Ce matin là, Hermione fut convoquée au bureau de monsieur Martin, l'un de ses professeurs de droit. C'était celui qui lui enseignait le droit des créatures magiques ainsi que son cours optionnel sur les lois qui encadraient les potions et leurs composantes.

Un mois entier s'était écoulé depuis la rentrée universitaire et elle n'avait toujours pas réussi à mettre de côté sa vie sociale déjantée pour se recentrer sur ses études comme elle avait espéré le faire avant son retour en classe.

Albert Martin enseignait à Hermione depuis sa première année d'université. Il faisait parti de ceux qui avaient vu décliner son travail et il avait toujours gardé espoir qu'elle redeviendrait un jour l'élève qu'elle avait été jadis, que tout ceci, cette léthargie académique, n'était que temporaire. Il avait essayé bien des approches avec elle depuis. Ça n'était pas la première fois qu'il la rencontrait en privé pour lui parler de la qualité de son travail. Souvent après leur entretient, elle faisait un peu plus d'efforts, mais ça ne durait jamais bien longtemps. Peut-être parce qu'il ne l'avait jamais véritablement confronté. Cette fois, il avait décider de le faire un bonne fois pour toute. Une dernière tentative et ensuite, il lâcherait prise sur son cas.

-Miss Granger, je crois qu'il faut que nous parlions de vos derniers devoirs. Ils sont médiocres, sans recherche et en toute franchise, littéralement bon pour les poubelles. Vous étiez pourtant une élèves si prometteuse et l'université était aux anges de vous accueillir ici. Vous n'êtes devenue que l'ombre de celle que vous étiez jadis. J'ai beau chercher, je ne comprend pas pourquoi. Vous aviez pourtant tout pour réussir, déclara l'homme en toute honnêteté, sans mettre de gants blancs.

-Je…c'est compliqué, répondit tout simplement Hermione, à cours d'excuses.

-Je me souviens encore en première année, quand vous m'aviez remise ce merveilleux devoir sur les centaures. À cette époque, je m'étais même reconnu en vous. Vous étiez une idéaliste, vous vouliez changer le monde, protéger les droits de ceux qui en étaient dépourvus et maintenant, tout cela n'a même plus l'air de vous intéresser. Pourquoi continuer à venir en classe si tout ceci n'a plus la moindre importance pour vous?

-Ce n'est pas parce que je ne passe plus tout mon temps libre à ne rien faire d'autre qu'étudier que ça signifie que tout cela ne m'intéresse plus, se défendit Hermione.

-Je sais à quoi vous passez maintenant vos temps libres, tout le monde ici le sait, même les enseignants. Vous avez simplement eu de la chance jusqu'ici que votre réputation ne soit pas trop entachée pas votre manque de sérieux. Peut-être devriez-vous songer à changer de fréquentations!

-De quel droit critiquez-vous ma vie ou mes amies, se fâcha Hermione.

-Parce que je sais que vous êtes quelqu'un de brillant et de rationnel et que ça ne vous ressemble pas d'agir comme vous le faite, répondit le professeur, toujours d'un calme implacable.

-Vous ne me connaissez même pas! Comme tous les autres vous avez certainement dû lire le récit des aventures du survivant Harry Potter et du rôle que j'ai joué à ses côtés durant cette guerre et vous croyez me connaître à cause de cela, savoir qui je suis vraiment!

-Non je n'ai pas la prétention de dire que je vous connais. J'aimerais simplement vous aider à retrouver votre passion pour les études et je crois que le fait de passer tout votre temps avec Amy et Mindy…

-Mes amies n'ont rien avoir dans tout cela. J'ai simplement changé, point barre! Peut-être que je suis enfin moi-même, que j'en ai eu assez de ne faire d'autre qu'étudier, déclara Hermione avec un ton qui manquait clairement de conviction.

Il l'observa un moment avec un regard critique et il remarqua ses vêtements auxquels il n'avait même pas encore portés attention.

-C'est elles qui vous ont dit de vous présentez devant moi dans cette tenue ou c'était votre idée?

