Assise sur le sofa, une tasse de café entre les mains elle fixait l'écran sur lequel défilaient les dernières infos recueillies par le Nord. Il y avait un groupe d'assassins qui courait les rues de Tokyo avec des armes moyenâgeuses. Elle sirota sa boissons, se disant que c'était possible... Elle soupira, se disant qu'il fallait les mettre hors d'état de nuire... Elle grogna, elle voulait juste rentrer à Fanélia... Mais... Si Tokyo était victime de ces assassins... C'était sa faute... La faute à Hitomi qui a embarqué des dingues avec elle ! Un nouveau soupir. Elle avait vraiment besoin de vacances...

- Rei , tu es là, fit-elle de sa voix endormie.

Assis derrière son bureau, plus loin dans la pièce, le leader du Nord sourcilla. C'était son bureau... Bien sur qu'il était là...

- Ouais Hito.

- Il faut éliminer les assassins de Gaia.

- Hmm... Aucunes chances, ils agissent de façon aléatoire et désordonnée. On peut pas les embusquer ou les leurrer.

- On peut les appâter, lança la jeune femme avec un large sourire.

- Avec quoi ? De la viande, railla le leader en rangeant un rapport dans un tiroir afin d'étudier le suivant sur son bureau.

- Moi.

- Pardon, demanda-t-il, certain d'avoir mal entendu, plongé dans le rapport de mission de l'un de ses Dreamers.

- Je serai l'appât. Keniji aidera sûrement.

Il leva les yeux, les plongeant dans l'émeraude son sa grande amie. Elle... Elle n'était pas sérieuse... Si ?

- Je vais les appâter, ça va m'occuper.

- Tu souffres à ce point de l'absence de ton roi, fit-il railleur.

- Après trois ans de mélancolie, j'ai enfin pu le retrouver. C'est un sacré choc d'en être si vite séparée.

- Ouais ouais, t'es vicieuse surtout. Tu sais que si tu finis blessée, ton roi, c'est à nous qu'il va s'en prendre.

- Il ne pourra pas, il voudra me ramener à Fanélia le plus vite possible, répliqua-t-elle narquoise.

- Bon, j'en parle à Ken puis on verra. En attendant, tu ne quittes pas le Nord.

- No prob... Je suis assez à mon aise dans ton bureau, le reste ne m'attire pas.

C'est donc quelques heures plus tard qu'il revint, accompagné de ses sous-commandants et de Keniji et le nouveau second de ce dernier. Il n'accorda aucune importance à la jeune femme qui s'était endormie en boule sur le canapé, sourcils froncés. Elle dormait d'un sommeil léger, prête à faire face à toutes éventualités...

- Bon, le plan est simple, on le attire dans un coin en exposant Hito. Mais on place quelques snipers dans le périmètre pour la couvrir. Une fois les assassins dans le piège, on les abat le plus rapidement et le plus silencieusement possible. Pigé ? Fit Rei.

- Selon mes sources, ils sont aux alentours de la tour de Tokyo. Il suffira de trouver une impasse. Il y a assez de buildings pour que nos snipers se dispersent sans être visibles, commenta Ken.

- On décolle à minuit, soyez prêts, acheva Rei.

Tous hochèrent la tête. Cette mission était essentielle pour la continuité de leurs recherches. Nombreux investigateurs de leurs bureaux avaient finit tués par ces assassins aux victimes aléatoires... Pour récupérer le monopole des virées nocturnes, les adeptes de polémique devaient détruire cet obstacle , ces assassins assoiffés de tuerie...

Baillant suite à ses nuits trop courtes et à cette tension qui pesait constamment sur ses épaules, Hitomi marchait d'un pas nonchalant au hasard aux alentours de la tour de Tokyo. Elle portait un jeans noir, un sweat à capuche large et rouge sombre, des bottines noir... Elle se demandait si ces assassins allaient tomber dans un piège si ridicule... C'était trop connu comme parade... Bien trop... Tous les films... Ah.. Elle eut un sourire niais... Il n'y a pas de films à Gaïa...

- Enfin on te retrouve, douce reine, railla une voix.

- Où nous as tu envoyés, foutue sorcière, aboya une autre voix.

