Les jours passèrent, s'accumulant en semaines. Une sorte de routine s'était installée dans les rapports entre Drago et Hermione. Ils avaient en quelque sorte compartimenté leur vie en fonction de leurs besoins. Leur temps était partagé entre les études, les confidences et bien sure, les moments un peu plus physiques et intenses.
Leur équilibre, si bien défini, était cependant menacé par quelque chose qui grandissait entre eux, qui modifiait ces compartiments si structurés de leur vie. Tout commençait de plus en plus à s'amalgamer de façon naturelle et à former à un tout, une cohérence. Évidemment, aucun d'eux n'osaient admettre qu'il y avait plus entre eux que ce qu'ils clamaient haut et fort.
Cependant, plus le temps passait et plus conséquemment le temps de la relâche des fêtes approchait aussi. Après une série d'examens trimestrielles assez éprouvant, le moment des vacances de noël était enfin arrivé. Aucun des deux n'avaient véritablement parlé à l'autre en détail de ses projets de vacances. Ils ne voulaient probablement pas se sentir obligé d'y inclure l'autre personne, sentant surtout que leurs vies en dehors de l'université seraient plus difficiles à partager.
Ça faisait déjà deux jours qu'Hermione était de retour dans son petit appartement de Londres. Elle commençait déjà à trouver son lit un peu grand ou plutôt froid et vide. Pour pallier à son angoisse de solitude, elle décida d'aller magasiner sur le chemin de Traverse, là où il ne manquait jamais de gens pour la reconnaître et discuter avec elle de tout et de rien, ce qui arrivait à combler un peu son besoin de compagnie.
Ce jour là, elle devait retrouver Harry à la fin de sa journée de travail, près de l'entrée de service du ministère. Elle aurait pu aller le rejoindre directement sur le département ou l'attendre dans le grand hall d'entrée, mais elle n'avait pas osé le faire. Peut-être avait-elle eu peur d'être nostalgique à propos de son emploi d'été ou peut-être était-ce plutôt simplement par crainte de croiser une certaine personne avec qui elle avait peur de discuter, même de banalité, en la regardant dans les yeux : Narcissa Malefoy.
Hermione ne savait pas si Drago avait parlé d'elle avec sa mère. Qu'il l'ait fait ou non n'empêcherait pas la femme de deviner certaines choses si jamais le sujet était abordé. Quand il s'agissait de son fils, cette femme avait une sorte de sixième sens et Hermione n'avait pas véritablement envie d'essayer d'expliquer son étrange relation avec Drago et encore moins la justifier à sa mère. Elle n'était même pas certaine d'avoir envie d'en parler même avec Harry, surtout que Drago lui avait presque interdit de le faire…
Harry venait tout juste d'apparaître sur la rue devant Hermione. Son visage semblait triste, mais il s'illumina d'un seul coup en apercevant la jeune femme.
-Hermione tu m'as tellement manqué, s'écria Harry en lui sautant dans les bras.
-Moi aussi je me suis ennuyé.
-Je n'ai pas vraiment envie d'aller au restaurant ce soir, ça te dirait qu'on aille chez moi à la place. J'ai déjà demandé à Kreature de nous préparer un petit quelque chose.
-Il y a bien longtemps que je n'ai pas eu la chance de manger de sa cuisine alors pourquoi pas, s'enthousiasme la jeune femme.
Les deux amis prirent le chemin de la maison de Harry au square Grimmaurd. Harry avait fait beaucoup de modification depuis qu'il avait pris possession des lieux. Évidemment la seule pièce qu'il n'avait pas pu décorer c'était celle où était installé la fameuse tapisserie représentant l'arbre généalogique de la famille Black. Cette tapisserie magique était maintenue en place par un sort de glu perpétuelle très difficile à contourner, mais ce n'était pas pour cela que Harry Potter l'avait gardé intacte. Il l'avait plutôt conservé par nostalgie, en souvenir de l'une des conversations les plus profondes qu'il avait eu avec son défunt parrain Sirius Black. C'était lui d'ailleurs, qui lui avait légué cette maison.
C'était étrange d'associé le souvenir de son oncle avec cette murale qu'il détestait tant et dont son visage en avait été effacé par sa propre mère. C'était peut-être un peu aussi pour cela que Harry l'avait un peu amélioré. Grâce â des contacts au département de la conservation du patrimoine historique, il était parvenu à faire restaurer les visages brûlés par l'ancienne propriétaire de la maison. C'était une forme de vengeance envers cette femme aux principes archaïques. Un moyen de lui prouver que cette maison était devenue le domaine de la tolérance, même si parfois Harry à une envie folle de faire disparaître le visage hautain de Bellatrix Lestrange.
