Titre : Tome II - Cerridwen Snape et l'Héritier de Slytherin.
Rating : K+.
Pairing : Aucun.
Warning : Léger langage vulgaire, purisme, angoisse.
Summary : Cerridwen fait sa deuxième année à Hogwarts, mais celle-ci sera bien différente de la précédente, car l'Héritier de Slytherin fait soudainement parler de lui. Sauf qu'il ne le fait que pour une raison; purifier le collège sorcier des Mudbloods...
Disclaimer : Cerridwen et d'autres OCs secondaires sont à moi. Le reste n'est qu'à JKR.
Personnage(s) : Severus Snape || Cerridwen Snape || Cuthbert Binns || Daphne Greengrass || Hermione Granger || Harry Potter || Draco Malfoy || Millicent Bulstrode || Tracey Davis || Pansy Parkinson || Seamus Finnigan || Parvati Patil || Dean Thomas || Gilderoy Lockhart || Colin Creevey || Gemma Fawley || Betsy || Marcus Flint. Mention de Miss Norris || Ron Weasley || Blaise Zabini || Vincent Crabbe || Gregory Goyle || Theodore Nott || Bathilda Bagshot || Les Fondateurs || Albus Dumbledore || Rolanda Hooch || George Weasley || Adrian Pucey || Fred Weasle || Lee Jordan || Oliver Wood || Poppy Pomfrey.
M/A : Sixième chapitre! On en est à la moitié, maintenant! C'est cool, non? Et aujourd'hui, on parle de Quidditch! Je vous avoues que pour ce tome, le titre de ce chapitre est mon préféré. Au début, il s'appelait Match de Quidditch dangereux, mais j'ai soudainement eu envie de le changer, juste pour le plaisir -surtout parce que je voulais faire le jeu de mots. Et il a beaucoup plût à ma partenaire d'écriture, donc on a gardé ce changement. Ça n'arrivera plus, je vous le promets!
D'ailleurs, vous savez quoi? J'ai commencé l'école...! Avec une semaine de retard à cause de... problèmes administratifs. Tout ça pour dire que j'ai repris le lycée (mes notes étaient trop nuls pour aller au cégep, alors pas le choix, école aux adultes)... et le mien est à Montréal! Mon horaire est top, j'ai que trois cours à suivre, je peux prendre ET le bus, ET le métro ET ma mère peut me déposer et me chercher... Bref, ma vie est géniale! Bon, je dois travailler dur, mais sinon, c'est cool!
Je remercies également noor13, Zeugma412 et nonameforyou pour avoir mis en suivi/commenté, et bonne lecture!
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Traduction anglais/français
Bathilda Bagshot = Bathilda Tourdesac.
Rolanda Hooch = Renée Bibine.
Boggart = Épouvantard.
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Tome II - Cerridwen Snape et l'Héritier de Slytherin
Chapitre six : On ne fait pas de vieux os au Quidditch
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4 novembre 1992
L'Histoire de la Magie est, aux yeux de Cerridwen, la matière la plus ennuyante de toutes celles qu'on enseigne à Hogwarts. Retenir des dates, des évènements, des faits, des noms, rien n'est plus barbant à ses yeux. Et ce n'est pas avec le professeur Binns que cette matière sera intéressante, même si le fait qu'il soit un fantôme est en soit amusant.
Dommage qu'il ne s'en rends pas compte..., grogne-t-elle en pensée. Comme devinant sa mauvaise humeur, Elwë, caché sans vergogne sous son bureau, se frotte contre ses jambes, en ronronnant le plus silencieusement possible. Le geste de réconfort fait, durant une micro-seconde, sourire la Vert et Argent. Depuis l'attaque de Miss Norris, son propre familier ne la quitte pas. Personne, à l'exception de Daphne et de son oncle, ne sait pourquoi il agit ainsi. Et sauf pour Binns, qui ne remarque rien, pas même sa propre mort, il reste en-dehors des salles de classe, l'attendant patiemment à la fin du cours.
