C'est dans la nuit noire que ses yeux s'ouvrirent. La lune était pleine, inondant d'une blanche lumière la chambre entière. Elle grogna... Elle avait froid. Sa conscience se focalisa sur ce qui l'avait réveillée... Le froid... Elle lança un coups d'oeil à son corps découvert, grognant de mécontentement en se redressant vivement. Quelqu'un était assis sur son canapé, face au lit.

- Enfin réveillée, ma reine, fit une voix qu'elle reconnut sans mal.

- Que faites-vous là, lança-t-elle en saisissant sa cape de voyage, la passant sur ses épaules, debout à côté du lit. Son drap avait été traîné jusqu'à un coin... C'est pour cela qu'elle avait froid...

- Il me semble que je vais devoir vous prendre ce soir.

- Voyez-vous cela, soupira la jeune femme.

- Oui, vous me faites trop d'effet. Et un substitut ne saurait me combler.

- Ecoeurant, grinça la jeune femme.

- Vous n'avez ni armes, ni gardes... Cette nuit est ma nuit, glissa-t-il en s'avançant, lui soulevant le menton pour effleurer ses lèvres de son pouce.

- Vous n'aurez pas l'occasion de satisfaire votre petit besoin, Casanova, commenta Hitomi.

Il la fit tomber sur son lit, se hissant sans mal sur sa victime. Installé en califourchon sur son ventre, il écartait les pans de cape, amusé.

- VAAAAAAAAAAAN ! GENERAAAAAAAUXXX ! Se mit soudain à hurler Hitomi, se débattant pour le dégager.

- Cessez de hurler espèce de...

Les portes de la chambre furent violemment défoncées, volant à travers la pièce pour finir contre le mur opposé. Van fit irruption dans la chambre la rage au coeur, l'épée à la main, torse nu puisqu'il avait été réveillé par les cris de son aimée.

Sans demander le pourquoi du comment, il saisit la longue crête du prince, le jetant à terre sans efforts et lui ôta la vie d'un coups net. Il le décapita...

Assise sur son lit, ses genoux ramenés contre sa poitrine, Hitomi serrait sa cape contre ses épaules, le regard brillant. Elle tremblait.

Les Généraux entrèrent alors que la tête du prince quittait ses épaules. Ils grimacèrent face au spectacle puis portèrent leur attention à leur reine qui avait hurlé, les réveillant...

- Ma reine, vous... tenta de se renseigner le Général Hak.

- Hitomi, il est mort . Calmes-toi, la rassura Van en plantant son épée dans le sol et en écartant les bras pour s'avancer vers la jeune femme.

- On a encore essayé de... lâcha Hitomi d'une voix fébrile.

- Je sais... Je sais... Mais je ne laisserai jamais cela se produire, je le jure, Hito... Je suis tellement désolé... Tellement...

Elle s'autorisa alors à se loger dans ses bras, un sanglot lui échappant.

- Je ne l'ai même pas entendu entrer... S'affolait la jeune femme, doutant de ses capacités.

- Viens. Nous allons dormir dans ma chambre... Tu t'y sentiras mieux...

Il la souleva délicatement, laissant là le corps décapité du prince et alla dans sa chambre. Les Généraux chassèrent les gardes inutiles, se postant devant la pièce la mine sombre.

Assis sur son lit, son épouse recroquevillée dans ses bras, Van ne savait que faire, que dire, pour la consoler...

- Van ! Je n'aurais rien remarqué s'il...

- Si, tu l'aurais remarqué et j'aurai senti si une telle situation se produisait...

- Mais...

- Dors, nous reparlerons demain. Dors, tu as besoin de repos.

- Je