C'est avec une douleur aiguës au crâne qu'il ouvrit les yeux. Que faisait-il là ? Où était-il ? Il avait devant lui les plis d'une tente, le lieu était assombri, il faisait sûrement nuit. Il fronça des sourcils, tentant de se rappeler du pourquoi du comment de son arrivée là.
Il se souvint alors, l'horreur le gagnant à petit feu...
On avait tiré sur son guymelef. La balle avait traversé l'armure de l'engin pour se loger dans son poitrail. La chute de son melef lui avait valu une beau coups sur la tête, le plongeant entre conscience et inconscience...
Des esclavagistes l'avaient tiré de son cockpit. Ses membres étaient lourds, il n'avait pas pu réagir. Alors on l'avait traîné sur quelques mètres avant de la jeter à terre. Il y eut un éclat de voix. Il avait reconnu la voix fluette et douce de sa fiancée. Il avait paniqué, se demandant ce qu'elle faisait là, si les Généraux étaient là pour sa sauvegarde...
Son regard avait pu se poser sur la silhouette svelte de la jeune fille qui menaçait son assaillant d'une de ses armes si utiles. Elle avait incité ceux qui le maintenaient à terre à dégager. Van avait sombré dans l'inconscience, paniqué, inquiet, sa dernière vision étant celle de l'élue de son cœur ciblée par une arme tirant des tête de flèches d'acier à une vitesse folle avec pour seule défense une petite arme aussi ridicule qu'un poignard face à une épée...
Il se redressa alors vivement, cherchant des yeux celle qu'il convoitait. Son mouvement fut remarqué du Général Hak qui plus loin était assis sur une chaise. A ses côtés, le Général Blue levait les yeux de son ouvrage.
Van , assis, une main sur sa tête douloureuse et bandée, gronda :
- Où est-elle ?
Ses Généraux le fixèrent un instant, silencieux, cillant de surprise.
- Répondez, s'agaça le roi, prêt à se lever.
- Majesté, calmez-vous. Lady Hitomi n'est pas là. Elle est...
- Où ? Siffla Van de plus en plus impatient.
- Avec nos éclaireurs. Elle participe à une mission de reconnaissance , répondit avec un sourire crispé le Général Blue.
Van ôta ses draps, jugeant inutile et ridicule qu'il reste allongé. Il saisit sa paire de bottes qui au pieds de son lit de camps gisait et les enfila, lançant :
- Combien de temps ai-je dormi ?
- Deux jours.
- Je veux un bref résumé de ce que j'ai manqué, fit le roi en agrafant sa cape, passant son épée à sa ceinture.
- La majorité des esclavagistes furent arrêtés ou tués. Tous les esclaves furent libérés et répartis par régions en groupe de réfugiés qui ont quitté le camps pour leurs terres il y a 24 heures, chaque groupe étant affecté d'une dizaine de soldats. Nos blessés sont traités et le campement sera levé une fois tous en état de voyager, annonça le Général Hak.
Van quittait sa tente d'un pas vif, demandant aux deux Généraux qui le suivaient :
- Pourquoi participe-t-elle à ces patrouilles ?
- Oh... C'est délicat... Nôtre capitaine de camps la jugeait... Euh... Inapte à rester dans un campement militaire de par son état de femme. Il ... Euh... lui a « demandé » de quitter les lieux...
- Quoi ? Van s'était arrêté, abasourdi par ces propos. Il n'aurait jamais pensé que cela arriverait, jamais dans un campement de l'Alliance... Il était prêt à parier que ce chef de camps était un vieux soldat d'Astria.
- Pour rester, lady Hytomi s'est donc dévouée pour patrouiller deux heures par jours, acheva le Général Blue.
- Ce chef de camps sait-il qui elle est, siffla Van, en colère.
- Oui mais il juge que même une reine n'a rien à faire sur un terrain militaire, fit avec un petit sourire le Général Hak.
Van reprit sa marche, se dirigeant vers les bordures du campement où les sentinelles le renseigneraient sur la position des patrouilleurs.
Celles-ci s'inclinèrent face au roi de Fanélia, disant :
- Majesté, c'est un honneur de vous revoir sur pieds.
- Quand reviendront les patrouilleurs, demanda Van, ses yeux scrutant le manteau d'arbres.
- D'ici peu, majesté. Ils nous ont envoyé un signal vert il y a quelques bonnes minutes déjà.
Van acquiesça. Le Général Blue jugea pertinent d'ajouter :
- Ne soyez pas si inquiet, majesté. Elle est accompagnée de Kaze et Jiyu.
- Ils patrouillent aussi ?
- Non, ils veillent sur la sécurité de notre reine. Si les patrouilleurs venaient à être attaqués, leur priorité serait la protection de notre lady, sourit le Général Hak non sans malice.
Dans la forêt, des chevaux hennissaient, leurs sabots claquant contre le sol froid et dur. Sept montures arrivaient au grand galop, leurs cavaliers portant d'épaisses capes qui flottaient derrière eux.
Van reconnu aussitôt son aimée. Celle-ci ne prit même pas la peine de stopper sa monture, sautant à terre pour sauter au cou de son fiancé qu'elle avait laissé inconscient.
- J'ai eut si peur que tu ne reviennes pas à toi ! S'exclama-t-elle, les larmes aux yeux ses bras autour de son cou, sa tête logée dans son cou. Il passa sa main dans ses cheveux décoiffés, malmenés par le vent, disant :
- Noms des Dieux, j'ai cru que ce psychopathe t'avait tuée... J'ai cru que cette arme dévastatrice avait eut raison de toi !
Ils restèrent ainsi, incapables de se détacher, la peur de la mort étant encore trop présente. Une voix intervint, brisant la magie de l'instant, faisant grogner les généraux et rougir Hitomi, disant :
- Roi de Fanélia, que faites-vous hors du lit à accueillir une écervelée incapable de rester à sa place ?
Van, un bras ceinturant sa fiancée par la hanche, se tourna vers ce chef de camps qui se croyait tout permis. Un grand homme aux cheveux gris encadrant son visage balafré arrivait à grands pas, sifflant de colère et mépris :
- Et toi, l'effrontée, qui t'a appris à monter en selle ? Ne crois pas que tout a été pardonné !
- Vous devez respect à la future reine de Fanélia, siffla le Général Jiyu.
- Et on ne tutoie pas une reine, capitaine, commenta le Général Hak.
- Qu'est-ce qui devrait être pardonné, demanda Van, ses poings serrés, contenant toute la colère qu'il réprimait.
- Sa présence, son trouble, son inutilité, les dispositions que vos hommes prirent à son égard SANS m'avertir !
- Un peu de tenue, voulez-vous ? Inutile, celle qui a sauvé vos hommes de cette arme dévastatrice ? Trouble, celle qui patrouille dans le froid de cette fin d'hiver ? Sourcilla Van, de plus en plus irrité.
- Et si nos hommes ont pris l'initiative de lui réserver un tente aux côtés de celle de nôtre roi, il n'y a pas de mal puisqu'elle est sa fiancée, rappela, cinglant, le Général Din qui arrivait, avec plusieurs curieux.
- Nous avons eut de la chance si la victoire fut nôtre ! J'espère ne jamais plus croiser ce visage dans mes campements, déclara vivement le vieil homme sans tenir compte de ces dires. Van grogna de mépris. Hitomi restait à ses côtés, ne comprenant pas pourquoi depuis deux jours cet homme lui reprochait toutes ses actions...
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HAHAHAHAHA , bah oui, faut attendre la suite... #SOFIAAAAAAA