L'interrogatoire des brigands ne donna rien. Ainsi donc, nul ne savait qu'il y avait ou non présence de complices en ville. Van marchait vers la chambre où se reposait son aimée, suivi du médecin de la cour qu'il avait finalement trouvé et des Conseillers qui lui faisaient un rapport de l'interrogatoire.

Les portes de la chambre étaient grandes ouvertes, ce qui ne manqua pas d'inquiéter le monarque. Il entra dans la pièce, main sur la garde de son arme, pour trouver, non sans soulagement, Hitomi endormie avec à son chevet Merle. Un coups d'œil au reste de la pièce lui apprit que les Généraux étaient là, veillant en silence.

- Majesté, nous avons à vous faire part d'une grave affaire, lança le Général Hak.

- Laissons le médecin prendre soin de dame Hitomi, lady Merle saura veiller sur elle un instant.

- Nous restons ici, nos confrères sauront vous confier notre inquiétude à tous, firent les Généraux Blue et Din.

Van se retira donc sur le balcon avec les Généraux Hak, Kaze et Jiyu. Ils lui firent alors part de leurs inquiétudes face à l'annonce que le brigand avait faite à la jeune reine. Cet individu, décapité par le roi, serait en vie ? Comment ? Où ?

Seuls des sorciers pouvaient influer mort et vie. Était-il sorcier ? Feru avait-il un lien avec cette affaire ? Y avait-il un sorcier qui avait brisé l'une des lois des la sorcellerie ? Et ce sorcier connaîtrait le brigand attrapé en ville...

Non, cette dernière hypothèse ne tenait pas la route, c'est par hasard que la jeune femme avait croisé cet homme. Hasard et malchance...

- Si cet individu se montre au palais, ce sera un vrai foutoir, commenta le Général Hak.

- Sans parler de Hitomi qui risque de paniquer. Dès qu'elle se laissait submerger par ses sentiments durant la Grande Guerre, une colonne de lumière l'éloignait de ses craintes, la ramenant sur la Lune des Illusions, fit Van, sourcils froncés.

- Nous devrons faire attention, si cela venait à se produire, sa majesté serait en danger, commenta le Général Kaze

- Cet homme n'approchera pas si nous sommes à ses côtés. Une sortie comme celle d'aujourd'hui pourra à l'avenir avoir des conséquences plus dramatiques que quelques marques, fit le Général Jiyu sombrement.

- Elle était sensée rester dans la salle du trône, grogna Van.

- Il a fallu que les gardes ne soient pas assez explicites, soupira le Général Hak.

- JE VOUS DIS DE NE PAS ME TOUCHER !

La voix de Hitomi les fit sursauter. Van rejoignit aussitôt l'intérieur, la mine inquiète et sombre. Il vit la jeune femme debout sur le lit, hurler au médecin ( un nouvel apprenti du chef de service... Il n'avait pas pensé à cela ) de ne pas l'approcher alors que Merle demandait calmement au médecin de lui laisser le soin d'appliquer la baume sur la gorge de son amie qui craignait le moindre inconnu...

- Visiblement, sa trachée n'a subi aucuns dommages collatéraux, commenta avec un sourire le Général Hak.

- Fort heureusement, nous aurions peiné à lui mettre une attelle afin de l'immobiliser, lança le Général Din en les rejoignant.

- Elle semble avoir repris du poil de la bête, ce qui est au mieux, fit le Général Kaze.

- Oui, tantot elle...

-Elle quoi, fit Van, sourcils froncés.

- Oh... Euh... R... Rien !

- Vous me cachez quelque chose, s'exaspéra le jeune roi.

- Pour votre bien, assura le Général Din.

- Elle vous dira tout si elle veut en parler, fit le Général Kaze.

- N'aggrave pas encore plus les choses, soupira le Général Jiyu.

- Il vaut mieux vous laisser... Entre vous...

Les cinq Généraux, d'un commun accord, se dirigèrent vers la sortie, emmenant avec eux Merle et le médecin démuni...

