Avec un dernier regard méprisant pour la jeune femme, il se retira en pestant. Hitomi effleura les bandages de son fiancé, disant calmement :

- Viens, Van, il faut changer ces bandages...

Le jeune roi qui tremblait de rage face au comportement déplacé de ce chef de camps posa sur elle son regard brillant de colère, disant :

- La plaie a sûrement disparue. Je suis un descendant du peuple dragon, ne l'oublies pas... Inutile de t'inquiéter outre mesure.

Elle sourit à cette remarque, passant malgré tout son bras sous le sien, le traînant vers leurs tentes, suivis des cinq Généraux en disant :

- Oui, et je cesserai de m'inquiéter lorsque j'aurai vu cette vilaine plaie disparue. Ne restons pas là, il y a trop de curieux.

Une fois dans la tente du roi, haute et spacieuse, reliée par une toile à la tente de Hitomi, elle le lâcha pour saisir sa trousse médicale.

Van qui travaillait son calme intérieur pour ne pas retourner assommer le chef de camps, la laissa faire lorsqu'elle l'installa sur son lit pour défaire ses bandages. Il était outré, irrité et agacé. Jamais il n'avait vu un tel manque de discipline ! Ce comportement ferait l'objet d'un rapport détaillé à Mirana et Dryden qui n'en croiraient pas leurs yeux... Le jeune roi cessa de penser à cela un instant, amusé de voir Hitomi, sourcils froncés, tâter la cicatrice à peine visible qu'il avait sur le front sous les regard rieurs des généraux.

- Eh Bien... Van, il semblerait que ces deux jours de repos t'aient totalement guéri ! C'est magnifique ! Annonça-t-elle en souriant largement.

- Tu m'as sauvé en prenant de gros risques, lui rappela-t-il en la prenant contre lui. Assise sur ses genoux, elle baissa les yeux, sourcils froncés de mécontentement, grognant :

- Je devais intervenir...Tu sais bien que je t'aurais laissé te débrouiller en cas de combat banal. Mais il avait une arme de mon monde, il a pris tous les soldats au dépourvu... Il fallait que j'agisse.

- Et je t'en suis reconnaissant même si j'ai failli avoir une attaque, fit-il en souriant tendrement.

- Mais tu étais inconscient, tu n'as rien vu.

- J'ai eut le malheur de perdre connaissance quand tu sortais de ta cachette, imagines l'angoisse du réveil...

- En effet, ça a dû être un choc, désolée...

Il posa ses lèvres sur les siennes. Elle répondit avec douceur à ce baiser, sans prêter attention à la présence des Généraux. Lorsqu'ils se détachèrent, Van ne lâcha pas sa fiancée, annonçant sombrement :

- Nous partons pour Fanélia demain, je ne resterai pas dans ce campement plus longtemps, surtout pas avec ce maniaque de chef de camps.

- Nous ferons le nécessaire pour que tout soit prêt, acquiesça le Général Kaze avec un large sourire.

- Voyons, Van, cet homme avait en partie raison. J'ai sûrement causé beaucoup de trouble en jouant les clandestines, fit Hitomi.

- Raison ou tort, il ne sait pas se tenir à se place, ce qui m'irrite. Il n'a aucunement le droit de s'en prendre verbalement à toi. Tu es un héros de guerre, tu es ma fiancée, la future reine de Fanélia ! Imagines si n'importe quel rustre venait à t'insulter sans raisons ! Cela m'insupporte ! Ce comportement est intolérable ! Grondait Van qui faisait de son mieux pour ne pas pourchasser cet homme.

- Hmm... Et ton côté surprotecteur te pousse à réagir, devina la jeune fille avec un petit sourire.

- Et j'ai peine à ne pas réagir, soupira le jeune roi.

Elle le poussa à s'allonger, le forçant cesser de se torturer l'esprit, l'invitant à prendre du repos en sa compagnie... Ainsi, ils finirent par s'assoupir enlacés.

Deux heures plus tard, alors que le soleil se perdait au loin, ils furent réveillés par les rires des soldats ivres qui parlaient au coin du feu. Hitomi s'étira, se frottant les yeux alors que Van grognait de mécontentement, ennuyé de savoir des soldats ivres alors qu'ils étaient en territoire ennemi.