Très ennuyée, Cerridwen jette un regard presque endormi sur ses camarades de promotion. Comme le cours de potions et celui de DCFM, celui de Binns est en commun avec les Gryffindors. Granger écoute avec attention le monologue endormant du professeur, dont la voix monotone est pareille à celle d'un aspirateur bouché, tandis que Harry et Weasley sont presque endormis, écrivant de temps à autre des informations piochées ici et là -comme les autres Lions.
Du côté des Slytherin, ce n'est guère mieux. Blaise, Vincent et Gregory dorment littéralement, Draco a les yeux perdus dans le vide - sans doute réfléchit-il au match de samedi -, Theo lit quelque chose qui n'a rien à voir avec le manuel de Bathilda Bagshot, Millicent et Tracey discutent, tout comme Daphne et Pansy.
Trois souris aveugles
Voyez comme elles courent
Elles courraient toutes après la femme du fermier
Qui leur a coupé la queue au couteau à rôti
Avez-vous rien vu de tel dans votre vie
Comme trois souris aveugles?[1], chantonne dans sa tête Cerridwen, en tapant un rythme inconnu du bout de l'ongle, lorsque quelque chose d'incroyable et d'inimaginable se produit, interrompant les Slytherins dans leurs activités et réveillant les trois dormeurs. Elwë, comme devinant ce qui se passe, relève la tête, poussant au passage un miaulement de surprise.
Binns se tait. Et en jetant un coup d'oeil aux autres élèves, la jeune sorcière s'aperçoit que la Je-Sais-Tout a levé la main.
« Oui, Miss, heu...
-Granger, professeur, réponds la Lionne. J'aurais voulu vous demander si vous pouviez nous dire quelque chose sur la Chambre des Secrets. »
Aussitôt, les autres Gryffindors sortent de leurs pensées, presque choqués. Les Vert et Argent, eux, sont intéressés. Tous en ont entendus parler. La Chambre des Secrets, c'est une légende urbaine au sein de la Maison de Langue-de-Serpent. Et jusqu'à présent, personne, à la connaissance de Cerridwen du moins, n'y croirait vraiment.
« Je fais des cours sur l'histoire de la magie, cingle Binns. Je m'occupe de faits, miss Granger, pas de mythes ou de légendes. »
C'est fou comme il a l'air vivant, là!
Le professeur fantôme s'éclaicit sèchement la gorge, puis reprends son explication sur les sorciers de la Sardaigle, quand la Rouge et Or secoue de nouveau sa main, l'interrompant de nouveau.
« Miss Grant?
-Excusez-moi monsieur, mais les légendes ne sont-elles pas toujours fondés sur les faits? , demande-t-elle. Si elle n'avait pas autant de retenue, Cerridwen aurait éclatée de rire, en voyant l'air éberlué du vieux professeur. Visiblement, personne n'a osé lui faire la réplique, voir même l'interrompre.
-On peut en discuter, fait-il lentement, comme à contrecoeur. La légende dont vous parlez est cependant tellement extravagante, tellement ridicule... », argumente-t-il, comme pour convaincre ses élèves d'abandonner leur soudaine quête de savoir.
Intéressée d'un coup par son cours, la brune s'installe plus confortablement sur sa chaise. Et à juger par le bruit des chaises raclant le sol, elle n'est pas la seule. Et ça semble le pertuber, remarque-t-elle avec satisfaction.
-Eh bien, soit..., soupire Binns, résigné. Voyons... Que pourrais-je vous dire sur la Chambre des Secrets? Comme vous le savez tous, Hogwarts a été fondé il y a plus de mille ans - la date précise n'est pas connue[2] - par les quatre plus grands mages et sorcières de l'époque. Les quatre maisons de l'école portent leurs noms : Godric Gryffindor, Helga Hufflepuff, Rowena Ravenclaw et Salazar Slytherin. Ils ont bâti ce château ensemble, hors de la vue des Moldus, car en ce temps-là, les gens du peuple avaient peur de la magie et les sorciers subissaient de terribles persécutions. »
Pas besoin d'être au Moyen-Âge pour en subir, songe-t-elle.
« Pendant quelques années, continue le fantôme, les fondateurs de l'école travaillèrent ensemble dans une parfaite harmonie. Ils recherchaient les jeunes gens qui montraient des dons pour la magie et ils les faisaient venir au château pour assurer leur éducation. Mais peu à peu, des désaccords apparurent. Un conflit éclata entre Slytherin et les autres. »
Ça pourrait pas être le contraire, pour une fois? C'est toujours la faute d'un serpent, dans les histoires...
