Bonjour à tous !
Je devais updater la fic hier mais j'ai eu peur que le Vendredi 13 ne me porte pas chance ! (C'est surtout que je me suis endormie sur mon clavier avant de finir le chapitre...u.u)
En plus, je ne suis pas du genre superstitieuse.
En tout cas, je tiens avant tout à vous dire un grand, un énorme merci ! Merci de me suivre activement et de commenter mes chapitres, c'est mon carburant pour tenir le coup durant ma semaine de cours ! (Ca et le chocolat)
Vos reviews me font énormément plaisir ! Je suis désolée d'y avoir répondu un peu tard cette fois mais je suis devenue Koibi la Zombie.
Pour les RAR anonymes, c'est tout en bas comme d'habitude ;)
Je commence à entrevoir légèrement le nombre de chapitres pour AZ, sans doute une petite vingtaine. Ou un peu moins.
• Disclaimer : Les personnages de l'univers de J. ne m'appartiennent pas mais tout le reste si, surtout les gros méchants gardiens de prison. Je me suis également inspirée de la série 'OZ', qui m'a suggérée notamment le titre.
Le salaire que je touche en écrivant ces lignes sera bien sûr reversé sur mon compte secret à Waïkiki, alors chut.
• Raiting : Il y a de grandes chances que ce soit un bon gros M.
• Notes : Vous l'aurez compris, cette histoire se déroule en grande partie dans une prison. C'est un Univers Alterné et comme je vais essayer de rester fidèle aux 'ambiances de prison' que j'ai pu voir dans certaines séries américaines, il se peut que le langage ou les actes soient parfois crus et/ou violents. Je ne tomberais pas dans quelque chose de trop glauque, pas d'inquiétude mais c'est juste pour prévenir les personnes susceptibles d'être choquées par ce genre de choses.
/!\ Oh et l'histoire qui suit contient toujours de très fortes allusions (le mot est faible, non?) à des rapports homosexuels.
J'espère que vous apprécierez la suite.
Bonne Lecture !
• . • . •
Chapitre 3 : Au nom du père, du fils et de l'inconnu
Situation très incongrue. Surtout à AZ.
Un gardien gisait à terre, toujours assomé apparemment. Il faut dire qu'il n'avait pas été épargné. Un coup porté à son précieux entrejambe l'avait fait flancher et un autre à l'arrière du crâne avait eu raison de lui et de sa tentative abjecte d'abuser d'un détenu. Détenu qui, au lieu de s'enfuir pour rejoindre sa cellule, était aux prises avec son sauveur. Ou plutôt, celui qui se présentait comme tel.
L'air était vicié dans ce couloir. Glauque. Draco était presque persuadé que l'atmosphère autour de la prison était empoisonnée à des miles à la ronde.
De ce même poison qui remontait le long de son échine et qui lui arracha un frisson. De la peur. Devant l'air sérieux de celui qui prétendait vouloir le baiser. Des yeux verts d'une telle intensité qu'il avait du mal à les soutenir mais une respiration qui trahissait ses paroles malveillantes.
Respiration haletante. Au point que le blond ne savait si la plus forte était la sienne ou celle de ce mec. Il ne savait même pas comment le nommer autrement. Il aurait pu prendre la peine de se présenter avant de prétendre le sauver pour ensuite prendre la place du connard de gardien qu'ils avaient assomé.
Bon, d'accord, Draco l'avait un tantinet provoqué. Mais merde, tout ce qu'il disait n'était pas à prendre au pied de la lettre ! Il fallait qu'il aprenne à tempérer sa grande gueule. Sérieusement. Surtout maintenant qu'il avait eu un aperçu du genre de mecs avec lesquels il allait cohabiter.
Mais c'était plus fort que lui.
Quand on le cherchait, les réparties lui venaient en bouche et il n'avait même pas la présence d'esprit de les tempérer, ou même de les garder pour lui.
Tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler ? Une fois, ce serait déjà remarquable dans son cas.
Et puis, il avait bien vu Sherwood répondre impunément à ce psychopathe de Greyback et le manchot était toujours en vie. Bon, il y avait une légère nuance. Il n'était pas Sherwood.
Il était Draco Malfoy et pour des raisons assez obscures, qu'il n'était pas sûr de vouloir connaître, on avait tenté de le forcer à sucer plus d'une queue, à manger de la bouffe dont même un chien ne voudrait pas et il avait même reçu une offre d'emploi pour s'enrôler en tant que pute volontaire.
Et tout ça en moins de quelques heures. Une sensation de froid mordant l'envahit quand il songea qu'il était parti pour vivre cette vie pendant encore au moins vingt ans. Ouais, vingt longues années. Sans remise possible de peine pour bonne conduite.
Les années qui auraient du être les plus belles, ses années à lui, celles de sa putain de jeunesse. Il allait les passer dans une cage en verre entouré de tarés.
Comment pouvait-il penser à tout cela alors que le corps d'un mec était toujours plaqué au sien et que ledit mec en avait après son cul ?
Pourquoi n'allait-il pas plutôt faire chier un mec du genre de ce Robin qui n'a pas l'air de rechigner à se plier en quatre pour rendre service aux connards dans son genre ?
-Parce que je préfère les blonds. Et les puceaux.
Draco sursauta et se rendit compte qu'il avait marmonné sa question sans même s'en rendre compte. Il fallait vraiment qu'il se tire d'ici. Et vite.
« Je ne suis pas puceau ! » répliqua-t-il farouchement tandis que ses yeux fouillaient l'obscurité à la recherche d'une des deux matraques au sol. Avec un peu de chance, il pourrait aussi assomer le mec qui le retenait.
-Ici, puceau, ça n'a pas le même sens que dehors. A moins que t'aies vraiment déjà offert ton cul à quelqu'un avant.
Pour toute réponse, Draco releva fièrement la tête et lui cracha au visage. Il ne l'atteignit pas comme il le souhaitait mais fut tout de même ravi de voir un mince filet de salive dévaler la courbe de la joue du brun. Plaisir puéril.