- Au moins, ici, le capitaine n'est pas là pour nous ennuyer, railla une autre voix.

Son regard émeraude, luisant de mépris et de rage, se tourna vers l'origine des voix. La remarque salace ne lui plaisait pas... Mais elle devait suivre le plan.. Elle n'avait pas d'armes sur elle après tout...

Ils étaient trois. Trois lames prêtes à la trancher. Trois assassins avides de son sang... De sa douleur... De son humiliation...

- Attrapez moi si vous le pouvez, siffla-t-elle en partant en courant.

Tout en lâchant des rires gras, les assassins se lancèrent à ses trousses. Elle sentait les regards des snipers posés sur elle. Elle sentait la présence de ses camarades pas loin... Elle n'avait pas peur... Elle n'était pas seule... Les quelques mots de ces hommes ne devaient l'atteindre... Et pourtant... Elle se savait tremblante...

Elle prit à droite, ralentissant au fur et à mesure qu'elle s'approchait d'un grand mur de brique sombre, tagué et couvert de vieilles affiches...

D'un pas tranquille, les assassins arrivaient, leurs lames au clair, des expressions troublantes sur leurs visage, leurs regards luisants d'avidité... Une semaine qu'ils erraient dans la ville, tuant et volant... Voir face à eux la source de leurs peines, l'origine de leur désir, les rendait fou. Ils étaient dépourvus de raison. Ils la voulaient en larmes. Ils la voulaient brisée. Ils allaient la briser... La posséder avant de la tuer...

- Alors petite reine, on est acculée par l'ennemi, s'amusa l'un.

- Tu vas souffrir, tu vas hurler, avant de disparaître... railla un autre.

Hitomi lança un regard à sa gauche. Un autre à se droite... Ils étaient en retard... Rei n'arrivait jamais à l'heure... Elle serra les poings... Elle n'avait pas d'armes...

Déjà, le meneur du trio était face à elle, un sombre sourire aux lèvres. Ils lui prit le menton, souffla à son oreille :

- Combien de temps tiendras-tu, dis-moi ma douce, avec nous trois ?

Un frisson d'horreur la parcourut. Les doigts de l'assassin glissèrent vers sa gorge, la saisissant alors que les prunelles azur de son agresseur savouraient l'éclat de panique qui animait l'émeraude de ses yeux...

Une balle fusa. Il se la prit en pleine tête, tombant aussitôt. Hitomi leva les yeux vers le sniper qui venait de tirer, le remerciant d'un hochement fébrile de la tête.

Les deux autres assassins ruèrent vers la jeune femme déstabilisée. Les retardataires arrivèrent enfin, hurlant en passant par dessus le mur et par la rue qui donnait sur l'impasse. Ils encerclaient les assassins. Ceux-ci ne tardèrent pas à tomber sous leurs balles...

Hitomi tremblait. Elle avait glissé sur ses genoux, fixant ses mains tremblantes... Elle ne comprenait pas... Pourquoi... Alors que...

- Hito, ça va, demanda Rei en s'approchant, rangeant son arme dans l'étui qui lui était réserve sur son côté droit.

- Pourquoi, siffla-t-elle, les larmes aux yeux. Pourquoi avoir tardé ?

- Voir si ta peur avait disparu. Il semble que non, annonça Rei.

- Ne refais jamais ça ! Je... J'ai cru..

- Excuses-moi , Hito... Pardon.. Mais tu devais savoir... fit Rei en la prenant contre lui. Elle logea sa tête dans le creux de son épaule, pleurant, laissant retomber la crainte et la tension qui l'avaient assaillie.

- Elle pourra pas créer de colonnes dans cet état d'esprit, commenta Ken en lançant un regard désolé à son ancienne subordonnée.

- Si elle est en danger, elle en créera une. Je me demandais si ça allait se produire ce soir, visiblement, le viol n'est pas un danger aussi important que la mort pour la logique des colonnes de lumières, fit Rei en la soulevant.

- Nos intentions étaient claires, c'est peut être pour ça. L'avenir n'assurait pas ce fait... Or ses dangers de morts étaient indéniables... fit Ken.