« Slytherin voulait qu'on se montre plus sélectif dans le choix des élèves admis à Hogwarts. Il pensait que le savoir magique devait être réservé aux familles de sorciers et à elles seules. Il ne voulait pas prendre d'élèves nés de parents moldus car il estimait qu'on ne pouvait pas leur faire confiance. »
Il a pas vraiment tord... Pour les Moldus, en tout cas.
« Au bout d'un moment, une grave dispute à ce sujet opposa Slytherin à Gryffindor, et Slytherin finit par quitter l'école. [Il prends une pause] Voilà ce qu'on peut dire à partir de sources historiques digne de foi. Mais ces faits authentiques ont été obscurcis par la légende hautement fantaisiste de la Chambre des Secrets. D'après cette légende, Slytherin aurait aménagé une salle cachée dans le château, une salle dont les autres ne connaissaient pas l'existence. Slytherin aurait ensuite scellé l'entrée de la Chambre des Secrets de telle sorte que personne ne puisse l'ouvrir jusqu'à ce que son authentique héritier arrive à l'école. Seul l'Héritier de Slytherin aurait le pouvoir d'ouvrir la Chambre des Secrets et d'utiliser la chose horrible qu'elle contient pour chasser de l'école ceux qui ne seraient pas dignes d'étudier la magie. »
Un long silence accompagne l'histoire du professeur d'histoire. Cerridwen déglutit, franchement mal à l'aise. Les souvenirs de sa crise de panique d'il y a une semaine lui reviennent en mémoire. Discrètement, elle glisse une main sous sa table, et instinctivement, Elwë frotte son museau froid contre les doigts de sa maîtresse, pour la rassurer.
« Bien sûr, tout cela est absurde, reprends l'enseignant. Comme vous vous en doutez, l'école a été fouillée de fond en comble par les sorciers les plus érudits pour essayer de découvrir cette prétendue Chambre des Secrets. Et la conclusion, c'est qu'elle n'existe pas. Ce n'est qu'une affabulation destinée à faire peur aux naïfs.
-Monsieur, demande la Je-Sais-Tout, au grand bonheur de Cerridwen, qu'est-ce que vous entendez exactement par la « chose horrible » qui se trouverait dans la Chambre des Secrets?
-Ce serait une sorte de monstre que seul l'Héritier de Slytherin aurait le pouvoir de faire obéir, réponds sans préambule Binns, remplaçant le malaise par l'inquiétude chez ses élèves. Mais je puis vous l'assurer : cette chose n'existe pas. Il n'y a ni monstre, ni Chambre des Secrets.
-Mais monsieur, coupe Finnigan, si la Chambre des Secrets ne peut être ouverte que par l'Héritier de Slytherin, il est normal que personne d'autre ne soit capable de la trouver, non?
-Absurde! , siffle le spectre. Si les directeurs et directrices de Hogwarts qui se sont succédé au cours des siècles n'ont rien découvert...
-Mais, professeur, il faut sans doute connaître la magie noire pour l'ouvrir, réplique Patil.
-Ce n'est pas parce qu'un sorcier ne se sert pas de la magie noire qu'il ne la connaît pas. Si des gens comme Dumbledore...
-Mais peut-être qu'il faut faire partie de la famille de Slytherin pour y arriver, et donc, Dumbledore..., continue le mûlatre des Gryffindors.
-Ça suffit. Je vous répète qu'il s'agit d'un mythe! Ça n'existe pas! , éclate le professeur décédé. Il n'y a pas l'ombre d'une preuve que Slytherin ait construit ne serait-ce qu'un placard à balais secret dans ce château. Je regrette de vous avoir raconté une histoire aussi stupide. Et maintenant, si vous voulez bien, nous allons retourner à l'histoire, c'est-à-dire à des faits établis et vérifiables! »
Dommage, il était intéressant, pour une fois..., se morfonds en silence la jeune Snape, en s'accoudant à son bureau, tandis que Binns repartait sur ses sorciers italiens. Quelques minutes plus tard, personne n'aurait pû soupçonner un changement dans les habitudes de la classe d'Histoire de la magie.
