Bonjour à tous !

Me voilà de retour avec la suite un peu plus tôt que prévu, il faut dire que vos reviews m'ont motivée à fond !

Merci beaucoup ! Je suis vraiment contente que le petit prologue vous ait plu et j'espère qu'il en sera de même avec le Chapitre 1 qui suit ;)

Je crois avoir répondu à toutes vos reviews, si j'ai oublié l'un(e) d'entre vous je m'excuse, je suis trop étourdie parfois. Pour les reviews anonymes, les RAR sont à la fin du chapitre.

En fait hier soir, j'étais tellement intenable que j'ai écrit le dernier chapitre de la fic. xD

Ca m'est venu tout seul alors j'ai saisi mon stylo et je l'ai rédigé, c'est déjà une bonne chose de faite ! Maintenant il ne me reste plus qu'à trouver quoi mettre au milieu.

Disclaimer : Les personnages de l'univers de J.K. Rowling ne m'appartiennent pas mais tout le reste si, surtout les gros méchants gardiens de prison. Je me suis également inspirée de la série 'OZ', qui m'a suggérée notamment le titre.

Le salaire que je touche en écrivant ces lignes sera bien sûr reversé sur mon compte secret à Waïkiki, alors chut.

Raiting : Il y a de grandes chances que ce soit un bon gros M.

Notes : Vous l'aurez compris, cette histoire se déroule en grande partie dans une prison. C'est un Univers Alterné et comme je vais essayer de rester fidèle aux 'ambiances de prison' que j'ai pu voir dans certaines séries américaines, il se peut que le langage ou les actes soient parfois crus et/ou violents. Je ne tomberais pas dans quelque chose de trop glauque, pas d'inquiétude mais c'est juste pour prévenir les personnes susceptibles d'être choquées par ce genre de choses.

/!\ Oh et l'histoire qui suit contient toujours de très fortes allusions (le mot est faible, non?) à des rapports homosexuels.

Voilà, voilà.

Bonne Lecture !

• . • . •

Chapitre 1 : Et atterrir très bas

Jeudi 22 Décembre – Aux alentours de 14h

-Lucius.

La voix qui venait de s'élever dans la grande pièce était faible et erraillée, bien trop modifiée et même abîmée par les nombreux tuyaux et appareils respiratoires qui étaient devenus les nouveaux poumons de son propriétaire, son système de survie.

Les volets étaient tirés presque entièrement, ne laissant filtrer qu'un mince rai de lumière et conférant à la pièce une ambiance tamisée qui n'avait pourtant rien de chaleureuse.

-Lucius, approche.

La voix haletait, butait sur le peu de mots qu'elle prononcait mais l'ordre qu'elle émettait était sans appel. Jamais Lucius Malfoy n'aurait été assez inconscient pour oser bafouer la moindre parole de cet homme, aussi diminué soit-il.

Mais il hésita un court instant. Rien de très long, quelques secondes seulement. Le puissant homme d'affaires n'aimait pas se salir les mains, dans tous les sens du terme. Il voulait qu'en surface, les choses soient propres et nettes. Les détails scabreux et illégaux, eux, devaient se régler dans l'ombre d'une pièce dissimulée à la vue des braves gens.

C'est pourquoi il répugnait à saisir dans les siens les doigts blancs et décharnés qui se tendaient dans sa direction. Mais s'il était fier et précieux, Lucius n'était sûrement pas stupide.

« Je suis là. » murmura-t-il en approchant de quelques pas du lit d'où la respiration sifflante se faisait entendre.

-Lucius...

Ca devenait foutrement agaçant cette manie de répéter son prénom, comme pour l'humilier, lui rappeler sans cesse qu'il lui appartenait en quelque sorte. Que son destin, son avenir, s'il souhaitait en avoir un vivant, était lié au bon vouloir de cet homme.

Il l'appelait comme il aurait appelé un chien, un serviteur fidèle et docile. Mais docile, le blond était loin de l'être totalement, il dissimulait derrière ses orbes glacées un brasier qui aurait pu lui attirer bien des foudres s'il était un jour découvert.

Quand bien même, c'était agaçant. Ce n'était pas lui qui était sénile et mourant aux dernières nouvelles.

-Je le veux, Lucius.

« Je sais. » répondit presque machinalement l'interpellé. Ses paroles ne changeaient pas. Toujours cette même foutue obsession.

