Bonjour à tous !
Aaaaah, ça y'est, adieu ma belle résolution de poster une fois par semaine. J'ai même pas tenu un mois, j'suis nulle. Privée de chocolat pour la peine. (faites comme si vous y croyiez)
Je suis désolée !
Pardonnez-moi pour les RAR en retard également mais entre les cours et ma recherche assidue de l'enc/bip/lé qui a décrété que je ne pouvais pas hiberner comme une marmotte, j'ai trop peu de temps pour écrire.
Un énorme merci, thanks, arigatô et dans toutes les autres langues que vous voulez !
Vos reviews illuminent ma semaine, vous n'imaginez pas à quel point. Quand je m'apprête à craquer et à m'exiler sur une île déserte , je me dis que là-bas, je ne pourrais pas lire vos reviews.
Alors ça me fait revenir. (ça et le chocolat o/)
En plus Megaupload a été viré cette semaine, grrr. Mais bon, pas grave, il y a encore plein d'autres sites, mwahaha.
Rebellez-vous contre leur autorité et mangez du chocolat !
• Disclaimer : Les personnages de l'univers de J. ne m'appartiennent pas mais tout le reste si, surtout les gros méchants gardiens de prison. Je me suis également inspirée de la série 'OZ', qui m'a suggérée notamment le titre.
Le salaire que je touche en écrivant ces lignes sera bien sûr reversé sur mon compte secret à Waïkiki, alors chut.
• Raiting : Il y a de grandes chances que ce soit un bon gros M.
• Notes : Vous l'aurez compris, cette histoire se déroule en grande partie dans une prison. C'est un Univers Alterné et comme je vais essayer de rester fidèle aux 'ambiances de prison' que j'ai pu voir dans certaines séries américaines, il se peut que le langage ou les actes soient parfois crus et/ou violents. Je ne tomberais pas dans quelque chose de trop glauque, pas d'inquiétude mais c'est juste pour prévenir les personnes susceptibles d'être choquées par ce genre de choses.
/!\ Oh et l'histoire qui suit contient toujours de très fortes allusions (le mot est faible, non?) à des rapports homosexuels.
J'espère que vous apprécierez la suite.
Bonne Lecture !
• . • . •
Chapitre 4 : On ne s'improvise pas sauveur
Sa vieille amie, comme elle lui avait manqué !
Cette pièce froide et sombre dans laquelle il avait juste assez de place pour tourner en rond, comme un fauve en cage. Ce n'était pas si différent de sa cellule de verre, sauf que là il était totalement seul. Ca sentait la pisse, le sperme, la sueur. Délicieux cocktail auquel venait s'ajouter une subtile effluve de désespoir.
Pas le sien, lui s'en foutait bien d'être là. Harry Potter était habitué à ce trou, c'était devenu comme sa résidence secondaire. Les mecs qui y allaient le plus souvent, comme lui, lui avaient même trouvé un joli petit nom. Betty. Betty le trou.
Quand il en revenait, on le gratifiait toujours d'un graveleux 'Alors, elle était comment cette nuit la Betty ?'.
Etroite, comme d'habitude. Y avait la place que pour un mec dans Betty. Etouffante, crasseuse. Juste comme on l'aimait.
C'était con comme blague mais c'était une manière comme une autre de faire un doigt d'honneur à l'Enfer. De rester un peu le maître à bord et de se convaincre que donner un nom féminin à cet endroit, ça allait le rendre moins détestable.
Il n'y avait jamais passé plus de deux jours de suite et il en était heureux, il avait les nerfs à vif quand il en sortait. C'est pourquoi il ne pouvait s'empêcher d'éprouver une pointe de respect pour le vieux débris de Malfoy qui venait d'y séjourner pendant toute une semaine.
Sept jours, 168 putain d'heures entre ces quatre murs.
Dans les ténèbres, qui plus est. Potter remercia un dieu quelconque de ne pas être claustrophobe. Sinon, il se serait sans doute coupé la langue lui-même pour mettre fin à ce calvaire qu'aurait été ce séjour forcé et torturant dans le noir.
Il se laissa finalement tomber dans son coin habituel, bon ce n'était pas comme s'il y avait plusieurs choix de place ici, mais il supportait mieux celle-ci car c'était la plus éloignée du courant d'air glacial.
Il grimaça quand sa nuque s'appuya contre le mur rugueux et poisseux d'humidité. Ce connard de gardien n'y avait pas été de main morte pour le mettre à genoux et il sentait qu'il en aurait pour plusieurs jours avant de ne plus avoir l'impression de s'être fait marcher sur l'arrière du crâne par un troupeau d'éléphants.
Il posa sa main au sol et réprima un gémissement écoeuré quand il rencontra une substance gluante qu'il préférait ne pas chercher à identifier. Il l'essuya distraitement sur son pantalon et ferma les yeux, se laissant aller un moment.
Il se repassa mentalement les dernières heures qu'il venait de vivre et surtout, les étapes du plan qu'il avait monté de toutes pièces. Alors ça y était, maintenant lui aussi était devenu un détenu aussi pourri que tous les autres. Il n'avait plus de place pour sa conscience. Il fallait choisir entre la vie et la pitié.
Il frémit quand trois grattements contre la porte se firent entendre. Le signal. Pas trop tôt. Cet incapable était en retard.
Il se remit sur pieds à contrecoeur, il venait tout juste de trouver une position qui ne lui donnait pas envie de hurler d'inconfort. Mais business is business, comme disaient si bien ces snobinards coincés du cul. Il s'appuya nonchalamment contre la porte blindée et répondit par trois petits coups secs.
La petite trappe donnant sur l'extérieur s'ouvrit en grinçant et la lumière du couloir l'aveugla à moitié mais il ne s'en formalisa pas. C'était toujours mieux que le noir complet. Il aperçut les cheveux de son complice, bientôt suivis de sa voix désagréablement geignarde :
-Connard de Potter. Tu sais que j'ai mal aux couilles à cause de tes conneries ?
Ce dernier ne put réprimer un ricanement qui laissait clairement voir qu'il ne compatissait pas le moins du monde, énervant un peu plus son interlocuteur.
-Arrête de rire, enculé. Tu était juste censé me filer un petit coup par derrière, pas m'assomer carrément.
« Il fallait que ça ait l'air vrai. » se défendit le brun en haussant les épaules. « Et puis comment je pouvais savoir que cette petite frappe de Malfoy savait se défendre ? »
-Bref, j'suis pas venu là pour te faire la conversation. T'as eu ce que tu voulais, non ? Alors j'veux mon fric moi, maintenant.