-Je ne vois pas de quoi vous voulez parlez, dit nerveusement Hermione.

-Je connais très bien les filles avec qui vous prétendez être amies… Je sais qu'il y a certains enseignants qui acceptent un certain type de faveur en échange de bonnes notes… Vous devriez pourtant savoir que ce n'est pas vraiment mon genre. C'est presque insultant venant de vous! J'aimerais sincèrement que vous réalisiez enfin que vous valez mieux que tout cela, que cette vie sociale débridée dans laquelle vous vous vautrez depuis quelques temps. J'ai parlé avec Barnabas Collard. Il m'a dit que vous l'aviez très fortement impressionné durant votre été de travail auprès de lui. J'aimerais que vous démontriez le même enthousiasme, la même motivation pour les cours que celle dont vous avez fait preuve durant vos trois mois d'emploi au ministère!

Hermione se laissa sermonner longuement par son professeur et n'essaya même plus de se défendre. Elle savait au fond d'elle qu'il avait raison. Elle devait trouver un moyen de redevenir elle-même, mais cette attraction pour les fêtes, l'alcool et les garçons, était si forte qu'elle n'arrivait pas à dire non à la moindre invitation.

Plus personne ne voulait d'elle dans les groupes d'études sérieux depuis qu'elle menait cette vie et elle n'était pas certaine d'être capable de réussir toute seule à rattraper son retard académique, ce qui la décourageait d'avantage à essayer. Ça faisait des semaines qu'elle se répétait qu'elle avait un problème d'addiction, mais elle n'arrivait pas à faire le moindre geste pour y remédier! Elle avait besoin d'aide, mais elle ne savait pas vers qui se tourner et le sermon de son professeur ne lui apportait que d'avantage de craintes et aucune piste de solution!

Les larmes lui montèrent aux yeux. Elle se sentait humilié d'avoir été percée à jour si facilement. Il avait raison sur toute la ligne. Il avait même raison lorsqu'il avait dit qu'elle s'était habillée délibérément de façon provocante afin de pouvoir essayé de négocier ses résultats scolaires. Jamais elle n'aurait cru un jour en arriver là. Elle était soulagée que le professeur Martin ne fût pas ce genre d'enseignant.

Une fois sortie de son bureau, Hermione traversa le campus en courant. Pour couronner le tout, la pluie se mit à tomber, camouflant ses larmes aux yeux de ceux qu'elle croisait. La pluie mouilla rapidement sa robe qui lui collait maintenant à la peau de façon grotesque. Désorientée et frigorifiée, elle entra dans le premier bâtiment qu'elle croisa, pour s'abriter de l'averse. À première vue c'était un dortoir, mais définitivement pas le sien.

Il était à peine 7h30 du matin un samedi et à cette heure-ci, personne n'était encore debout sauf quelques étudiants plus zélés que les autres qui profitaient du peu d'achalandage de la bibliothèque pour faire leur recherche en toute tranquillité.

Hermione était trempée, humiliée et triste. Elle regardait la pluie tomber de plus en plus fort à l'extérieur, tout en tremblant de froid. Elle était tellement prise dans la confusion de ses pensées, qu'elle n'eut même pas le reflex de sortir sa baguette pour se lancer un sort de séchage rapide. L'idée lui avait vaguement traversé l'esprit, mais elle avait jugé qu'elle méritait de rester dans cet état lamentable.

Elle s'était sentie couler depuis bien longtemps, mais aujourd'hui, elle touchait littéralement le fond. Il ne lui restait donc plus qu'à remonter, mais l'ascension lui semblait impossible et le sol sous ses pieds était pareil à des sables mouvants.

Quelqu'un descendit alors l'escalier qui se trouvait juste derrière elle. Elle se retourna et aperçut Drago Malefoy. Décidément, cette journée ne pouvait qu'empirer.

-Salut Granger, qu'est-ce que tu fais ici, tu t'es perdu, lui lança simplement Drago qui venait de la trouver toute dégoulinante de pluie dans l'entrée de son dortoir.

