Hermione Granger arriva au travail avec une bonne demi heure d'avance. Son patron lui expliqua qu'elle allait être affectée à un projet spécial pour au moins les deux prochaines semaines.
-Le bureau des aurors a enfin réussi à mettre la main sur le Mangemort Walden Macnair. J'imagine que vous savez de qui il s'agit, lui demanda monsieur Collard.
-En effet. Je l'ai vu pour la première fois quand j'étais en troisième année. À l'époque il exécutait des créatures dangereuses pour le compte du ministère. Il m'est arrivé de le croiser à quelques reprises lors d'affrontements…
-J'avais presque oublié qu'il avait travailler pour nous comme bourreau avant de rejoindre Voldemort. Enfin bref, depuis sa fuite, Macnair gagne sa vie en faisant de la contrebande d'objets de magie noire. Il a été appréhendé hier et toute sa marchandise a été saisie par le bureau des aurors. Il faut dont identifier et enregistrer chacun des items rapportés et les consigner comme preuve pour étoffer le dossier d'accusation.
-On parle de combien d'items, lui demanda ensuite la jeune femme.
-À première vue, des centaines! Nous avons tout installé dans la pièce du fond. C'est un dossier très important et j'ai confiance en vous pour mener à bien ce classement. Voici la liste de mes recommandations, lui dit son supérieur en lui tendant un parchemin.
Hermione ne put s'empêcher de se demander si le délai accordé par son patron pour mener à bien ce classement, n'était pas un peu trop court. Alors qu'elle s'apprêtait à sortir de la pièce, Barnabas Collard lui lança une dernière phrase qui lui enleva un peu de pression, mais qui la rendit assez nerveuse.
-Au fait, nous avons embauché une consultante externe pour vous aider dans votre tâche. Je crois que vous ne serez pas trop de deux pour mener à bien ce classement.
Travailler en équipe n'avait jamais été un problème pour Hermione, à condition que ce soit elle qui dirige, mais comme le poste qu'elle occupait ici n'était que temporaire, il était peu probable que cela se passe comme elle le voudrait…
En arrivant dans la petite pièce remplie des objets de la saisie, Hermione ressentit un léger sentiment de découragement en voyant la quantité si massive d'articles qui y étaient entassées. Au travers des montagnes de cartons débordants, elle aperçut une femme qui semblait jeter un premier coup d'œil aux différentes choses qui encombraient la pièce. C'était sûrement la spécialiste qui avait déjà commencé à évaluer la situation. Hermione s'avança donc vers elle pour se présenter alors qu'elle avait encore le dos tourné.
-Je suis Hermione Granger, l'assistante de Barnabas Collard, le juriste qui est en charge du dossier Macnair.
-Narcissa Malefoy, consultante externe en objet de magie noire, lui répondit la dame en se retournant vers elle avec un drôle d'air.
-Je ne savais pas que vous travailliez pour le bureau des aurors!
-On m'appelle à l'occasion quand une affaire semble un peu plus complexe qu'elle en à l'air.
-Ça ne vous pose pas problème de collaborer avec moi, lui demanda Hermione avec un air des plus sérieux.
-Pas le moindre et vous?
-Pour moi aussi ça va. Eh bien, commençons alors!
Hermione ne put s'empêcher de penser qu'il était peut-être un peu risqué de laisser une femme qui avait un passé aussi lourd que le sien, s'approcher d'objets aussi dangereux que ceux qui étaient entreposés ici, mais comme son patron semblait lui faire pleinement confiance, Hermione décida d'ignorer sa légère inquiétude à propos de tout cela et de lui donner sa chance comme à n'importe qui d'autre.
-Je suggère qu'on numérote d'abord chaque article avant de commencer. J'ai superviser moi-même la mise en boîte et l'équipe à déjà fait un premier tri pour regrouper ensemble les objets similaires ou du même type, lui expliqua Narcissa.
-Monsieur Collard aimerait que tout soit classé en ordre de dangerosité si possible. Il m'a remit sa liste de recommandations!
-Il y a au moins trois ou même quatre cent articles ici. Remplissons d'abord les formulaires. Il nous sera plus facile ensuite de faire le classement avec les papiers plutôt qu'avec les objets eux-mêmes. Je crois que certains d'entre eux ne devraient pas être trop manipulés.