En plus de restaurer les visages brûlés, il y avait fait ajouter celui de Ted Tonks aux côtés de celui de sa femme Andromeda, celui de leur fille Nymphandora Tonks aux côté de celui de son mari Remus Lupin et celui de leur fils, le petit Teddy qui avait maintenant 6 ans et demi et dont l'image évoluera jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge adulte et se fige dans le temps. Ces ajouts indignes de la mentalité de Walburga Black, l'avait probablement fait se retourne dans sa tombe. Il était certain que Sirius aurait bien rie de la situation s'il avait été encore en vie! Un loup Garou et un sang de bourbe sur son magnifique mur, même Sirius lui-même n'y aurait pas pensé!
Après le copieux repas servi par l'elfe de maison de Harry, les deux amis firent la vaisselle ensemble. Évidemment c'était Hermione qui avait insisté, refusant que l'elfe en fasse d'avantage. Ça l'avait un peu insulté, mais il était désormais habitué à ce genre de comportement de la part de l'invité de son maître et lui aussi prônait maintenant la tolérance depuis qu'il vivait avec lui à temps plein.
Plus tard au salon, après avoir discuté de sujet un peu plus superficiel, Harry se décida enfin à raconter à Hermione la raison de son air un peu triste en sortant du bureau.
-Ginny est enceinte…
-Vraiment, félicitation! C'est une super nouvelle… Qu'est-ce qu'il y a ? Ne me dis pas que ce n'est pas le tiens?
-Non, il est bien de moi. Le problème n'est pas là. En fait, Ginny n'est pas prête, expliqua Harry.
-Pas prête! Comment ça pas prête? Ça fait des années que vous êtes ensemble, peut-être pas marié, mais presque…
-Je sais, la question n'est pas là. Elle ne doute pas de nous ou de notre avenir, c'est simplement pour sa carrière qu'elle s'inquiète.
-C'est l'une des meilleure poursuiveuse de la ligue, je suis persuadée qu'ils la reprendront après son accouchement, clama Hermione avec certitude.
-Peut-être, mais lors des nombreux déplacements de l'équipes à l'étranger… Elle devra délaisser son enfant et parfois même passer des semaines sans le voir. Ils grandissent si vite, elle a peur de tout rater. En plus, nous n'avons jamais habité ensemble elle et moi.
-Je me suis d'ailleurs toujours demandé pourquoi!
-Parce que nous ne voulions pas précipiter les choses, du moins au début. Ensuite nous sommes tous les deux entrée dans une routine d'indépendance. Ginny a passé sa vie dans une maison remplie de gens et pour la première fois, elle a la chance de vivre seule. Je lui ai demandé souvent de venir habiter avec moi, que ce soit ici ou ailleurs, mais à chaque fois elle me répondait que nous étions bien comme ça, ce qui était vrai, selon son point de vue! Moi de mon côté, j'ai toujours voulu qu'elle soit à mes côtés. Je crois que c'est pour cela que je ne lui ai jamais demandé officiellement de se marier avec moi, termina Harry en regardant ses pieds.
-Ginny aime ses petites habitudes et elle a toujours eu un peu peur du changement, mais jamais je n'aurai cru qu'elle s'oppose au fait de vivre avec toi ou de fonder une famille avec toi, dit Hermione en prenant la main de son ami pour le rassurer.
-Ce n'est pas qu'elle s'oppose, c'est simplement qu'elle… en fait je crois qu'elle a peur de finir comme sa mère même si elle ne le dit pas clairement. Elle ne veut pas avoir sept enfants, rester à la maison à cuisiner toute la journée et à s'inquiéter. Elle veut une vie, sa vie! Moi à l'inverse j'ai envie d'avoir ma famille, des gens à aimer et qui m'aime en retour.
-Tu lui as dit ça, lui demanda franchement Hermione.
-Pas directement…
-Harry, comment veux-tu qu'elle le sache si tu ne lui dis pas?!
-Voyons Hermione, ma vie entière est rendue publique! Elle me connaît depuis assez longtemps pour savoir le genre d'enfance que j'ai eu! Elle aurait dû déduire cela toute seule!
-Tu fais partie de sa famille depuis que tu as rencontré Ron à l'âge de 11 ans! Tu passes toutes les fêtes avec eux depuis tellement d'années qu'elle ne doit même plus se souvenir que tu n'as pas de véritable famille parce que pour elle, les Weasley sont ta véritable famille. Rappelle-lui qui tu étais avant eux, avant elle et combien tu as besoin de ce genre de vie pour être heureux.
-Je ne veux pas lui imposer mes choix! J'ai déjà beaucoup trop imposé de choses aux gens que j'aime. Ma vie a été une suite d'épreuves pour ceux qui m'ont soutenus, provoquant même indirectement la mort de gens que j'aimais! Je crois qu'elle mérite de faire ses propres choix désormais et son bonheur fera toujours le mien…
-Alors pourquoi es-tu triste alors?
