il ressent, ni à se comporter comme il aimerait.

Il lâche la main de Kuroo et ses doigts remontent sur son poignet, son avant-bras, et viennent se placer sur son visage.
Tsukishima se penche, pose ses lèvres sur celles de Kuroo un instant et s'écarte à nouveau.

"C'est peut-être la honte d'où vous venez, mais j'ai jamais fait ça... désolé si c'est... enfin, si c'est pas...
- ... je pense qu'on va se débrouiller.", coupe court Kuroo en penchant son visage vers celui de Tsukishima.

Tsukishima ne pensait pas qu'un baiser serait comme ça. Qu'il aurait si chaud, que ses mains n'arriveraient pas à rester tranquilles, qu'il aurait autant de mal à s'arrêter.
Quand finalement il s'écarte de Kuroo et rouvre les yeux, ses lunettes sont couvertes de buée.
Il les enlève, les essuie, et espère ne pas avoir l'air aussi chamboulé qu'il se sent.

"Ça va ?", demande Kuroo.
"Ça va.
- Ce que j'aime chez toi c'est ton enthousiasme.", ironise Kuroo et Tsukishima attrape son col pour l'embrasser à nouveau, manquant de peu de faire basculer Kuroo en arrière.
"Satisfait ?", demande-t-il après s'être écarté.
"... aux anges.", répond Kuroo en souriant, mais il s'écarte de Tsukishima pour s'appuyer à nouveau au mur.

Il attrape la main de Tsukishima dans les siennes, joue avec ses doigts.
Tsukishima n'est pas sûr de comprendre ce geste.
Surtout juste après leur premier -vrai- baiser.

"Kuroo-san ?
- Vraiment ? Encore ?
- Encore quoi ?
- Encore du "san" ? Tu es le dernier membre de ta famille à pas m'appeler par mon prénom, hein.
- En même temps je suis le plus jeune.
- ... c'est pas une raison. Juste Kuro, ça me va aussi, hein.
- J'ai eu un chat qui s'appelait comme ça.
- Ça t'en fera deux comme ça.", répond Kuroo en plissant les yeux avant de lâcher sa main et de poser la tête sur les genoux de Tsukishima.
"Qu'est-ce que vous préfèreriez ?
- Tetsu. Tetsu c'est bien. Sans rien après.
- Je ferai un effort.
- Déjà que tu me tutoies qu'une fois sur deux...
- ... je sais. J'y pense pas, c'est tout.
- ... au final, je t'ai interrompu, tu voulais me dire quelque chose.", dit Kuroo, et Tsukishima aurait préféré ne pas dire ce qu'il va dire avec la tête de Kuroo sur sa cuisse.
"Ça te dérange pas de... de pas faire plus ?", finit-il par demander, se disant qu'un citadin de 18 ans ne faisait peut-être pas 600 bornes pour juste quelques baisers.
"Non.
- ... sûr ?
- Pour être tout à fait honnête, je pense que si tu voulais faire plus, c'est moi qui dirais non.
- Ah bon ?
- C'est pas que j'ai pas envie, mais je suis pas prêt, c'est tout.
- ... ok.
- Et je dis pas que je vais pas vite changer d'avis, hein. Mais là je pars demain, je sais pas quand on se revoit, et comme je suis le plus âgé de nous deux, faudrait que j'assure et j'ai pas envie de cette pression, là maintenant.", explique Kuroo un sourire aux lèvres.
"Je pensais que... tu avais déjà de l'expérience.
- Non. Enfin, sauf si on compte Bokuto."

Tsukishima reste parfaitement immobile pendant quelques secondes.

"C'est une blague.", reprend Kuroo.
"Hmm ?", se contente de reprendre Tsukishima en levant un sourcil.
"Promis, c'est une blague.
- C'est bon, je lui dirai pas que tu craques pour lui.
- Keeeeei.", chouine Kuroo.

Tsukishima se penche sur lui, pose à nouveau ses lèvres sur les siennes.

