Assise sur le toit, fixant la planète qui avait été sienne à une époque, jouissant de ce moment de paix et de sérénité alors que le soleil noyait l'horizon de ses flots safrans et or, elle faisait semblant de ne pas entendre les cris qui animaient les corridors du palais.
Ah ! Depuis une semaine, de nombreuses princesses s'étaient invitées à Fanélia pour assister à ce fameux bal officiel afin que la fiancée royale soit présentée. Hitomi avait fait de son mieux pour ne pas en gifler plusieurs tant elles étaient arrogantes et vulgaires ! Certaines se permettaient même de faire les yeux doux à son fiancé ! Seule la promesse qu'elle avait faite à Van lui permettait de ne pas foncer tête baissée...
Dans la cour, elle remarqua alors son fiancé, marchant suivi des Généraux qui parlaient vivement en remuant les bras. Ils expliquaient sûrement que la jeune femme avait réussit à quitter leur champs de vision à cause des princesses qui ne cessaient de leur poser mille questions, à croire que les généraux étaient devenus des guides touristiques. Ils avaient négligé le fait que la jeune femme tentait d'éviter les princesses et princes des autres royaumes qui lui faisaient perdre patience de par leur air hautain.
Van, à présent au cœur de la cour, à mi-chemin pour l'entrée du palais, adressait un regard sombre aux princes qui debout non loin tendaient une large oreille vers la conversation, visiblement ravis de savoir la future fiancée du roi quelque part sans personne pour la veiller...
Les Généraux remarquant le regard de leur monarque se tournèrent vers les princes qui déjà se dirigeaient vers l'entrée du palais. Assise sur son toit, Hitomi souriait. Ainsi donc, ils pensaient pouvoir la trouver...
Elle croisa alors le regard de son aimé. Avec un petit sourire, il avait les yeux levés vers le toit, l'écarlate dans l'émeraude. Les Généraux, visiblement mus par ce reflex, levèrent les yeux , leurs bouches s'ouvrant pour laisser échapper des exclamations et remarques cyniques...
Un valet courut à la rencontre de son roi. Hitomi le vit le suivre à l'intérieur, la mine sombre.
Elle fronçait des sourcils, n'ayant rien compris à la situation. Elle se leva, époussetant ses jupes, rejoignant un balcon d'un bond. Elle croisa le regard effaré d'une servante et d'un garde qui se demandaient sûrement ce qu'elle faisait sur les toits, seule...
Avec un petit sourire, la fiancée royale regagna l'intérieur, décidée à trouver les généraux afin de savoir ce qui avait poussé son amant à se presser ainsi.
Traversant les corridors, elle tomba nez-à-nez avec l'une des princesses qu'elle évitait depuis un moment.. Celle-ci n'avait visiblement pas encore compris que la jeune femme l'évitait et souriait d'un air ravi.
- Lady Hitomi ! Je vous cherchais ! Ce soir se tient un bal ! Je voulais vous convier à vous préparer avec moi, ma chambrière a fait le voyage avec moi, elle a des doigts de fée !
- Oh, je suis marrie de décliner, lady Sarah. Je pense que sa Majesté Mylerna a déjà prévu de m'aider.
- Elle ne vous en voudra pas.
- Non, j'en suis certaine, mais je serai désolée de vous savoir en froid avec elle pour une telle futilité.
- Ce serait absurde. J'insiste !
- Que me vaut l'honneur de tant d'insistance ?
- Vous êtes une personne charmante et...
- Évitons de perdre nôtre temps et soyons sincères, lady Sarah.
- Je ne pourrai vous dire, ma chère, vous offenser à ce point là...
- Avez-vous peur d'être haie par Van ?
- L'opinion du roi Van est certes importante.
- Soyez sans crainte, mes prises de becs avec quelques ladies ne l'intéressent pas et ne l'inquiètent pas le moins du monde.
- Soyons sincères donc.
- Je vous en prie.
- Lady Hitomi, je vais vous attrister.
- Que nenni ! Je ne saurai pleurer vos mots !