-Parce que je sais au fond de moi que ce qui la rend elle heureuse, ne me rend pas toujours heureux... Je lui ai acheté une bague de fiançailles il y a deux ans de cela et je la garde caché au fond de ma poche depuis, attendant le bon moment. En deux ans, je n'ai jamais réussi à trouver le courage de lui demander de se marier avec moi parce que j'avais peur de lui imposer une vie qu'elle ne veut pas. Tu sais, j'ai toujours eu confiance dans le destin. J'ai toujours cru qu'un bon matin il allait nous faire reprendre la même route et que ce jour là je sortirais la bague et que je verrai enfin dans ses yeux briller le reflet de ses diamants… Aujourd'hui, j'ai juste peur qu'elle frappe à ma porte pour m'annoncer qu'elle a mis un terme à sa grossesse!
-Tu crois vraiment qu'elle t'aurait dit qu'elle était enceinte si elle avait voulu faire cela dans ton dos, la défendit un peu Hermione.
-Je ne sais pas? Je perds mon sens du rationnel quand il est question d'elle. Je l'aime tu sais et j'aime aussi déjà cet enfant à naître. Je crois que je ne pourrai jamais lui pardonner si elle décidait de….
-Je te comprends et c'est pour cela que tu dois lui parler de ce que tu ressens véritablement face à tout cela!
-J'ai essayé, mais c'est sorti de travers et de façon très impulsive et irréfléchie… Tu me connais : Harry Potter le garçon maladroit qui ne trouve jamais les bons mots pour exprimer ses émotions! Nous avons eu une terrible dispute et c'est entièrement de ma faute. Je lui ai carrément dit ou plutôt ordonné de garder cet enfant. Je lui ai craché cela au visage sous le coup de la colère, parce que j'étais blessé de constater que nos rêves sont très différents… de constater que l'amour parfois ne suffit pas!
Harry s'était mis à pleurer et Hermione l'avait aussitôt pris dans ses bras. Ils restèrent longuement l'un contre l'autre sur le divan du salon. Les larmes du jeune homme cessèrent assez rapidement, mais la douleur elle, était toujours aussi vive et Hermione arrivait presque à la ressentir émaner de lui.
Elle proposa à Harry de rester dormir chez lui, ce qu'il accepta à condition qu'elle reste auprès de lui. Cette invitation n'avait rien de si inhabituelle pour les deux amis qui n'avaient aucunes arrières pensées l'un envers l'autre.
Les deux jeunes s'étendirent sur le dos, côte à côte dans le lit du jeune homme. L'atmosphère était plus clame, propice à la discussion, mais Hermione hésitait à se confier à son tout à son meilleure ami. Ses activités de ces dernières semaines avaient presque toutes été pratiqué avec son ancien ennemi et elle redoutait la réaction de Harry.
Elle essayait de se convaincre de lui cacher ce qu'elle vivait en se disant qu'il avait bien assez de ses propres problèmes à gérer en ce moment sans qu'elle ne le mêle aux siens. Il lui posa cependant une question qui la stimula en quelque sorte à se dévoiler un peu plus.
-Comment va ton addiction?
-Drôle de question à poser dans un lit… C'est presque comme si tu demandais à un alcoolique assis devant le meilleur des vins, comment va sa sobriété…
-Je me permet de le faire parce que toi et moi savons très bien qu'il ne se passera rien et cela même si je suis paumé en ce moment et que toi tu es en manque.
-En réalité, je ne suis pas véritablement en manque. Pour être honnête, je me suis rendue compte que ma dépendance n'était pas une dépendance au sexe ou même aux hommes, mais qu'il s'agissait plutôt d'une façon pour moi de canaliser mon anxiété.
-Visiblement. tu as toujours l'air autant anxieuse, plaisanta Harry.
-Ça c'est uniquement parce que j'ai peur de t'avouer un truc…
Hermione angoissait vraiment, elle avait même du mal à avaler sa salive. Elle n'avait rien fait de mal, mais en même temps, rien de bien non plus. Elle s'était ouverte à quelqu'un comme il lui avait suggéré, mais cette relation avec Malefoy n'était pas totalement saine ou normale.
-Tu te souviens du bal commémoratif organisé par le ministère, celui ou tu m'as ramené chez moi après que je t'ai dit que j'avais…
-Couché avec Malefoy.
-Tu m'avais dit que tu avais trouvé cela étrange, mais pas autant que tu l'aurais cru et que je n'étais pas en état d'entendre le pourquoi…
-Tu te souviens de ça?
-Harry, je suis toujours la même fille qu'avant! J'ai une partie un peu troublée, mais je suis encore assez intelligente pour retenir les paroles énigmatiques de mon meilleur ami!
-Pourquoi t'intéresse-tu à cette vieille histoire, pourquoi maintenant, s'étonna Harry.
-Il fréquente mon université, le savais-tu?
-Oui, je travaille assez régulièrement avec sa mère. Elle m'en a un peu parlé. Il est en potion si je me souviens bien.
-Tu sais que c'est grâce à lui si j'ai remonté ma moyenne en classe. Il m'aide à étudier. C'est presque ridicule dit comme ça…
-Peut être un peu, mais pas autant que je l'aurai cru, lui dit…
-HARRY! Arrête de me répéter ça!
