- BIENVENUE ! BIENVENUE ! Ô quel roi ! Quelle reine ! Quelle histoire ! Quel honneur ! S'enthousiasmait le Gouverneur de la cité toute en pierre bâtie avec à son coeur un château immense. Moins grand que le palais de Fanélia, certes.. Mais tout de même impressionnant par son architecture que Hitomi qualifiait de néo-gotique sans se faire comprendre des Généraux.

- Il est comique cet homme, commenta le jeune femme aux Généraux alors que l'intéressé s'avançait à grands pas vers l'escorte.

- Juste trop enthousiaste, s'amusa le Général Din.

Van mit pied à terre, imité par ses Vassaux, Hitomi et les Généraux à ses côtés. Les messagers du Nord avaient été à la volière envoyer un message à leur roi pour l'informer de leur position et faire part de leurs inquiétudes quant au traité si le prince de cette cité ne se contenait pas...

- Oh ! Oh ! Oh ! Que... Que vois-je ? Que vois-je ? S'extasia un grand blond bien bâti à la longue crête ramenée en diverses tresses.

Il s'avança vers Hitomi, prenant ses mains dans les siennes pour ajouter, son regard d'un bleu océan éclatant plongé dans le jade des prunelles de la jeune reine :

- Quelle douceur vient embellir ce château victime de l'hiver ! Vos mains sont d'une finesse, votre teint d'un éclat...

Hitomi remarqua du coin de l'œil que toutes les jeunes femmes de l'assistance s'éventaient. Elle en sourcilla, dégageant ses mains d'un geste sec en disant :

- Vous m'excuserez mais je suis mariée.

- L'adultère est le crime charnel avant le mariage... Pas après, glissa le jeune homme en jouant avec une de ses mèches.

- Pas d'où je viens, commenta-t-elle froidement en se reculant d'un pas, les Généraux se rapprochant.

Van se plaça entre son épouse et le grand blond au menton carré, disant :

- Vous nous excuserez, mais le voyage a été long.

Le prince se retira en souriant, son père annonçant que ce soir, à sa table, un festin serait donné pour ces étrangers venus de si loin.

Assise sur le lit deux place qui lui avait été donné, Hitomi fixait la porte, sourcils froncés. Dans ce château, hommes et femmes, même mariés, ne pouvaient partager la même chambre que pour avoir une relation. Si un couple voulait simplement dormir enlacé, il ne pouvait pas.

Elle trouvait cela absurde ! Il y avait un garde devant chaque porte chargé de surveiller les entrées et sorties des gens ! Hitomi se leva, ouvrant la porte de sa chambre pour trouver deux gardes debout à l'entrée. Elle grinça :

- C'est vraiment gênant, vous ne voulez pas partir ?

- Le roi de Fanélia a failli rompre la tradition une fois en entrant par votre fenêtre à présent condamnée. Vous êtes sous haute surveillance, reine de Fanélia, pour le bien des traditions. Le festin débutera dans la minute.

Elle jura contre leurs traditions de façon obscène, claquant la porte.

Elle enfila une robe, se débarrassant de sa chemise et de son pantalon et s'en alla en tapant des pieds.

Tous les gens importants de la cité semblaient avoir été invités. Tous parlaient de banalités et de commerce... Hitomi mit un certain temps à trouver son époux dans cette foule. Une fois à son bras, elle y resta, sans pour autant lui faire part de ses sentiments... Il y avait trop de monde.

Ils mangèrent à la table du Gouverneur qui parlait vivement aux messagers du Nords, envoyés de la Capitale.

Les Généraux, plus loin, souriaient de bienveillance en voyant la jeune reine parler à l'oreille de son époux et celui-ci répondre tout aussi discrètement. Ils semblaient réconciliés et cela rassurait les Généraux et vassaux.

Bientôt Van fut emporté dans un débat concernant l'histoire de leurs ancêtres et le Gouverneur semblait certain que son ancêtre avait un jour signé une alliance avec un roi de Fanélia. Ces faits n'ayant jamais été cités par des maîtres de l'historie ou des écrits, Van qui connaissait l'histoire de la dynastie Fanel sur le bout des doigts depuis ses cinq ans s'acharnait à dire que le Gouverneur devait confondre.

Hitomi fixait les tables emplies de peuple qui se réjouissait de l'arrivée d'inconnus... Elle trouvait cela étrange. Ces gens n'avaient rien à voir avec les nordistes hostiles de la cité précédente...

Sous la table, une main glissa sur sa cuisse. Elle eut un violent sursaut, lançant un coups d'œil à droite où son époux discutait puis à gauche... Où sa voisine avait été remplacée par le fils du Gouverneur, le grand blond de ce matin...( NDA Soso adore critiquer la population blonde, ne le prenez pas mal, chers blonds/ chères blondes 3 )

- Que pensez-vous faire, lança-t-elle au prince qui avait un sourire enjôleur sur les lèvres.

- Je fais connaissance, ma douce, fit-il, sa main sur sa jambe.

- Ôtez cette main, tout de suite, ordonna Hitomi, sourcils froncés.

- Dommage qu'il y ait cette robe, vraiment, commenta le prince.

- Je vais vous tuer, je le jure, sifflait-elle.

Il retira sa main, toujours souriant, disant :

- Je saurai vous faire craquer, ma reine...

- Essayez seulement.

Les Généraux n'avaient rien manqué de cet échange mais la nappe avait été complice du crime, cachant l'acte du prince impoli. Les Généraux ne s'inquiétaient pas outre mesure alors que les messagers, sourcils froncés, regardaient la jeune reine se lever pour quitter la salle d'un pas rageur.

Arrivée à sa chambre, Hitomi se débarrassa de sa robe, enfila un chemise de nuit et se laissa tomber sur son lit, encore tremblante de colère et d'impuissance.

- Une nuit sans être protégée des Généraux avec Casanova en chasse et Van dans la pièce d'en face... Ah là là, je vais mal dormir, s'ennuya la jeune femme en ramenant ses genoux contre sa poitrine, s'endormant avec peine.