- Non pas que ta compagnie m'ennuie... Mais j'ai des obligations, annonça la jeune fille avec un sourire désolé en se levant.

- Encore une patrouille, grogna Van, sourcils froncés.

- Deux heures par jours, donc deux patrouilles mon amour, fit-elle en l'embrassant.

- Sois prudente, nous ne sommes pas à Fanélia, lança le jeune roi, inquiet.

- Ne crains rien, j'ai des anges gardiens pour me tirer de tout faux pas, ria-t-elle en quittant la tente, agrafant sa cape autour de ses fines épaules, suivi des Généraux Kaze et Jiyu, leurs camarades jouant aux échecs dans la tente du roi ennuyé.

Hitomi retrouva le groupe de patrouille à la limite du campement où sa monture attendait. Elle grimpa en selle, imitée des généraux. Un jeune patrouilleur gronda :

- A quoi bon te flanquer de ces généraux à chaque patrouilles ?

- Ne la tutoyez pas, soldat. Et vous excuserez Fanélia de prendre soin de la famille royale, répondit froidement le Général Kaze qui s'était placé aux côté gauche de la jeune fille alors que le Général Jiyu veillait sur le flanc droit.

- Absurde, siffla le même soldat.

- Le plus absurde reste votre langue bien pendue. Nous avons une mission de reconnaissance à effectuer, dois-je vous le rappeler ? lança sèchement Hitomi.

La patrouille partit au galop, sillonnant en éventail tous les passage aptes à être traversés, cherchant le moindre fait inhabituel, la moindre trace étrangère, le oindre corps ou résidu de passage...

Hitomi chevauchait le long d'un petit chemin qui serpente entre les arbres, à ses talons les généraux Kaze et Jiyu ne la lâchaient pas des yeux, alertes.

Tous étaient sur le qui-vive, ils avaient ce matin même trouvé les restes d'un feu de camps et des empreintes.

Il ne s'agissait pas là d'esclavagistes mais de créatures des terres du Mal, par delà la grande frontière, là où les dragons avaient trouvé refuge après la ruée vers les dragenergists. Là où Van avait trouvé son dragon pour l'affronter, des années plus tôt.

Ils étaient certains de l'origine des intrus à cause des empreintes laissées. Des marques non pas de bottes ou d'hommes animaux mais de membres griffus éraflant la terre à chaque pas.

Ces traces de griffures décoraient de nombreux arbres dans le champs de vision de Hitomi qui tira sur les rennes de sa monture, le souffle court. Elle n'avait pas son arme sur elle, la jugeant inutile pour sa dernière patrouille... Derrière elle, les généraux avaient refermé leurs poings autour des gardes de leurs sabres, sifflant à la jeune fille de reculer doucement.

Hitomi lança un regard à sa droite, cherchant ce qui faisait paniquer les deux généraux et croisa un regard jaune. Deux grand yeux, luisant dans l'obscurité naissante de cette nuit. Elle esquissa un mouvement en arrière, voulant pousser sa monture à reculer, c'est alors que les grands yeux jaune se plissèrent et que la tête de la monture vola. Hitomi ne comprenait rien. Elle vit sa monture se faire décapiter d'un coups de griffes, puis le sol se précipiter à sa rencontre. Elle avait été éjectée de selle alors que le corps du cheval se cabrait de douleur, tombant de manière étrange.

Sa tête se heurtant de pleine fouet au dur sol de la forêt, elle perdit connaissance sur le coups, le front et le côté du visage éraflés.

Le Général Kaze déploya ses ailes de rapace, cueillant leur protégée en un quart de secondes, puis de plusieurs battement d'ailes, il prit de l'altitude, rapidement rejoint par le Général Jiyu.

- Le signal d'or a été lancé par trois patrouilleurs, notifia le Général Jiyu alors que trois traits dorés déchiraient le ciel.

- Il faut regagner le campement, ils ne sont pas ennemis de l'Alliance, ils sont juste en chasse, grogna le Général Kaze, la jeune fille inconsciente dans ses bras.

- Et la forêt est leur terrain de chasse, ils ne se risquent jamais près des rassemblements de personnes, soupira le Général Jiyu.

- Les patrouilleurs sont sûrement presque tous morts.

- Ils sont stupide aussi de patrouiller de nuit sur une si vaste étendue...

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