Le médecin enfin sorti, Hitomi se détendait, se laissant retomber dans son lit. Van attrapa le baume laissé par l'apprenti, s'avançant vers sa dulcinée.

- Il va falloir que je t'applique ça, Hitomi, fit-il avec un léger sourire.

- C'est l'inconnu qui m'inquiétait, pas toi, fit la jeune femme en lui adressant un sourire éclatant.

Il s'installa sur le lit, près d'elle, et commença à lui appliquer la pommade. Il commença à se renseigner, parlant avec douceur comme pour la rassurer :

- Que t'a raconté cet homme pour que tu baisses ainsi ta garde et sois désarmée ?

- Je... Si je t'en parle, tu deviendras fou... Fou de colère...

- Je le suis d'avoir failli te perdre en ce jour, alors, je t'en prie, raconte moi cela...

- Te souviens tu de l'individu... Celui que tu as exécuté ?

- Comment pourrais-je l'oublier ?

- Je... Cet homme... Il...

Elle logea sa tête dans le creux de son épaule, en quête de réconfort, même s'il ne s'agissait là que de mots...

- Il est en vie. Il va revenir... Il va achever ce qu'il a commencé... C'est ce que cet homme m'a dit...

Les poings de Van se crispèrent. Il prit son épouse contre lui, dans une étreinte rassurante, et dit :

- Il ne t'arrivera rien, je le jure. Je ne laisserai plus cet individu poser ses mains sur toi...

Elle s'endormait, bercée par ces promesses.

- Je suis confuse ! Navrée ! Je ne faisais pas attention et...

Elle se tut soudain. Merle lui lança un drôle de regard, comme pour comprendre ce soudain silence. Hitomi ne fixait pas le passant qui lui même se confondait en excuses. Son regard était fixé sur un individu qui se tenait plus loin, encadré d'une demi-douzaine de comparses.

La jeune reine fit un pas en arrière, le regard luisant d'horreur et de crainte.

- Majesté, l'apostropha le Général Din, inquiet par ce silence et ce recul.

- Hitomi, qu'est ce que tu as ? Tu es malade ? S'enquit Merle.

Plus loin, l'individu qu'elle fixait s'avançait vers eux, un sourire amusé flottant sur ses lèvres.

- Généraux ! Will Russ ! S'exclama Hitomi avec panique alors que dégainaient le groupe d'individus.

Prompts, les Généraux eurent vite fait de remarquer ce groupe armé qui se dirigeait vers eux et de reconnaître à la tête du groupe le condamné qui avait agressé la jeune femme.

Merle saisit Hitomi par le bras, hurlant en l'entraînant avec elle :

Viens vite ! Il ne faut pas rester là !

- Mais... Les Généraux...

- Nous saurons les combattre, partez sans vous soucier de cela, soupira le Général Hak.

- Nous sommes gardiens de la famille royale après tout, s'amusa le Général Kaze.

- Ils vont tous périr , jurait sombrement le Général Din.

- Tu vois, ils sont au taqué ! Allez, on y va ! La pressait Merle.

Hitomi se résigna. Ses jupons en main, elle se mit à courir à travers la ville pour rejoindre un lieu sûr. Elles ne se faisaient pas d'illusions. Le palais était trop loin...

- Je t'aurai, reine de... hurlait Will Russ.

- La ferme ! L'interrompit d'une voix plus forte le Général Blue.

Les deux jeunes femmes se retrouvèrent finalement, à bout de souffle, devant une taverne, à plusieurs rues du combat.

- On entre avant que ne nous tombent dessus ces malades, fit Merle qui reprenait son souffle.

- Je connais cette taverne, fit Hitomi avec un sourire éclatant en entrant.

Le propriétaire essuyait d'un chiffon usé un verre derrière son bar. Il leva un regard curieux vers les nouveaux arrivants, il était trop tôt pour voir ses habitués... Il fut étonné de voir deux silhouettes de femmes se découper dans l'embrasure de la porte. Lorsque le bois épais sauva sa vue du soleil éblouissant, il la reconnut... La protégée du roi de l'autre fois... La reine de Fanélia... Sa reine...