-Ça ne se voit pas, je m'abrite de la pluie, se défendit-elle avec de la conviction dans la voix, ce qui la surpris elle-même.

-Trempé comme tu l'es déjà, ça ne devrait pas trop te déranger de te mouiller encore un peu plus afin de retourner à ton dortoir.

-Peut-être que j'attends quelqu'un, en quoi ça te regarde, cria Hermione au bord des larmes.

Sans rien ajouter de plus, Drago sortit simplement sa baguette et lui lança un sort pour l'assécher et la réchauffer.

-C'est beaucoup mieux ainsi tu ne trouves pas?

Contre toute attente, Hermione se jeta dans ses bras et se mit à pleurer toutes les larmes de son corps. Drago n'avait pas l'habitude de gérer ce genre de débordement émotionnel et il ne savait pas vraiment quoi faire pour la calmer.

Au bout d'un moment, il décida de la soulever dans ses bras et de l'amener jusqu'à sa chambre située deux étages plus haut. Elle se laissa faire, se sentant trop faible pour protester. De toute façon, elle avait perdu toute logique, exposant sa vulnérabilité à un homme devant qui elle n'avait jamais montré ses faiblesses auparavant.

Il l'étendit sur son lit où elle se recroquevilla sur elle-même, comme un enfant qui avait besoin d'être rassuré. Il se coucha auprès d'elle et l'enveloppa de ses bras pour la réconforter du mieux qu'il le pouvait. Il aurait dû être mal à l'aise et poser des gestes maladroits, mais un instinct protecteur qu'il ne se connaissait pas prit le dessus et tout naturellement, il arriva à faire ce qu'il fallait faire pour la consoler.

Au bout de ses sanglots, Hermione s'endormit, bercée par la chaleur réconfortante de l'homme qui l'étreignait. Elle oublia qui elle était, où elle se trouvait, mais surtout avec qui. Elle s'abandonna à son épuisement physique, psychologique et émotionnel.

Drago n'osa plus bouger ou même s'éloigner d'elle. Il la regardait dormir, analysant chaque trait de son visage en détail. Il leva sa main lentement pour replacer une mèche rebelle qui venait de lui retomber sur le front et qui lui bloquait la vue. Le geste qui se voulait discret, fut cependant suffisant pour la sortir de cet état de sommeil léger dans lequel elle venait de se laisser aller.

Elle tourna légèrement la tête vers lui et le regarda dans les yeux. Son visage était maintenant à quelque centimètre du sien. L'électricité circulait entre eux, les attirants l'un vers l'autre au point qu'il était impossible de savoir qui avait embrassé l'autre en premier.

Le baiser qui avait commencé tout doucement, devint très rapidement passionnée, brûlant, mais Drago ne voulait pas que ça aille plus loin, pas quand elle était dans un état pareil et il parvint à se ressaisir, non sans difficulté par contre.

-Hermione arrête, ce n'est pas vraiment ce que tu veux.

-Je sais parfaitement ce que je veux, dit elle en l'embrassant dans le cou.

-Tu es bouleversée et je n'ai pas envie d'abuser de la situation, ajout-t-il avec une voix étouffée par l'émotion qu'elle lui faisait ressentir.

-Puisque je te dis que c'est ce que je veux, lui dit-elle d'une voix envoûtante.

Voyant qu'il n'arrivait pas à l'éloigner de lui, il décida d'être un peu plus méchant.

-Je ne suis pas comme tous ces garçons interchangeables que tu collectionnes!

-Tu me vois comme ça toi aussi, lui demanda-t-elle en se figeant d'un coup, lui permettant enfin de s'éloigner de l'emprise qu'elle avait sur lui.

-C'est l'image que tu projette en tout cas, mais ça ne veut pas dire que c'est l'opinion que j'ai de toi, ajouta-t-il pour la désamorcé un peu.

-C'est quoi alors? C'est quoi l'opinion que tu as de moi?

-Je crois que tu as besoin d'aide. Je ne suis par certain d'être la meilleure personne pour comprendre ce que tu vie, du moins… Moi aussi un jour je me suis senti dépassé par la direction que prenait ma vie et la seule chose que j'ai réussi à faire, ça été de fuir lâchement loin de tout. Mais toi tu es courageuse, tu es une Gryffondor. Je sais que toi tu peux rester et affronter!