-Vous avez raison, il nous suffira simplement de lancer un sort pour transformer les chiffres quand nous aurons déterminé leur position dans le classement.
-Nous devrions tout faire en équipe. Une personne qui manipule et l'autre qui écrit. Je connais très bien certain de ces objet, mais d'autre pas du tout. Je crois que ce serait plus simple de mettre nos connaissances en commun plutôt que de faire cela chacune de notre côté, lui proposa Narcissa.
-Je suis d'accord, j'allais même vous le suggérer!
Faire équipe avec Narcissa Malefoy était quelque chose que jamais Hermione Granger n'aurait cru un jour possible. C'était une chose de ne plus la soupçonner de faire partie du camp ennemi, c'en était une autre de la côtoyer d'aussi près et de collaborer avec elle.
La journée se passa cependant plutôt bien. Narcissa manipulait les objets et Hermione remplissait le formulaire qui s'y rattachait. Chaque formulaire était ensuite placé sur une pile différente selon le niveau de risque que l'item représentait. Il y avait aussi une pile réservée pour les objets non identifiés, ceux qui nécessiteront une recherche plus approfondie à cause de leur rareté.
-Ceux là, je les connais très bien. Ce sont des crochets de Basilic, s'exclama Hermione en regardant la jarre que Narcissa venait tout juste de prendre dans ses mains.
-En effet. Dans quelle catégorie on les classe à ton avis?
-Je dirais risque moyen. C'est plus une arme qu'un objet magique dangereux.
-Entièrement d'accord!
-Je suis surprise…
-De quoi donc?
-Que nous formions une si bonne équipe. Je dois dire que ce matin, j'avais une légère inquiétude, mais finalement, je crois que nous avançons assez bien.
-Nous nous complétons aussi très bien. Je dois avouer que moi aussi je suis assez surprise que ça fonctionne si bien entre nous. J'ai tellement entendu parler de toi par mon fils, surtout à l'époque où vous fréquentiez Poudlard. Je ne pensais pas qu'il serait si facile de te supporter, la taquina Narcissa.
-Votre fils m'a pratiquement tout de suite détesté et il m'a fait un peu la vie dure du temps de l'école, principalement parce que je n'étais pas née du bon sang!
-Je crois que c'était un peu plus compliqué que cela. Je veux dire, il y en avait d'autres des sorciers de naissance comme la tienne qui fréquentait cette école en même temps que toi, mais tu es la seule sur qui il s'acharnait à ce point. J'imagine que le fait d'être l'amie de Harry Potter et d'avoir d'aussi bons résultats en classe devait le rendre un peu plus jaloux et agressif avec toi.
-J'ai entendu dire qu'il était de retour chez vous. Comment va-t-il, se surprit Hermione à lui demander.
-Mieux. Du moins, je crois… Il a beaucoup voyagé depuis les dernières années tu sais et il a vécu beaucoup d'expériences qui l'on fait évoluer en quelque sorte et qui l'ont aidé à passer à autre chose… Il y a cependant des moments, quand il pense que je ne le regarde pas, où il semble perdue dans ses pensées et triste aussi… Mais peut-être est-ce simplement l'inquiétude d'une mère qui me fait penser cela, lui raconta ouvertement Narcissa avec une franchise à laquelle Hermione ne s'attendait pas.
Les jours passèrent et le travaille avançait plutôt bien. C'était déjà vendredi et vers le milieu de l'après-midi, Hermione commençait à être un peu fatiguée. Elle lâcha momentanément sa plume pour se secouer un peu les mains et les soulager d'avoir écrit aussi intensivement depuis les dernières heures. Narcissa en profita pour prendre une pause elle aussi et aller utiliser la salle de bain. Quand elle revint, elle se rendit compte qu'Hermione n'était plus toute seule dans la pièce. Elle décida de se faire discrète et d'observer la scène à distance, ne voulant pas l'interrompre dans sa discussion avec son ami.
-Tu peux passer me voir quand tu voudras, je suis ici durant tout l'été, dit Hermione sur un ton mielleux, tout en passant légèrement son doigt sur le torse de l'homme avec qui elle discutait.