-Ça semble tellement t'obséder aujourd'hui de savoir ce que je pense à propos de Malefoy que ça me donne envie de te faire languir juste un peu plus…
-Laisse tomber, dit Hermione d'un ton de fausse lassitude.
-Hey Hermione, je ne voulais pas te faire fâcher… Tu sais du temps de Poudlard, Malefoy était un crétin influençable, mais il était tout de même bon élève par moment. J'ai toujours vu une sorte de ressemblance entre vous, même si la plupart du temps je préférait ignorer cette constatation. Évidemment les années de combat et vos différences d'allégeances vous ont quelque peu transformé, mais il y avait bien quelque chose entre vous-même en ce temps là…
Hermione senti son angoisse baissée d'un cran, mais le fait d'avouer à Harry qu'elle étudiait avec l'ex Serpentard, n'était que la pointe de l'iceberg dans sa relation si complexe avec lui. Elle devait maintenant se donner le courage d'aborder le reste. Pour le moment, Hermione se contente d'écouter l'explication de son ami, mais elle savait qu'elle devra intervenir tôt ou tard.
-Tu te souviens en sixième année. Quand je le soupçonnais d'être un Mangemort et que je le surveillais presque en permanence dans le château… Parfois lorsqu'il avait l'air triste ou angoissé, je l'ai déjà surpris à te fixer. J'avais presque l'impression que tu l'apaisais. C'est difficile à expliquer et ça fait très longtemps que je n'y ai pas pensé. Je me souviens très bien par contre de son attitude quand tu exposais l'une de tes théories en classe. Il t'écoutait toujours, comme s'il cherchait à s'imprégner un peu de ta science ou je ne sais quoi d'autre. Le fait que vous travailliez ensemble me semble assez naturel, déclara spontanément Harry.
-Et le fait de coucher avec lui…
-Je te l'ai dit, il t'observait. Moi à son âge quand je regardais une fille avec autant d'insistance c'était parce que…
-Si je te disais maintenant que tu avais eu raison! Qu'il me l'a avouer ouvertement!
-Dans toute ton histoire, c'est probablement le fait qu'il t'ait confié cela qui me surprend le plus, dit Harry.
-Il m'en a dit bien plus à propos de lui tu sais…
- Même son histoire en Australie?
-Toi tu la connais, s'étonna Hermione.
-Le ministère le surveillait à cette époque. Nous avons arrêté de le suivre après cela. Je crois que ça été un autre point culminant dans sa vie. Est-ce qu'il t'a montré sa photo?
-Je l'ai vu… Elle me ressemblait, surtout les cheveux…
-Hermione, c'est quoi exactement ta relation avec lui?
-C'est compliqué. J'ai l'impression de vivre trois relation bien distincte : le partenaire d'étude, l'ami et l'amant…
-As-tu des sentiments pour lui?
-Pour être tout à fait honnête, j'ai peur d'en avoir, alors j'évite d'y penser.
-Hermione, ce n'es pas parce que Ron t'as brisé le cœur que…
-¨Ça n'a rien avoir avec Ronald! Harry, c'est de Malefoy dont on parle. Je crois qu'au cours de ma vie, il m'a fait bien plus de tort que Ron.
-Ça me coûte de te dire cela, mais Ron a brisé ta confiance, tandis que ta relation avec Malefoy a toujours été des plus limpides en quelque sorte. Ron était ton ami depuis longtemps et tu t'es senti trahi quand il a mis fin à votre relation. C'est depuis ce temps que tu t'es refermé, que tu as fui toutes les nouvelles relations d'amitié réelle, que tu t'es mise à fréquenter des gens plus superficiel. Malefoy lui, t'intimidait du temps de Poudlard. Nous savons très bien pourquoi il agissait ainsi et pourquoi il n'est plus le même aujourd'hui…
-Harry, je peux te poser une question.
-Évidemment.
-Crois-tu que si un jour ma relation avec Malefoy prend une tournure plus sérieuse, que les gens l'accepteront.
-Hermione, peu importe les gens. C'est toi qui compte et toi seul. Efface tes craintes, oublie tes peurs et arrête de te faire des scénarios dans ta tête à propos de ce que pense les autres. Tu dois te concentrer sur ce que tu ressens et le faire sans t'attarder aux influences extérieures et une fois que tu l'auras fait, tu devras faire la partie la plus difficile : l'assumer!
-Pourquoi après tout ce que nous avons vécus toi et moi, n'arrivons-nous pas à vivre des histoires de cœur simples et sans complication. C'est comme si le destin s'acharnait encore et toujours sur nous…
-Je me disais justement la même chose il y a quelques jours…
Drago Malefoy était dans la bibliothèque du manoir Malefoy. C'était presque devenue sa seule activité lorsqu'il était à la maison. Il était de retour depuis la veille au soir. Un projet à compléter pour son programme de recherche l'avait retenue quelques jours supplémentaires à l'université et il continuait d'ailleurs d'y travailler. Comme il ne disposait pas d'un laboratoire ou tout simplement du matériel nécessaire à la maison, il concentrait un peu plus son travail sur la portion plus théorique du projet.