- Si on ne l'avait pas aidée, elle serait sûrement déjà à Fanélia alors, fit le nouveau second de Ken.

- Où aurait été la limite du danger des colonnes ? Imagines si la colonne était apparue en plein méfait ! L'autre enfoiré aurait tranquillement terminé à Gaïa où il aurait grand max une heure avant qu'on les localise par rapport à la colonne, grogna Rei.

- Il peut se passer plein de choses en une heure, grogna un des agents avec un air sombre.

- On rentre, soupira Ken en se dirigeant vers leurs véhicules. Hitomi avait reçu une dose de calmant, injectée par Rei, car elle paniquait de trop et devenait un peu hystérique...

Assis derrière son bureau, Van se devait bien de tenir son rôle de monarque... Surtout avec les tensions qui régnaient et les réçents messages du Nord.

Il devait garder la tête haute... Malgré l'absence de sa dulcinée. Un message. C'est tout ce qu'il avait d'elle . Une petite boite de métal froid de laquelle résonnait sa voix. Elle lui avait parlé, à lui. Elle s'était excusée d'une voix tremblante. Elle avait fait une promesse. Elle comptait bien la tenir le roi peinait à accepter la situation. Il n'avait jamais supporté son impuissance. Alors qu'il cherchait un moyen de la retrouver, rongé par l'inquiétude, un pilier de lumière, trop étroit pour transporter une personne, s'était matérialisé devant lui, laissant sur le sol de marbre une petite boite de métal froid...

Elle était brève, émotive, douce... Hitomi lui expliquait sa situation en ces quelques mots :

- « Van,

Si tu reçois ce message, saches que je vais bien. Je suis à Tokyo, sur la Lune des Illusions. Je ne parviens toujours pas à rentrer. Les colonnes de lumières n'apparaissent pas... Pourtant, je veux tant rentrer! Keniji me dit qu'il y a un rapport entre ce blocage et les événements récents... Il dit que ma peur de ce qui peut m'arriver si je me matérialise n'importe où me bloque ... Si je parviens à maîtriser la localisation de mon arrivée, je parviendrai peut être à éviter un nouvel incident... Je l'espère...

J'espère pouvoir bientôt te revoir, en attendant, je te dis, mon amour, à très bientôt.

Ne m'oublies pas et scrutes le ciel... »

Et ses devoirs de monarque l'avaient finalement occupé tout au long des journées où l'absence de son épouse lui pesait. Il n'oubliait jamais de lever les yeux vers le ciel, dès qu'il en avait l'opportunité, le regard brillant d'espoir. Celui de voir un pilier de lumière déchirer l'horizon...

Ah... Tokyo n'avait pas changée , se disait-elle. Toujours aussi animée et pleine de vie malgré les ombres de la ville. Baillant, elle marchait à travers une rue marchande, encadrée de trois agents du Nord. Elle trouvait leur présence futile... Elle était armée après tout. Léon avait organisé un brunch, invitant toutes les personnalités de polémiques à sa planque. Les deux leaders avaient sermonné Hitomi qui voulait y aller en survêtement. Elle avait grogné qu'elle s'excusait de ne pas avoir ses robes sur elle. Ils avaient insisté pour qu'elle en achète une... Elle avait débattu... Pas très longtemps... Donc elle cherchait une robe pour ce brunch...

En cabines, elle enfilait une robe longue et moulante traînant un peu à l'arrière. D'une couleur simple et discrète, la tenue convenait parfaitement pour l'événement. D'un doré aux reflets cuivrés, avec un col en v et des épaules couvertes de fine dentelle or, la robe embrassait ses formes, s'épousant parfaitement avec ses hanches fines et sa chevelure blond cendré.

Sortant de la cabine, elle s'étudia sur le grand miroir de la boutique, les agents du Nord scrutant les mines de tous les clients, prenant très à cœur leurs rôles de gardes du corps d'un jour de plus...

- Hito ! Oh ! Que tu es sublime !

Anda, une chemise blanche au col ouvert dénudant son buste sculpté par son travail, se tenait à quelques pas des agents à la mine sombre.

- Que me vaut le plaisir de ta visite, mon cher Anda, fit-elle, un sourire narquois aux lèvres en se tournant vers le nouveau venu.