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7 novembre 1992
Comme tous les matins précédant un match de Quidditch, la Grande Salle bouillonne d'excitation. Tous n'attendent qu'une chose, soit voir les Gryffindors et les Slytherins se battre sur leurs balais. C'est le match de l'année, raison pour laquelle c'est également le premier de la saison.
Assise à côté de Draco, Cerridwen se demande toutefois si ça en vaudra amplement la peine, de se déplacer jusqu'au stade; son cousin semble si angoissé, si tendu, qu'il lui semble presque risqué de le faire monter sur un balai. Le stress d'avant-match, sans doute, se dit-elle, tandis que Pansy encourage le blond à avaler quelque chose.
« Tu dois manger quelque chose, Draco! , chouine-t-elle, en secouant le bras crispé du jeune attrapeur, qui fixe son assiette vide avec insistance. C'est mauvais pour la santé, faire du Quidditch l'estomac vide!
-C'est mauvais aussi, recevoir un Cognard en plein ventre. », commente moqueusement Cerridwen, en lisant le Daily Prophet du jour, Elwë assis à côté d'elle, la tête posé sur sa cuisse. Pansy la fusille du regard, mais ne réplique rien, autant parce que Draco est encore plus blanc que jamais que parce que tout le monde, du moins à Slytherin, sait qu'elle déteste le Quidditch. Elle retourne son attention vers le blond, continuant de l'encourager.
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Cerridwen soupire. Pour la énième fois au moins depuis qu'elle a quitté le château pour rejoindre le stade de Quidditch, comme tout le monde. Daphne, à ses côtés, ignore ce nouveau soupir; personne ne pourrait après tout convaincre la jeune héritière des Snape d'aimer le sport favori des sorciers. Aussi se contente-t-elle de parier avec Millicent et Tracey sur le résultat du match. Bien évidemment, toutes sont pour la victoire de leur Maison, aussi gagent-elles sur le score final du match.
Après ce qui lui semble être une éternité, les deux équipes, respectivement en vert et en rouge, entrent dans le stade, acclamées par leurs supporters, chaque camp comptant suffisamment de partisans pour qu'aucune clameur ne soit plus forte que l'autre. Après les salutations entre les capitaines de chaque équipe et les mises en garde de madame Hooch, les balles sont libérées et les joueurs s'élancent dans le ciel.
Un peu distraitement, la Slytherin suit des yeux Draco, qui s'était glissé sous Potter pour se vanter et - sans nul doute - se moquer de lui. Au même moment, un Cognard fonce vers le Lion aux yeux verts, qui l'évite de justesse. L'un des jumeaux Weasley s'empresse de lancer la balle hargneuse en direction de Pucey...
... quand soudain, le Cognard dévie de sa trajectoire pour retourner vers l'attrapeur en rouge et ocre. Cerridwen fronce les sourcils et, malgré elle, un soupçon de doute s'installes en elle. Un Cognard ne fait pas ce genre de choses, normalement... non? Voyant le boulet magique revenir vers lui, Harry descends en piqué, tandis que les batteurs de son équipe tentent de tout faire pour éloigner la balle ensorcelée de son équipier. Ce qui ne fonctionne pas, car le Cognard continue de le suivre comme un lévrier chassant un renard.
Des gouttes de pluie lui tombent alors sur le nez. En levant les yeux, la Slytherin remarque les nuages lourds et gris, prêts à déverser leurs contenus. Elle se lance un sortilège d'Imperméabilité, tandis que le commentateur annonce le présent score, qui est de soixante à zéro pour les Vert et Argent.
« Les Nimbus de Malfoy sont vraiment incroyables! Même celui de Potter ne les bats pas! , s'excites Millicent.
-Il ne manque plus que Draco attrape le Vif d'Or et à nous la victoire! , rajoute sa meilleure amie.
-Ça pourrait être plus facile que vous le pensez, commente la brune.
-Ah bon? Et pourquoi? , s'étonne Daphne.