Il avait toujours mal, au dos, à la tête, même ses genoux commencaient à l'élancer. Ils en avaient marre de supporter son poids après tant d'émotion. Il n'avait même plus assez de forces pour se débattre et tenter d'échapper à l'étau qui enserrait ses poignets.
Le bizut commençait à en avoir ras-le-cul qu'on lui serve toujours le même refrain sur AZ. C'est bon, il avait compris qu'ici ce n'était pas comme dans le monde extérieur, le monde à peu près normal.
-Tu ne t'en sortiras pas ici. Pas tout seul en tout cas. Déclara l'inconnu sur un ton étrangement neutre. Comme si toute la scène précédente n'avait pas eu lieu. Il s'était contenté d'essuyer distraitement le crachat sur sa joue.
« Et quoi ? Tu es en train de me proposer ton soutien là ? » Se renfrogna Draco, cynique, il n'aimait vraiment pas qu'on le prenne pour un con.
Un sourire étira les lèvres de son vis-à-vis et cela transforma sensiblement son visage, ça le rendait presque sympathique. Pas de la même manière que la sympathie que lui inspirait Sherwood, mais le mec paraissait moins taré avec un sourire.
-Ouais. C'est exactement ce que je suis en train de faire.
Il lui avait déjà sorti une phrase de ce genre quelques instants plus tôt et c'était dans l'intention d'abuser de lui. Le blond ne perdait pas ça de vue. Il se demandait seulement d'où venait un tel revirement de situation. Finalement, j'veux plus de ton cul mais devenir ton meilleur ami ! Il se foutait de qui là ?
« Tu veux m'apporter ton soutien ? Alors lâche-moi et retourne t'amuser avec tes matraques. »
-J'te rappelle que c'est avec l'une de ces matraques que je t'ai...
« Je te jure que si tu termines ta putain de phrase par le putain de mot 'sauvé', je vais te... » Le coupa Draco avant d'être interrompu à son tour.
-Tu vas faire quoi, hein ? T'es à ma merci là, puceau. Je peux te retourner contre ce mur et faire de toi une pute en moins de temps qu'il faut pour le dire. Tu te chies dessus devant Greyback, tu suis Sherwood partout comme un toutou fidèle et tu crois pouvoir me menacer ?
Sur le coup, le blond ne sut même pas quoi répliquer. Sa gorge se fit sèche et il détourna le regard, pour dissimuler les larmes d'impuissance qui lui montaient aux yeux. Tout son univers s'était déjà écroulé, il était coincé en Enfer. Il commençait tout juste à se faire à cette idée, cette idée qu'il deviendrait sans doute aussi taré que tous les autres.
Alors pourquoi est-ce qu'on voulait le priver de sa fierté ? La seule chose qu'il lui restait, la seule chose qui devait lui donner la force de se lever le matin et de 'vivre' à AZ. Si sa fierté en prenait en coup, c'était pour une raison très simple.
Il avait raison.
Ce connard agaçant aux yeux trop verts ne faisait que lui énoncer la douloureuse vérité. Le résumé de ce que commençait à devenir Draco Lucius Malfoy. Les glorieux déscriptifs pour dresser son portrait. 'Pute'. 'Toutou fidèle'. 'Puceau'.
Un soupir échappa au brun, ramenant l'attention de Draco sur lui. Pourquoi c'était lui qui se permettait de soupirer comme s'il était au bout du rouleau ? En plus de le démolir verbalement, il fallait aussi qu'il joue le mec blasé et lassé ? Pourtant, quand il croisa de nouveau les orbes vertes, il comprit vite que le mec n'était pas du genre à regretter les paroles qu'il prononçait.
« C'est bon ? Tu te sens mieux maintenant que tu m'as rabaissé ? Ca t'a bien fait bander ? Alors lâche-moi. Lâche-moi, putain ! »
Il ne sut pas si c'était l'inflexion de sa voix qui avait fait effet mais il put enfin échapper à la poigne qui avait presque fait rougir ses poignets et ses avant-bras. Il se retint de les masser pour apaiser la brûlure qu'il ressentait, pas devant ce mec en tout cas.
Sans lui accorder un nouveau regard, il se dirigea d'un pas d'abord hésitant vers le bout du couloir qui menait aux cellules. Il voulait se tirer de là au plus vite, ne voulait pas qu'on l'associe à un tabassage de gardien à coup de matraque dès son premier jour.
-Tu ne t'en sortiras pas seul.
Il leva les yeux au ciel en réprimant un grognement. 'Ta gueule, tu veux pas juste m'oublier maintenant ?' Il voulut accélerer le pas mais ses côtes le lançaient douloureusement et il se rappela la pointe de la matraque qui s'enfonçait sans ménagement entre elles.
-T'entends, Malfoy ?
« Putain mais vous vous êtes passés le mot ou quoi ? C'est une habitude ici que tout le monde te connaisse alors que toi, tu aurais préféré ne jamais voir leurs gueules de tarés ? » Explosa Draco en se retournant soudainement pour faire face au brun.
Les yeux verts s'écarquillèrent un instant d'une surprise mal dissimulée avant de se plisser à nouveau, de la même façon que tout à l'heure. Rieuses et calculatrices. Comme une hyène qui le narguerait. Que savait-il que lui ignorait ? Il n'aimait pas le pressentiment qui s'insinuait à lui en voyant le mec le rejoindre en quelques pas.
-Je vais te laisser quelques jours pour réaliser à quel point tu as besoin de soutien.
La voix se fit plus basse alors qu'il ajoutait ces quelques mots :
- 73. Tu devras...
Mais un brouahaha vint étouffer ses paroles, signe que la plupart des détenus qu'il restait au réfectoire s'apprêtait à rejoindre leurs cellules. Draco n'accorda pas plus d'attention au brun et réunit le peu de forces qu'il lui restait pour parcourir le couloir en courant.
Une fois parvenu dans le cœur du Level UP, il se détendit légèrement et monta les trois étages qui menaient à sa cage d'un pas plus lent, faisant fi des regards qu'il sentait sur lui. Comme un morceau de viande dans la cage aux lions. Mais là, le bout de viande en avait ras-le-bol et voulait juste qu'on lui foute la paix.
