Entendant frapper à grands coups à sa porte, il grogna, jura et finit par aller ouvrir. Il resta un instant interdit, son regard figé, sa bouche entre-ouverte, face à celui qui l'ennuyait en pleine nuit... Enfin... Celle qui...
- Majesté, que Diable faites-vous là dans cette tenue, s'exclama-t-il.
La jeune femme, le souffle saccadé, le regard brillant de crainte, vêtue d'un simple peignoir par dessus sa robe de chambre bien légère, fit d 'une petite voix, tremblant de froid et d'horreur :
- Je suis suivie, Sire Néra. Je ne sais pas qui... Il était dans la chambre... J'ai essayé de fuir... Il a failli me rattraper...
Le Comte du château de Garde de Ren fronça des sourcils, la mine grave. Il alla chercher une cape grande dans sa chambre, couvrant les épaules de sa reine avant de dire :
- Sa Majesté est sûrement à la salle du trône, j'ai entendu l'arrivée d'un émissaire par la grande Porte, son cheval faisait un boucan monstre. Je vais vous y escorter.
Elle le remercia pour le vêtement chaud, se dirigeant vers la salle du trône, un étage au dessus des chambres , dans l'aile opposée.
Son épée à la main, une lame à sa ceinture, le Comte était aux aguets, prêt à faire face à l'imprévisible.
Hitomi arriva finalement à la salle du trône sans encombres. Les gardes à l'entrée furent surpris de voir arriver la reine escortée d'un seigneur sur le qui-vive.
- Majesté, Sire, l'heure n'est pas si grave que le fit croire l'émissaire, vous pouvez retourner prendre du repos, fit le garde solennel.
- Sa Majesté doit rejoindre notre roi messieurs, elle était suivie par un intrus.
- Dieux, les autres n'avaient pas rêvé, jura l'un.
- Qu'ont-ils vu, demanda le comte.
- Ils ont vu un homme d'une cape sombre vêtu rôder près de l'aile royale. Les portes de la chambre étant fermées, ils ont cru rêver.
- Cet homme était armé, les informa Hitomi, serrant ses épaules de ses mains.
- Entrez vite, ma reine, nul ne franchira ces portes ! Jura la même garde.
Hitomi les laissa pousser les larges portes, entrant suivie du Comte Néra à la mine sombre.
Van remerciait l'émissaire pour ce rapport qui lui avait été remis si vite. Il leva les yeux vers les portes qui venaient de s'ouvrir, croisant le regard brillant de détresse de son aimée. Il l'accueillit dans ses bras, inquiet, demandant alors qu'elle enfouissait son visage dans son cou :
- Qu'est-il arrivé ? Qu'as-tu ?
- Van, il y avait quelqu'un dans nôtre chambre. Quelqu'un qui surveillait de la fenêtre...
- Mais enfin... C'est... commença le conseiller Duke.
- Des gardes affirment avoir aperçu un intrus rôder près de la chambre royale, Majesté, lança le Comte Néra.
- Majesté, ce truand vous a-t-il causé du tort, demanda un conseiller
- Non. J'ai réussit à quitter la chambre.
- Généraux, trouvez nous cet intrus qui rôde dans la palais, ordonna Van d'une voix vibrant de colère.
- Ce sera fait, assurèrent les généraux en se retirant.
Hitomi refusant de regagner sa chambre tant que les généraux n'avaient pas trouvé l'intrus, Van la fit s'allonger sur l'un des canapés de la salle du trône, destinés à quelques entrevues plus longues que les autres.
Elle ne tarda pas à s'endormir, sous l'œil vigilant du Comte Néra, Van et les conseillers.
- Comment Diable un intrus a-t-il pu esquiver toute la garde pour se faufiler jusque la chambre de notre reine, pestait le conseiller Duke.
- Nous lui poserons la question lorsqu'il sera face à nous, les généraux semblaient d'humeur noir puisqu'ils sont chargés depuis des générations de protéger la reine, fit le comte Néra.
- J'espère au moins que cela ne la troublera pas plus qu'elle ne l'est déjà, soupira Van.
- Elle avait réussit à passer outre son traumatisme, certes, soupira un conseiller.
- Si elle avait replongé, elle ne serait pas venue chercher de l'aide auprès de moi, majesté. Elle aurait erré dans le corridors jusqu'à vous avoir trouvé, fit le comte Néra.
- Votre reine n'est pas si fragile que cela, majesté, fit, avec un sourire le conseiller Duke.
- Elle a surtout un lourd vécu qu'elle tait, soupira Van, ayant pris un siège près de sa dulcinée.
Les portes de la salle du trône s'ouvrirent à grand bruits. Sourcils froncés, Van se leva, sur le qui-vive, le comte Néra était prêt à frapper ,les conseillers se tenaient derrière le lit de fortune de leur reine.
Le Général Kaze jeta un homme à terre, menotté. L'individu grogna quelque chose, se relevant avec peine, les Généraux l'encadrant, la mine sombre.