Hermione était un peu sous le choc et oublia momentanément ses tourments. Drago Malefoy venait-il réellement de lui faire un compliment? Elle décida tout de même de réfuter ce qu'il venait de lui dire.

-Ici, dans cette école, cette histoire de Gryffondor ne veut plus rien dire tu sais!

-J'en ai conscience, mais un jour un vieux chapeau qui parle t'a placé dans la maison des courageux. Tu dois tout simplement te souvenir de celle que tu es véritablement sous cette souffrance que tu essayes de dissimuler derrière cette image qui ne te ressemble pas…

-Je ne suis plus la fillette de qui tu te moquait à Poudlard Malefoy, J'ai changé tu sais!

-J'ai bien vu ça. Je suis juste curieux de savoir ce qui t'est arrivée pour que tu changes à ce point. Tu as vécu une année entière sur la route, poursuivie par une bande de fanatiques qui te détestaient à cause de ton sang, tu as été torturée par ma tante sous mes yeux, tu as vu des amis mourir à tes côtés et malgré cela, tu as continué à te battre courageusement pour tes convictions et tu m'as même sauvé la vie alors que je venais tout juste de vous mettre des bâtons dans les roues à toi et à tes amis… Pourquoi Hermione, pourquoi as-tu couché avec moi le soir du bal.

-Je pourrais te retourner la question! Je suis une sang de bourbe à tes yeux, un être inférieur et en plus, tu m'a toujours détestée!

Drago n'avait pas prévu avoir à se justifier auprès d'elle, mais peut-être que s'il lui disait enfin ce qu'il avait ressenti ce soir là, qu'elle arrêterait de l'obséder autant…

-J'ai senti quelque chose entre nous ce soir là... Tu sais, je t'ai beaucoup observée depuis que je fréquente cette école en me demandant pourquoi c'était arrivé entre nous et je n'ai toujours pas trouvé de réponse à cette question. Nous sommes opposés dans tout! Que ce soit nos activités, nos fréquentations et pourtant… J'ai l'impression que nous ne sommes pas si différents...

-Il n'y a pas si longtemps, je me souviens m'être dit que nous avions inter changé nos personnalités, que tu étais devenu l'étudiant studieux et moi la fille socialement active, comme si le destin faisait toujours en sorte que nous restions des parfaits contraires, lui dit Hermione.

-Nous avons toujours été semblable Granger, même si je l'ai renié pendant longtemps, déclara Drago en baissant les yeux, gêné d'avoir exprimé à haute voix, ce qu'il avait toujours un peu pensé d'elle, même avant aujourd'hui.

-Nous semblable! Qu'est-ce qui te fait dire ça! Jamais nous avons réussi à nous entendre et nos rapports étaient plus qu'explosifs et cela même avant que la guerre ne soit officiellement commencée. Non crois-moi, nous somme diamétralement opposés!

Drago la regarda un moment, hésitant à lui parler de sa théorie, honteux de lui avouer qu'il avait enfin compris pourquoi il l'avait tellement détesté durant leur vie d'étudiant à Poudlard.

-Moi, je me souviens encore de la fillette aux cheveux en broussaille qui essayait de prouver aux autre qu'elle était la meilleure, qui levait toujours la main la première dans les cours pour se mettre en valeur aux yeux es autres. Je me souviens aussi de cette même fillette qui avait de la difficulté à apprendre à voler sur un balais et qui clamait haut et fort qu'elle détestait ce cours, mais en réalité, c'était son orgueil qui parlait et qui essayait de justifier qu'il y avait parfois des matières où elle n'était pas première de classe…

-Tu n'étais pas comme ça toi, pas à ce que je me souvienne en tout cas, réfuta Hermione.