Il se sentit soudain tiré en avant par la main qui agrippait la sienne, avec une force dont il n'aurait jamais cru capable son Patron, au vu de l'état auquel il était réduit.

Ses longs cheveux blonds qu'il ramenait généralement sur ses épaules tombaient maintenant en partie sur le torse sous le sien ainsi que sur ses joues, le chatouillant désagréablement. Il serra les dents et se forca à ne pas se détourner ni reculer quand le souffle fétide et mécanique caressa sa peau et ses narines.

Les yeux fous et injectés de sang cherchèrent les siens mais il parlait sans le voir.

-Oh non, tu n'en sais rien, Lucius. Tu ne sais rien de ce qu'il se passe dans mes entrailles. Rien de la façon dont elles me font payer mon erreur de jugement. Moi, Tom Riddle, immobilisé dans un lit comme un infirme, un mort. Je l'ai laissé approcher, gagner ma confiance et me blesser comme une vermine l'aurait fait. J'entends les voix, les rires de tous ces charognards qui attendent de me voir tomber. Mais si je tombe, je les entraînerais avec moi, plus bas qu'en enfer...Je vais...Je vais...

Sa voix se mourut dans une toux erratique et Lucius profita du fait que la poigne qui enserrait sa main se faisait plus faible pour reculer, sans le lâcher pour autant.

« Vous l'aurez. Je vous promets que vous aurez ce sale... »

-Mr Malfoy.

Le sus-nommé sursauta malgré lui et plissa les yeux pour scruter la pénombre de l'autre côté du lit. Il ne l'avait même pas vu, n'avait même pas perçu sa présence. Il savait pourtant qu'il ne quittait jamais son Maître. Lui, c'était un chien, un vrai. Comme on en faisait que très peu. Le chien d'une seule allégeance.

-Nous n'aimons pas les vilains mots. Persifla l'ombre de Tom Riddle. Son éternel bras droit, le seul à pouvoir présumer tout savoir de lui.

« Nagini. » Fit mine de le saluer Lucius d'un signe de tête.

Celui-ci se contenta de s'approcher du lit et de presser la main libre de Riddle, les deux fentes sombres qui lui servaient d'yeux fixées sur le blond. Il rajusta les tuyaux qui permettaient au malade de respirer à peu près correctement et s'agenouilla près de son maître.

-Ne vous fatiguez pas à parler. Vous savez que je suis là pour ça. Même si Lui vous a trahi, nous vous serons toujours fidèles. En particulier Mr Malfoy.

Lucius posa son regard sur un point imaginaire, juste au dessus du lit, tout en hochant machinalement la tête, signe qu'il écoutait et approuvait les paroles énoncées. Il était même prêt à regarder la gorge lacérée de l'homme dans le lit. Tout plutôt que les yeux de ce serpent perfide de Nagini. Des yeux qui sondaient jusqu'à votre âme, vos pensées les plus secrètes.

-Mr Malfoy a des cartes très intéressantes en main depuis ce matin. Une en particulier. Un adorable joker que nous ne manquerons pas d'utiliser à notre avantage.

La gorge de l'homme d'affaires se serra et il relâcha avec précaution la main de Riddle qui semblait à présent plongé dans un demi-sommeil, bercé par les persiflages rassurants de son Bras Droit.

« Je vais devoir vous quitter à regret. Certains devoirs m'appellent ailleurs mais vous savez que vous pouvez me joindre à tout moment, comme d'habitude. »

Il inclina respectueusement la tête face au lit, bien que son occupant ne soit même plus en état de s'offusquer d'un départ précipité. Il récupéra son chapeau qu'il avait abandonné sur le porte manteau près de la porte et quitta la pièce avec le moins de précipitation possible.

Il croisa de nombreux hommes de main dans le grand couloir aux teintes froides et ne prit même pas la peine de les saluer. De toute façon, il avait plus de chance de trébucher sur le précieux tapis couleur ocre au sol et de mourir sur le coup plutôt que d'obtenir un salut aimable de leur part.

Quelle importance, il n'avait pas de temps à perdre. Le port droit et digne, il essayait de faire taire les pensées qui envahissaient son esprit, ce n'était vraiment pas le moment pour ça. S'il s'écoutait, il ferait quelque chose de très stupide. Mais il n'en avait plus le pouvoir. Il l'avait perdu en faisant cette déclaration à la presse.