Il franchit la porte de sa cellule en verre et s'affala sur la couchette du bas, grimaçant quand l'arrière de sa tête tapa contre le montant en fer. Il palpa son crâne et constata qu'une bosse s'y était formée. Voilà ce que c'était de se faire plaquer contre un mur successivement par deux allumés.
Mais les paroles du mec lui restaient en tête. Tu devras quoi ? Me sucer la queue ? Draco était prêt à parier que c'était quelque chose du même acabit. De toute façon, ce mec lui sortait par les yeux. Comment pouvait-il attendre de lui qu'il accepte son soutien après la façon dont il l'avait traité ? On était bien dans la jungle, non ? Chacun pour soi.
Pourquoi est-ce qu'il choisirait de l'aider lui en particulier ? Juste pour tirer un coup ? Comme ce connard de gardien ?
Un sourire mauvais étira les lèvres du jeune détenu à cette pensée. Avec un peu de chance, son coup de genou allait lui faire passer l'envie de bander pendant un moment. Il n'eut aucun remords à éprouver cette joie fugace mais malsaine, après tout ce n'était que justice. Il avait tenté d'abuser de lui et il avait été pris à son propre jeu.
Mais pourquoi 73 ? Qu'est-ce que ça signifiait ? Peut-être une sorte de code secret, il faudrait qu'il pense à en parler à Sherwood. Ou pas. Il ne pouvait s'empêcher de repenser au fait qu'on l'avait traité de 'toutou de Sherwood'. Il allait devoir apprendre à assumer sa solitude et à montrer qu'il n'était à la botte de personne.
Une douce langueur s'empara de son corps et il ne pensa plus à tout cette merde pendant une bonne demi-heure, allant même jusqu'à laisser ses paupières se clore. Il allait s'abandonner à un léger sommeil quand il entendit des pas dans la cellule. Il se redressa vivement, manquant de s'assomer avec la barre de fer qui maintenait les lits superposés ensemble.
C'était beaucoup trop étroit, s'il voulait s'asseoir sur le lit, il devait presque se voûter.
Il ne put s'empêcher d'être soulagé quand il constata que ce n'était que Sherwood qui venait d'entrer. Mais il semblait un peu différent. Peut-être à cause du fait qu'il n'ait pas ouvert la bouche pour le gratifier d'un 'Salut, bizut Malfoy !'.
Le blond se contenta de prendre appui sur ses genoux avec ses coudes et de le fixer longuement, l'air intrigué. Le manchot, debout, appuyé face à lui et dos au mur en verre de leur cellule ouvrit finalement la bouche :
-J'ai entendu parler de ce qui s'est passé.
Draco se crispa légèrement et prit son air le plus dégagé :
« Et qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
-Oh, c'est bon Malfoy. Joue pas à ça avec moi. T'as failli te faire choper par un gardien, merde.
« Et ce n'est pas...normal ici ? Tout le monde a l'air obsédé par sa queue, je pensais que ça s'appliquait aussi aux gardiens. » répondit le blond, légèrement mal à l'aise. Il essayait de minimiser les faits mais rien que le souvenir du souffle du gardien contre ses lèvres lui donnait la nausée.
-Non. Ce n'est pas dans leurs habitudes. Pas aussi vite.
« Comment ça, pas aussi vite ? »
Sherwood émit un petit soupir et baissa la tête pour se masser un instant la nuque de son unique main, son moignon s'agitant légèrement sous l'effort.
-Normalement les premiers jours, ils font pas chier. Ils peuvent même se montrer...euh, gentils, c'est un grand mot. Alors disons, humains. Ils ne te traitent pas encore comme de la merde. Les nouveaux qui les intéressent, pour la baise, ils les testent.
Voyant le sourcil haussé par Draco à l'entente du dernier terme, il poursuivit :
-Ils font un peu de rentre-dedans. S'assurent que si jamais ils te chopent dans un coin, t'iras pas te plaindre. Ce genre de choses quoi, ils protègent leurs arrières.
« C'est surtout mes arrières à moi qui avaient l'air de l'intéresser, cet enculé. »
Sherwood esquissa un petit sourire et jeta un petit coup d'oeil derrière lui, en dehors de la cellule :
-En tout cas, ça sent vraiment pas bon cette histoire.
Le voyant plongé dans ses pensée, le plus jeune en profita pour poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis que le manchot avait commencé à parler :
« Comment tu l'as su ? Dans le couloir, il n'y avait que le gardien, un...autre mec et moi. »
-Tu crois qu'il peut se passer quelque chose comme ça sans que ça se sache ? Tous ceux qui étaient de l'autre côté du couloir savaient ce qui se passait, au moment où ça se passait.
« Et... »
-Non, répondit Sherwood, anticipant sa question. Même si tu t 'étais fait baiser dans le couloir, ils n'auraient pas levé le petit doigt pour t'aider.
Draco se détesta pour la pensée qui lui vint à l'esprit. 'Ce connard de brun, c'était vraiment une sorte de sauveur alors ?'. Il tritura un bout de fil qui s'échappait de la couture de son T-shirt, le regard baissé, un léger malaise au bord des lèvres.
S'il n'avait pas su se défendre, il aurait eu beau crier, se débattre, ou quoi que ce soit d'autre, on l'aurait laissé crever la gueule ouverte.
Ce simple fait le dégoûtait. Il avait l'impression de découvrir un peu plus à chaque instant pourquoi cette prison était redoutée. Pourquoi la vie en prison tout court était redoutée.
Le manchot le fixait à la dérobée et il savait pertinemment le changement qui commençait à s'opérer dans la tête blonde. Lui-même l'avait connu lors de sa première semaine à AZ. Douloureux souvenirs, qu'il n'aimait pas remuer.
'Merde, Sherwood, qu'est-ce qui t'arrive ? T'es en train de t'attendrir sur ce gosse. Et tu ne peux pas devenir sa super nounou. Pas en ce moment. Pas avec ce qu'il représente. Mais qu'est-ce qu'on s'en fout de ce qu'il représente ! Il a failli se faire baiser de force, pour un gamin hétéro, ça remue. Tu vas pas l'aider. Tu vas juste...l'épauler un peu. C'est ça, voilà. L'épauler.'