Narcissa Malefoy regardait son fils travailler. Elle ne faisait pas que le regarder en fait, elle le contemplait littéralement. Son programme d'étude le passionnait bien plus que ce qu'elle s'était imaginée au départ et ça la rassurait de le voir aussi impliqué dans quelque chose qui lui plaisait véritablement. Il était si concentré sur sa tâche qu'elle n'osait pas le déranger, mais elle avait bien envie de l'entendre parler de ce qui le passionnait et surtout du déroulement de sa vie à l'université. Elle n'avait pas encore eu l'occasion d'en discuter encore avec lui parce que la nouvelle à propos de Lucius avait monopolisé toutes leurs conversations depuis son retour.
Lucius Malefoy était présentement en prison. Il avait été appréhendé dans un pub alors qu'une bagarre entre ivrogne avait dégénéré en duel assez dévastateur. Aucun des deux hommes impliqués n'avait été gravement blessé, mais il y avait tout de même eu une victime. Une des serveuses avait été atteinte par un sort qui avait ricoché, un sort qui aurait pu lui être fatal si elle l'avait reçu de plein fouet. Heureusement pour Lucius, ce n'était pas lui qui l'avait lancé, mais il avait tout de même sa part de responsabilité dans cet affrontement.
Narcissa avait dû aller témoigner pour le sortir d'affaire. Il allait être bientôt libéré, mais ce n'était pas à la maison qu'il allait être relâché… Il y a deux ans, elle avait fait avec son mari un serment inviolable. Si ce dernier se retrouvait en prison à cause de son problème d'alcool, il devait aller suivre une cure fermée de sobriété. Tout ce qu'il avait donc à faire pour continuer à boire tranquillement, c'était de se tenir tranquille. La femme avait espéré que le tempérament de feu de son mari aurait fait en sorte qu'il se retrouve enfermé bien avant, mais il avait réussi à resté discipliné. La semaine dernière, il avait fait en sorte de se retrouver en prison et forcé de se soumettre au serment qu'il n'avait jamais pensé avoir à honoré. Il avait complètement perdu son contrôle dans ce bas à cause de certaines allusions faites à propos de sa famille. Ce qui s'était dit allait contre ses principes, mais dont il avait refusé de révéler à Narcissa le contenue de ces allégations avec précision.
D'ici quelques jours, l'homme sera donc transféré dans une clinique dans l'est du pays et son séjour variera selon sa réponse au traitement. Évidemment, rien ne l'empêchera de faire semblant d'être guérit pour sortir plus vite et de recommencer à boire une fois qu'il sera dehors. Le serment l'obligeait uniquement à aller en cure, pas à guérir, mais Narcissa espérait qu'il prenne la chose au sérieux et qu'il ne fasse pas semblant juste pour s'en échapper. En plus, une fois qu'il sera de retour à la maison, il devra faire quelques travaux d'intérêt général et connaissant le juge Bastarich, Narcissa était convaincu que son travail sera en lien avec des moldus.
En apprenant la nouvelle à propos de son père, Drago s'était mis en colère. Pas à cause de la prison ou de ce qu'il avait fait pour y être envoyé, mais à cause du serment inviolable lui-même. Il avait toujours détesté cette pratique et il s'était même demandé pourquoi ce n'était pas devenu illégal. Évidemment son père était un homme difficile à convaincre de se faire soigner. Cette tactique avait finalement été efficace, même si elle avait mis un temps fou à porter ses fruits.
Heureusement que cette histoire de duel avait eu lieu dans un endroit assez isolé et peu fréquenté. La gazette du sorcier n'en avait par conséquent, pas trop parlé. Ils avaient même relégué l'affaire dans la section des faits divers et non sur la première page dont sa famille avait que trop souvent bénéficier et presque à chaque fois pour des raisons peu reluisantes.
L'avantage maintenant pour Drago, c'était que l'homme ne passerait pas noël à se saouler devant lui et sa mère. C'était le premier noël depuis longtemps qu'il allait passer avec sa famille et le dernier n'avait pas été très joyeux. Mise à part un dîner chez Andromeda Tonks, la sœur de sa mère avec qui elle avait renoué récemment, rien d'autre n'était prévue au programme. Il allait donc passé un réveillon tranquille avec sa mère, ce qui lui fera le plus grand bien.
Narcissa Malefoy décida de venir s'asseoir sur l'un des fauteuils devant le bureau où son fils travaillait. Elle avait un livre en main, mais Drago se doutait bien qu'elle n'était pas venue le rejoindre uniquement pour lire. Il redoutait quelque peu ses questions à propos de sa nouvelle vie, mais une partie de lui sentait un fort besoin de se confier à elle.
-Sur quoi tu travaille en ce moment, lui demanda la femme en souriant.