- Milady, c'est risible. Vous n'êtes qu'un héros de guerre, vieille amie du roi le plus impartial de Gaia et vous prétendez au trône de Fanélia. Je ne puis m'empêcher de penser que vous n'en êtes pas digne. Régner, cela s'apprend dès l'enfance. Nous, mes compagnes et moi, avons reçu cette éducation, pas vous.
- Oh, je suis navrée de vous l'entendre dire. Or ces propos, ma chère Sarah, on me les a servi sur un plateau d'argent à maintes reprises. Certes je n'ai pas l'éducation requise mais ... Faisons un petit jeu.
- Un jeu ?
- Oui, laissez-moi poser une question d'une banalité effarante.
- Allez-y.
- Une situation tout à fait probable en temps de troubles : Imaginez un vaisseau. Votre roi, à dix mètres de vous, sur un autre vaisseau, risque de se faire tuer si vous n'intervenez pas. Il vous faut cependant réaliser un saut qui manqué vous mènera sans doute à la mort. Sauterez-vous ?
- Voyons, si j'interviens dans ces querelles, je ne saurai régner lorsque le peuple aura besoin d'un souverain pour remplacer leur roi mort.
- Vous ne tenterez même pas de l'aider ?
- Je mourrai en tombant ou en l'aidant. Autant rester à ma place et gouverner à sa place.
- L'amour de vôtre vie ?
- Eh bien, je devrai me résigner.
- Et ne rien tenter !
- Si fait, je ne tenterai rien et remplirai mon rôle de reine.
- Or la reine a pour fonction de soutenir son roi.
- Et son peuple.
- Une reine incapable de soutenir son roi n'est qu'une nuisance pour le peuple.
- Qu'insinuez-vous ?
- Je vous dis la vérité, lady Sarah.
- Vous m'insultez oui !
Hitomi souriait. Quelques servantes écoutaient la conversation. Les deux jeunes femmes étaient tout de même debout au milieu du corridor. Quelques gardes tendaient l'oreille, amusés, retenant leurs fous-rires.
- Voyons, lady Sarah, nous avons promis que nous serions honnêtes. Je me contente de respecter cela.
- Lady Hitomi, vous ne semblez pas savoir à qui vous vous adressez.
- Qu'ai-je dit ? Qu'ai-je fait ?
- Vous me dites piètre reine car je pense au peuple avant de penser à mon roi, siffla la princesse qui perdait patience.
- Et c'est vrai. Que feriez vous sur un trône si vous ne pouvez même pas protéger la personne qui est sensé compter le plus à vos yeux.
- Mon éducation...
- Oh... Et mon éducation veut que je tente d'agir avant de jouer les héros face aux citoyens, coupa Hitomi froidement.
- Lady Hitomi, prenez garde à vos propos.
- Vous aussi, lady Sarah, vous risqueriez de les regretter.
- Ne parliez-vous pas d'honnêteté ?
- Certes, mais je vous conseille de ne pas tenir de tels discours face à MON roi ou à ses majestés d'Astria.
- Que...
- Je vous évite l'humiliation, simplement.
- Sa Majesté Van ne m'humilierait jamais, gronda la lady.
- Il est bien trop poli et courtois pour cela.
- Et ils n'est pas « votre » roi. Les fiançailles ne signifient rien.
- Seriez-vous jalouse, princesse, lança Hitomi.
- Moi? écœurée plutôt.
- Je vous comprends et je compatis... Lorsqu'on a votre cœur sec, on ne vit que d'écœurement.
Outrée, irritée, perdant patience, la princesse Nera Sarah gifla Hitomi qui ne broncha pas.
- On se voit au bal, princesse, fit-elle simplement, comme si la gifle ne lui avait rien fait.
Au bout du couloir, une voix explosa soudain, faisant sursauter les servantes alors que les gardes s'apprêtaient justement à éloigner les deux protagonistes. Une voix vibrant de colère s'exclamait :
- COMMENT OSEZ-VOUS ? PRINCESSE DE PACOTILLE ! JE VAIS VOUS...
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Trop de violence dans ma fic, navrant ! Je devrais songer à attendrir les choses W_W