-Pas en classe c'est vrai, mais j'essayais toujours de prouver aux autre que j'étais le meilleur socialement. J'étalais les richesses de ma famille comme toi tu le faisais avec tes connaissances académiques et je méprisais tout ceux qui faisais en sorte que je ne me sentais pas à la hauteur, des gens comme Potter ou toi.

Hermione le fixa longuement en réalisant peu à peu qu'il avait raison. Elle ne s'était jamais véritablement attardée à penser à Malefoy autrement que comme ce garçon méprisable qui la harcelait dans les corridors de leur ancienne école. Jamais elle n'avait réussi à mettre sa haine de côté suffisamment longtemps pour faire le moindre parallèle entre eux et cela même après avoir couché avec lui.

-Peut-être qu'on a tout les deux un orgueil très dominant, mais c'est là notre seul point commun. Pour le reste…

-Peut-être, mais je crois que nous pourrions apprendre beaucoup l'un de l'autre!

-Comme quoi? Perfectionner le sexe débridé dans toutes les salles de bain environnantes! Pourquoi tu rougis de cette façon. Tu n'es pas habituer à parler de cela ouvertement. Je ne te croyais pas aussi prude Malefoy. Une autre preuve que nous sommes totalement différents toi et moi.

-Je… ce n'est pas le genre de chose que je prend à la légère c'est tout, dit-il simplement.

-C'est ça et puis quoi encore?! Tu vas me faire le coup du garçon qui sélectionne avec soin ses partenaires avant de coucher! Quand on a baisé ensemble ce soir là, ça n'a pas eu l'air d'avoir autant d'importance pour toi et en plus, tu n'as même pas essayé de me repousser, bien au contraire!

-Tu veux la vérité, c'était juste la deuxième fois que je le faisais! Voilà, tu le sais maintenant. Tu pourras dire ça aux autres pour te moquer de moi, dit Drago avec colère.

-C'est impossible ou plutôt comment est-ce possible. Je veux dire, tu es super beau… il y a plein de filles ici qui fantasme sur toi. N'est pas l'air si surpris, j'ai souvent entendu prononcer ton nom à côté du mot sexy et cela, même par de vieilles connaissances... Pourquoi tu m'as suivi alors jusqu'à cette salle de bain? Tu devais savoir où je voulais en venir, lui demanda Hermione encore sous le choc de cette surprenante révélation.

-Je te l'ai dit, j'ai senti qu'un truc se passait entre nous et puis j'en avais envie. Je ne sais pas comment l'expliquer et je ne sais pas pourquoi non plus et crois-moi, j'ai retourné cette question mainte et mainte fois dans ma tête depuis.

Drago avait baissé les yeux. Il avait honte de lui avoir autant révélé sur lui. Il voulait qu'elle parte maintenant, qu'elle le laisse seul avec son humiliation, mais évidemment, elle n'allait pas lâcher le morceau si facilement!

-Et depuis…Tu as… avec d'autres…

-Personne d'autre. Je te l'ai dit, ce n'est pas mon genre. Ne me regarde pas comme ça, j'ai eu une éducation assez stricte et j'ai toujours été très exigent à propos de tout alors imagine pour ça...

-Pourtant j'avais entendu des histoires sur toi à Poudlard…

-C'est vrai, j'ai eu une période assez débauché moi aussi, une époque où je mettais des filles à genoux devant moi… tu comprends de quoi je parle j'imagine. Ça faisait partie d'un jeu malsain de Serpentard, un jeu de domination, mais ça n'allait jamais plus loin que cela. Tu sais que c'est vraiment embarrassant de parler de ça, surtout avec quelqu'un comme toi!

-Pourquoi, puisque je suis une des seules filles à avoir été aussi proche de toi…

-Ne rie pas avec ça. Je suis sérieux.

-Je suis curieuse… cette autre fille avec qui tu as couché, est-ce que c'était Pansy Parkinson, dit Hermione en éclatant de rire de façon exubérante.

-T'es malade ou quoi, s'offusqua Drago.

-C'est toujours plus facile à croire qu'Hermione Granger!