-Hermione, je ne sais pas si c'est une bonne idée. Je ne voudrais pas que tu te fasses des idées à propos de nous tu comprend. Il y a bien longtemps que ce n'est plus comme ça entre toi et moi, tu le sais…
-Je sais parfaitement bien que c'est de l'histoire ancienne entre nous Ron. Crois-moi, j'ai passé à autre chose, dit la jeune femme en manquant clairement de sincérité dans la voix.
-Je sais, j'ai entendu quelques rumeurs à propos de toi…
-Vraiment lesquelles et surtout par qui?
-Ginny. Elle dit qu'il y a beaucoup de nouvelles recrues dans la ligue de Quidditch qui parlent de toi et de…
-Et alors. Toi et toutes ces filles que tu fréquentes et que tu exhibes devant les photographes. Je lis les journaux tu sais!
-C'est différent justement, moi au moins je sors avec elle, je ne fais pas que…
-Il y en a plusieurs que je fréquentes plus d'une fois tu sais. Tu me prends pour quoi exactement, une prostituée! Une croqueuse d'homme! J'essaie d'avoir une relation sérieuse moi aussi! Ce n'est pas de ma faute si ça ne fonctionne pas, lui dit Hermione sur la défensive.
-Ce n'est pas ce que l'on raconte sur toi en tout cas. Tu devrais faire attention. Une réputation, lorsqu'elle est acquise, ça ne se défait pas comme ça. Crois-moi!
-Pourquoi les hommes peuvent-il fréquenter de nombreuses filles et faire la une des journaux en tant que héros, alors que nous les filles passons automatiquement pour des salopes quand ça nous arrive d'avoir plusieurs partenaires dans un court laps de temps?
-C'est comme ça, c'est tout. Je ne crois pas que ça changera un jour. En tout cas, fait tout simplement attention à ceux que tu fréquentes, parce qu'il est possible que lorsque tu rencontreras enfin un homme que tu veux vraiment dans ta vie, tu n'arrives pas à l'avoir a cause de ta réputation, termina Ron avant de disparaître vers son bureau.
Hermione était au bord des larmes. L'homme qu'elle voulait c'était lui, ça avait toujours été lui, pourquoi ne le comprenait-il pas?
Narcissa revint dans la pièce une fois que Ron fut sorti, mais en voyant l'expression de compassion qu'affichait son visage, la jeune femme se doutait bien qu'elle avait tout vu et entendu.
-Je suis pathétique, dit simplement Hermione en soupirant longuement.
-Moi aussi ma chère, moi aussi, lui répondit Narcissa en reprenant son poste sans la forcer à en parler d'avantage.
Drago avait passé sa journée dans la bibliothèque du manoir. Il avait commencé à faire des recherches sur une façon de concocter une potion qui pourrait aider son père à reprendre le dessus et lui faire lâcher une fois pour toute la bouteille. Il était clair que son père souffrait psychologiquement et qu'il avait besoin d'aide pour reprendre le dessus. Les moldus appelaient ce mal dont il souffrait : la dépression, mais chez les sorciers, le sujet était encore tabou. Pendant que les moldus développaient sans cesse de nouveaux médicaments pour la contrôler et l'éradiquer, les sorciers eux, se cachaient la tête dans le sable et évitaient de faire trop de recherche sur le sujet de peur de blesser l'opinion publique.
Les médicaments moldus n'étaient malheureusement pas assez puissants pour agir sur le cerveau entouré de magie des gens de son espèce. Il devait donc essayer de trouver une approche un peu moins conventionnelle afin d'aider son père, surtout qu'il refusait d'admettre qu'il avait besoin d'aide.
-Bonsoir Drago, à ce que je vois tu à l'air en plein travail recherche.
-Salut maman. Alors ta journée?
-Intéressante…
-Granger ne te fait pas trop la vie dure?
- Hermione et moi nous entendons très bien. Je nous trouve même de plus en plus de points communs, lui dit Narcissa avec une certaine légèreté.
-Toi et miss je-sais-tout. Non impossible que tu lui ressembles, vous êtes même très différentes!