Il allait poser sa main sur la poignée de l'imposante porte d'entrée en chêne sombre et verni quand des doigts enserrèrent son poignet, lui arrachant un frisson.

Lucius ne fit pas le moindre geste pour reculer ou se dégager, il savait pertinemment qui se trouvait derrière lui. Et il ne lui donnerait pas la satisfaction de le laisser percevoir le filet de sueur qui parcourait son échine.

Ses cheveux blonds furent ramenés derrière son oreille dans un geste précis et presque tendre, s'il n'avait été suivi par cette voix écoeurante de douceur :

-J'espère pour toi que tu n'oublies rien. Que tu n'oublies pas grâce à qui tu peux encore promener ton joli cul racé dans les réceptions mondaines.

« Je croyais que vous n'aimiez pas les vilains mots. » railla le blond à voix basse.

-Je sais que toi, en revanche, tu les adores.

Lucius fit claquer sa langue avec agacement et tenta de défaire sa main de la poigne qui se resserra dangereusement, les longs doigts blancs se faisant caressant. Il se surprit à fermer les yeux, retenant son souffle en attendant avec une impatience mal dissimulée de pouvoir enfin quitter les lieux.

-Je me sens d'humeur clémente ces temps-ci, Lucius, ajouta Nagini en enroulant une longue mèche blonde autour de son index. Je te laisse quelques jours pour réfléchir. Mais ma patience a des limites, tu le sais. Tout comme tu sais que ma volonté a une forte tendance à influer sur celle du Maître.

« C'est ton maître, pas le mien ! »

L'homme d'affaires regretta immédiatement sa véhémence, il savait pourtant que montrer à Nagini qu'il avait toujours le pouvoir de perturber son calme légendaire était une erreur. Une terrible erreur. Que celui-ci prendrait grand plaisir à exploiter.

-N'oublie pas à qui va ta loyauté. Tu ne voudrais pas trahir encore ta famille ?

Et voilà. Cet enfoiré avait fait mouche. Lucius parvint à se dégager brutalement du corps derrière le sien et il rajusta fébrilement ses cheveux sans se retourner pour oser affronter son regard.

« Je dois partir. »

Il craignit un instant que l'homme ne tente encore une fois de le retenir mais rien ne vint, pas un geste ni même une nouvelle remarque. Pas de celles qui blessent, non, ça ce serait trop gentil. L'une de celles qui vous écrasent, qui vous plaquent plus bas que terre. Le genre de remarques que l'on lançe à la fin d'un duel verbal et qui donne à votre adversaire l'envie de vous arracher les yeux.

Il se risqua à tourner la tête et réalisa alors qu'il était à nouveau seul, enfin, aussi seul qu'on peut l'être dans une demeure comme celle-ci où dans chaque recoin peut se cacher un serpent aussi vil que Nagini.

Il réprima son soupir de soulagement et franchit la porte d'entrée avec un empressement non feint, rejoignant sa berline noire qui était garée tout près du portail en fer sur lequel un serpent était fièrement forgé, tous crocs et langue venimeuse dehors.

Il s'installa au volant et se félicita mentalement d'être venu sans chauffeur. Il n'aurait pas aimé que quiconque le voit dans cet état, ses mains tremblaient légèrement mais ce n'était ni de peur, ni de froid malgré le vent mordant qui lui avait fouetté le visage.

C'était d'impuissance. Cette foutue impuissance. La même qu'autrefois, la même que ce 'encore' qui résonnait dans sa tête.

Avec la voix de l'autre abruti en prime.

Il allait laisser la même chose se reproduire, il allait retrouver le rôle de jolie poupée blonde et obéissante qu'on lui avait assigné. Il allait briser encore une fois l'une de ses promesses et donner raison à ce foutu adage disant que les promesses sont faites pour être rompues.

Lucius l'impuissant. Ce serait son nouveau nom de code.

Sur ces pensées réjouissantes, il s'apprêta à démarrer mais avant ça, il ouvrit sa boîte à gants et en sortit une boîte de lingettes désinfectantes.

Main de son cher Patron ou non, il avait tout de même serré une main pleine de germes et Dieu sait quoi d'autre encore.

Manquerait plus qu'il n'attrape la grippe.

• . • . •

-Je te parle uniquement si tu m'suces la queue.

Draco se retint de se frapper la tête contre le plexiglas de sa cellule, son nouveau chez lui, son home sweet home made in AZ. Qu'il se sente seul, paumé, affamé, désagréablement dérangé par la sensation du doigt inquisiteur qui l'avait fouillé il y a une heure, passe encore. C'était encore dans la limite du supportable.