« Non, pas tout à fait. »
-Comment ça ? , s'impatienta le gardien derrière la porte, resserrant rageusement sa main sur sa matraque. Je l'ai intimidé, menacé de le baiser et j'peux te dire qu'il en chialait presque. Toi tu l'as sauvé, youhou, Potter le Sauveur. C'est ce qui était convenu, le reste je m'en balance.
« Il reste persuadé qu'il aurait pu s'en tirer seul. »
-C'est pas mes affaires ! J'ai rempli ma part du deal moi, trou du cul prétentieux. Alors tu m'files mon fric ou je m'arrange pour te laisser moisir ici pendant une semaine comme ton pote Malfoy.
« Ta gueule, Railey. T'auras droit qu'à la moitié. » Le coupa sèchement Potter, ne laissant rien paraître de l'effet que le menace avait sur lui. Pas une semaine dans ce trou, ça le rendrait dingue.
-Espèce de...
« Tu m'as envoyé Avery, connard. » Cracha le brun avec une rancoeur qu'il ne pouvait dissimuler. « C'était pas dans le deal ça. On avait dit Snape à la limite mais pas cet enculé d'Avery. Tu enfreins les règles alors je joue selon les miennes. »
A ces mots, il porta une main à sa mâchoire douloureusement engourdie. Il avait toujours le goût de son propre sang dans la bouche et il détestait ça. Il se foutait de sentir celui des autres mais pas le sien. Ca allait laisser une marque en plus à tous les coups.
-Haha, c'était de la part de mes couilles. Je sais qu'Avery et toi, c'est une grande et belle love story.
« Ferme-la un peu et va chercher ton pourboire chez Crivey. Pas la peine d'essayer de le tabasser, il a juste la moitié sur lui. Et puis, j'suis quasiment sûr qu'il est aussi capable de te mettre une raclée. »
-J'aurais l'autre moitié quand ?
« Quand tu auras rattrapé ton erreur. »
-J'vois pas ce que ça peut t'apporter de t'attirer la confiance de cette tapette de Malfoy. A mon avis, il va pas tarder à finir comme pute.
« Je te paye pour un boulot que t'es même pas foutu de bien faire alors tes questions à la con, tu t'les gardes. »
Railey grogna de mécontentement mais ne rajouta rien et referma sans douceur la petite trappe avant de se diriger d'un bon pas vers la cellule de Crivey. Il se dégoûtait de lui-même. En être réduit à passer ce genre de marchés avec ces raclures de détenus. Il contribuait à pourrir le système de l'intérieur.
Il n'avait pas toujours été comme ça. Il avait même été satisfait de son sort au début. Pouvoir se défouler sur des connards condamnés par la société sans aucune représailles, c'était vraiment le pied. Il se sentait fier d'avoir une matraque entre les mains et de voir les prisonniers tenter de s'attirer ses faveurs.
Mais quand il était question de fric, son honneur il se le carrait n'importe où il fallait. Potter avait du fric. Et lui avait besoin de fric. Tout simplement.
C'est ainsi que se forment les pires alliances.
• . • . •
-Vous aviez raison, Maître. Lucius a bien été voir Abraxas.
Nagini raccrocha le téléphone au bout duquel il venait juste d'avoir Severus Snape, leur plus fidèle espion au sein de la prison imprenable.
« Evidemment que j'avais raison. Si mon corps est altéré, je garde toute ma lucidité et j'ai clairement vu qu'il regrettait déjà d'avoir laissé son fils pénétrer à Azkaban... »
Un râle rauque échappa à Tom Riddle, le forcant à interrompre sa phrase pour reprendre son souffle. Pourtant, il se sentait plutôt en forme aujourd'hui, comparé au jour où Lucius était venu lui rendre visite. S'il lui avait demandé de sacrifier son fils, c'était pour deux raisons bien distinctes.
La première était que le gamin pourrait se montrer très utile en prison, mais pas de la façon dont son père l'imaginait.
Le fils Malfoy ne pourrait obtenir aucune information par l'intimidation, il n'était pas bâti pour ça et n'avait rien d'un effrayant mafieux. La seule façon qu'il aurait de leur servir à quelque chose, ce serait de monnayer son cul.
La deuxième raison ? Il détestait les Malfoy. Cette famille fière et arrogante.
Qu'avaient-ils dont ils pouvaient être si fier ? Le premier du nom croupissait en prison depuis déjà vingt ans, le second n'avait pas hésité à trahir son propre sang pour offrir son père en pâtures à ceux qui en avaient après son pouvoir et le dernier...N'allait sûrement pas tarder à devenir une marchandise sexuelle.
Quel charmant tableau familial.
Riddle n'avait jamais été aussi satisfait de ne pas avoir d'attaches. D'être seul au monde depuis toujours et d'avoir pourtant réussi à se hisser aussi haut. A la tête d'une organisation des plus illégales et au sein de laquelle il était plus que protégé.
Il ne comptait plus le nombre de flics, juges, procureurs qui avaient tenté de l'envoyer derrière les barreaux. Mais ils s'étaient tous heurtés au même obstacle : son armée fidèle. Chacun de ses hommes était prêt à se dénoncer pour les crimes de leur Patron, à finir leur vie en prison pour préserver la sienne.
Il n'était entouré que de pions inutiles, de la simple chair à canon, mais qui lui vouait un respect sans borne. Les humains étaient vraiment des créatures pitoyables. Mais il n'allait pas s'en plaindre.
Tom se leva de son élégant fauteuil poupre mais il ne pouvait pas se déplacer sans traîner derrière lui sa réserve d'oxygène installée sur un petit chariot à roulettes. Comme un chien dont il ne se séparerait jamais. Il se sentait affaibli mais il avait encore assez de force pour serrer les poings de frustration.
Lui qui autrefois était le plus vif, le plus virulent des tueurs de cette ville. Du pays tout entier. Le plus rapide et le plus discret, au point qu'il semblait être l'assistant de la Mort. C'est d'ailleurs de cette superstition absurde qu'était né son nom de code. Voldemort.
Les victimes qui savaient se trouver sur sa liste d'hommes à abattre préféraient parfois se donner la mort elle-même. De peur de l'affronter un jour en face, de croiser son regard fou et impitoyable.
Et elles avaient bien raison. Car Voldemort n'était pas le facteur, il ne passait jamais deux fois. Il ne ratait jamais son coup et jamais, ô grand jamais, il ne se montrait vulnérable face à ses ennemis. Ca faisait beaucoup de 'jamais' ça. Mais c'était tout lui.