- Cet homme était dans la chambre royale, annonça le Général Hak.
- Il ne travaille pas pour le palais et guettait dans l'ombre de la pièce, ajouta le Général Kaze.
- Il refuse d'avouer qui l'a envoyé, grogna le Général Blues.
- Mais il a affirmé que sa cible est notre reine, cible 897, fit le Général Din.
- Un plaisir de rencontrer l'homme qui est sensé protéger cette femme attirante, fit l'individu avec un large sourire en accordant un hochement de tête à Van.
- Qui êtes vous ?
- Fier mercenaire, mon nom est secret. Seules les privilégiées le connaissent, s'amusa-t-il.
- Quelle est votre mission ? Demanda calmement le conseiller Duke.
- Oh, ma mission... Trouver des perles ! Et pas pour le plaisir enfin !
- Qui vous envoie ?
- Un pilier du Monde Souterrain, vous le connaissez, inutile d'énoncer le nom de mon employeur actuel.
-Pourquoi notre reine, demanda froidement le général Hak.
- Plusieurs raisons. Trop de raisons à vrai dire. La seule que je suis autorisé à énoncer est sa beauté étrange. Cette beauté d'une autre monde fascine plus d'un.
- Si c'est le Monde Souterrain qui est concerné, il s'agit sûrement là d'esclavagisme, fut l'hypothèse du Comté Néra.
- Si simplistes ! Les maisons de passe ont besoin de fraîcheur et quoi de mieux qu'une reine atypique ?
- Une maison de passe ? Ils veulent...
- Faire de Hitomi une fille de joie, siffla Van avec rage.
- J'accomplis toujours mes missions pour mon quotidien, je dois conserver une réputation sans tâches, fit le mercenaire.
- Généraux, enfermez moi cet homme, grogna Van qui tentait de se calmer pour ne pas tuer cet homme dans l'immédiat.
Le soleil effleura de ses fiers rayons la cité royale de Fanélia. Avec une douleur aiguë à la tête suite à sa nuit trop courte, elle se réveilla.
Elle remarqua qu'elle était sur un canapé, dans la salle du trône. Toujours vêtue de sa chemise de nuit, elle se releva en se massant les tempes. Il n'y avait personne. Elle se dirigea vers les grandes portes, la mine soucieuse. Sa main se tendit vers la poignée. Elle hésita, soupira et finit par ouvrir.
- Majesté ! Lança l'un des gardes de la porte en la voyant sortir.
- Vous devriez rester dans la salle du trône, de grâce, sa Majesté ne saura tarder !
- Où est Van, demanda Hitomi, sourcils froncés.
- Hmm... Il... Le roi est...
- Répondez, ordonna la jeune femme d'une voix blanche.
-Sa Majesté est en réunion avec le Conseil au sujet de récentes agressions ayant lieu sur les routes de Fanélia.
- Et en quoi ma présence génerait ?
- Hmmm... C'est que... La tension règne et...
- Et quoi ?
- Sa Majesté sait que les capitaines de ses troupes finiront en querelle et ne souhaite pas que vous soyez impliquée.
- C'est absurde, soupira Hitomi en se dirigeant à grands pas vers sa chambre. Les gardes eurent un soupir las, se disant que les Généraux allaient leur taper sur les doigts.
Hitomi se changea, enfilant la première tenue qui lui tomba sous la main, donc une jupe pêche et un corset chocolat. Elle laissa ses cheveux cascader sur ses épaules. Elle mit un veston, les températures n'étant en rien idéales. Dans le corridor, elle ne trouva personne qu'elle connaissait. Même les Généraux n'étaient pas dans les environs. Avec un haussement d'épaules, elle se résigna donc à déjeuner seule.
Nul ne semblait lui prêter attention, ce qui l'amusait et la soulageait. Les Généraux étaient devenus sur-protecteurs et les vassaux de son époux le devenaient aussi. Heureusement que Van n'avait presque pas l'occasion de se faire du mouron depuis quelques temps. La vie était paisible et Hitomi ne rencontrait de problèmes que si elle en était la source...
En ville, il y avait plus d'agitation qu'au palais. Une cape sur ses épaules, un capuchon rabattu sur sa tête pour lui accorder un minimum d'anonymat, elle marchait au cœur de la foule animée du marché. Elle avait besoin de trouver une paire de gants pour reprendre ses leçons d'équitation avec les Seigneurs Néra et Law. Elle n'était toujours pas assez solide en selle pour se passer de leçons, selon eux. Et si un jour le roi venait à voyager à cheval, elle voudrait sans doute l'accompagner ( même s'il refusait ) et pour ce faire ,elle devait être meilleure cavalière...
Il était rare qu'elle quitte la palais sans escorte. Elle ne l'avait encore jamais fait depuis son union avec Van. Du moins, les Généraux avaient évité qu'elle se retrouve seule et Merle aussi. Van veillait à ce qu'elle ait toujours une escorte. Il ne conservait que de mauvais souvenirs des rares occasions où la jeune femme s'en était allée seule... Fanélia attirait beaucoup de gens louches ces derniers mois... Cela troublait le roi et ses Conseillers.
