Van hurla :
- Merle ! Que fais-tu ?
- Comment as-tu pu partir ainsi sur le champs de bataille ? INCONSCIENTE ! Tu aurais pu mourir ! Hurlait la fille chat, le regard luisant de colère, maintenue par deux soldats car elle venait de saisir Hitomi par le col.
- Je ne veux plus être celle qui prie son retour ! Tu sais mieux que moi que l'attente est insupportable, Merle ! S'exclama Hitomi avec colère car elle jugeait que cette gifle, elle ne la méritait pas.
- Bien sur que je le sais ! Mais ta présence lors d'une bataille ne peut que le distraire ! Tu veux sa mort ?
- Comment oses-tu ? J'ai appris à combattre ! Je ne suis plus le boulet de l'époque de la Grande Guerre !
-TU HAIS LES COMBATS !
Hitomi s'était relevée, ses blessures à la joue l'enflammaient de douleur. Elle fixa son amie folle de rage, maintenue par deux soldats et dit d'une voix brisée, si bas que seule Merle, Van et les Généraux entendirent :
- Si tu crois que j'ai appris parce que je le voulais, tu te trompes. La vie sur Gaia n'a rien à voir avec la vie sur Terre. Tu n'en sais rien, alors ne te permets pas me juger si vite .
Sur ces mots, la fiancée du roi se dirigea vers le palais, sous les regards surpris des servantes et des conseillers qui avaient rarement vu Merle s'énerver sur autrui que ceux qui ennuyaient le roi.
- Lâchez la, c'est bon, fit Van à ses soldats qui libérèrent enfin Merle de leur poigne. Merle, sourcils froncés, regardait Hitomi disparaître dans le palais, regagnant sûrement sa chambre. Van ébouriffa la chevelure rose de son amie d'enfance et regagna aussi le palais, suivi de ses Généraux.
- Vous devriez aller parler à lady Hitomi de son passé sur la Lune des Illusions, dame Merle, lui conseilla le général Blue en souriant.
- Pourquoi ? Lança Merle, toujours en colère.
- Vous pourrez regretter vos mots, peut être, supposa-t-il alors que son roi demandait à ses conseiller de lui préparer un rapport pour la première heure du lendemain relatant les problèmes survenus lors de son absence. Mise à part la disparition de la fiancée du roi, les conseillers n'avaient rien de bien important à raconter...
Allongée sur la pelouse, la fin d'hiver lui accordant de l'herbe sèche et un peu de chaleur, Hitomi fixait la Lune et la Terre. Elle n'avait pas voulu se souvenir. Et pourtant, cette stupide dispute avait fait jaillir toutes ces douleurs si longtemps tues. Elle soupira, essuyant du dos de la main la larme qui perlait le long de sa tempe. Elle entendit un léger bruit de pas. Elle ne se leva pas, sachant qui serait assez inconscient pour la rejoindre si vite. Merle se percha sur un arbre, juste au dessus de son amie, disant :
- D'après le Général Blue, tu nous caches des choses sur ton passé.
- Tout le monde a des secrets, Merle. Tout le monde a sa part d'ombre, fit Hitomi sans lâcher la Grande Balafrée des yeux.
- Veux-tu me raconter ?
- Pourquoi le ferai-je ?
- ¨Parce que je ne sais pas si j'ai été injuste ou non.
- Eh bien restes dans tes doutes.
- Hitomi...
- C'est une partie de mon passé que tu n'aimeras pas entendre.
- Je me fiche d'aimer ou pas ! Je veux savoir par quoi tu es passée ! Je veux comprendre comment une antimilitariste aussi idéaliste est devenue assez solide pour dresser une arme sans trembler...
- Merle, tu ne vas pas aimer ce que je vais te raconter, soupira Hitomi en se redressant sur ses coudes.
- Je serai seule juge de cela, sourit Merle, assise sur sa branche.
Hitomi s'installa contre l'arbre sur lequel Merle était perchée. Elle ferma les yeux, son passé se rejouant devant elle...
Elle raconta alors son histoire...
Histoire de Hitomi
«J'étais sur Terre depuis quatre mois. Les rumeurs ont vite filé à mon sujet.
On me disait folle, on me croyait possédée, certains ont même prétendu que j'étais le résultat d'un lavage de cerveau pratiquée par je ne sais quel ennemi du pays... Bref, on m'a enfermée dans un asile pour six mois. Six mois pour me faire oublier ma folie, disaient-ils. Six mois d'électrochocs et de gavage au médicament.
Je me demande comment j'ai pu survivre à cela. Comment mon corps a-t-il pu encaisser ?Simple. Chaque nuit, dans la Vallée des Illusions, les Atlantes me soignaient. Ils disaient que je ne pouvais pas mourir, que je devais survivre. Je ne voulais rien entendre, je supportais mal mon isolement, ces accusations, ces médecins absurdes... Ils ont conclus, après deux mois de traitement, que j'étais une espionne dont on avait lavé le cerveau. On m'a donc envoyée vers un centre militaire. Là, on m'a interrogée. Je leur ai dit la vérité.