-Je n'aurais pas du te laisser tout seul pour ton premier jour, déclara-t-il en faisant un pas dans sa direction.
« Tu n'as aucune obligation envers moi. Et puis... »
Le plus vieux lui fit un signe du menton pour l'inciter à terminer sa phrase, s'il avait le courage d'aller au bout de sa pensée.
« Et puis je ne veux pas qu'on me prenne pour le toutou qui te colle aux basques. »
Voilà, il l'avait dit. Maintenant, il était prêt à subir la colère ou le mépris de Sherwood. Il l'avait aidé, et proposait même implicitement de l'aider encore, mais le blond stupidement fier crachait sur la main tendue.
Mais il n'entendit qu'un éclat de rire contenu. Le manchot dut même se maintenir contre la paroi de la cellule pour ne pas glisser au sol. Il essuya distraitement ses yeux un peu humides d'hilarité et vint se placer face à lui :
-Non mais t'es con ou quoi ? Je suis connu ici pour être seul. Toujours. Pas de gang, pas de copines de commérages, pas de prises de tête quoi. Et tu crois qu'en traînant avec moi quelques heures par jour, on va te cataloguer comme ça ?
Draco refusa de croiser son regard franc et rieur, il se sentait con. Et influencable. D'avoir été touché par les paroles d'un mec qu'il ne connaissait pas et qui n'avait pensé qu'à tenter d'abuser de lui.
Il avait aussi un peu honte d'avoir douté de Sherwood. Si ce dernier avait voulu se débarasser de lui, il aurait pu le faire bien avant. Il ne l'aurait pas distrait comme il le faisait depuis le début. Et surtout, ils n'auraient pas eu cette discussion. Cette discussion dans laquelle son codétenu s'était inquiété de ce qu'il lui était arrivé dans ce couloir glauque.
« Je..Désolé. »
-Mais qui est-ce qui t'a mis cette connerie en tête ?
-Petit con ! Descends de là tout de suite ! Perry, donne-moi ta matraque !
Le blond n'eut pas le temps de répondre à la question qu'on lui posait. Il semblait y avoir beaucoup d'agitation en bas. Alors que le couvre-feu ne semblait pas loin. D'un même mouvement, ils quittèrent leur cellule et observèrent ce qui se passait en bas, au rez-de-chaussée du Level UP.
Draco ouvrit grand les yeux devant la scène qui se déroulait.
Le mec. Le mec aux yeux verts. Celui-là même qui l'avait tant fait chier dans le couloir. Il était là, en bas, à narguer une bande cinq gardiens qui étaient tous armés de matraques. Aussi agile qu'un chat, il sautait par dessus les escaliers pour leur échapper, sous les acclamations des détenus qui étaient survoltés.
-C'est Potter qui recommence ses conneries, déclara Sherwood d'un air amusé en prenant tranquillement appui sur la rambarde de l'escalier.
« Potter.. » répéta le blond à mi-voix. Au moins maintenant, il connaissait son nom. Mais pourquoi ce crétin était-il en train de faire ce genre de choses au nez des gardiens ?
-Oui, ça le prend une ou deux fois par mois. Il fait une connerie, se met tous les gardiens à dos. Et puis il finit la nuit au trou. Parfois deux jours.
-Et c'était une grosse connerie cette fois-ci, susurra la voix rauque de Robin, qu'ils n'avaient même pas vu venir vers eux.
Draco surprit l'échange de regards entre Sherwood et le chef des Intouchables, un regard caressant qui semblait dire 'J't'ai manqué ?'. Il s'appuya de la même façon que le manchot, son coude se collant nonchalamment contre le sien.
-Il a assomé un gardien à coups de matraque dans le couloir du réfectoire, il y a à peine une heure. Le mec s'est réveillé et a tout de suite rameuté ses copains pour attraper le méchant Potter.
Il n'écoutait que d'une oreille, il savait très bien pourquoi le brun était traqué par les matons puisqu'il en était en grande partie la cause. Bah, il ne luiavait pas demandé d'aide alors le mec s'était mis dans cette merde tout seul.
Le blond n'avait aucune raison de se sentir coupable.
Néanmoins, il ne put empêcher un sourire de fleurir sur ses lèvres quand Potter se dégagea de la poigne d'un gardien à l'aide d'un coup de genou vicieux. Il ramassa la matraque que le maton venait de lâcher et la pointa effrontèment contre son propriétaire.
Mais tous les détenus déchantèrent vite quand l'un des gardiens dégaina son arme pour la pointer sur le brun dont les mouvements se firent moins brusques. Draco laisse presque échapper un glapissement quand un second gardien se glissa dans le dos du provocateur pour lui asséner un puissant coup derrière la tête.
Potter tomba à genoux au sol, ne laissant pas échapper le moindre son qui aurait trahi sa douleur.
Le gardien armé s'approcha à grandes enjambées du fugitif et appuya le canon du flingue sur son front.
-Y en a vraiment marre de tes conneries, Potter.
Ses paroles étaient saccadées à cause de son souffle court.
Ces imbéciles de gardiens étaient tous essouflés par leur course pour attraper le prisonnier. C'était risible vu le calme apparent qu'affichait celui-ci. De là où il était, Draco pouvait voir le regard vert luisant de fierté et de provocation. Un regard qui donnait juste envie de lui tirer une balle dans la tête pour faire taire tant d'arrogance.
-Vas-y, Avery. Descends-moi. T'en meurs d'envie.
La main du dénommé Avery trembla légèrement et tous les regards étaient fixés sur son index qui caressait la détente, comme un aveu silencieux de la tentation qu'il ressentait d'obéir aux paroles de Potter.
-OUAIS ! Rugit la voix bestiale de Greyback. Descends-le Avery ! Montre-nous que t'as des couilles !
