Le petit groupe marchait à travers la rue marchande, allant vers la grand marché de Fanélia, plus loin dans la ville. Merle annonça à son amie que la robe était déjà prête, devant juste être retouchée. Elle avoua l'avoir faite coudre pendant son absence, jugeant la tenue importante pour le bal que le conseil voulait mener au désastre.
Elles arrivèrent chez une couturière de talent qui avait crée un robe aux manches embrassant ses bras, le tissu ne pendant pas mollement, aux hanches embrassées par un corset de cuir brodé d'or et un bustier ample, pas vulgaire, dévoilant son dos nu mais couvrant sa poitrine. La tenue était accompagnée d'un collier d'argent , simple chaîne portant un dragon endormi, lové par sa queue. Aux ailes bien blanches, elle comprit que le dragon symbolisait Escaflowne. Hitomi laissa la couturière prendre ses mesures, puis retoucher la robe sur le mannequin, la jeune fille refusant de se dévêtir.
Le Seigneurs furent forcés d'attendre à l'entrée, avec les gardes.
Finalement, une bonne heure plus tard, les deux jeune femmes sortirent, un paquet en main. Les gardes débarrassèrent Hitomi de la lourde robe emballée et puisque la fin d'après midi sonnait, ils reprirent leur chemin, direction le palais royale.
Hitomi s'arrêta soudain, son regard figé sur une silhouette, au coin d'une ruelle. Elle souffla quelque chose que ses compagnons ne comprirent pas et fila en courant vers cette ombre.
L'ombre fila en courant, poursuivi par la fiancée en colère qui elle même était poursuivie par ses camarades. Merle hurlait :
- Hitomi ! Attends !
- Lady Merle, qu'a-t-elle, s'exclama le Seigneur Valki qui courait à travers les ruelles sas lâcher des yeux la promise de son suzerain.
- Je ne sais pas, s'agaça la jeune femme chat, courant , sourcils froncés ses oreilles aplaties contre sa chevelure rose.
- C'est sûrement un piège, lança le stratège, irrité, en accélérant.
Hitomi s'arrêta, hors d'haleine,à une place où une fontaine avait cessé de chanter, face à elle, le cauchemar de sa nuit riait, tout aussi essoufflé. Il riait :
- Tu m'as... Tu m'as suivi ! Ah l'idiote ! L'idiote ! Pourquoi ? Alors que je suis le grand Dilandau !
- Parce que tu es une menace pour Van, siffla Hitomi, sortant de sa botte droite le poignard qu'elle y avait glissé au matin.
- Oh ! Pas d'armes étrange ! J'ai eut mal, au soir, ton coups me brûle de l'intérieur ! Sorcière... Maudite Sorcière... J'ai des ordres mais je vais te tuer... Je vais te...
Il bondit, son épée brandie. Elle para de son petit poignard, fléchissant les genoux pour supporter la force qui s'abattait sur elle. Elle n'avait pas prévu un combat... Elle avait espéré trouver ce maudit Feru... Mais non...
Elle balaya Dilandau qui tomba à terre et de son pied, en frappa l'épaule où sa balle était encore logée. L'ancien Chasseur de Dragon hurla de douleur. Le cri la fit tressaillir.
Hitomi en profita pour filer à travers les ruelles. Elle vit Merle arriver à contre sens, suivie de leur escorte. Elle hurla, entendant derrière elle un bruit mécanique de guymelef qu'elle reconnaissait :
- Merle ! Sur le toit !
La femme chat bondit sur les tuiles, trois étages plus hauts. Hitomi plongea sur les trois Seigneurs alors que les gardes de l'escorte avaient la bonne idée de plonger à terre. Une flèche de taille disproportionnée, d'une étrange matière rougeâtre fila à travers la ruelle, allant empaler un bâtiment après être passée au dessus des gens à terre. Encore un guymelef capable de se transformer, pensa-t-elle.
- Un malade ce gus, soupira Hitomi en se frottant la tête, se relevant.
- Qui, demanda le Seigneur Néra, sourcils froncés.
- Dilan... fit Hitomi avant de se faire happer par une immense main de fer.
- Noms des Dieux ! HITOMI ! Hurlait Merle, paniquée, en voyant le guymelef rouge l'emporter, marchant à travers la ville, arrivant aux abord extérieurs, près de la muraille où les sentinelles avaient déjà donné l'alerte et guettaient l'occasion de frapper.
- La Reine ! S'égosilla une sentinelle, sonnant de toute sa gorge dans son cor. D'autres appels lui firent échos.
- La Reine ! lui fitu écho une autre sentinelle.