-Parce que Potter est poursuivi par un Cognard décidé à lui arracher la tête. »
Les trois sorcières la fixent, choquées, et se concentrent sur le Garçon-qui-a-survécu, qui est encadré par les jumeaux Weasley. Jusqu'ici, elles n'avaient vu que le combat entre leurs poursuiveurs et ceux des Lions. Et maintenant, elles-même blêmissent.
« Morgane, mais pourquoi personne ne fait rien?! , souffle la seule Sang-mêlée de leur promotion.
-Parce que tout le monde fait comme vous. »
Au même instant, Hooch siffle un temps d'arrêt. Les quatre Slytherins ne peuvent s'empêcher d'avoir un soupir de soulagement, en l'entendant. Les joueurs en rouge et ocre s'empressent de rejoindre leur capitaine, sous les moqueries des supporters de l'équipe adverse et les membres de celle-ci. Ils discutent un long moment; la pluie s'accentue, poussant les autres élèves à se lancer des sorts d'Imperméabilité.
Lorsque l'arbitre siffle de nouveau et que les joueurs remontent sur leurs balais, une chape de plomb envahit Cerridwen. Ils ne vont rien faire, pour ce Cognard? Ils vont le laisser s'acharner sur Harry? C'est bien des Gryffindors, pense-telle. L'honneur à tout prix!
Elle observe les acrobaties aériennes du Survivant, qui fait tout pour échapper à son poursuivant ensorcelé, alors qu'autour d'elle, les élèves rient et se moquent de lui. Ne voient-ils pas le danger qu'il encourt? Elle resserre sa cape autour d'elle.
Il va finir à l'infirmerie, c'est sûr! , se dit-elle, ignorant par mécanisme les quolibets de ses camarades. Et, alors qu'il évite pour la énième fois le Cognard, Draco s'approche du Gryffindor, pour lui lancer sans nul doute un insulte ou une moquerie. Un éclat doré, entre les gouttes d'eau, attire alors son attention. Cerridwen aperçoit alors le Vif d'Or, tout juste au-dessus de l'oreille de son cousin, qui est trop occupé à ridiculiser son Némésis pour le remarquer.
Némésis qui ne bouge pas.
Qui ne voit pas le Cognard foncer vers lui...
VLAM!
Le choc est violent, et tout le monde, dans le stade, l'entends. Mais si les spectacteurs réalisent ce qui se passe enfin avec l'attrapeur des Lions, Cerridwen ne le remarque pas. Elle est trop concentrée sur ce qui se passe pour voir les expressions choquées de ses camarades de classe.
Le Cognard tente ensuite de frapper l'attrapeur blessé au visage, mais Harry l'évite, autant que peut le faire quelqu'un avec un bras invalide, avant de... foncer vers Draco.
Draco qui, tel le lâche qu'il est, s'enfuit à toute vitesse, laissant la chance au brun de saisir le Vif d'or avec sa main valide. Mais comme seules ses jambes le retiennent à son Nimbus, à peine referme-t-il ses doigts malhabiles autour de la balle dorée qu'il fait un terrifiant plongeon. Tous - Slytherins, Hufflepuffs, Ravenclaws, Gryffindors et professeurs - se mettent à hurler, en le voyant tomber vers le sol. Glacée, Cerridwen serre la rembarde entre ses doigts, fixant la scène surréaliste.
Il s'effondre, la boue revolant au passage autour de lui. Il roule sur un ou deux mètres, puis s'immobilise. Une horrible image s'impose à l'esprit de la Vert et Argent, alors que madame Hooch siffle la fin du match; celle d'une poupée brisée à cause de la colère d'une petite fille. Dès que le sifflement strident cesse de résonner dans l'air automnal, elle et ses amies se précipitent vers l'attrapeur des Lions, autour de qui il se forme déjà un petit attroupement.
Sans vraiment se faire remarquer, Cerridwen se faufile vers le jeune homme. Étendu sur la terre boueuse, visiblement sans connaissance, le petit Gryffindor serre de toutes ses forces la petite balle ailée, qui tente de s'échapper. Elle fronce le nez, en remarquant le bras tordu du brun. Il est cassé, pense-t-elle.