Cependant, qu'était-il supposé faire quand ces ennemis se glissaient parmi les rares êtres auxquels il accordait un semblant de confiance ?
Son Bras Droit le tira de ses pensées comme il savait si bien le faire, avec d'éternels persiflages malveillants.
-Je me demande si Avery nous est vraiment utile à Azkaban. Snape m'a rapporté qu'il s'emportait beaucoup trop vite. Et puis, il est loin d'être très futé.
« Les hommes que j'enrôle n'ont pas besoin d'être des génies. Il suffit que leur esprit soit malléable et qu'ils soient efficaces. J'ai entendu dire qu'il menait la vie dure aux chiens qui appartiennent au 'gang' du vieux Malfoy. Ca me suffit pour prouver son minimum d'utilité. »
-Il a failli se laisser aller à descendre le Balafré hier soir.
Nagini se glaca sur place quand il croisa le regard que son Maître venait de darder sur lui. Un regard dépourvu de la moindre émotion. Un regard qui le menacait clairement de surveiller à deux fois les paroles qu'il prononçait inconsidérément.
-Je voulais dire...Potter. Il a failli descendre Potter, se rattrapa-t-il avec une maladresse qui ne lui était pas coutumière.
Ces derniers-temps, il avait été ravi de voir son Maître s'affaiblir de jour en jour. Il avait commencé à amorcer sa prise en main de l'organisation afin de devenir, plus que son bras droit, celui qui aurait autant de pouvoir que Voldemort.
Mais il suffisait que l'on évoque cet enfoiré de Potter pour que Riddle reprenne pleinement conscience et qu'il soit animé d'une force nouvelle. Il avait fait une connerie considérable en évoquant à nouveau le nom de code « Balafré ». Trop de souvenirs passés, trop de réminescences de cette vengeance que son Patron voulait assouvir.
Nagini perdait le contrôle sur Riddle. Il fallait qu'il se débarasse de ce foutu gamin, une bonne fois pour toutes.
Il se tendit et ne put réprimer un mouvement de recul quand son Maître fit quelques pas fermes dans sa direction, le grincement des roulettes de la réserve d'oxygène brisant le silence pesant. Il ne prit pas garde à la table basse qui se trouvait juste derrière lui et manqua de perdre l'équilibre.
Ce fut une main glacée et secouée de légers tremblements qui le préserva de sa chute, s'enroulant tout d'abord autour de son col avant d'atteindre sa gorge. Il ferma les yeux, entièrement soumis à la volonté de son Maître.
« Ouvre les yeux, Nagini. »
Celui-ci ne put faire autrement qu'obéir et il rencontra deux orbes rougeoyantes à l'éclat étrangement caressant.
« Tu m'agaces. »
-Je...J'en suis désolé, Maître...
« Que s'est-il passé la dernière fois que tu m'as agacé ? »
Le subordonné ne bougea pas pendant de longues secondes, son souffle saccadé calqué sur celui, mécanique, de l'homme qui tenait sa vie entre ses doigts décharnés. Il se décida enfin à lever sa main droite qui était protégée par un gant.
« Dis-le. Je veux l'entendre. Non, je veux le voir. »
Nagini ôta fébrilement le tissu en velours qui dissimulait sa main et dévoila son petit doigt et son annulaire auxquels il manquait des phalanges. Cette vision arracha un rire amusé à Voldemort qui les contempla avec l'air tendre et épanoui de celui qui se remémore d'agréables souvenirs.
Il relâcha le cou qu'il maintenait toujours et regarda son homme de main tomber à genoux et reprendre difficilement son souffle. Il recula légèrement et fouilla dans la poche de son élégant costume trois pièces afin d'en sortir un superbe couteau suisse d'un noir vernis.
Dans un geste familier du poignet, il choisit une petite lame finement aiguisée et se pencha pour en caresser la joue de Nagini, laissant un mince filet de sang dévaler la peau blanche, trop blanche.
« Pose ta main sur la table. »
-Maître, je vous...
Riddle l'interrompit d'un geste impérieux de la main et fit mine de prendre un air songeur, ses longs doigts faisant habilement aller et venir les dangereuses lames du couteau. Prenant un ton diplomate, il déclara finalement :
« Je suis un Maître clément, Nagini, tu le sais. »
-Merci Maître, je...
« Je te laisse choisir le doigt que je vais mutiler cette fois-ci. »
L'homme à ses genoux baissa la tête pour dissimuler les larmes de rage et de douleur anticipée qui menaçaient de s'échapper de ses paupières. Il allait déjà être puni comme un vulgaire homme de main désobéissant, il n'était pas nécessaire d'accentuer son humiliation.
Il caressa fébrilement sa main à laquelle il manquait des phalanges et qui n'avait cicatrisée complètement que très récemment. Il voulait garder son majeur intact. Pour pouvoir le gratifier d'un doigt d'honneur le jour où il lui tirerait une balle entre les deux yeux.
Il posa sa main à plat sur la table de verre et releva les yeux vers son Maître, murmurant d'une voix qu'il voulait emplie de soumission :
-L'index, s'il vous plaît.
Il n'eut pas tot fait de formuler sa requête qu'un cri étranglé lui échappa, tandis que la moitié de son doigt roulait jusque sous la table basse, tachant le coûteux tapis couleur ocre. Il le ramassa, le fourra dans sa poche en ravalant son dégoût et se redressa en partie, ne gardant qu'un genou à terre et la tête baissée.
-Merci, Maître..
Celui-ci esquissa un petit sourire cruel et forca Nagini à relever le visage pour essuyer la lame rouge de son propre sang sur sa joue et ses lèvres.
« Tu sais pourtant que je n'aime pas en arriver à ce genre d'extrémités. Surtout avec toi, mon serpent. »
Son ton jubilatoire et l'excitation vicieuse qui avait parcouru ses membres tandis qu'il découpait la phalange avec une précision digne d'un chirurgien trahissaient ses paroles. Mais il s'en moquait bien. Cela faisait un moment qu'il n'y avait pas eu un peu d'action.
Ses yeux se révulsaient d'impatience quand il songeait aux tortures qu'il lui ferait subir à Lui, une fois qu'il l'aurait à portée de main. A portée de lame. Pour un peu, il aurait pu en bander.
Il jeta un bref regard à la main mutilée et dégoulinante de sang.
« Ce ne sera bientôt plus qu'un moignon. Il faudra sans doute le découper également tôt ou tard. »
Riddle émit un rire en percevant le frisson qui secoua Nagini. Un frisson de terreur, de soumission. Bon Dieu qu'il aimait ça. Il éprouvait un plaisir pervers à la pensée qu'il était le seul à pouvoir réduire à l'état de larve terrorisée un homme de la trempe de son serpent.