Il n'était pas idiot, il connaissait-ou du moins croyait connaître- ce qu'était censée être l'ambiance dans une prison. Les petits nouveaux laissés pour compte et bizutés à la dure pour voir s'ils étaient capables de montrer ce qu'ils ont dans le ventre, et surtout dans les couilles, ça il s'y attendait presque. Tout en l'appréhendant.

Mais que son camarade de cellule lui sorte une phrase pareille alors que le blond lui avait juste glissé un stoïque et méfiant «B'jour », ça il devait avouer qu'il ne s'y attendait pas.

C'est donc avec une fierté sans égale que Draco l'avait superbement ignoré et avait déposé sur le lit du haut le paquet de draps propres-du moins il l'espérait-et la couverture qu'un gardien lui avait littéralement balancés au visage. L'homme réagit dans la seconde et vira ses affaires du lit pour les mettre par terre.

Le tout nouveau détenu serra les dents et fouilla dans sa mémoire pour réunir tous les souvenirs agréables qu'il pouvait y trouver et se forcer ainsi au calme. Il ramassa lentement son paquet et le posa alors sur la couchette du bas, faisant comprendre à l'autre taré qu'il avait assimilé le message. 'Lit du haut, à toi. J'ai pigé.'

Mais son co-détenu -il songeait à employer le terme con-détenu à présent- récidiva et vu l'état dans lequel se trouvait le sol sous leurs pieds, c'était quasiment sûr que les draps de Draco n'avaient plus rien de propres à présent.

-Tu dors dans un lit uniquement si tu m'suces la queue.

« Tu te contredis, couillon. Tu viens de me parler et j't'ai pas sucé la queue à ce que je sache. » répliqua le blond du tac au tac, avec une effronterie qui lui venait sans doute d'un instinct primitif caché et un tantinet suicidaire.

-Oh mais ça peut s'arranger tout...

Tap tap tap.

Trois coups tapés contre la vitre l'interrompirent et les deux hommes tournèrent la tête vers le gardien qui était juste devant leur cellule, matraque à la main et l'air peu amène en apparence. Quelques secondes plus tard, il était entre eux deux et rangea calmement son arme avant de s'adresser au taré obsédé par sa queue :

-Bernie, fais pas chier le nouveau.

-Mais...Il veut pas m'sucer la queue.

-Je te l'ai déjà dit, les nouveaux détenus sont pas envoyés ici pour te sucer la queue.

-Mais celui d'avant, il l'a fait lui.

-Non. Il a juste été assez con pour avoir le malheur de s'endormir et tu lui as fourré ta queue dans la bouche sans lui demander son avis.

-Ah ouais...répondit Bernie en gloussant presque, avec l'air rêveur de celui qui revisite un merveilleux souvenir. Mais il était pas très doué, il m'a vomi sur la bite.

Draco, qui en était réduit à l'état de spectateur impuissant, se dit qu'il se serait bien passé de ce genre d'échanges d'anecdotes.

Il savait que la vie lui réservait sans doute plein de surprises inattendues, mais se réveiller avec la queue d'un mec dans la bouche, c'était pas le genre de choses auxquelles il aurait pensé à l'époque où il remplissait la case 'Qu'imaginez-vous pour votre avenir ?' dans les formulaires d'orientation bidons à l'école.

Bon, il avait au moins appris quelque chose grâce à l'intervention du gardien. Règle numéro 1 : ne jamais avoir le malheur de s'endormir le soir. Il allait faire long feu avec ça.

Il sursauta légèrement quand il réalisa que le gardien en question s'adressait à lui et il articula un 'Quoi ?' qui fit hausser un sourcil à l'homme qui répéta :

-Prends tes affaires et viens avec moi, bizut.

Bizut...Il était là depuis une heure et il avait déjà un surnom affectif. Elle est pas belle la vie ?

Mais il ne se fit pas prier pour le suivre, non sans un dernier regard à Bernie qui le fixait, un profond éclat de déception au fond de ses yeux injectés de sang.

Pour un peu, Draco aurait eu de la peine pour lui. Non, en fait il aurait eu sans doute plus de peine pour un poisson mort noyé que pour lui.