-Peut-être qu'elle a changé. Il y a bien des années que tu ne lui as pas parlées.
-Changé, non pas elle! Quand je l'ai vu l'autre jour au ministère, je l'ai reconnue tout de suite. Sa posture, sa façon d'agir. Non crois-moi maman, vous êtes loin d'être semblable!
Drago mit ses livres de recherche dans un coin et accompagna sa mère pour le repas du soir. Son père était évidemment sorti. Il était encore allé boire dans un pub miteux avec d'autres ex Mangemorts sous surveillance...
Parfois, il se demandait pourquoi il voulait tellement que son père guérisse de son mal. Après tout, quand il était comme ça, il le laissait tranquille. Mais la réponse à cette question était assez simple, il voulait faire cela pour elle, pour sa mère. Cette femme qui aimait toujours son mari malgré ce qu'il était devenu. Elle s'accrochait désespérément à son passé, aux souvenirs des années de bonheurs qu'ils avaient vécus tous les deux et elle espérait sûrement qu'un jour, tout redeviendrait comme avant.
Elle se faisait des idées. Même si Lucius guérissait de sa dépression, rien ne sera plus jamais comme avant. Ils n'étaient plus riches, ils n'étaient plus puissants ou même simplement respectés. Sa mère faisait des efforts, elle travaillait, elle apportait son aide au ministère, mais il était clair que cela ne sera jamais suffisant pour changer complètement l'opinion que la communauté magique avait à propos de sa famille. La preuve : même après cinq ans sans le moindre faux pas, son père était toujours sous la surveillance du bureau des aurors et considéré comme un danger potentiel!
Ne vaudrait-il pas mieux qu'il reparte loin de tout cela, là où personne ne le jugeait à cause des actions passées sa famille? Drago y songeait parfois, mais au final, rester aussi longtemps loin d'eux ne l'avait pas autant rendu heureux qu'il l'aurait cru.
De toute façon, il avait des choses à régler ici, de vieux démons à exorciser, des fantômes du passé qui le retrouvaient presque toujours peu importe où il allait et qu'il devait, une fois pour toute, chasser de sa vie.
Sa mère reprit la parole, interrompant le fil de sa pensée.
-Tu as réfléchis à ce que je t'aie dit l'autre jour, à propos de ton avenir.
-Je ne sais pas maman… je n'arrive pas à trouver ce que j'ai véritablement envie de faire de ma vie.
-Si je peux te faire une suggestion, je crois que tu devrais t'inscrire dans une université. Fais au moins une sécession d'exploration. Choisi une variété de cours afin de voir toutes les options qui s'offrent à toi et découvrir plus concrètement ce qui t'intéresse. Tu as toujours été talentueux à l'école, je ne vois pas pourquoi tu n'y retournerais pas, au moins pour essayer, lui dit Narcissa.
-Je ne sais pas. J'aurais probablement l'impression de fuir encore et de t'abandonner à ton sort, toute seule avec mon ivrogne de père, lui répondit Drago, les dents serrées.
-Je suis parfaitement capable de gérer ton père toute seule. Tu es un adulte maintenant Drago et je n'ai pas envie que tu gâche ton avenir parce que tu t'inquiète du mien. Je m'en sort très bien tu sais.
-Je sais, mais je me sens un peu…
-Coupable… Eh bien, tu ne devrais pas! Aucune mère n'est plus fière de son fils!
Tard dans la nuit, Drago avait du mal à trouver le sommeil. Il retournait encore et encore dans sa tête l'idée de sa mère à propos de l'université. Ces recherches pour trouver une potion qui pourrait aider son père à guérir n'étaient pas très fructueuses pour l'instant. Peut-être que s'il partait étudier dans un établissement qui abriterait une plus vaste bibliothèque et s'il suivait en même temps quelques cours de potion et de botanique, il arriverait enfin à trouver la solution…
Le lendemain, Drago envoya un hibou au bureau d'orientation de carrière afin de leur demander de lui faire parvenir les noms et programmes offerts dans les différentes universités du monde sorcier.