Nagini aimait tellement jouer les caïds. Un peu trop à son goût. Dans l'intimité, il voulait lui rappeler qui était l'unique maître à bord. Que dans son trône d'acier, il n'y avait pas de place pour deux. Ni sur les accoudoirs, ni ailleurs. Seulement à ses pieds.
Il reposa sa main sur la poignée de sa réserve d'oxygène et la traîna jusqu'à la grande baie vitrée depuis laquelle il pouvait voir un soleil timide se lever.
« Ne pleure pas. Je déteste les faibles. Et je ne vais pas en plus m'affubler d'un homme de main infirme. J'ai déjà eu assez d'un fils manchot, déserteur et incapable. »
Il n'eut même pas un peu de temps pour songer à celui qu'il venait d'évoquer.
Quelques légers coups furent frappés à la porte et il ordonna d'entrer d'une voix claire et forte. En dehors de Nagini, il ne tolérait pas qu'une quelconque autre personne de l'organisation le voit dans un état affaibli.
Un jeune homme à grande stature pénétra dans la pièce à pas feutrés. Il était bien bâti et devait sans doute le dépasser d'une bonne tête mais quelque chose d'étrangement soumis se dégageait de lui. Cela venait peut-être de ses vêtements sombres qui affinaient sa silhouette ou bien des mèches chatains qui balayaient ses yeux, les rendant invisibles à la vue.
Riddle croyait le reconnaître pour l'avoir déjà vu de nombreuses fois dans le sillage de son serpent. Comment s'appelait-il ? Quelque chose comme Londubras ? Quelle importance, ce n'était qu'un pion.
« Qu'y a-t-il ? » demanda-t-il à l'importun, ne prenant même plus la peine de le regarder.
Le silence lui répondit, seulement troublé par les halètements de douleur de Nagini qui bandait sa main mutilée du mieux qu'il le pouvait.
« Eh bien ? Parle. Si tu es venu pour remplacer l'un de mes porte-manteaux, tu peux repartir, ils te supplantent esthétiquement. »
-Maître...Il est muet...
Voldemort haussa un sourcil agacé à l'intention de son bras droit qui venait tout juste de se relever correctement et qui fixait à présent le jeune homme qui n'avait pas quitté sa position initiale.
« Un muet ? Cela ne me surprend pas. Il fallait bien ça pour aller avec un futur manchot. »
Nagini baissa la tête en approuvant silencieusement puis il se tourna vers le visiteur et lui demanda ce qui l'amenait. Celui-ci effectua des signes avec ses mains que le serpent sembla comprendre et il lui fit signe de quitter la pièce.
-Il dit qu'il a finalement localisé la nouvelle résidence des Weasley. C'est en Ecosse.
« Les imbéciles. Je pensait qu'ils auraient au moins fait l'effort de quitter l'Europe. Je ne vais pas m'en plaindre. »
-Que fait-on ?
« Commencez par effectuer une filature quotidienne et discrète. De toute façon, nous n'aurons besoin que de quelques poils roux. »
Tirant sa roulette derrière lui, il se réinstalla dans son imposant fauteuil en daim, reprit le livre qu'il avait délaissé quelques heures plus tôt et fit un geste distrait dans la direction de Nagini.
« Tu peux disposer, j'en ai plus qu'assez de tes pleurnicheries. Je veux un rapport détaillé dans trois jours. »
-Bien, Maître.
Le serpent quitta la salle, trop souffrant pour chercher à dissimuler son empressement et une fois dehors, il s'appuya contre le battant en gémissant de douleur. Son visage s'éclaira quand il aperçut son espion favori qui l'attendait, posté près d'un pilier en marbre.
-Neville..., susurra-t-il d'une voix geignarde.
Il jeta un bref regard dans le couloir pour s'assurer qu'ils étaient bien seuls et tendit les bras dans la direction du jeune homme qui le rejoignit en quelques enjambées et le souleva entre ses bras pour le conduire jusqu'à sa chambre.
-Neville, j'ai mal...Il m'en a encore coupé un...
Le muet ne répondit rien, ce qui n'était guère surprenant, mais fit quand même un signe de tête pour faire comprendre qu'il compatissait au malheur de son supérieur. Une fois devant la porte des appartements de Nagini, il le déposa au sol et lui ouvrit le battant pour le laisser entrer. Ce dernier s'accrocha à son bras comme un enfant gâté, ce qui était loin de s'accorder avec son âge et son physique sournois.
-Viens avec moi. Je veux que tu t'occupes de moi.
Neville réprima un soupir agacé et lui expliqua en langage des signes qu'il ferait mieux d'aller entamer la filature chez les Weasley. Le serpent ne voulut rien entendre et le tira de force dans sa chambre dont il verouilla la porte derrière eux. Il se laissa tomber sur son lit en geignant et son espion alla chercher de quoi le soigner sommairement.
Le front de Nagini était un peu brûlant à cause de la plaie qui allait sans doute s'infecter et il parlait, parlait, sans vouloir s'arrêter ou modérer ses confessions.
-Il n'y en a que pour lui. Ce putain de Balafré. J'en ai marre de perdre des doigts chaque fois que j'évoque son putain de nom ! Je le buterais de mes mains avant de m'occuper moi-même de Voldemort. Il va sentir ce que cela fait de perdre quelques doigts, lui aussi...Aïe !
Le muet venait de finir de resserrer le bandage autour de la plaie et le serpent lui fit un sourire cajoleur qui, venant de lui, ressemblait plus à un rictus geignard qu'autre chose.
-Je te garderais toujours près de moi, Neville. Et toi aussi, tu vas rester près de moi. Pas vrai ?
Mais, avant même d'obtenir une réponse de sa part, il ferma ses paupières alourdies par la douleur et l'énervement, plongeant dans un sommeil qui allait s'avérer tourmenté.
Le jeune homme poussa un soupir soulagé et, sans même un regard en arrière sur son supérieur, ne se fit pas prier pour quitter la pièce viciée.
Ici, tout ressemblait au serpent. Les lourdes tentures noires et crasseuses entravaient la faible lumière qui parvenait d'une fenêtre aux volets fermés à l'aide d'une combinaison de chaînes complexe.
Il déverrouilla la porte et se faufila dehors sans un bruit. Il était habitué à la discrétion, c'était devenu son travail, son identité. Il pouvait se tenir dans une pièce sans même qu'on le remarque, malgré sa grande stature. D'autres hommes de sa taille auraient pu paraître imposants, intimidants, bref, désignés par plein de jolis adjectifs pour dire qu'on les remarquait de loin.