- Hmm. Les rumeurs parlaient de ton retour. J'avais hâte de te revoir, Hito. Mais je ne vois pas ton roi. Quel imprudent il fait...

- Anda... Que veux-tu ?

- Juste savoir si les rumeurs disaient vrai, fit-il avec un large sourire en s'avançant. Les agents voulurent le bloquer, Hitomi soupira qu'elle voyait deux snipers dans le bâtiment d'en face... Ils se feraient tuer bien vite s'ils faisaient une bourde...

- Tes amis yakuzas savent que tu es là, demanda la jeune femme.

- Non, je suis venu de mon propre chef voir si tu étais en vie, fit-il, amusé, en soulevant son menton pour garder la contact visuel.

- Cher Anda... Je suis mariée, tu le sais. Alors ôtes tes sales pattes, siffla-t-elle sans se départir de son sourire, son regard dans le sien.

- Tant d'autorité dans ta voix, haha. J'en tremble d'excitation !

- Un malade ce gars, soupira la jeune femme en se dégageant.

- Écoutes ma proposition, douce Hito, fit-il avec plus de sérieux.

- Parles, je suis tout ouïe, fit-elle narquoise.

- Sois mienne et ta vie sera sauve. Les parrains ne te pourchasseront plus, ta tête ne sera plus à prix. Tokyo sera à nouveau ta ville.

- Tu plaisantes ?

- La chance de sauver ta vie serait une plaisanterie, Hito, siffla-t-il en la prenant par la nuque, la dominant de sa taille et de sa poigne.

- Je suis reine de Fanélia, épouse de Van Fanel, je n'ai plus aucuns liens avec Tokyo, siffla la jeune femme avec colère. Vas donc te trouver une autre maîtresse, Anda.

- Que fait à Tokyo notre petite reine alors ?

- Je me retrouve...

Des filaments de lumière les encerclèrent. Un pilier de lumière les emportait, sous les regards des agents du nord et ceux de Anda... Hitomi eut un large sourire. Elle avait finalement vaincu cette peur, son subconscient avait réussit à passer outre...

- NON ! HITO ! QUE FAIS-TU ! Hurlait Anda, regardant le sol s'éloigner.

- Je rentre chez moi, fit-elle d'une voix lointaine tant elle était ravie d'être enfin de retour...

Le sol sous leurs pieds reparut. Hitomi tomba lourdement, grognant de douleur. Elle aurait un bleu ou deux suite à cet atterrissage raté...

Elle leva les yeux vers la terre qui aux côtés de la lune brillait de tout son éclat. Elle eut un sourire niais, se souvenant. Inspirant à fond, elle embrassa du regard ce qui l'entourait : la place de marché de Fanélia !

Tous avaient cessé leurs activités pour fixer avec joie, étonnement, plénitude, le pilier de lumière frapper la place... Symbole du retour de leur reine disparue depuis deux semaines et des poussières...

- Noms des Dieux, Hito, comment as-tu osé me ramener dans ce foutu monde, hurlait une voix.

La jeune femme prit conscience de la présence de Anda qu'elle avait oublié. Elle sourcilla à sa remarque, disant :

- Tu n'avais pas à me tenir. Si tu avais sagement gardé tes mains en poches, tu serais dans la boutique, à Tokyo.

- Ah ! C'est de ma faute alors ! S'exclama-t-il en s'avançant vers elle d'un pas rageur.

Elle se recula vivement, sifflant :

- Je te défends de m'approcher ou de lever la main sur moi, Anda.

- C'est pas aujourd'hui que je vais renoncer à ce qui m'a toujours amusé, siffla-t-il. Renvoies moi là bas.

- Impossible.

Il lui saisit la gorge, le regard luisant de colère et répéta, son visage à un cheveu du sien :

- Renvoies moi...

La foule, assistant à la scène d'un œil noir et méprisant, s'animait :

- LAISSEZ LA REINE !

- A BAT LE VOYOU !

- APPELEZ LA GARDE ! LA GARDE !

NDA : Je suis ravie que mon humour noir plaise à certains ^^ Et ravie aussi de lire des commentaires, j'en reçois peu ces derniers temps. Amlia