-C'est vrai, mais en même temps… Pansy a été un bon soutient pour moi, mais je n'ai jamais voulu plus avec elle. Elle a été un réconfort dans les moments difficiles, mais je n'ai jamais désiré autre chose que son amitié. Ma relation avec elle se comparait probablement avec celle que tu entretenais avec Potter à la même époque. Elle était la sœur que je n'avais jamais eue et la seule fille pour qui j'avais un peu de respect, lui confia Drago avec honnêteté.

-Ça fait bizarre de parler de Poudlard avec toi… Tout est tellement différent maintenant…

Hermione retrouva son air grave et Drago espérait qu'elle se confirait à lui maintenant qu'il lui en avait révélé tous ces secrets. Il décida de la questionner plus directement, déterminé à obtenir d'elle autant qu'elle en avait obtenu de lui.

-Maintenant que je t'ai confié un de mes plus grands secrets, c'est à ton tour. Dis-moi pourquoi tu pleurais tout à l'heure?

-Le professeur Martin m'a convoqué dans son bureau pour me sermonner et me convaincre de reprendre mes études en main. Il m'a dit beaucoup de choses, mais ce qui m'a blessé le plus en réalité c'est moi… J'ai enfilé cette robe très courte pour essayer de le séduire pour qu'il me laisse tranquille et qu'il donne de meilleures notes à mes devoirs!

-Tu n'es pas sérieuse! Ne me dis pas que tu n'avais jamais remarqué qu'il ne jouait pas dans la même ligue que toi!

-QUOI!

-Il est gay, ça te surprend tant que cela?

-Un peu pour être honnête.

-Heureusement que tu es tombé sur lui! Je sais que ta copine Mindy a déjà fait un truc du genre avec le professeur Baker… Il lui fait du chantage maintenant, le savais-tu. Elle pensait qu'elle pourrait le faire chanter en lui disant qu'elle allait le dénoncer, mais avec la réputation qu'elle a, personne ne la prendrait au sérieux. Elle s'est fait prendre à son propre jeu!

-Comment sais-tu tout cela, elle ne m'en a même pas parlé à moi et je suis son amie.

-J'arrive toujours très tôt à mes cours et j'ai surpris une conversation entre eux. Je sais que tu fréquentes beaucoup de monde, mais les connais-tu réellement?

-Je ne sais plus…

-Je vais encore faire un parallèle avec Poudlard… À l'époque, chez les Serpentard, nous n'avions pas l'habitude de nous dire les vraies choses. Nous parlions uniquement de ce qui nous avantageait et nous cachions aux autres nos histoire plus honteuses. C'est pour cela que je ne vois plus personne de cette époque de ma vie. Je n'ai jamais véritablement eu d'amis, uniquement des gens qui me suivait ou m'obéissait parce que j'avais de l'influence ou plutôt que je donnais l'apparence d'en avoir, lui expliqua Drago.

-Et aujourd'hui…

-Je n'ai pas véritablement d'ami non plus parce que j'ai peur, parce que je suis un lâche Granger. Quand on s'attache aux autres, ils peuvent nous blesser, nous atteindre et je ne sais pas si ça vaut vraiment le coup de prendre le risque pour quelques moments de bonheur éphémère...

-C'est drôle que tu dises ça. Moi je fréquente plein de gens pour la même raison que toi tu les évites…

-Viens-tu de réaliser enfin que j'avais raison quand je t'ai dit tout à l'heure que nous étions semblable tous les deux!

-Si tu insistes tellement pour me l'entendre dire alors oui, je crois que tu as raison, mais être semblable, ça ne veut pas dire qu'on est pareil.

-Ça c'est clair!

Hermione avait déjà constaté que Drago Malefoy avait évolué depuis qu'elle l'avait revu et depuis qu'elle le côtoyait de façon plus régulière en classe, mais elle s'était dit qu'il devait certainement un peu jouer la comédie, interpréter un rôle pour prouver aux gens de la communauté qu'il n'était plus celui qui avait fait toutes ces choses durant la guerre.

Maintenant, elle était consciente que celui qu'il était devant elle était sincère, qu'il assumait pleinement qui il était, qu'il connaissait ses forces, ses faiblesses, ses défauts et qu'il n'essayait plus d'avoir l'approbation de tous comme par le passé.