Mais pas lui.
Une fois le battant refermé derrière lui, il s'y appuya un instant. Son regard se perdit dans le mur en face de lui tandis qu'un sourire joyeux étirait le coin de ses lèvres. Ca faisait presque un peu mal, il n'était plus habitué à utiliser autant sa bouche.
Un murmure éraillé se perdit dans le grand couloir.
« Tu me manques, Harry. »
Et l'espion disparut, rapidement. Aussi rapidement que ses paroles.
Il redevenait Neville le muet, l'invisible.
• . • . •
Le jour était déjà là.
Comment pouvait-il le savoir alors qu'il croupissait toujours au fond de son trou crasseux ? Eh bien, c'était parce qu'il entendait les gardiens s'agiter derrière la lourde porte, libérant les autres détenus qui avaient passé la nuit dans un enfer miniature similaire au sien.
Harry se releva et s'étira longuement, se dressant sur la pointe des pieds et réalisa que sa tête frôlait presque le plafond.
Un sourire mauvais étira ses lèvres quand il songea au fait que ce connard de géant de Greyback devait se voûter comme un moine pour tenir dans la jolie Betty.
Il ne sentait plus la moitié de son corps mais préférait ne pas y penser. Aujourd'hui, c'était l'un des trois jours de douche par semaine et il allait pouvoir se détendre un peu sous le jet. A condition qu'on ne le fasse pas chier. Mouais, peu probable.
Il s'appuya sur le mur et attendit impatiemment que l'on vienne ouvrir la porte de sa cage.
Le loquet se fit enfin entendre et il se protégea un instant les yeux de sa main pour ne pas être aveuglé par la lumière. Il se sentait comme un vampire grincheux.
Une fois habitué à la luminosité du couloir, il regarda le gardien qui venait de lui ouvrir et grogna de mécontentement :
« Oh non, putain ! Pas aujourd'hui, j'suis vraiment pas d'humeur. »
L'homme qui lui faisait face lui planta sans ménagement la pointe de sa matraque entre les côtes et le plaqua contre le mur pour le menotter solidement. Il le retourna ensuite avec la même douceur et le poussa pour le forcer à avancer dans le couloir à l'opposé de celui censé le ramener vers le Level UP et donc, sa cellule.
-Ferme-la, j'me souviens pas de t'avoir demandé ton avis.
Harry leva les yeux au ciel et répéta les paroles de Snape sur un ton qu'il déforma puérilement. Quand c'était le Chef des toutous armés en personne qui venait le sortir de son trou, il savait parfaitement qu'il n'allait pas pouvoir échapper à un nouvel entretien avec le Directeur.
Et le trajet qu'ils empruntaient acheva de le conforter dans cette idée.
Ils montèrent de nombreux escaliers austères et soudain, il devint difficile de savoir si l'on se trouvait vraiment encore à AZ ou non. L'aile centrale de la prison était vraiment chaleureuse comparée aux quatre autres.
Il faut dire qu'elle était faite pour les hauts dirigeants au cul délicat. Il leur fallait de la moquette, du chauffage et même de l'air vierge de toute odeur qui rappellerait celle que dégageaient les détenus. L'odeur souillée d'un corps privé de liberté.
Ils s'arrêtèrent finalement devant deux lourdes portes en bois sombre et vernis. Snape frappa trois petits coups brefs et une voix étouffée et au timbre amusé résonna de l'autre côté du battant.
-Le mot de passe ?
Harry ne put réprimer un sourire en coin. Ce vieux fou se livrait toujours au même rituel ridicule et le détenu jubilait toujours de voir Snape tenter de ne pas s'y plier.
-Je vous amène Potter, Monsieur.
-Ce n'est pas ça !
-Monsieur, je ne vais pas...
-Non plus !
La poigne du Chef des gardiens se resserra sur sa matraque et Harry se demanda un instant s'il n'allait pas défoncer la porte pour forcer le Directeur à ouvrir son fichu bureau sans le faire chier avec des gamineries d'un autre âge.
-...prosper...pains d'épice...
-Oh, je crois que vous chauffez !
Snape se râcla la gorge et débita sans même reprendre son souffle et sur un ton sérieux qui contrastait avec les paroles ridicules qui s'échappaient d'entre ses lèvres :
-Prosperyouplaboumc'estleroidespainsd'épice. (1)
Harry ne put s'empêcher d'éclater de rire et la porte du bureau s'entrouvrit enfin. Le gardien grogna, passablement énervé de s'être une nouvelle fois humilié devant un détenu. Il lui ôta ses menottes et le poussa dans la pièce sans douceur. Il salua le Directeur avec un mépris qu'il ne fit même pas l'effort de dissimuler et les laissa seuls, refermant le battant derrière lui.
-Severus est beaucoup trop sérieux., déclara tranquillement un homme à la chevelure argentée tout en se caressant la barbe.
Harry se frotta un instant les poignets meurtris par l'étau de fer puis il vint naturellement s'affaler sur l'une des chaises rembourrées qui faisaient face au lourd bureau d'ébène. Avisant des gâteaux secs en face de lui, il se servit et marmonna la bouche pleine :
« C'est vous qui êtes beaucoup trop fêlé si vous voulez mon avis. Un jour vous allez tellement l'irriter qu'il vous tirera une balle dans la tête en gueulant 'Ca te va comme mot de passe, vieux con ?'. »
Le Directeur ne s'offusqua même pas du ton avec lequel le prisonnier s'adressait à lui et il éclata de rire, croisant ses mains en face de lui.
-Ce serait une mort très drôle, de quoi me rendre célèbre.
« Si vous le dites. Moi je préférerais autant crever en dehors de ce trou à rats. »
-Harry.
Le ton qu'employait Albus Dumbledore était à présent dénué d'amusement ou de taquinerie. Il était même étrangement sérieux au vu de leur précédent échange. Le brun secoua la tête d'un air agacé en entendant son prénom de la bouche du vieil homme mais il était fatigué d'essayer de le forcer à l'appeler Potter.
« Cessez de vous fatiguer avec ça. Ca ne vous mènera à rien et en plus, ça me fait chier. »
-Je décide seul de ce qui me mènera à quelque chose ou non. Harry, pourquoi t'obstines-tu ?
« Je n'ai rien à vous dire. »
-Je crois fermement le contraire. Je peux échanger vos places et tu le sais très bien. Lui ici, à AZ, jusqu'à la fin de ses jours. Et toi, libre.
« Vous me prenez pour un con ? J'suis un criminel, j'ai buté tous ces flics. Jamais vous ne me relâcherez. »
-Fais-moi confiance, tu peux me faire confiance.