Plusieurs voix firent écho à la sienne et les autres gardiens s'empressèrent de leur gueuler des ordres et des insultes pour tenter de ramener le calme. Mais rien n'y faisait. Avery abaissa doucement son bras et rangea son arme dans son étui sécurisé. Il ne supportait plus cet enfoiré de Potter qui passait son temps à leur chercher des emmerdes.
Il devrait déjà croupir en isolement. Et à vie. Mais les ordres du Directeur ne se discutaient pas. Et on leur avait ordonné de garder Potter au Level UP.
Malgré tout, il leur restait toujours la possibilité de s'amuser un peu. Un autre de ses collègue maintenant de force le détenu à genoux au sol, position humiliante et pourtant le brun semblait plus fier qu'un paon. Avery dégaina sa matraque et lui asséna un puissant coup au niveau de la mâchoire, ravi de le voir tomber complètement au sol et cracher un filet de sang.
Le regard émeraude se releva dans sa direction, luisant de haine. Promesse que c'était loin d'être la dernière fois qu'il les ridiculiserait au milieu de tous leurs détenus.
Potter se releva fièrement et essuya nonchalamment le sang de sa mâchoire, qui commençait déjà à prendre une teinte sombre, signe d'un futur hématome. Ce geste rappela à Draco le moment où le brun avait essuyé son crachat de sa joue de la même façon.
Tellement, tellement de fierté dans ce corps pourtant forcé à la soumission, humilié par des coups de matraque. Où la puisait-il ?
Le blond ne savait pas s'il s'abaisserait un jour à lui poser cette question. A supposer qu'il le revoit sous peu. Mais il était impressionné, à contrecoeur. Il n'oubliait pas son comportement infect dans le couloir. Mais il respectait presque cet acharnement face aux gardiens alors qu'il était destiné d'avance à se plier à leur volonté.
Potter se laissa sagement menotter et ne tarda pas à disparaître dans un autre couloir, fermement encadré par trois gardiens. Les deux autres étaient restés parmi eux et s'empressèrent de brailler afin que chaque détenu regagne sa cellule.
En représailles, le couvre-feu était avancé d'une heure.
Draco retrouva la sienne, suivi juste après par Sherwood qui ne lâchait pourtant pas Robin du regard, tandis que ce dernier regagnait sa propre cellule.
« Alors, tu as droit aux privilèges de la super pute de luxe ? » Le taquina le plus jeune, tout en faisant enfin son lit avec ses nouveaux draps. C'était pas trop tôt.
-C'est pas une pute. Robin, c'est juste Robin. Tellement...Robin.
« Ouais, je vois tout à fait ce que tu veux dire. Tu pouvais pas être plus clair que ça. »
-Oh, c'est bon lâche-moi. Si tu voyais ses sous-vêtements aussi souvent que moi, tu comprendrais.
« Ses sous-vêtements ? Qu'est-ce qu'ils ont de particulier ? »
-Déjà, ils sont super bandants. Et ils sont...
-Laferme, là-dedans ! Extinction des feux !
La porte de leur cage en verre se verouilla lourdement tandis que le peu de lumières s'éteignaient progressivement, les plongeant dans une totale obscurité. Sherwood bondit agilement dans son lit au dessus et s'allongea sur le dos, sa main repliée derrière sa tête.
-'Nuit, bizut.
« 'Nuit, connard. » répondit Draco du tac au tac mais sans aucune animosité, arrachant un dernier rire au manchot qui remua dans son lit avant de trouver sa position.
Ses pensées étaient sans doute remplies des sous-vêtements de Robin.
Celles du plus jeune étaient confuses. Tout repassait dans sa tête, son procès, son arrivée ici, son agression dans le couloir. Pour finir par Potter. Ce mec était vraiment une plaie. Mais une plaie avec un putain de courage. Ou alors c'était seulement de l'inconscience.
Il ferma enfin les yeux et ses rêves furent tourmentés par le mystérieux chiffre 73.
Encadré de deux orbes vertes qui répétaient :
-Puceau, puceau, puceau...
• . • . •
Des emmerdes, toujours des emmerdes. Remus saturait.
Pas un jour ne se passait sans que l'on vienne l'avertir de soucis au Level UP. Greyback ceci. Potter cela. Et puis, bien sûr, il y avait le plus vieux des emmerdeurs. Malgré son âge, il avait la réputation d'être plus dangereux que tous les jeunes détenus qui roulaient des mécaniques.
Il était encore au trou pour l'instant. C'était sa dernière nuit. Ce qui signifiait que dès le lendemain, cette foutue guerre de gangs allait reprendre.
Potter était également au trou pour la nuit. Il n'avait écouté que d'une oreille distraite le rapport d'Avery sur le comportement insolent du jeune détenu. Depuis son arrivée ici, il leur menait la vie dure.
Au point que les 'Chefs' des deux gros gangs de la prison le tenaient en respect.
Remus repoussa les dossiers qui s'accumulaient sur son bureau et se frotta longuement les yeux. Il était fatigué et le café ne parvenait plus à le garder éveillé. Il ferait mieux de rentrer chez lui, il en avait assez fait pour ce soir.
Mais avant ça, il devait le voir. Comme tous les jours. C'était indispensable.
Il enfila sa veste en cuir usé et ferma son bureau à clé derrière lui avant de se diriger d'un pas vif dans les couloirs. C'était silencieux, très silencieux. Il jeta un coup d'oeil à sa montre gousset qui lui indiqua 23h47. Pas étonnant, le couvre-feu était en vigueur depuis déjà deux heures.
Il salua deux gardiens qui montaient la garde devant l'aile de la prison qui renfermait leurs cas les plus dangereux. Les prisonniers de niveau D.
L'Unité Pilote comprenait quelques prisonniers de niveau C, comme Greyback, Potter ou encore Sherwood. Mais les niveaux D devaient obligatoirement être isolés.
Sans contact vers l'extérieur, aucun. Juste les quatre murs de leur cellule et le temps qui passe.
Ses hommes ne se formalisèrent pas de le voir rendre visite à un détenu à une heure aussi tardive. C'était son habitude. Et puis, ils le prenaient un peu pour un fou, Remus le savait. A croire qu'il pourrait réussir à faire parler le Jack des temps modernes.