Il reçut très rapidement des brochures et les étala devant lui afin de pouvoir mieux les comparer. L'université de Bulgarie semblait un très bon choix au premier coup d'oeil. Les programmes offerts correspondaient bien à ses besoins, mais c'était une très petite école et le cercle d'élèves était assez restreint, donc, il était très difficile d'y être admis sans avoir les références des bonnes personnes. Les élèves qui ont fréquenté Durmstrang étaient nettement privilégiés et les ex partisans de Voldemort comme lui, ne devaient pas être en tête de liste non plus.
L'université de France et celle du Royaume unis pourraient très bien convenir, mais elles n'étaient étonnamment pas aussi réputées que celle située en Islande. L'université Merlin était l'une des écoles les mieux cotée à cause notamment de son pavillon de recherche spécialisée sur les Dragons. L'Islande est une île volcanique, ce qui contribuait à attirer une colonie de Dragons qui utilisaient les nombreux cratères naturellement chauffés pour venir y pondre leurs œufs.
L'école avait développé d'autres domaines d'expertises grâce à la réputation et le capital que rapportait sa division Dragon. Elle offrait maintenant programmes avancés comme la médicomagie, le droit et l'application des lois de la sorcellerie, la culture de plante dans les cercles polaires et les régions volcaniques, l'étude avancée des potions magiques.
Cette université possédait d'ailleurs un département de recherche et d'expérimentation sur les potions, le seul en son genre dans cette région du globe, l'autre était situé en Australie, un endroit où Drago ne voulait plus jamais remettre les pieds…
Il décida de remplir le formulaire d'admission pour l'Islande. Il écrivit ensuite une lettre de présentation qu'il espérait convaincante et la joignit à la demande. Plutôt que de choisir d'entrer comme simple étudiant en exploration comme sa mère le lui avait conseillé, Drago décida de tenter le tout pour le tout en essayant d'être admis directement à la faculté de potion. À Poudlard, c'était sa matière préférée, cela même après que le professeur Rogue ait abandonné le poste pour en occuper un autre. Il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas concocté de mélange, mais il avait travailler un peu comme pigiste pour un chasseur d'ingrédients durant ses voyage, ce qui avait été une expérience assez enrichissante et peu commune. Il davait donc décidé de mettre de l'avant cette expérience dans sa lettre de présentation.
Il envoya sa demande par hibou sur un coup de tête. Du rebord de sa fenêtre, il regardait l'oiseau voler au loin en direction d'un possible destin et déjà, une légère anxiété s'était emparée de lui. Dans quoi s'était-il encore embarqué?!
Hermione reçut une lettre de son amie Amy durant le week-end. Elle était en voyage avec sa famille dans un pays tropicale et elle avait joint à sa lettre plusieurs photos de jolis garçons qu'elle avait rencontrés sur place. Hermione connaissait suffisamment son amie pour savoir qu'elle devait s'amuser follement dans ce paradis des abdominaux bien taillés et des peaux bronzés, mais une partie d'elle ne l'enviait pas autant qu'elle essayait de se le faire croire.
Bien qu'elle ressentait un fort besoin d'être tenue entre les bras d'un homme, Hermione se demandait aussi depuis quelques temps, si ces relations un peu vide qu'elle entretenait depuis les deux dernières années avec le sexe opposé, ne lui causaient pas plus de problèmes que le bonheur éphémère qu'elle lui apportait. Le problème c'était qu'elle en était devenue assez dépendante, au point d'avoir envie de sortir sur le champ et d'aller se trouver un inconnu pour assouvir son besoin de réconfort.
Elle s'était promise à la fin des classes, de passer un été un peu plus chaste et sérieux, mais sa conversation avec Ron avait réveillé en elle une ancienne douleur qui ne demandait qu'à être soulagée.
Après une longue réflexion et surtout après avoir constaté qu'elle se sentait beaucoup trop fatiguée par sa première semaine au travail pour aller où que ce soit, Hermione décida à la place de prendre une potion de sommeil et de s'étendre dans son lit en solitaire.
Le temps s'écoula très rapidement et après deux semaines intensives de classement et d'identification des objets saisis dans le dossier Macnair, Hermione Granger et Narcissa Malefoy arrivèrent enfin au bout de la colossale masse de travail qui leur avait été confiée. Les preuves amassées étaient plus qu'accablantes. Il ne restait plus qu'à présenter tout cela devant le tribunal et fêter le succès de l'opération.