- Majesté, j'imagine que, malheureusement, si vous êtes là, c'est qu'il y a un soucis, fit-il de son ton bourru alors que la jeune femme s'avançait vers le bar, un large sourire aux lèvres.

- Ravie de vous revoir ! Merci encore pour la dernière fois, les esclavagistes ne m'ont pas attrapée grâce à vous.

- Je vous ai juste casée derrière mon bar, j'savais pas qui vous étiez, j'pouvais pas savoir... Aurai été moins brusque.

- Vous avez été parfait ! Ne vous en faites pas !

- Il se passe quoi dehors ? J'ai entendu des cris ... Y a une rixe ?

- Pouvez-vous nous cacher ?

- Encore ? Qui ose...

- Avez vous eut vent de l'affaire de la Forêt ? Demanda Hitomi d'une petite voix.

- Bien sur... Tous dans la ville savent... Ah, combien en sont encore bouillants de rage... Quand Fanélia a enfin une reine digne de ce nom ! J'vous dit pas ce que peuvent raconter les ivrognes au soir ici !

- Eh bien, le coupable a survécu et est à notre poursuite, fit Merle qui voyait que si son amie poursuivait, elle fonderait en larmes.

- Kss... J'envoie Don au palais. Venez, je vais vous conduire à l'étage, les volets sont fermés, il y a deux lits, vous pourrez rester aussi longtemps que nécessaire.

- Nous pouvons rester derrière la bar vous savez, fit Hitomi en souriant. Pas besoin de vous déranger...

- J'laisse pas ma reine derrière mon bar...Ow... Chui fier de ma patrie moi. La famille royale a sauvé le peuple, je vous respecte trop pour vous laisser là ! Disait-il en montant les marches, les guidant à la dite-pièce.

- Je n'ai rien fait méritant ce respect, fit Hitomi.

- Si... Le roi... Vous l'avez sauvé ! Plus d'une fois ! Et vous avez accepté sa demande ! Vous êtes not' reine !

Merle et Hitomi souriaient face aux éloges de cet homme. Ils arrivèrent à la chambre. Les deux jeunes femmes s'installèrent alors que le propriétaire beuglait dans le corridor :

- Don !

Il y eut des pas lourds. Une jeune homme bien bâti, la mine sombre, arrivant dans l'encadrement, disant :

- Mouais ?

- Vas au palais et dis au roi que la reine se cache ici.

- Je l'accompagnerai pas là bas plutôt ?

- Non, vous seriez tués, fit Hitomi. Je ne tiens pas à ce que vous subissiez ma malchance.

- T'y vas et dis ça au roi. Il viendra avec ses Généraux et vassaux fit le propriétaire.

Acquiesçant, le jeune homme descendit lourdement les marches en pestant contre ceux qui s'en prenaient à leur famille royale.

- J'vous fait monté à manger et je vous laisse vous reposer, fit le propriétaire en sortant à son tour.

La porte fermée, Merle fit part de ses inquiétudes :

- On peut vraiment lui faire confiance ?

- Oui, je lui dois la vie et il aime son roi, fit Hitomi en souriant.

- Tu n'as pas tes armes de la lune des illusions avec hein, devina Merle.

- Pour aller acheter un livre ? Non, je ne les ai pas prises.

- S'ils nous trouvent...

- Nous emprunterons un pilier de lumière, annonça Hitomi.

- Mais sur la Lunes des Illusions aussi tu es en danger, fit Merle.

- Je ne laisserai pas cet homme assouvir ses pulsions. Je préfère risquer ma vie sur Terre qu'être ici son objet de caprice.

- J'espère que Maître Van ne tardera pas, renifla Merle en s'allongeant, posant sa tête sur les genoux de son amie.

- Il ne tardera pas, assura d'un ton rassurant Hitomi en lui caressant la tête avec douceur.

I'm BACK AND I GET DE BACKKKKK