« S'il y a bien une chose que m'aura appris votre foutue prison c'est qu'on ne peut faire confiance à personne. »
Dumbledore laissa échapper un long soupir las. Tous les mois, il faisait venir Potter dans son bureau pour lui demander de coopérer, pour coincer celui qui était au cœur de tous les tourments de l'Angleterre. Coincer Tom Riddle. Enfin.
Il n'était pas devenu Directeur de cette prison pour rien. Il le voulait ici, jusqu'à la fin de ses jours. Pour faire en sorte que cela soit un vrai enfer.
Mais Potter, qui avait pourtant toutes les raisons de haïr Riddle, refusait de livrer des éléments compromettants sur lui. Il suffirait de son témoignage, un simple témoignage. Ou même l'emplacement de son quartier général officieux.
« Bon, vous avez fini ? Il restera plus d'eau chaude pour ma douche à ce train-là. »
Le ton insolent, toujours. Mais le Directeur avait appris à lire dans ses détenus aussi sûrement que dans des livres. Le jeune homme voulait jouer au plus fort, au plus endurant. Mais il ne savait pas encore qui était son adversaire.
-Il paraît que tu t'intéresses au jeune Malfoy.
« J'vois pas pourquoi je m'intéresserais à ce gamin. »
Harry se mordit la langue après avoir prononcé ces paroles, il les avait débitées trop vite pour qu'elles soient sincères et le sourire en coin qu'esquissa Dumbledore lui confirma que son mensonge avait fait un bide.
-Tu le veux ? Je peux te le laisser, tu sais.
Le détenu se redressa sur sa chaise et haussa un sourcil désabusé à l'entente de la proposition de l'homme en face de lui. Il était en train de proposer de lui 'offrir' Malfoy comme un proxénète proposerait une vulgaire pute à un client intéressé ?
« Vous devriez vraiment arrêter le pain d'épice. »
-Je peux faire en sorte que vous partagiez la même cellule. Cela te permettrait de t'amuser un peu et peut-être qu'ensuite, tu seras enclin à me rendre service à ton tour.
Dumbledore n'en revenait pas lui-même des paroles qu'il laissait échapper et cela ne fit que le conforter dans ce qu'il savait déjà : il était prêt à tout pour mettre la main sur Tom Riddle. Quitte à sacrifier quelques personnes au passage. Il l'avait déjà fait et pourrait très bien recommencer chaque fois que cela s'avérerait nécessaire.
« Vous pouvez vous les carrer au cul vos services ! J'en ai rien à foutre de Malfoy et j'en ai rien à foutre de ce que vous attendez de moi. »
Il sursauta quand le Directeur se leva brusquement et plaqua ses mains sur son bureau, se penchant vers lui d'un air qui se voulait menaçant. Sa barbe même semblait frémir de fureur contenue, c'était ses vieux réflexes de flic qui reprenaient parfois le dessus.
-Ma patience a des limites, Harry. Je te conseille de réfléchir encore un peu. Je sais que tu supportes très mal d'aller au trou. Je me demande combien de temps tu tiendrais en isolement complet.
Le brun ne put réprimer un frémissement à cette pensée et il se maudit pour ça, pour laisser transparaître sa peur, sa faiblesse. Mais il avait décidé il y a bien longtemps déjà qu'il n'obéirait à personne d'autre qu'à lui-même. Quitte à se fourrer dans une merde noire.
« Vous croyez que tout vous est du, pas vrai ? Enfermez-moi, tabassez-moi. Ca ne changera rien. C'est moi qui tuerai Voldemort. »
Les yeux de Dumbledore se plissèrent à l'entente de ce nom et il n'émit pas un mot pendant de longues et interminables secondes. Il leva soudainement sa main et Harry crut un instant qu'il allait lui en mettre une.
Mais au lieu de ça, il saisit son téléphone et pianota sur quelques touches.
-Minerva, appelez Snape. Dites-lui que j'en ai fini.
Il reprit place dans son fauteuil et darda son regard bleu métallique sur Harry, le fixant derrière ses lunettes en demi-lune qu'il replaca sur son nez avec minutie. Il inspira profondèment et un grand sourire étira ses lèvres, un sourire amusé et bienveillant. Le même que celui qu'il arborait quand il étrait arrivé dans le bureau.
-Tu devrais aller faire soigner cette vilaine blessure sur ta bouche.
Potter détestait ça, cette façon de changer de sujet et de faire comme si la scène précédente n'avait jamais eu lieu. C'était à chaque fois pareil. Il pétait les plombs et reprenait ensuite son rôle de vieux Directeur un peu gâteux sur les bords.
Le détenu se demandait s'il était le seul à savoir dans quel état la mention de Tom Riddle mettait le respectable Albus Dumbledore.
Il ne prit même pas la peine de lui répondre et se leva de sa chaise pour se placer près de la porte, attendant que le gardien vienne le chercher. Finalement, quelques coups furent frappés à la porte et il posa sa main sur la poignée pour l'ouvrir quand une dernière phrase lui parvint :
-Tu as déjà eu ta chance pour le tuer.
Les doigts d'Harry se crispèrent sur la porte et des larmes de rage lui montèrent aux yeux. Il le savait, putain, il le savait. Chaque heure passée ici le lui rappelait.
Mais il était prêt, prêt pour un nouvel essai qui cette fois serait le bon. Son plan se mettait doucement en marche. Un plan pour lequel le jeune Malfoy allait l'aider, sans le savoir. Un plan qui le forcait à jouer un tout nouveau rôle.
Potter le Sauveur.
• . • . •
-Ca fait du bien, hein bizut ?
La voix de Sherwood lui parvenait à peine à cause du brouhaha provoqué par les jets d'eau et les éclats de voix des nombreux hommes présents. Il n'aurait jamais pensé qu'il serait un jour aussi heureux de se laver. Un simple jour passé à AZ, et il se sentait déjà vicié, sale.
Bien sûr, au début il avait été très réticent au fait de se mettre à poil au milieu de tous ces autres mecs qui le dévoraient des yeux. C'était presque comme mâcher le travail à l'avance à ceux qui étaient tentés d'abuser de lui.
Mais Sherwood ne l'avait pas lâché d'une semelle et Draco avait fini par se convaincre que c'était presque comme dans les douches communes pendant le sport quand il était encore au lycée. Sauf qu'aucun de ses camaradesde football n'était un taré emprisonné pour meurtre, viol ou même pire.
Il acquiesça vaguement à la question du manchot qui avait fermé les yeux et accueillait l'eau chaude sur son visage avec un rictus extatique.