-Merci pour l'aide précieuse que vous avez apporté à ce dossier, dit monsieur Collard à Narcissa en la regardant avec admiration.
-Merci monsieur, je n'ai rien fait d'autre que mon travail, répondit humblement la dame.
-Sans vous, il nous aurait fallu bien plus de temps pour arriver à démêler tout cela!
-Contente d'avoir pu être utile au ministère.
-J'aurais peut-être un autre petit projet pour vous. Un collègue du département de régulation des objets dangereux aurait bien besoin qu'on l'aide à identifier certains objets. Je lui ai déjà parlé de vous…
-Vous me prenez au dépourvu je dois dire. Je dois prendre le temps d'y réfléchir.
-Passez le voir en bas avant de quitter. Randolph pourra vous expliquer mieux que moi quels sont ses besoins. Je crois vraiment que vous pourriez être un atout très précieux pour lui, termina monsieur Collard avec un ton quelque peu séducteur.
Hermione souriait en observant sa partenaire de travail rougir aux éloges de son patron. Visiblement, il était très attiré par elle et il espérait la retenir un peu plus longtemps au ministère…
Après son départ, Hermione décida de taquiner ouvertement Narcissa à propos de cet embarrassant échange.
-Je crois que vous avez fait une touche…
-Je suis une femme mariée. Ce genre de chose ce n'est plus de mon âge!
-Il n'y a pas d'âge pour cela vous savez? Et puis, vous êtes encore une très belle femme, c'est normal que vous plaisiez aux hommes, la complimenta Hermione.
-Je suis une nostalgique et une romantique. Même si mon mari est devenu ce qu'il est, je n'arrive pas à me convaincre que tout a changé entre nous, déclara Narcissa avec honnêteté.
-Je crois que je vous comprends en quelque sorte. Je ne suis pas marié et j'avoue que je profite peut-être un peu trop de la compagnie des hommes ces derniers temps, mais s'accrocher au souvenir d'un amour perdu, c'est parfaitement mon genre, dit tristement Hermione.
Les deux femmes se ressemblaient décidément beaucoup. Narcissa s'accrochait au souvenir d'un mari qui la délaissait de plus en plus et Hermione, au souvenir de celui dont elle avait été amoureuse durant presque la totalité de son adolescence et avec qui elle avait bravé la mort elle-même.
Après un silence qui en disait long, Narcissa reprit la parole.
-Est-ce que tu vas participer aux festivités du cinquième anniversaire de la chute de Voldemort?
-Je vais uniquement aller au bal… Je rêve où vous avez employé son nom?
-C'est toujours difficile pour moi de le faire je l'avoue, mais je pense que plus je l'utilise et plus je me sens forte, mais il ne faudrait pas que Lucius m'entende, je crois qu'il ferait une attaque.
-J'imagine oui, j'ai presque failli en faire une en vous entendant le dire, lui confia la jeune femme en riant plus franchement.
Ce soir là, Hermione retrouva son meilleur ami Harry Potter dans un petit restaurant moldu où il aimait bien se rendre à l'occasion pour manger tranquillement sans se faire dévisager par les gens qui le reconnaissaient. La célébrité le pesait moins qu'au début, mais elle était encore très présente dans sa vie. Il faut dire qu'il avait sauvé le monde des sorciers plus d'une fois et qu'il continuait à le faire en travaillant comme auror.
Les deux amis se racontèrent quelques anecdotes sur leur vie passée, tout en buvant une excellente bouteille de vin hors de prix pour fête la fin du dossier Macnair auquel ils avaient beaucoup contribué.
-Tu te souviens en cinquième année, la fois où tu as embrassé Cho Chang et que Ron et toi ne compreniez pas pourquoi elle pleurait, dit Hermione en riant.
-Tu as alors dit à Ron qu'il avait la capacité émotionnel d'un fromage, ajouta Harry en riant à son tour.
-Je crois que j'avais raison à propos de lui tu sais. Jamais il ne pourra tomber réellement amoureux de quelqu'un! C'est trop pour ce que son cœur est capable de supporter!