Il n'avait même pas besoin de regarder les numéros sur les lourdes portes blindées. Il savait instinctivement devant laquelle s'arrêter, bien qu'elles se ressemblaient toutes. La 13 X. Il se hissa sur la pointe des pieds pour jeter un coup d'oeil dans la cellule étroite par la petite lucarne en double-vitrage renforcé.
Sirius était dans la même position que toujours. Au milieu de la pièce blanche et nue, assis sur une chaise en bois simple. Ses bras étaient entravés par une camisole de force renforcée par d'épaisses sangles en fer que seuls les gardiens pouvaient ouvrir, au moment du repas.
Sinon, le reste du temps, il était prostré ainsi. Ses longs cheveux descendaient de part et d'autre de son visage jusqu'au milieu de son torse et il balançait parfois ses pieds nus contre la chaise. Mais son regard sombre fixait un point invisible. Sans jamais le quitter.
Remus tentait de lui parler, tous les jours. Tous les jours depuis bientôt huit ans.
Bien sûr, il ne rentrait pas dans la cellule, même lui n'y était pas autorisé. Mais il pouvait ouvrir le passage dans la porte qui permettait au gardien de donner son plateau repas au prisonnier. Il s'accroupissait et plaçait son visage au niveau de cette fenêtre improvisée, un doux sourire aux lèvres en fixant son ami.
Son Sirius.
« Bonjour Siri. » Murmura-t-il. « Tu as passé une bonne journée ? J'ai entendu dire que tu ne mangeais presque plus rien depuis une semaine. Il ne faut pas te laisser dépérir, tu sais... »
Remus détourna son visage de la fente et essuya discrètement une larme qui glissait le long de sa joue. Ca arrivait parfois. Ca arrivait souvent. Il était tellement sous pression que lorsqu'il venait ici, il se mettait à pleurer.
« Hum. Tu sais qu'ils prévoient de la neige sur Londres pour Noël ? C'est du délire, hein ? De la neige à Londre, à la bonne période... »
Il renifla légèrement et appuya sa joue contre la battant glacé de la porte, son regard fixé sur celui de Sirius qui ne le voyait pas. Qui ne le voyait plus.
« On a souvent espéré de la neige nous, pas vrai ? J'étais triste, comme un imbécile. On avait pas un sou pour faire les courses mais tu as liquidé toute notre réserve de flocons d'avoines en poudre pour qu'il neige dans l'appartement... »
Sa voix s'étrangla et il ne chercha plus à essuyer les marques de son desespoir qui roulaient sur ses joues, se perdant dans son col de chemise impeccable.
« Tu étais vraiment un crétin..Tu ne réfléchissais jamais aux conséquences...Quand tu es parti, tu n'as pas réfléchi. Quand tu as disparu de ma vie, tu n'as pas réfléchi. Et maintenant...Que tu es là...J'ai l'impression de parler à un mort... »
Il se laissa tomber au sol, dos à la porte, faisant de son mieux pour calmer ses sanglots. Il n'avait plus 18 ans, merde ! Il n'était plus ce gamin au cœur brisé. Il était un homme maintenant, un homme bien, un homme important.
-...blie...
Le cœur de Remus manqua un battement et il se redressa vivement, collant presque son visage contre les barreaux de la fente entrouverte.
« Tu...Tu as parlé ? »
Sa voix n'était qu'un pitoyable murmure rauque. Mais il s'en foutait ! Sirius avait parlé ! Il attendit un long moment en le fixant, peut-être une demi-heure, ou une heure, il ne savait pas.
-Oublie.
Un immense froid envahit le jeune chef d'unité et il tenta de passer sa main entre les barreaux qui étaient bien trop près les uns des autres pour que ce soit possible.
« Ne dis pas ça. T'as pas le droit de dire ça, espère d'enfoiré ! »
Il sursauta quand Sirius tourna la tête vers lui, le regardant sans le voir. Un sourire étira les lèvres du visage fin et émacié.
-Oublie. Oublie. Oublie. Oublie.
Remus se redressa vivement et referma rageusement la petite porte en fer avant d'asséner une série de coups de poing inutile sur la porte en fer inviolable. Il ne pleurait plus, il n'avait même pas le cœur à ça. Il souffrait tellement que les larmes étaient superficielles face à la douleur qui voulait s'exprimer.
Mais il réalisa quelque chose, que son cœur blessé lui avait jalouseusement caché. Sirius avait parlé. Il avait parlé. C'était plus d'évolution qu'en huit ans de monologues stériles. Quelque chose se ralluma en lui, une chose détestable, la pire de toutes.
L'espoir.
• . • . •
-Lève-toi.
Dans l'obscurité totale perça une lumière aveuglante. Accompagnée de cet ordre cinglant. Il n'aimait pas qu'on lui donne des ordres. Mais il dut obéir parce qu'à AZ, il ne pouvait pas totalement jouer selon ses propres règles.
Pas quand il se trouvait au trou en tout cas.
Avec tout le remue-ménage d'il y a quelques heures, il avait entendu que le jeune allumé de Potter était également au trou pour la nuit. Un sourire inquiétant étira ses lèvres entourées d'une barbe mal entretenue et parsemée de poils blancs.
Il n'était plus tout jeune et n'aimait pas que cela se voie. Mais après une semaine au trou, il n'avait pas eu la possibilité de s'entretenir comme il en avait l'habitude.
Peu importe, demain il serait de retour.
Mais il savait que l'on était pas encore le lendemain. Alors pourquoi est-ce qu'on venait le tirer de son trou ? Pas qu'il y soit particulièrement attaché mais il n'aimait pas qu'on le réveille pour rien.
Il se redressa souplement sur ses pieds et tendit les mains en avant pour que la gardien le menotte. Son sourire ne quittait pas ses lèvres mutines.
« Vous m'emmenez dans un endroit plus romantique, Chef ? » susurra le détenu au gardien, qui n'était autre que Snape.