-Une sorte de champignon qui pousse dans les régions volcanique et ses nombreuses propriétés médicinales. Nous cherchons un moyen de l'intégrer à des mélanges, mais il est très instable lorsqu'il est coupé et perd rapidement de son efficacité.
-Ce projet semble te tenir bien occupé.
-C'est vrai, ça fait deux semaines que je travaille dessus. C'est la première fois qu'on me laisse mener une étude aussi importante et je suis déterminé à prouver aux membres seniors de l'équipe que je suis une recrue de qualité, déclara Drago avec confiance.
-Tu as l'air épanouis et ça me fait du bien de te voir ainsi. Tu as changé mon fils!
-Ça fait longtemps que j'ai changé. Je suis revenue de mon long voyage depuis très peu de temps.
-C'est vrai, mais à ton retour de voyage, tu n'avais pas l'air aussi bien dans ta peau. C'est vrai, tu as presque l'air heureux.
-Presque?
-Je ne sais pas? J'ai une sorte de pressentiment, comme si en ce moment quelque chose te manquait, quelqu'un peut-être… Tu t'es fait des amis au moins durant tes premiers mois d'école?
-Quelques uns. Je travaille souvent en binôme avec Harold durant les cours et avec Maya durant mes périodes au laboratoire du programme.
-En dehors de travailler, est-ce que tu te rends à des fêtes, des rassemblements, est-ce que tu as des conversation sérieuse avec des gens. As-tu embrassé des filles?
-MAMAN!
-Quoi! Ça m'intéresse. À ton âge j'étais déjà marié tu sais!
-Je suis loin d'en être arrivé là. Je dois apprendre à faire confiance aux gens d'abord et c'est la partie que je trouve le plus difficile, se confia Drago.
-Je te comprends de te méfier, mais un jour, il faudra que tu passes par-dessus ça parce que crois-moi, ça empêche réellement d'avancer. Si j'avais eu le courage de le faire avant, je n'aurais probablement pas eu besoin de vendre autant de nos biens! Aujourd'hui je travaille, je parle à plein de gens tous les jours. Des gens que j'aurais eu peur de côtoyer il n'y a pas si longtemps, mais à qui j'ai appris à faire confiance. Ou du moins, assez pour que j'arrête de me méfier systématiquement d'eux. Je ne te dis pas de t'ouvrir à la première personne venue, mais ça l'aide de faire tomber quelques unes de ses défenses parfois…
-Comme avec ta sœur.
-Pour ma sœur, c'est très différent. Nous sommes entrain de nous réapprivoisé. Comme tu le sais, notre autre sœur à tuer sa fille et des gens que je côtoyais de très près, son mari. J'imagine que c'est plus difficile pour elle que pour moi de reforger des liens, mais elle ne m'a pas repoussé quand je suis allé vers elle.
-Qu'est-ce qui t'a donné l'idée de renouer avec elle. Je veux dire, après toute ces années…
-Hermione Granger. Nous discutions assez ouvertement cet été durant notre collaboration et elle m'a suggéré de le faire. Je dois t'avouer qu'au début, je doutais qu'Andromeda accepte ne serais-ce que de me parler. Je doute encore qu'elle m'est entièrement pardonnée notre passé, ou même que cela arrive un jour, mais elle semble vouloir elle aussi mettre fin aux vieilles rancunes. Tu sais, je lui écris parfois…
-À qui, à ta soeur?
-Non à Hermione. Je dois t'avouer que j'ai essayé de savoir si elle t'avait vu sur le campus. Étrangement, c'est la seule question à laquelle elle ne me répond jamais, déclara Narcissa en fixant son fils dans les yeux.
-Le campus est grand, mais pas tant que cela. Nous avons même un cours en commun si tu veux tout savoir et… je l'aide à étudier.
-Vraiment, ce n'est pas plutôt l'inverse, le taquina sa mère.
-Je savais que tu allais dire cela, mais non. Je l'ai trouvé un matin dans l'entrée de mon dortoir. Elle avait l'air désespéré et je me suis dit que ça ne pourrait pas me nuire d'être dans les bonnes grâces de quelqu'un comme elle.
-Tu parles comme ton père. Connaître des gens célèbre ne fait pas en sorte que tu le deviens et connaître des gens respectés, n'apporte pas le respect!
-Et s'allier à Voldemort parce qu'il est puissant, n'apporte pas la puissance! Je sais tout cela!
-Je rêve ou tu as dis son nom…
-Voldemort, Voldemort, Voldemort! C'est Hermione qui m'a appris. Je ne ressemble pas autant à mon père que tu sembles le croire, se défendit Drago.
-Tu sais, rien n'excusera jamais les mauvais choix qu'il a fait, mais il restera toujours ton père que tu le veuille ou non! Certaine partie de toi lui ressembleront toujours un peu.
-J'imagine que c'est pour cela que je me méfie tellement de tout le monde et que j'ai autant de mal à me faire des amis.