-Écoute Hermione, je ne voulais pas te l'annoncer de cette façon, mais… il est fiancé.
-QUOI?! AVEC QUI?!
-Mandy Simons.
-Qui est-ce?
-Elle travaille à la boutique de son frère Georges sur le chemin de Travers. Il l'a rencontré là bas, lui expliqua Harry.
-Ça dure depuis combien de temps?
-Cinq ou six mois je crois…je n'en suis pas certain.
-Et il veut la marier. Il est ridicule, il va se lasser d'elle comme il s'est lassé de toutes les autres. Elle est naïve et stupide de se croire si différente!
-Il s'est assagi tu sais. Je crois vraiment... qu'il l'aime. Si tu l'entendais parler d'elle, lui dit Harry avec prudence.
-Tu veux qu'on pari! Dans un an, peut-être mois, ce sera fini!
-Je sais que tu l'aimes encore… mais tu dois l'oublier et passer à autre chose même si c'est difficile.
-Je suis passée à autre chose! J'ai fait beaucoup de rencontre depuis notre rupture!
-C'est superficiel tout cela et tu le sais. Tu n'ouvres jamais ton cœur à personne. Je comprends que tu as peur de souffrir, mais si tu ne prends pas de risque, jamais tu ne pourras retrouver le vrai bonheur.
-Je suis trop jeune pour me marier de toute façon et je suis à l'université. C'est à cela que ça sert la jeunesse, en profiter avant de se ranger!
-C'est toi qui voit!
-Parlant de ranger, Ginny n'est pas encore rentrée?
-Elle va être ici la semaine prochaine, juste à temps pour le bal.
-Dommage, j'aurais bien aimé ne pas m'y rendre seule.
-Je peux demander à Neville de t'accompagner si tu veux. Il est de nouveau célibataire, du moins je crois. Il est assez difficile à suivre lui aussi parfois…
-Pauvre Neville, mais non. Je vais montrer à Ron que je n'ai pas besoin d'homme pour me tenir la main, dit fièrement Hermione en finissant de caler son verre de vin.
À la fin de la soirée, Hermione se sentait un peu mal. Visiblement elle avait beaucoup trop bu, mais surtout, elle avait beaucoup trop parlé de Ron, ce qui arrivait souvent quand elle était avec Harry. Après tout, il faisait partie de tous leurs souvenirs communs et il le voyait pratiquement tous les jours au ministère et elle aussi d'ailleurs depuis qu'elle travaillait là bas.
Ça l'avait d'ailleurs blessée énormément qu'il n'ait pas cru bon lui annoncer lui-même son mariage alors qu'il la voyait maintenant un peu plus souvent. Après tout, n'étaient-ils pas sensés être demeuré de très bons amis?
Hermione se leva et elle se rendit compte assez rapidement qu'elle avait du mal à marcher droit. Harry décida de la raccompagner chez elle parce qu'elle était loin à ses yeux, d'être en état de transplanner toute seule. En arrivant devant le triplex où elle habitait, Harry essaya de la lâcher pour voir si elle était capable de monter les marches toute seules, mais visiblement, elle n'y arrivait pas. Il l'a raccompagna donc jusqu'à sa porte et lui prit ensuite le trousseau de clés des mains en voyant qu'elle n'arrivait pas non plus à viser le trou de la serrure. Lorsqu'il la salua une dernière fois avant de partir, elle le retint un moment par le bras. C'était un geste simple, à l'apparence anodine et très normale entre eux, mais il y avait quelque chose de différent dan le ton d'Hermione.
-Reste avec moi cette nuit, comme au bon vieux temps…
-Je ne peux pas ce soir, je dois me lever tôt demain, j'ai une autre enquête à boucler, lui répondit gentiment Harry.
C'est alors qu'elle décida de le prendre dans ses bras et de l'embrasser sur la bouche. Jamais depuis qu'ils se connaissaient tous les deux, elle n'avait eu envie de le faire. En voyant qu'il ne réagissait pas aux assauts de sa ses lèvres, Hermione recula d'un pas et le dévisagea avec colère.