Le blond, lui, ne pouvait s'empêcher de se tasser contre la paroi pour dissimuler son corps nu. Il n'était pas particulièrement pudique mais il ne se sentait pas en sécurité. C'était deux choses très différentes.
Du coin de l'oeil, il ne put s'empêcher de détailler rapidement le corps de Sherwood qui l'étonna légèrement. Il semblait musclé magré ce que laissait paraître sa silhouette quand il était habillé. Il se sentait presque maigrelet comparé à lui, pas étonnant que les mecs de AZ se sentent capables d'abuser de lui.
Il détourna le regard, les joues un peu rouges. Qu'est-ce qui lui prenait de se mettre à détailler un mec, tout à coup ? Bon d'accord c'était juste Sherwood mais quand même, il était clair que celui-ci se tapait Robin. Il n'avait rien fait pour lui cacher.
Il y avait tellement de tension sexuelle malsaine dans cette pièce étouffante et humide où des jets de douche étaient alignés.
Quand il s'était réveillé le matin même, il n'avait pas pu s'empêcher de repenser à la scène à laquelle il avait assisté la veille. Potter qui avait subi la punition pour l'avoir secouru. Alors que lui aussi aurait mérité d'être traîné au trou, il avait frappé le gardien également.
Potter aurait pu le dénoncer et lui attirer des ennuis.
Il ne savait pas quoi penser à son sujet. Les mots de Sherwood tournaient et retournaient dans on esprit 'Si tu t'étais fait baiser dans le couloir, ils n'auraient pas levé le petit doigt pout t'aider'. Pourtant le brun l'avait fait et pas qu'un peu.
Il recula légèrement pour jeter un bref regard à tous les autres hommes présents, cherchant inconsciemment à voir si Potter se trouvait parmi eux.
Peut-être qu'il devrait lui dire finalement son foutu 'Merci de m'avoir sauvé' qu'il voulait tant l'entendre prononcer.
-Alors Malfoy, on mate ses petits camarades de douche ?
Il recula vivement quand la silhouette nue de Greyback vint se placer juste dans son champ de vision. La panique commença à monter comme un frisson effroyable le long de son dos jusqu'à sa nuque. Il secoua la tête pour chasser les mèches humides qui lui tombaient sur les yeux.
-Casse-toi Greyback. Fais pas chier ! Grogna Sherwood en s'interposant entre eux sans aucune peur apparente.
Mais cette fois, le colosse ne se montra pas aussi 'doux' qu'au réfectoire et il lui décrocha un violent coup de poing à l'estomac mais le parvint à le bloquer de son unique main, laissant tout de même échapper un râle de douleur.
Greyback eut l'air surpris et il n'en fallut pas plus à Sherwood pour profiter de cette occasion et le frapper violemment à la mâchoire. Draco ne pouvait pas faire un mouvement, il était comme tétanisé et pourtant admiratif de la force du manchot.
Comment pouvait-il faire le poids face à Greyback ?
Celui-ci rugit de douleur et de rage et il plaqua Sherwood contre le mur de la douche, bloquant sa gorge avec son avant-bras avant de lui asséner de nombreux coups de poing, toujours à l'estomac et Draco n'attendit pas de voir son codétenu cracher du sang avant de se jeter contre l'épaule du colosse pour le frapper également.
Il se retint de crier de douleur quand son poing s'écrasa contre la pommette de Greyback, il ne savait pas que ça faisait aussi mal de frapper quelqu'un ! Ca paraissait tellement jouissif dans ces putain de films de boxe.
Le géant fit un signe du menton derrière lui et trois de ses acolytes vinrent projeter le blond au sol, l'assomant presque d'un coup vicieux tout près de son entrejambe. Draco eut l'impression de voir des étoiles mais il entrouvrit les paupières pour voir Sherwood gisant au sol, la bouche pleinement de sang, maintenu en place par deux autres mecs.
-Sherwood !
Sa propre voix dans sa tête le fit gémir de douleur et il se débattit violemment, griffant, tirant, mordant tout ce qui était à sa portée. Il parvint presque à se dégager de la poigne d'un des mecs et fit la première chose qui lui vint à l'esprit. Le premier réflexe qui lui serait venu dehors, dans le monde normal.
-Au secours ! Putain, aidez-nous !
Mais même de là où il était, il pouvait voir que dans les cabines de douche, il n'y avait plus que Greyback et ses cinq larbins, Sherwood et lui-même.
Il aperçut néanmoins un gardien près de l'embrasure de la porte et son visage s'éclaira jusqu'à ce qu'il reconnaisse que c'était le dénommé Avery, celui qui avait failli buter Potter hier. Il le vit faire un petit signe du menton à Greyback et celui-ci éclata d'un long rire.
-Ohoh, en plus de la permission du Grand Manitou Malfoy, on dirait que j'ai aussi celle d'Avery. J'vais m'en donner à cœur joie.
Le Grand Manitou Malfoy ? Draco n'eut même pas le temps de se poser des questions.
Il écaquilla les yeux d'une terreur non feinte et il agita ses jambes qui n'étaient pas encore entravées dans tous les sens pour tenter de frapper Greyback qui s'approchait de lui avec un sourire dangereux et une érection que rien ne dissimulait.
L'un des trois hommes qui le tenaient le frappa encore une fois pour tenter de le rendre docile mais même à moitié assomé, le blond se débattait comme un beau diable, refusant de se soumettre.
Pourtant, ses assaillants parvinrent à le mettre à genoux, juste en face de Greyback qui lui empoigna les cheveux et le gifla violemment, lui ordonnant d'ouvir la bouche.
Des larmes de rage et d'impuissance ruisselaient sur les joues du jeune détenu qui serraient les dents sans cesser de remuer dans tous les sens mais trois paires de mains le maintenaient trop étroitement.
Le colosse lui boucha brusquement le nez et Draco fut obligé d'ouvrir la bouche pour reprendre une goulée d'air.
Des doigts épais se glissèrent entre ses lèvres pour les maintenir ouvertes et il se prit un nouveau coup au visage quand il les mordit avec rage.
-Si tu mords, je t'explose le crâne. T'as compris, salope ?
Des ricanements lui parvinrent et ses larmes redoublèrent malgré lui. Il aurait aimé être capable de subir ça sans un cri, sans pleurer, sans leur laisser voir que ça le brisait.
-Non.. ! Greyback, je vais te crever, enflure !
C'était la voix de Sherwood, entrecoupée de halètements de douleur mais elle se tut quand l'un des acolytes du colosse lui décocha un nouveau coup dans l'estomac.