Un mouvement de foule lui fait relever la tête; elle aperçoit ainsi Lockhart, qui fends l'attroupement de Gryffindors, pour s'approcher de Harry. Au moment où il se penche vers lui, le jeune sorcier reprends conscience, ouvrant presque violemment ses grands yeux émeraude. Ceux-ci se posent sur le professeur de DCFM.
« Oh non, pas vous..., gémit-il.
-Il ne sait plus ce qu'il dit. », claironne l'écrivain, toujours en train de sourire.
Pas sûr de ça, moi...
« Ne t'inquiètes pas Harry. Je vais soigner ton bras, ajoute Lockhart.
-Non! Je préfère le garder comme ça! , réplique le petit attrapeur, en tentant de se relever, sans toutefois réussir, quand un déclic d'appareil photo se fait entendre. Je n'ai pas besoin de photos maintenant, Colin! , crache-t-il vers le Lionceau blond, qui s'est glissé vers le premier rang pour prendre autant de photographies qu'il le voulait. En le regardant, la Slytherin remarque que les jumeaux tentent de faire rentrer le Cognard furieux dans sa boîte, non loin d'eux.
-Reste allongé Harry, fait l'auteur à succés, à l'attention de l'invalide. C'est un sortilège très simple que j'ai souvent utilisé. »
Harry argumente, disant qu'il préfère à l'infirmerie, ce que la brune ne peut qu'approuver. Au vu de leur premier cours de DCFM, elle-même doute des talents du romancier à lancer des sorts, autant de soin que de base. Le capitaine des Gryffindors approuve son joueur-étoile -non sans féliciter au passage celui-ci pour son jeu. Mais le professeur n'écoute pas ses élèves, retroussant plutôt ses manches et saisissant sa baguette, qu'il pointe vers le bras cassé.
« Brackium Emendo! »
Au moins, il connaît le sort, pense-t-elle, alors qu'une lueur bleutée sort du bout de la baguette. Par mesure de sécurité, Lockhart appuie légèrement sur le bras. Son doigt s'enfonce dans la peau, comme s'il est de caoutchouc. Les élèves poussent des cris dégoûtés, alors que le photographe amateur des Rouge et Or prends plusieurs photos du bras désossé.
« Oui, en effet, grimace le romancier, ne pouvant nier son nouvel échec, c'est une chose qui peut se produire de temps en temps. Mais l'essentiel, c'est que les os ne sont plus cassés.
-Cassés? , coupe la jeune Snape, attirant pour la première fois l'attention sur elle et faisant rouvrir les yeux au Lion blessé. Il n'a plus aucun os, vous voulez dire!
-Quoi? , croasse Harry, en baissant les yeux vers son bras amorphe. À la vue du membre flasque, il manque de s'évanouir; par mesure de sécurité, elle s'avance et lui donne de petites gifles -pas le moins du monde fortes, mais assez pour le garder conscient. Une fois sûre qu'il ne tournera pas de l'oeil, elle le laisse aux soins de ses amis, qui décident de l'emmener voir Pomfrey. Alors que Granger et Weasley VI entraînent Harry hors du stade, suivi de près par les autres joueurs en rouge et ocre, Cerridwen tourne ses yeux d'un bleu irréel vers son professeur, qui frissonne. S'il n'y avait pas eu la ressemblance physique, il n'aurait eu plus aucun doute sur le lien de parenté entre le Maître des Potions et la jeune Slytherin.
-Et vous vous dites aventurier? , siffle-t-elle. Un véritable aventurier aurait réussi ce sort! »
Et dans un tournoiement de cape plutôt snapien, elle lui tourne le dos et s'éloigne, Daphne, Tracey et Millicent à sa suite, trop impressionnées par le sang-froid de leur camarade pour dire quoi que ce soit.
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Une forêt. Sombre, froide. De grands arbres verts. De la pluie -beaucoup de pluie. Et un chant -son chant. Triste, doux, mélancolique. Elle se déplace, dans son chaud nid caché par des ronces. Ses vieilles plumes d'un vert presque noir craquent, sous son poids. Elle se recroqueville, continuant de chanter la pluie...