"Je vais te manquer ?", demande Kuroo quand Tsukishima se redresse.
"... qu'est-ce que tu crois ?
- Je crois que ça te frustre horriblement parce que tu ne peux plus me vanner décemment vu notre position. Donc tu te retrouves dans une situation où tu ne peux pas dire "oui, tu vas me manquer horriblement Tetsu-chéri" parce que c'est pas ton genre, mais tu ne peux plus m'envoyer valser genre "me parle plus jamais j'te déteste" parce que c'est tellement pas vrai que ça n'aurait plus d'impact.
- C'est exactement ça.
- ... tu arriveras à survivre au fait qu'on soit un couple niaiseux ?
- Parle pour toi.
- Je peux être niaiseux pour deux, pas de souci.", répond Kuroo alors que sa main se pose sur la joue de Tsukishima. "Tu vas me manquer. Heureusement j'ai mis une photo de toi en fond d'écran de mon portable.
- ... un jour on se souviendra de cette conversation, on rira nerveusement... et on changera de sujet.
- Tu veux une photo de moi en uniforme pour ton fond d'écran ?
- Je vais..."

Tsukishima est interrompu dans sa phrase par la porte qui s'ouvre, dévoilant Akiteru.
Des cinq jours que Kuroo a passés chez lui, Akiteru devait forcément choisir l'unique moment où leur position est plus qu'équivoque pour ouvrir la porte sans toquer.
Akiteru fait de grands yeux et referme la porte à toute vitesse derrière lui alors que Kuroo se redresse et s'écarte de Tsukishima.

"Oui ?", demande Tsukishima comme s'il ne s'était rien passé.
"Je... je voulais voir si vous vouliez refaire du volley demain, en fait.", finit par dire Akiteru.
"Tetsu repart demain.", explique Tsukishima, ne sachant pas vraiment pourquoi il choisit ce moment pour utiliser pour la première fois le prénom de Kuroo.
"Ah... dommage.", continue Akiteru. "C'était un plaisir de te rencontrer.", dit-il en se rapprochant du lit, tendant une main vers Kuroo.
"De même.", se contente de répondre Kuroo en serrant la main d'Akiteru.
"On pourra juste jouer tous les deux si ça te dit, Kei.", ajoute Akiteru avant de faire mine de rouvrir la porte.

"Tu vas faire comme si tu n'avais rien vu ?", demande Tsukishima avant que son frère ne reparte.

Pas qu'il ait tellement envie d'affronter Akiteru, mais quitte à le confronter, autant le faire tant qu'il a Kuroo auprès de lui, et le plus vite possible.
Il n'a pas envie de passer la nuit à se demander ce que son frère pense de lui.

"... qu'est-ce que tu veux que je dise ?", commence Akiteru, légèrement énervé. "Que j'espère que vous vous protégez ? Que tu as ma bénédiction ?"

Tsukishima reste silencieux. Il ne s'attendait pas à ça.

"Si ça te fait plaisir que je joue mon rôle de grand frère, pas de souci.", reprend Akiteru avant de se tourner vers Kuroo. "Tetsu, si tu lui brises le cœur, je te réduis en morceaux.
- ... c'est noté.", répond Kuroo.
"Ça te va ?", demande Akiteru en direction de Tsukishima.
"... oui.
- Bon. Tu me diras si tu veux jouer demain.", conclut Akiteru avant d'ouvrir la porte à nouveau. "Bonne nuit."

Un long silence plane dans la pièce après son départ.

"Ça s'est... plutôt bien passé.", finit par dire Kuroo.
"... je veux mourir.
- Non, franchement, c'était hyper positif.
- Hyper positif ?
- Ben quand même, oui, y a des coming-outs qui se passent vachement moins bien, je pense.
- ... il est rentré alors que tu avais ta tête sur ma cuisse et une main sur ma joue.", explique Tsukishima avec un air dégoûté.
"Tu vois, c'était une bonne idée de ne pas aller plus loin. Au moins ça restait innocent.
- Non, mais une main sur la joue, quoi.", ajoute Tsukishima. "J'ai une réputation à maintenir, moi."

Kuroo attrape l'oreiller de Tsukishima et lui balance dessus.

"Et dire que je t'ai pris au sérieux une minute !", rigole-t-il.
"C'est la honte ! Je vais passer pour un romantique.
- En même temps, désolé, mais maintenant tu es un petit ami niaiseux.
- Non.
- Si. Tu m'appelles Tetsu. Tu souris à mes blagues. C'est le début de la fin.
- Parle pas de malheur.", répond Tsukishima, le sourire aux lèvres.
"Bientôt tu me diras que tu m'aimes et là on ne pourra plus rien pour toi.
- Jamais.", répond-il en se rapprochant de Kuroo.
"Je t'aime, Kei.", dit Kuroo avant de poser un instant ses lèvres sur celles de Tsukishima.
"Pas moi.", ment Tsukishima avant d'embrasser Kuroo à nouveau.