- Nom de... LA REINE ! hurla une autre sentinelle avec panique, faisant aussi chanter son cor d'alarme.
Hitomi sentait la poigne de fer lui écraser les bras à chaque mouvement, le métal non poli la torturant.
- Meurs ! Hurla Dilandau, prêt à l'écraser comme un insecte. La jeune fille n'eut guère l'occasion de se débattre plus encore, un cri attira son attention, anima son sourire.
- DILANDAU !
Un guymelef, sa cape flottant derrière lui, surgit de nulle part, frappait de son épée luisant sous le soleil matinal. Le bras droit du melef rouge fut tranché, la jeune fille se fit éjecter dans les airs et fut réceptionnée par une autre main de fer. Escaflowne...
- Cramponnes-toi, Hitomi, fit la voix de Van qui était dans son cockpit alors qu'il déposait sa fiancée sur l'épaule du guymelef de légende, parant l'attaque de ce vieil ennemi.
- Impossible ! Hurlait le fou, son regard luisant de rage.
- Tout est possible, tu ne l'as pas compris, siffla Van en frappant le melef rouge sur le flanc, coupant tous le liens nerveux et de commandes de l'engin...
Dilandau riait sa colère. Il visa le casque de Escaflowne d'une dernière attaque avant de disparaître sous sa cape d'invisibilité pour fuir.
Escaflowne baissa enfin sa garde, posa un genoux à terre, Van quittant son cockpit d'un bond pour rejoindre sa fiancée qui s'était laissée glisser à terre. Elle lisait panique et inquiétude dans son regard. Il la prit par les épaules, l'étudiant pour déceler une blessure quelconque et dit en la serrant contre lui, rassuré qu'elle soit indemne :
- J'ai eut si peur d'arriver trop tard...
Elle n'osait pas dire un mot, tremblant encore, ayant vu la mort de si près, l'ayant sentie l'effleurer... Keniji avait eut raison, à Tokyo ... Sa vie ne lui appartenait plus si simplement... Cela l'effrayait... Elle voyait à présent son parcours comme un pont surplombant le vide, dépourvu d'une infinité de planches et noyé dans le brouillard... Un seul faux pas et elle tombait...
- Pardon, Van, lâcha-t-elle, étouffant ses sanglots contre son épaule, n'osant pas se détacher de lui.
- Hitomi ! Hurlait Merles qui arrivait en courant, le regard brillant de panique, suivie des Seigneurs qui se sentaient dépités, inutiles, dépassés...
- Majesté... Nous avons failli, encore, en la protection de nôtre suzeraine ! S'exclama avec colère et frustration le stratège Law.
- Nul ne vous reproche de ne pas avoir de guymelef en poches, leur rappela Van, Hitomi toujours dans ses bras bien que Merles tentait de la faire réagir.
- Maître Van... Elle...Il faudrait... L'emmener ! Vite ! Au palais ! Elle fait un malaise, paniqua Merle, une main sur le front de la terrienne qui peinait à reprendre son calme et dont la respiration était saccadée.
Van effleura le front brûlant de son aimée, chuchotant à son oreille :
- Hitomi, accroche toi un instant, tu seras bientôt dans ton lit.
Les Seigneurs se retirèrent, ennuyés, jurant de rattraper cet échec cuisant. Van se concentra. Escaflowne scella l'entrée au cockpit, se redressa , se transforma et s'envola pour se poser devant le hangar des guymelefs de l'armée faelienne. Van passa un bras sous les genoux de la jeune fille, l'autre serrant ses épaules et il déploya ses ailes, faisant fi de son pull, et fila vers le palais. Merle le suivait, bondissant sur les toits des bâtiments.
Le jeune roi se posa sur le balcon menant à la chambre de la jeune fille. Il ouvrit les battants, les refermant d'un coups de pieds, sa priorité étant de poser son aimée sur son lit pour qu'elle se rétablisse.
Elle tremblait encore, cela l'ennuyait. Il la couvrit, incapable d'en faire plus, faisant appeler un guérisseur à son chevet.
On lui donna un calmant. Elle avait vu la mort de très près, cela l'avait plongée dans cet état second. Van avait posé un linge humide sur le front de sa fiancée, décidé à la veiller ce soir.
Il alla faire un compte rendu de la situation auprès de ses conseillers qui lancèrent aussitôt plusieurs patrouilles à la recherche du plus grand ennemi de Fanélia, celui qui avait incendié l'ancienne capitale. Le Chasseur de Dragon fou. Le bal fut aussi reporté, avec amertume... Ils avaient tous d'autres priorités.