La dernière chose que Draco entendit avant qu'une queue ne se glisse de force dans sa bouche, lui arrachant un haut le cœur.
'J'ai compris. Putain, j'ai compris Potter. J'ai compris que j'ai besoin de soutien ici...'
Mais le Sauveur ne vint pas.
• . • . •
A suivre.
(1) Je suis désolée pour ce truc débile mais c'est le slogan d'une vieille pub sur les pains d'épice et mon père n'arrête pas de la chanter en ce moment. Je devais la placer quelque part. xD
• . • . •
Bon j'suis crevée, énervée et en manque de chocolat.
Alors ce sont Draco & Nagini qui en ont fait les frais. xD
Je me rends compte que ce chapitre n'est vraiment pas drôle. J'ai voulu accentuer un peu plus le drame du fait de se trouver à AZ.
J'espère que ça vous a quand même plu ?
J'attends vos avis, positifs comme négatifs ! ;)
(Ou même juste si vous avez reconnu de qui j'me suis inspirée pour la réserve d'oxygène à roulettes de Voldy. \o/)
• RAR Anonymes :
Kiarablack : Hola Kiara ! J'aurais aimé répondre à ta review en espagnol mais le mien est vraiment trop mauvais ! Mais tu es ma première revieweuse d'Espagne (ou d'un autre pays latino?) et ça me fait plaisir. Comme tu le dis si bien, Draco a beaucoup d'ennemis à AZ et je crois que ça se ressent particulièrement bien dans ce chapitre-ci. Si même les gardiens s'y mettent, il ne va pas faire long feu. Ce qu'a fait Lucius ? Je ferais sans doute bientôt des petits flash-backs pour expliquer le passé de Malfoy Grand Père et Lucius. ;) En fait, j'ai trop de flash-back à faire pour expliquer tout plein de choses xD En tout cas, merci de me lire et d'avoir commenté ! J'espère que cette suit t'a plu et je te dis à très vite. Muchos Besos !
Kalymerho : Salut Kaly ! Ca me fait plaisir de te retrouver sur ce chapitre-là aussi ! Je comprends ce que c'est d'être interrompue quand tu es en pleine lecture d'une fic et c'est vraiment frustrant ! Ravie que tu aies quand même réussi à le finir xD Oh ? Je suis contente si j'ai réussi à vraiment te surprendre avec l'apparition d'Abraxas ! C'est ce que j'espérais en fait, faire apparaître un personnage peu commun. ;) Pour Dumby, je pense que ce chapitre 4 a répondu à ta question :p Donc oui, tu avais bien vu juste ! Je t'avoue que l'idée d'en faire le patron des Vipers m'avait effleuré mais Grand Père Malfoy, ça le fait mieux je trouve. Draco a encore plus chaud aux fesses maintenant et son avenir semble plus qu'incertain ! Mais ce n'est que le deuxième et il aura le temps ensuite pour retomber sur ses pieds et trouver ses propres forces pour s'en sortir à AZ. Hihi, moi sadique ? Tu ne pouvais pas me faire de plus beau compliment :p J'avoue, j'adore mettre plein de mystères partout mais si je le fais, c'est parce que je sais déjà comment les résoudre alors ce n'est pas trop un souci. Vous aurez toutes les réponses à la fin, c'est sûr ! En tout cas, merci de continuer à me suivre et je suis désolée pour le retard de chapitre, je n'ai pas respecté mon chap' par semaine. _ J'espère que cette suite t'aura plu et je te dis à très vite ! ;) Gros Bisous et bonne semaine !
Roll : Roll ! Ta review m'a beaucoup fait rire et m'a faite très plaisir. \o/ Je suis ravie que ma RAR t'ai également fait plaisir, à vrai dire quand les reviews m'enthousiasment beaucoup, je ne peux pas m'empêcher de répondre de façon un peu trop longue. Même si je suis crevée après un chapitre, je mets un point d'honneur à répondre de façon correcte. Je trouve ça très frustrant quand les auteurs répondent par seulement 2-3 lignes xD Mais tout le monde n'a pas besoin d'être aussi taré que moi ! Mon rythme cardiaque s'accélère beaucoup aussi quand je lis tes reviews et toutes les gentilles choses que tu me dis :D Je suis très contente que la suite t'ait plu, je n'étais pas très satisfaite de ce chapitre mais s'il a suscité votre intérêt alors je peux aller dormir en paix. En fait, j'ai reconsidéré les vingt chapitres et ça ne me paraît plus très faisable vu toutes les intrigues que je rajoute au fur et à mesure. u.u C'est comme si c'était un autre moi qui écrivait et qui s'amusait à ne pas respecter ce que je décide de mettre dans mes chapitres ! Comme un double maléfique :p C'est donc la Devil Koibi qui se goinfre de chocolat quand il faut pas et qui fait Draco a de plus en plus d'ennuis, le petit chou. Tomber amoureuse de mes persos ? Si j'arrivais à faire en sorte que ce soit le cas, je pourrais même aller mourir en paix ! (si tu me mets trop la pression, je vais faire une overdose de chocolat xD)
Roh mais non, il ne faut pas dire 'Ta gueule, Roll' ! Moi j'aime ses longues reviews qui me font beaucoup rire. Et puis tu sais, il n'y a pas de mal à être une lectrice passive, je suis un peu comme ça aussi. Et puis je préfère que tu ne cherches pas à la loupes tous les défauts de ma fic, ça me ferait faire une dépression à coup sûr. XD
J'espère que cette suite non plus ne t'a pas déçue et que tu seras là aussi pour le prochain chapitre. Qui arrivera avec moins de retard, promis ! Han, tu manges du chocolat pour reviewer ! Dans mes braaas ! Bonne semaine à toi en tout cas et merci de continuer à me suivre. 3 Mais oui, les vaches sont des animaux très nobles xD La preuve, elles sont vénérées en Inde ! Moi j'suis vénérée nulle part u.u J'veux être une vache ! Ne t'en fais pas pour le professionnalisme, le fait que tu aimes me suffit déjà amplement ! Pas grave pour la non-relecture de ta review, l'appel de la bouffe avant tout xD J'espère vraiment que ça t'aura plu également ce nouveau chapitre et que tu seras là pour la suite. Je te fais des bisous plein de chocolat et te dis à très vite. ;)
Pour les reviews signées auxquelles je n'ai pas encore répondu, je m'en occupe ce soir, je ne vous oublie pas !
Merci encore à vous de me suivre. ;)
Je vous dis rendez-vous pour la suite ?
Bonne semaine à tous.
Koibi~