Celui-ci évita son regard et se contenta de le tirer à sa suite. Il avait beau être le Chef des matons, il n'aimait pas être seul en compagnie de cet homme. L'un des plus dangereux de l'Unité Pilote, si ce n'était le plus dangereux. Snape l'avait connu dans bien d'autres circonstances. Qu'il préférait ne pas se rappeler.
Mais il suffisait de jeter un coup d'oeil à la grande silhouette souple et mince malgré son âge pour qu'un malaise le prenne à la gorge. Lui que rien ne pouvait intimider. Presque rien.
-Non, tu as une visite, répondit-il mécaniquement.
Le prisonnier hocha la tête d'un air entendu mais ses pensées filaient à toute allure. Une visite ? Si tard le soir ? C'était sans doute pour quelque chose d'illégal, de très illégal. Peut-être même dans le dos du Directeur.
Snape le fit entrer dans un des parloirs réservés aux visites des familles et le força à s'asseoir sur une chaise au dossier rude. Il grimaça plus pour la forme que par réelle inconvenance.
Il savait qui venait le voir avant même que Lucius Malfoy ne pose son distingué postérieur sur la chaise de l'autre côté de la vitre renforcée. Il n'avait pas vraiment changé depuis la dernière fois qu'il l'avait vu. Ah si, ses cheveux avaient poussé.
Mais son regard était toujours le même, toujours aussi métallique. Toujours à éviter le sien.
Le visiteur s'empara de l'un des combinés et fit signe à Snape de coller l'autre téléphone contre l'oreille du détenu.
Celui-ci se racla la gorge et prit un air détaché sans lâcher l'homme aux long cheveux blonds des yeux.
« Lucius. Quelle bonne surprise. Ca doit faire...Hum, 21 ans je dirais. Comment se passe la vie en dehors d'une cage ? »
Il fut ravi de son petit effet et de voir son interlocuteur se tendre de nervosité mal dissimulée. Il ne lui laissa même pas le temps de répondre et enchaîna :
« Qu'est-ce que tu veux ? Je suppose que tu n'es pas là pour m'apporter des gâteaux faits maison. »
-C'est à propos de...
« De ton rejeton. »
-Comment sais-tu...
« Je sais ce que je dois savoir. J'ai les moyens de savoir. Oui, même en Enfer, j'ai encore quelques cartes à mon jeu. Cela t'étonne ? Tu risques de m'offenser. »
Lucius poussa un soupir las et se passa une main dans les cheveux, troublant leur position parfaite.
-Il est jeune..
« Le pauvre enfant. »
-Et seul...
« Sans son papa pour l'épauler. »
Le détenu s'amusait terriblement. Il avait toujours eu ce pouvoir, celui de rabaisser Lucius Malfoy au point que celui-ci veuille se cacher sous terre. Le pouvoir de lui montrer sa supériorité. Et là, il avait le pouvoir de lui montrer sa rancune.
Oh oui, il allait lui faire sentir. Comme une profonde marque dans la chair.
Le visiteur blond essuya discrètement ses mains moites contre son pantalon couteux à la coupe parfaitement droite avant de se racler la gorge pour murmurer au creux du combiné :
-Père, s'il te plaît..
« Oh ? Me revoilà père à présent. Pourtant vous faites erreur monsieur Malfoy. Mon fils est mort, il est mort il y a 20 ans. Quand il a fait son choix. »
-Il ne s'agit pas de moi, mais de Draco !
« En quoi est-ce mon problème ? »
-Il porte ton nom ! C'est la chair de ta chair !
« Mon nom ? »
Un long ricanement lui échappa, un son qui fit froid dans le dos aux deux autres hommes présents. La main de Snape qui tenait le combiné commençait à trembler légèrement, ce n'était pas si simple de tenir un truc aussi lourd à bout de bras.
« Tu crois que c'est grâce à mon nom que je suis encore en vie aujourd'hui ? Quand je suis entré ici avec ce nom, c'était comme signer mon arrêt de mort. Jamais tu n'es venu pour t'enquérir du sort de celui qui t'a légué son nom. Et maintenant que j'ai le futur de ton bâtard au creux de ma main, tu viens demander grâce ? »
Lucius baissa la tête et sentit sa gorge se nouer. Malgré toutes ces années de séparation, il connaissait cette inflexion dans la voix paternelle, il avait appris à reconnaître quand il condamnait quelqu'un.
-Tu...Tu veux de l'argent ?
Le regard métallique de son père le glaça sur place et il bénit la présence de cette vitre plus que solide qui se trouvait entre eux. Car il savait que celui-ci aurait été capable de le tuer de ses mains s'il avait pu.
« Tu sais Lucius, je n'ai rien perdu de mon éducation, même en passant 20 ans ici. Mais je vais te donner ma réponse dans la langue que j'ai appris ici, à AZ. »
Il repoussa le combiné de son oreille et Snape le raccrocha en fixant Lucius qui lui avait le regard rivé aux lèvres de son père sur lesquelles il pouvait clairement lire.
'Fuck You.'
Il se leva fièrement de sa chaise et susurra au gardien qui l'accompagnait que pour lui, la visite était terminée.
Il ne prit pas la peine de jeter un dernier regard à l'homme derrière lui, dont le visage transpirait le désespoir le plus complet.
Non, il était trop occupé à ourdir des plans plus jubilatoires les uns que les autres.
Oui, Abraxas Malfoy avait la rancune tenace.
Mais qui allait en faire les frais ?
• . • . •
A suivre.
Ce chapitre m'a donné un peu de fil à retordre, j'ai eu du mal à me mettre dessus à cause de la fatigue.
Mais j'ai quand même réussi à le conclure et j'espère que vous n'êtes pas déçus.
Que pensez-vous de l'évolution de l'histoire ?
(Promis, je vais arrêter de rajouter des mystères pour mettre plus de réponses. \o/)
J'attends vos avis, positifs comme négatifs ! ;)
(Ou même votre superstition préférée du Vendredi 13 !)