-Qu'est-ce qui ne va pas chez moi? Je ne suis pas assez bien pour aucun d'entre vous c'est ça?
-Hermione tu es comme une sœur pour moi, tu le sais. Ça a toujours été comme ça entre nous! Quand tu auras dessoûlé, je sais aussi que tu regretteras d'avoir fait ce que tu viens de faire. Je comprends que tu sois triste et seule en ce moment... Demain à ton réveille, ne te sens pas trop mal pour ce qui vient de se passer, dis toi que tout est déjà pardonné et oublié.
-Je… je ne sais pas ce qui m'arrive. Je ne sais plus où j'en suis. Je suis désolée…
-Pense à ce que je t'ai dit plus tôt ce soir et repose toi bien d'accord.
-Bonsoir Harry, je n'aurais pas dû…
-Pas de souci, ça arrive à tout le monde d'être un peu confus parfois.
Hermione prit directement le chemin de sa chambre, mais une monté de nausée la fit rapidement bifurquer vers la salle de bain. Après avoir vomit un bon coup, elle s'étendit sur son plancher et s'y endormit rapidement.
Le lendemain matin, elle se sentait très mal. Son corps était ankylosé et endolori d'avoir dormit trop longtemps sur le dur carrelage de la salle de bain, mais ce n'était rien en comparaison de la douleur lancinante qui habitait toujours son cœur. D'abord, elle avait appris que Ron allait se marier à une autre et ensuite elle avait stupidement essayé d'embrasser Harry qui était en quelque sorte son frère, mais aussi le petit ami de l'une de ses meilleures amies!
-Stupide, stupide, stupide! s'écria-t-elle en se regardant dans le miroir.
Hermione savait qu'elle devait se reprendre en main et ne pas se laisser abattre pour si peu, mais la blessure qu'elle croyait guéri dans son cœur, s'était de nouveau rouverte et elle saignait abondamment. Ça faisait trois ans que sa relation avec Ron était terminé et deux ans qu'elle fréquentait d'autres homme, pourquoi arrivait-il encore à la blessé? Pourquoi sa logique implacable ne parvenait-elle pas à expliquer à ses émotions que cet espoir de réconciliation n'était qu'une chimère? Pourquoi aucun homme n'était encore parvenu à toucher son cœur?
Le bal commémoratif où elle devait se rendre aura lieu dans moins d'une semaine. Si elle n'y allait pas, ça paraîtrait bizarre, mais si elle décidait d'y aller, elle devra affronter le regard de Ginny, celui de Harry, de Ron, mais surtout, celui de la future femme de Ron. Peut-être qu'elle devrait finalement demander à Neville de l'y accompagner, après tout, c'était un très vieil ami et un peu de soutient ne lui ferait pas de mal. Elle essaiera de lui parler au travail durant la semaine.
Après avoir prit une très longue douche revigorante, Hermione décida de passer son après-midi dans les magasins. Elle se rendit dans des boutiques de luxe moldus afin de trouver la robe parfaite pour la soirée. La majorité des sorciers achetaient leurs tenues de gala sur le chemin de Traverse, mais Hermione désirait en mettre plein la vue et les moldus étaient bien meilleurs pour créer le genre de vêtements qu'elle avait en tête.
Elle trouva finalement la robe parfaite, dans une boutique de créateur et décida de se payer cette folie de soie rouge qui soulignait sa silhouette et mettait sa peau soyeuse en valeur. La robe d'allure un peu plus conventionnelle sur le devant, prenait toute sa sensualité quand on la regardait de dos, là où un décolleté descendait très profondément jusqu'en haut de ses reins. C'était la robe idéale pour inciter les hommes à l'inviter à danser. Leurs mains pourront alors aisément parcourir la peau nue de son dos et il lui sera plus facile ensuite de les convaincre de faire ce qu'elle voudrait.
Ron croyait qu'elle était une salope! Il disait avoir entendu certaines rumeurs… Hermione se demandait si le fait de la voir en plein action n'allait pas le faire sortir de son indifférence, comme lorsqu'ils fréquentaient Poudlard tous les deux et qu'il essayait toujours de la protéger des autres garçons qui l'approchaient de trop près…