-Ton père est un beau parleur et il n'a jamais eu de mal à se faire des relations ou à parler aux gens. Il n'a jamais été du genre à s'isoler comparativement à toi. La preuve : malgré sa détresse psychologique, il a continué à sortir et à fréquenter des gens! Cet aspect de toi, elle ne te provient pas de lui. Par contre, quand je te vois travailler avec autant d'acharnement sur ton projet et dégager une forme de passion, alors je le vois un peu plus en toi. Ton père a toujours été un peu plus impulsif que toi et plus prompt à réagir. Je me souviens que plus jeune, tu étais comme lui, un peu plus incontrôlable. Aujourd'hui, tu refoules un peu plus tes pulsions et tu réfléchis avant d'agir ou de parler, mais je ressens véritablement cette force émotionnelle en toi. Ce coté fougueux et passionné qui ne demande qu'a exploser.
-Tu sais, je me bats pour ne pas être comme lui…
-Il n'est pas si mauvais, sinon je ne continuerais pas à le soutenir. Je sais qu'il a fait de très mauvais choix au cours de sa vie, mais cela n'enlève rien au fait qu'il a certaine qualité. Ce n'est pas parce que tu lui ressembles un peu que ça signifie que tu auras la même vie que lui, lui expliqua Narcissa sur un ton rassurant.
-Hermione m'a dit que c'est plus à toi que je ressemble…
-Tu sais, la seule chose qu'elle connaît de Lucius ce sont ses actions et ce que toi tu lui as raconté à propos de lui. Évidemment, tu me ressembles aussi sur certain point comme la patiente et la capacité à demeurer de glace même si une situation te fait ressentir tout autre chose. Mais tes yeux te trahissent toujours, si on prend évidemment le temps de bien les observer! J'ai souvent eu l'impression d'être la seule personne à l'avoir remarqué.
-Tu n'es plus la seule…
-Hermione Granger a toujours eu ce don. Le soir où elle a été amenée ici par les raffleurs, le soir où elle a été torturée sous tes yeux. Ton regard a croisé le sien avant que ses amis la libèrent et j'ai eu l'impression qu'elle avait réussi à lire d'un seul coup toute la confusion de tes émotions…
-Je l'ai souvent regardé de haut à cause de ses origines, mais depuis que je la côtoie de près, j'ai compris beaucoup de chose à propos d'elle. Elle est sans conteste très intelligente et cultivée, curieuse et avide de tout savoir, mais ce n'es pas ce qui ressort le plus chez elle. Je dirais que c'est plutôt sa sensibilité. Elle a beaucoup d'empathie, peut-être trop parfois et ça fait d'elle une personne très à l'écoute du besoin des autres et très observatrice aussi. Le problème c'est qu'elle est justement trop accaparée par les autres pour penser à ses propres besoins. Elle à tendance à s'oublier elle-même à force d'essayer de satisfaire tout le monde, lui expliqua Drago.
-C'est vrai qu'elle est du genre à prendre le partie des opprimés. J'imagine que ça a dû influencer son choix de programme d'étude.
-C'est sans doute pour cela aussi qu'elle passe un peu plus de temps avec moi…
-Tu es loin d'avoir besoin d'être défendu. Tu es bien plus fort que tu ne le crois. Tu marches la tête haute aujourd'hui et quand je te vois, je ne peux faire autrement que d'être fier de l'homme que tu es devenu. Tu semble plus confiant, plus sure de toi et très passionné. Quand tu es revenu de tes voyages, tu avais changé c'est vrai, mais ton regard était aussi éteint qu'avant que tu ne partes. Aujourd'hui, il est brillant, fière, comme à l'époque ou l'on ne t'avait pas encore confié cette mission impossible.
-Je lui ai tout dit tu sais. Je lui ai raconté certains évènements dont j'avais été témoins ici, des choses qui me hante parfois jusque dans mes cauchemars.
-Je suis contente que tu te sois trouvé quelqu'un qui soit capable de t'écouter raconter tout cela de façon objective sans te porter trop de jugement.
-Qu'est-ce qui te fait croire qu'elle ne me juge pas, questionna Drago.
-J'ai passé trois mois à la côtoyer au ministère, trois mois à l'aider dans des dossiers qui touchaient des histoires de Mangemorts et jamais je ne l'ai entendu formuler le moindre commentaire négatifs à leurs égards et pourtant, si quelqu'un a le droit légitime de le faire, c'est bien elle!
Drago réfléchit un moment. Faisant rouler dans sa tête ses nombreuses conversations avec la jeune femme. Il est vrai qu'elle était parfois dégoûtée d'entendre les histoires dont il avait été témoins, mais jamais elle ne lui avait reproché de n'avoir rien fait ou sa façon de réagir face à la situation. Elle avait l'ouverture d'esprit nécessaire pour se mettre à sa place et comprendre les choses selon son point de vue. Jamais il ne s'était imaginé un jour partagé ses mauvais souvenirs, ces choses horribles qu'il essayait d'oublier depuis si longtemps. Jamais il n'aurait cru que le fait de les raconter à quelqu'un le soulage autant.