La cellule qu'il aurait du partager avec Bernie se trouvait tout en bas et le gardien les fit monter jusqu'à un troisième niveau où se trouvaient les mêmes cellules qui semblaient faites en verre ou en plexiglas et qui étaient, de ce fait, totalement transparentes.

Le blond avait toujours cru que la marque de fabrique des prisons, c'était les cellules avec des barreaux en fer bien austères. Mais il se trompait, AZ se composait de nombreuses 'cages transparentes' réparties sur trois niveaux de hauteur, chacune pourvue d'un lit superposé, d'une cuvette de toilettes soudée au sol et...C'était tout.

Ah si, elles contenaient aussi des détenus censés trouver une occupation dedans et, au vu des co-détenus du genre de Bernie, ils étaient aussi censés y survivre, sauver leur vie comme leur cul. Bien que les deux soient intimement liés dans l'esprit du bizut.

Le gardien s'arrêta alors devant une cellule dont il ouvrit la porte pour laisser passer Draco :

-Ici, tu pourras fermer l'oeil sans être réveillé par la queue de Bernie, bizut.

Le blond esquissa un sourire narquois et le remercia d'un regard qu'il voulait fier mais dans lequel perçait malgré lui du soulagement et il crut presque lire de l'amusement dans les orbes sombres et froides du gardien. Ce dernier s'en alla après avoir tambouriné contre la paroi transparente :

-Sherwood, t'as de la compagnie.

Ce n'est qu'à cet instant qu'un grand homme dégingandé sauta de la couchette du haut, l'air encore à moitié endormi. Draco ne savait pas ce qui était le plus frappant chez lui, ses cheveux d'un beau vert pétant ou bien le fait qu'il soit manchot. En effet, son bras droit s'arrêtait au niveau du coude et c'était plus que visible avec le T-shirt d'un gris délavé imposé dans la tenue de la prison.

Les yeux amusés de Sherwood devinèrent aisèment ce que fixait son nouveau camarade de cellule et il lança d'un ton décontracté :

-Non.

« Quoi ? » demanda Draco en s'arrachant à la contemplation du moignon et en croisant enfin le regard de l'homme en face de lui.

-Je sais que tout le monde se pose la question. Non, c'est pas évident de se branler sans la main droite. Surtout quand on est droitier. La vie est mal foutue. On peut priver un homme de nanas mais pas de sa branlette quotidienne.

Ce qui arracha un sourire au blond, peut-être son premier depuis...Depuis il ne savait même plus quand. Enfin, le premier qui n'était ni sardonique, ni narquois, ni cynique, ni moqueur. Simplement un sourire.

-Snape semble t'avoir à la bonne.

Voyant l'air interrogateur de Draco, Sherwood désigna d'un mouvemet du menton le gardien qui l'avait conduit jusqu'ici. Il discutait à présent avec un de ses collègues et les deux détenus en profitèrent pour le détailler d'un œil critique.

Sa mâchoire carrée semblait peu habituée à sourire et son nez à la forme ingrate n'adoucissait en rien ses traits mais quelque chose dans sa façon de se tenir, aidé de sa chevelure noir de jais qu'il ramenait en arrière d'un mouvement agacé de la main, dénotait une certaine élégance et accrochait le regard.

-On a jamais su si ses cheveux étaient vraiments gras, déclara Sherwood d'une voix songeuse, le dos appuyée contre la paroi de la cellule. On a lancé des paris y a trois semaines, on s'faisait vraiment chier, mais le mec qui lui a agrippé les cheveux n'est toujours pas revenu de l'infirmerie alors on ne sait pas qui a gagné.

Draco secoua légèrement la tête avec amusement, persuadé que c'était là une 'blague de prison' mais le mec aux cheveux verts semblait vraiment sérieux sur cette histoire. Il se demanda si lui aussi en serait réduit à raconter ce genre d'anecdotes un jour.

Il réalisa alors seulement qu'il portait toujours son paquet de draps et il le jeta nonchalamment sur le lit du dessous, soulagé que son nouveau camarade de cellule n'ait pas la même réaction que Bernie.

Quand il était lycée, il traînait avec pas mal de 'mauvais garçons', le genre pas vraiment recommandables et même dangereux parfois. Mais il n'avait jamais vu aucun d'entre eux essayer d'étouffer une femme-ou même un mec- avec sa queue pendant son sommeil.

« Sherwood ? » fit-il en s'asseyant sur son lit qu'il n'était pas d'humeur à faire pour l'instant.

-Hé, t'as retenu mon nom bizut.