Arrivée à une boutique qu'elle côtoyait souvent avec Merle, Hitomi entra, sans ôter son capuchon. Elle demanda à la vendeuse une paire de gants de cuir de vigne, un cuir qu'elle aimait bien pour sa légèreté et sa souplesse. La vendeuse, peu troublée que son acheteur n'ôte pas sa capuche, lui conseilla du cuir de dragon. La jeune femme lui annonça que pour la chevauchée, le meilleur était le cuir de vigne. La vendeuse ixa un instant la silhouette encapuchonnée et fit finalement :
- Oh ! Majés...
- Je vous en prie, taisez cela, fit Hitom avec un sourire, signifiant son malaise et son besoin de garder l'anonymat.
Sourcils froncés, la vendeuse l'invita dans l'arrière boutique qlors que ses employeurs prenaient soin de la clientèle.
- Majesté ! Que faites-vous là sans escorte ? La ville est dangereuse ! Il y a des rapts tous les jours ! Des malheureuses se font agressées dans les ruelles par les brigands qui ont pillé les voyageurs sur nos routes !
- Je serai prudente, je ne comptais pas m'éterniser.
- Où sont les Généraux ? Les gardes ? Que Diables se passe-t-il pour que vous...
- Ils sont pris par cette affaire de brigands. Je suis certaine que rien de bien méchant ne m'arrivera. Prenez soin de vous et n'hésitez pas à hurler à la garde si on venait à vous agresser.
- Majesté, c'est votre sécurité non la mienne qui est à craindre, se désola la vendeuse en secouant la tête.
Les deux femmes regagnèrent la boutique. Elles se figèrent, après quelques pas. Hitomi avait gardé son capuchon rabattu sur sa tête.
Des lascars saccageaient la boutique, riant aux éclats, réclamant la recette. La vendeuse signala à son employeur d'obéir, ce dernier tendit une bourse généreuse au meneur des casseurs.
- Ah, enfin une boutique où on nous paie bien ! Railla celui-ci.
- Comme quoi Fanélia ne porte pas que des homme trop vifs haha !
- Bah ça reste encore à voir s'ils sont vifs, ces gars là. Après tout v'la quelques jours qu'on rit bien en ville !
Hitomi crispa le poing. Elle se sentait impuissante, misérable, face à ces individus qui faisaient tant de mal au peuple de son aimé... Son peuple...
- Tiens, une nouvelle go... Fit le meneur en remarquant Hitomi derrière la vendeuse qui avait tout fait pour la dissimuler derrière elle.
- Grande, fine, mais encapuchonnée, commenta un casseur.
Les employeurs de la boutique et les clients retenaient leur souffle. Qu'allaient-ils faire à cette pauvre femme ? Que devaient-il faire pour aider ? Ces questions les faisaient trembler.
-Vires nous cette capuche, ordonna le meneur en s'avançant. Qu'o, voit ta frimousse.
- Messieurs, vous avez notre recette, je vous en prie, partez, argua la vendeuse décidée à ne pas s'écarter, restant entre sa reine et ce malfrat.
- Dégages de là, citoyenne sans valeur, j'te cause pas, gronda le meneur.
Le dite-citoyenne déglutit, restant à sa place, entre sa reine et cet individu...
Il dégaina un long poignard à la lame recourbée. La lame était terne, usée et brunie par le sang. Il n'en prenait visiblement pas soin.
Hitomi écarta la vendeuse, ne voulant être la cause de sa mort et dit :
- Assez, rangez cette arme.
- Oh, elle parle la donzelle, railla un casseur.
D'un leste mouvement du poignet, il fit voler le capuchon au moyen de sa lame, le déchirant au passage, lui éraflant négligemment la joue. La jeune femme resta de marbre. Elle en avait connu d'autres.
Tous les fanéliens retinrent leur souffle en voyant le visage découvert de cette jeune femme jusque là inconnue... La reine... La reine !
- Pas laide, la donneuse d'ordres, lança un casseur.
- Vous avez vandalisé cette boutique, que voulez-vous de plus ? Partez ! Ordonna Hitomi d'une vois de glace.
- On ne donne pas d'ordre quand on ne sait pas à qui on s'adresse, siffla le meneur en la saisissant par le collet.
Déjà, un employeur s'était faufilé à l'extérieur par l'arrière boutique, courant à perdre haleine vers le palais, hurlant à qui voulait l 'entendre :
- La reine ! La reine se fait agressée dans la boutique de Dame Cura !
Lâchez votre avis ! Et je prends la peine de maudir le forcing d'une certaine personne ( elle se reconnaître ). Merci d'avoir lu et n'oubliez pas : pour un meilleur résultat, il me faut une critique ( construite de préférence hn Anissa ) #Sofia