Il se souvient très bien d'un soir ou le serpent de Voldemort avait déchiqueté trois hommes coupables de trahison envers lui juste sous ses yeux et qu'ensuite, pour se divertir, le mage noir l'avait forcé lui et sa mère, à nettoyer le sang à quatre pattes avec une brosse et un saut sans avoir le droit d'utiliser la magie. Il avait raconté ça à Hermione et lui avait aussi confié qu'il ne s'était pas senti mal pour les trois traîtres assassinés sous ses yeux, mais juste dégoûté par leur sang qu'il devait nettoyer comme un vulgaire domestique.
C'était arrivé peu de temps avant qu'on ne lui confie sa mission de tuer Dumbledore, alors que son père venait tout juste de perdre la fameuse prophétie au département des mystères. En lui racontant tout cela, il avait réalisé qu'il se sentait encore coupable aujourd'hui de ne pas avoir eu de compassion pour ces hommes torturés. Il faut dire qu'à l'époque, il venait tout juste d'avoir seize ans et qu'il ne pensait qu'à redorer l'image de sa famille auprès du seigneur des ténèbres.
Elle l'avait rassuré en lui disant que l'important ce n'était pas comment il avait vécu la chose à l'époque, mais comme il réagirait aujourd'hui si ça se produisait devant lui. Incontestablement il avait changé, mais certaine partie de lui demeurait toujours les même. Il portait encore du jugement sur les autres et visait encore le sommet. Si ce n'était pas le cas il ne se serait pas autant donné pour faire partie de l'équipe d'élite de son programme d'étude.
Parfois une part plus sombre de lui le submergeait et lui faisait poser des gestes qu'il regrettait par la suite. C'était surtout lorsqu'il couchait avec Hermione qu'il le ressentait le plus souvent. Un soir, alors qu'ils étudiaient tous les deux à la bibliothèque, il s'était mis à fantasmer sur elle en la voyant très concentré sur un travail qui lui donnait du fil à retordre. Elle y avait passé de longues heures et ses cheveux avaient en quelque sorte retrouvée l'apparence négligée de ses souvenirs. Il avait réussi par la ruse à l'entraîner vers le rayon du fond de la bibliothèque et il l'avait baisé sauvagement, ce qui avait contribué au final à relaxer un peu la jeune femme et la faire terminer son travail plus rapidement.
Le problème ce n'était pas le fait d'avoir mélanger leur activité prévue, mais plutôt ses pensés pendant qu'il la prenait de cette façon. Ses idées troublées qui l'avait excité plus que de raison. Tout le long de leur échange, il se répétait dans sa tête des phases du genre qu'il était entrain de baiser une sang de bourbe, un être inférieur et que la seule raison pour laquelle elle prenait autant de plaisir à le sentir en elle c'était parce qu'il était un Malefoy, un être d'exception. Jamais aucun homme ne réussirait à lui donner autant de plaisir que lui et de toute façon, elle lui appartenait! Il s'était fait violence et elle avait presque faillit crier tellement elle avait adoré se faire baiser de cette façon alors qu'il y avait un risque assez grand qu'ils se fassent prendre par d'autres élèves présents dans la pièce.
Il s'en était voulu ensuite d'avoir eu des pensés aussi sales, aussi égoïste. Comme elle était sa seule amie, il n'avait pas réussi à en parler à qui que ce soit. Il se demandait s'il était normal d'avoir ce type de pensées aussi tordues.
Depuis, il avait lu un peu sur le sujet. Il avait trouvé certain passage dans un livre de propagande sur les sangs purs. Selon cet ouvrage, il arrivait parfois que des gens de son statut de sang soient tenté d'assouvir leur pulsion avec leurs esclaves et que cela fût permis à condition que l'esclave n'en ressente aucun plaisir et qu'il soit aussi humilié par son maître. Il était impératif, selon le livre, de mentionner à l'esclave tout au long de l'échange qu'elle n'était qu'une sale sang de bourbes que qu'elle ne devait pas se laisser aller dans la luxure sous peine de torture ou de mort. Le seul qui ait le droit d'atteindre l'orgasme, s'était le maître!
Hermione n'était pas son esclave et il avait autant voulu lui donner du plaisir qu'il voulait en retirer, alors cette histoire ne s'appliquait pas véritablement à lui. Elle lui avait déjà raconté avoir joué des rôles lors de certains échanges avec des hommes avec qui elle avait couché. Peut-être que c'était a ce qui s'était passé dans sa tête. Le problème c'était qu'il avait peur que cela ne reflète ces véritables pensées profondes. Que le véritable rôle, c'était celui qu'il jouait le reste du temps pour se fondre dans la société. Quelque chose le rassurait cependant, si c'était vraiment le cas, il ne se sentirait pas autant coupable d'avoir eu ce type de pensées…