« Malfoy. »

-D'accord, bizut Malfoy, répéta le manchot avec un sourire moqueur, ravi de sentir l'agacement gagner son jeune camarade.

Ca faisait un moment qu'il n'y avait pas eu de petits bizuts au sang chaud par ici. Le regard noir et clairement menaçant de Malfoy ne l'impressionait guère mais cela l'amusa de se laisser prendre au jeu et il leva la main en l'air en signe de fausse reddition :

-Malfoy, j'ai pigé.

« T'es là pour quoi, toi ? »

-Hum...Tu sais que tu ne feras pas long feu ici, avec des questions pareilles ?

« Je croyais que ça remplaçait le 'Salut, ça va?' en prison. »

-Ouais, c'est un peu ça, c'est vrai, fit Sherwood en s'étirant longuement, son unique main étouffant son bâillement. Mais ce qu'il faut savoir c'est qu'on est tous innocents. AZ en fait, c'est juste un putain de complot du gouvernement britannique pour empêcher des hommes puissants et intelligents comme nous de prendre le pouvoir.

Malfoy haussa un sourcil narquois et le manchot fut amusé par cette petite manie qui faisait très aristocratique :

-Ce qu'il faut retenir, c'est que les curieux ne sont pas très appréciés par ici. Ne pose pas cette question avant qu'on te l'ait posé avant.

« Sinon quoi ? »

-Crois-moi, ton joli p'tit cul blanc n'a pas envie de le savoir.

Sherwood se retint d'éclater de rire en voyant les mains du jeune homme blond se crisper discrètement sur ses cuisses et il le détailla plus sérieusement. Il avait un peu de peine pour ce gamin lâché dans la pire jungle qui soit sans aucune connaissance de là où il mettait les pieds, apparemment.

Il avait du tempérament, c'était certain. Et dans le monde extérieur, ça pouvait passer pour une qualité louable. Mais ici, tout en bas, même plus bas que l'enfer, si t'as pas les moyens d'assurer tes arrières, alors tu t'écrases et tu morfles sans broncher.

Le manchot n'avait pas le profil d'un mentor. Et il ne jouerait pas son cul en prenant des risques inutiles pour ce gamin, sous prétexte qu'il avait été affecté dans sa cellule.

Ce gamin qui ignorait encore que tous les détenus dans l'aile de la prison savaient déjà que l'héritier Malfoy était parmi eux. Et surtout, qu'il était seul.

Et à moins d'être inintéressant, être seul était sans doute la pire des tares en prison. Ce que Draco ignorait également, c'est que deux orbes émeraudes étaient fixées sur lui depuis son arrivée. Amicales ? Il y avait peu à parier là-dessus.

Calculatrices ?

Il semblerait.

• . • . •

A suivre.

Voilà, voilà !

Bon, ce chapitre est bordélique mais je l'ai écrit d'une traite sans avoir le temps de le laisser mûrir un peu donc j'espère qu'il n'est pas trop lourd.

Ca vous a plu quand même ?

Je serais ravie d'avoir vos avis là-dessus, positifs comme négatifs ;)

(Ou même le programme télé de ce soir, c'est sympa aussi.)

Bonnes fêtes à tous et n'oubliez pas d'abuser des chocolats. (et de slash aussi !)

RAR Anonymes :

Personne : (ça fait étrange de dire merci à...Personne xD) Wow, trois fois le mot « génial » dans une review, ça ne peut que me faire planer ça ! Merci beaucoup d'avoir pris le temps de lire et de commenter, j'espère que tu auras eu autant de plaisir à lire la suite ! Gros bisous

Keza : Les malheurs de Draco...J'aurais aussi pu appeler ma fic comme ça. xD

Mais il ne lui arrivera pas que des malheurs, il a quand même un Harry Potter pour lui tout seul dans pas mal de fics, le filou. Merci d'avoir lu ;)

Lily : Prisonnier ou gardien ? Je crois que ce chapitre n'a même pas répondu à cette question et tant mieux, ça me permet de vous faire mariner encore un peu :p J'espère que la suite t'a plu en tout cas !

Océanne : J'espère que ma fic te paraît toujours prometteuse après ce chapitre fouillis et que tu es toujours aussi impatiente d'avoir la suite. Merci d'avoir lu et commenté :D

Merci à tous pour vos encouragements.

A très vite j'espère pour le prochain chapitre.

Koibi~