Ils ont été fascinés. Ils voulaient utiliser le pouvoir les colonnes de lumière pour évacuer sur Gaia tous les dangers potentiels de la société. Ils voulaient faire de Gaia leur dépotoir. J'ai ri, refusé de créer un colonne de lumière pour leur satisfaction politique. Alors ils ont essayé de me cadrer. Après deux mois portant le titre de prisonnière de classe 1, je suis devenue une recrue en phase d'éveil. Ils devaient me faire rentrer leurs idéaux dans la tête. Ils avaient pour mission de faire de moi l'agent spécial le plus obéissant et le plus fort.
C'est ça ou la mort, m'ont-ils dit. J'ai choisi la mort. Il ont ri que je n'avais d'autres choix que de vivre sur leur échiquier. Ainsi donc, j'ai appris à tirer, à combattre et à vaincre. Si je ne tirais pas, je me mangeais une balle. Si je ne combattais pas, je me faisais rétamer par tous les autres apprentis. Si je ne vainquais pas, je restais enfermée en isolement pour une semaine.
Physiquement, ils m'ont brisée. Ils m'ont formée. J'étais parfaite à leurs yeux.
Psychologiquement, ils n'ont pas réussit, les Atlantes veillaient. Je suis restée celle qui avait quitté Gaia.
Alors lorsque, après six mois de formation, il m'ont jugée apte au combat, ils m'ont envoyée en mission avec tous les bleu de mon grade. Je ne rêvais que d'une chose, sortir de cette prison et ils m'ont aidée en croyant qu'ils me tenaient en laisse. La mission était simple : tuer des journalistes amateurs de polémiques.
J'ai sauvé ces journalistes, même si nous avons tous failli mourir ce soir là. L'un d'entre eux se nommait Keniji, il est devenu mon associé, mon supérieur, mon ami. Les agents m'ayant formée ont par la suite tenté de tous nous tuer à plusieurs reprises. La dernière en date était celle qui impliquait Amano et ses sbires, le jour où je suis apparue à Fanélia.
Bref, je suis ensuite devenue reporter pour la presse écrite, aussi traquée et recherchée que mes équipiers mais avec une formation militaire qu'eux n'avaient pas. Ma famille a accepté la version officielle des faits, disant que j'étais folle et dangereuse pour la société. »
Fin du récit de Hitomi.
- Voilà, tu sais tout, Merle, fit Hitomi en s'étirant, épuisée par le voyage. La jeune fille chat avait du mal à retenir ses larmes. Elle glissa à terre, bafouillant :
- Je... Hitomi... J'ai dit des choses horribles alors que... Oh... Je suis tellement désolée...
Elle plongea dans ses bras, éclatant en sanglots. Hitomi souriait tendrement, caressant la tête de son amie, disant :
- Ne t'en fais pas, vas , j'aurai du t'en parler avant de partir.
- Maître Van sait-il?
- Cette partie là, il ne la connait pas. Il se sent déjà coupable de ne pas m'avoir aidée pendant ma carrière d journaliste, je ne voudrai pas le voir se reprocher de m'avoir laissée quitter Gaia.
- Mais s'il ne sais pas... Il finira...
- A moins que tu ne lui dises ou que je ne le fasse, il n'y a aucunes raison pour qu'il sache.
Merle raccompagna Hitomi dans sa chambre, la voyant fatiguée. Elle effleura la marque qu'elle avait faite sur la joue de son amie, honteuse, s'excusant encore avant de la laisser.
Amusée, la jeune fille souriait en rentrant dans sa chambre, se glissant sous ses draps pour enfin se reposer...
Van avait délaissé ses chefs de troupes qui notifiaient encore l'absence du dénommé Feru dans la base attaquée. Voilà presque six mois que le jeune roi cherchai cet esclavagiste et s'irritait de ne point le trouver. Cet homme semblait doué pour ne pas se faire prendre et pour agir dans le plus grand des secrets et cela au plus grand déplaisir de ses adversaires.
Malgré l'importance de l'affaire, les pays de l'Alliance n'avaient pas encore mis un point final à ces mésaventures qui frappaient leurs citoyens. Van se sentait d'autant plus concerné puisque ces esclavagistes avaient tenté à plusieurs reprises de lui ravir sa belle. Fanélia était nettoyée de ses parasites, certes.
Mais depuis peu, ils savaient que les Masque Rouges avaient fait alliance avec certaines puissance de la Lune des Illusions ennemies de la fiancée royale. Cette alliance n'avait rien de hasardeux, le leader Feru devait connaître l'identité de la terrienne, son rôle sur sa planète et surtout son incapacité à y trouver la paix.
...
I believe I can Flyyyyyy !