• RAR Anonymes :
Kalymerho : Tu as été la première à reviewer le chapitre cette semaine et j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ta review. C'est vrai que ce n'est jamais facile de se faire une idée d'une fic en ne lisant que le prologue. Surtout que le mien était un peu abrupt niveaux informations, etc. Tous tes compliments risquent de me donner des poussées d'adrénaline ! Je suis toujours ravie quand les lecteurs sont surpris par l'évolution de la fic et qu'ils décident de lire la suite pour en savoir plus. C'est ce qui me motive à poster aussi vite, satisfaire leur curiosité. Tu trouves vraiment que le caractère des persos HP est bien respecté ? Ca a été l'une de mes plus grandes peur en écrivant cette fic, de faire des personnes trop OOC, au point que ça soit désagréable. Mais ça me rassure que ce que tu dis ! Une chose est sûre en tout cas, Draco n'est pas entièrement responsable de ce qui lui tombe dessus. ;) J'espère que la suite t'aura plu en tout cas et t'aura donné envie d'en savoir en plus ! Merci de me lire ! Bon week-end et gros bisouus !
Yuu : Waw, je peux te dire que ta review a reboosté ma confiance en moi et en ma capacité à écrire. C'est l'un de mes plus gros défauts, je me surestime trop parfois. Surtout dans ce que j'écris parce que je tiens à ne pas décevoir les attentes des lecteurs. Surtout que ce n'est pas dans une fic très facile que je m'engage et l'écriture ne se fait pas aussi légèrement que ce que j'ai pu faire par le passé. Une fic mature, tu trouves ? Merci beaucoup ! Ca me donne vraiment l'impression d'avoir pu faire évoluer mon style. C'est vrai que le domaine de la prison est assez rare dans le monde de la fiction, à ce jour je n'ai lu que deux fics Drarry qui traitaient de ce thème et je n'ose même pas me comparer à celles qui les ont écrites. Pour l'idée de la romance, tu as vraiment trouvé les mots juste pour la décrire. En plus du fait que ce ne sera pas simple à introduire, j'avoue honteusement que je n'ai pas encore établi la façon dont les choses vont s'aligner pour qu'ils arrêtent de s'engueuler à tout bout de champ. Mais bon, c'est le Drarry comme ça que je préfère. XD
En tout cas, un grand merci d'avoir pris la peine de lire ma fic et d'avoir laissé une review qui m'a fait très plaisir ! J'espère que cette suite a été à la hauteur :) Je te fais de gros bisous et j'espère à très vite !
Gayel : Salut toi ! Je suis contente que tu sois tombée sur ma fic et qu'elle t'ait intéressée. ;) Je vais tout faire pour qu'elle continue à plaire encore un long moment ! Merci à toi d'avoir lu et reviewé et je te dis à très vite pour la suite ! Gros bisous
Caro06 : Et moi je te remercie d'être fidèle à chaque nouveau chapitre et de prendre la peine de laisser un petit message d'encouragement. Ca me fait très plaisir ! La suite t'a plu ? Je l'espère en tout cas. Gros bisous ;)
Roll : Waouh, moi c'est ta review que j'ai trouvé énorme chère Roll ! \o/ Elle m'a beaucoup fait rire en tout cas et c'est avec plaisir que j'y réponds. Pour écrire la suite, tu peux compter sur moi, je me suis posée comme objectif de poster un chapitre par semaine. Après, espérons que cette résolution tiendra le coup. Mais je ferais tout pour ! Merci beaucoup de dissiper cette horrible impression que j'avais d'un chapitre lourd et peut-être mal articulé autour des nouveaux personnages qui apparaissent. J'ai parfois peur de vous noyer dans des trucs pas clairs ! Pour le réalisme, je suis contente chaque fois que je reçois une remarque dessus parce que c'est un des points clés de la fic qui me tient à cœur, que ce soit le plus réaliste possible. Ne pas aller trop vite. Et je comprends tellement quand tu dis que souvent, tout est prétexte au cul ! Parce que d'une, les lemons ça roxx de sa mémé et que c'est génial à lire et à écrire. Et de deux, parce que je suis tellement perverse que je n'aime pas les relations platoniques. :p
Mais là, je suis ton conseil et je me calque sur le rythme de l'intrigue. Après tout, j'espère bien vous garder avec moi jusqu'à la fin alors je vais faire durer le plaisir ! Pour le sadisme dont j'ai fait preuve à la fin, je compatis tout à fait mais si je suis comme ça, c'est à cause de toutes les merveilleuses auteurs sadique que j'ai lu et qui m'ont donné le goût du vice. *-* Mais bon, tant que ce que tu écris te plaît, si tu mets un peu trop de prétextes au cul, je pense qu'on ne t'en voudra pas trop.:p Dans cette fic en tout cas, le problème va sûrement être de réussir à les caser ensemble. xD
Pauvre de moi...En tout cas, merci beaucoup d'avoir pris du temps pour me lire et de m'avoir laissé une review aussi agréable. Désolée pour ce gros pavé de RAR mais je tenais à te répondre. Et puis c'est quoi cette vilaine manie de reviewer deux fois de suite pour réclamer la suite ? :p Bon, je ne t'en veux pas, je l'ai déjà fait pas mal de fois, haha. Bonne année, toussa toussa à toi aussi, hihi. Ohlala, mais Robin n'est pas dévergondé au point de ne pas porter de sous-vêtements. Ou peut-être que si ? On verra bien. xD
Bon week-end à toi et j'espère te revoir très vite ! Gros bisous
Luciferou : J'ai voulu répondre à ta review par MP mais tu les as désactivés. Alors je le fais ici. Ravie que le chapitre t'ait plu, ce n'en était pas un très facile alors c'est d'autant mieux si tu l'as adoré ! Le pourquoi de l'emprisonnement de Harry ce n'est pas pour tout de suite malheureusement :p Mais ça se profilera dans les quelques chapitres à venir, je promets de ne pas (trop) vous faire languir. Merci beaucoup d'avoir pris du temps pour lire et commenter, ça me motive beaucoup ce genre d'attentions ! Bon week-end et gros bisous, en espérant que la suite ne t'ait pas déçue.
Et voilà, merci encore à tous !
Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine ?
Passez un bon week-end et n'oubliez pas de paresser longuement !
Koibi~