Il avait raison, elle avait beaucoup à apprendre de lui, mais de le voir si équilibré, ou du moins, plus qu'elle ne l'était, lui faisait douter qu'elle ait quoi que ce soit à lui apporter en retour!

-Drago, j'ai une proposition à te faire. Ne t'inquiète pas, ce n'est rien de sexuel…

-Quel genre de proposition, lui demanda-t-il un peu sous le choc qu'elle l'ait appelé si familièrement par son prénom.

-J'ai besoin de ton aide pour recommencer à étudier et mieux gérer mon temps.

-Pincez-moi je rêve! Hermione Granger, la miss-je-sais-tout du monde sorcier, la sorcière qui détient les plus hauts résultats aux Aspics de toute l'histoire de Poudlard et qui a longtemps conservé le titre de sorcière la plus intelligente de son âge, demande mon aide pour étudier! C'est le monde à l'envers, plaisanta Drago.

-Malefoy! Je suis très sérieuse!

-J'obtiens quoi moi en échange?

-Mon amitié.

-Rien que ça!

-Tu m'as dit que tu n'avais pas d'ami, que tu n'en avais jamais eu en fait. Ce que je t'offre c'est une occasion d'en avoir au moins une. Nous avons un passé commun, c'est déjà une très bonne base et nous avons déjà couché ensemble ce qui fait en sorte qu'on ne se tournera pas inutilement autour.

-Je t'ai dit que je n'étais pas certain de vouloir me faire des amis et je ne crois que de choisir de fréquenter étroitement une de mes anciens ennemis soit la meilleure façon de m'en trouver!

-Après tout ce que tu as fait, tu devrais te compter chanceux que quelqu'un comme moi veuille vraiment se rapprocher de toi, lui lança Hermione sans réfléchir.

Drago se détourna d'elle d'un coup. C'était comme si elle venait de lui donner un gros coup de couteau dans le ventre. Elle s'en rendit très rapidement compte et essaya de rattraper le coup.

-Ce n'est pas ce que je voulais dire…

-Mais c'est ce que tu penses. Je sais ce que j'ai fait, je sais qui j'ai été et je sais très bien que jamais je ne pourrais être complètement pardonné par la société pour les mauvais choix que ma famille et moi avions fait, lui dit froidement Drago.

-Je n'aurais pas dû dire cela. J'ai travaillé quelque fois avec ta mère durant l'été et j'ai appris à la connaître un peu et même à la comprendre, à comprendre ce qui se passe en ce moment chez toi avec ton père et tout cela…

-Tu sais qu'elle m'a dit que vous vous ressembliez toutes les deux, mais je ne comprenait pas très bien ce qu'elle voulait dire par là, mais j'y ai bien réfléchit. Elle s'accroche à mon père, à ses moments de bonheur passé qu'elle a partagé avec lui. J'ai comme l'impression que toi aussi tu vie un peu dans le passé, est-ce que je me trompe?

-Tu es plus brillant et observateur que tu en as l'air.

-Tu m'offre vraiment ton amitié ou c'est simplement une excuse pour pouvoir te venger de moi en me lançant des insultes déguisées en compliment, lui dit alors Drago en souriant.

-Au moins celle-là tu ne l'as pas trop mal prise.

-J'imagine qu'entre ami on ne met pas de gants blancs, qu'on se dit tout ce qui nous passe par la tête avec honnêteté et tu sais quoi, ça me change de toutes ces personnes hypocrites que j'ai eu autour de moi durant ma jeunesse.

-Alors marché conclus, dit Hermione en lui tendant la main de façon formelle.

-Marché conclus, mais si tu veux vraiment recommencer à étudier, tu devras faire tout ce que je te dirai de faire, lui lança Drago tout en lui serrant la main pour sceller leur pacte.

-Et toi si tu veux vraiment être mon ami, tu devras toujours être honnête avec moi et accepter que je le sois avec toi et cela sans rancune, le relança Hermione en serrant sa main avec encore plus de force.