« TOUT LE MONDE DANS LA SALLE COMMUNE! »
Cerridwen, son coeur battant à toute chamade dans sa poitrine, se redresse violemment dans son lit, les yeux écarquillés par le choc et l'incompréhension. À côté d'elle, Elwë miaule, aussi surpris qu'elle d'être soudain sorti de ses rêves félinesques. En regardant autour d'elle, la jeune sorcière aperçoit d'abords les autres filles, qui sont aussi perdues et échevelées qu'elle, tout comme leurs familiers. Puis, elle remarque la préfète de leur Maison.
« Keskiya? , marmonne Tracey, à moitié réveillée.
-Tout le monde dans la salle commune! Ordre de Snape! », réponds hâtivement Gemma, avant de partir réveiller les autres filles. Comprenant que quelque chose cloche, Cerridwen saisit son chat et sort à toute vitesse de son dortoir, comme les autres. Dans tout le couloir des filles, d'autres étudiantes de divers niveaux sortent, toutes en robes de nuit et en pyjama. Pressées par Gemma, elles mettent de côté leur gêne pour se rendre dans la salle commune.
Les garçons, pas plus habillés qu'elles, ne mettent que peu de temps à les rejoindre. Presque aussitôt, Draco va se mettre à côté de sa cousine.
« Qu'est-ce qui se passe? , s'inquiète-t-il.
-Aucune idée. », avoue-t-elle, en tentant de cacher son visage dans la fourrure d'Elwë, qui renifle l'air autour d'eux, essayant d'ignorer les regards surpris des autres Slytherins. Il faut dire que son pyjama rose en flanelle ne correspond pas vraiment aux canons gothiques attribués de facto à la famille Snape... Par chance, personne ne pose de question, tous étant trop occupés à se demander ce qui se passe.
Après quelques minutes, leur directeur de Maison arrive, dans le même état que ses protégés. Soit il n'était pas de garde, soit la raison de ce réveil nocturne s'est passé après ses patrouilles, comprends sa nièce. Il passe à travers la masse d'élèves perplexes mais silencieux, les observant l'un après l'autre, comme s'il tentait de voir des absents. Le silence est total, dans la salle commune; tous fixent le Maître des Potions, n'osant pas posé de questions sur le pourquoi du comment.
« Betsy! , appelle-t-il soudain, faisant sursauter des Premières Années qui avaient commencés à se rendormir. Aussitôt, une elfe de maison, vêtue d'un torchon de vaiselle aux armes de Hogwarts, apparaît à côté de lui. Personne n'y réagit particulièrement; après tout, une grande partie, si ce n'est la totalité, des Vert et Argent viennent de familles employant des elfes de maison.
-Oui, professeur Snape, monsieur? , demande la petite créature.
-Va dire à Albus qu'aucun Slytherin ne manque, ordonne le sévère professeur.
-Bien, professeur, monsieur. »
Tout aussi rapidement qu'elle est venue, l'elfe de maison transplane.
« Professeur, qu'est-ce qui se passe? , demande d'une voix mal maîtrisée le préfet. L'ex-Death Eater le regarde, puis réponds;
-Un élève a été attaqué.
-De quelle Maison? , continue Gemma.
-Gryffindor.
-En quoi ça nous concerne? , s'écrie Marcus, s'attirant les regards de ses camarades de Maison.
-Ça nous concerne, monsieur Flint, parce que nous sommes les principaux suspects dans ces attaques, réplique froidement Severus. Dois-je vous rappeler que la Chambre des Secrets est apparement une création de notre Fondateur? »
Le Sixième Année n'ose pas répondre. Personne, dans la salle commune, ne tente de le faire. Même les plus jeunes comprennent ce qui se passe. Parce que quelqu'un utilise le mythe de la Chambre pour s'en prendre à des élèves, c'est forcément un Slytherin.
Cerridwen resserre sa prise sur son familier, une boule dans la gorge. Elle ne sait pas quoi penser; certes, il y a des extrémistes, parmi les élèves de Langue-de-Serpent, mais qui, parmi ceux-ci, serait capable de pétrifier quelqu'un? De plus, c'est indéniablement de la Magie Noire, sauf qu'encore là, peu d'élèves, même parmi les terminaux, que ce soit chez les Vert et Argent que dans les autres Maisons, la pratiquent ou en connaissent les bases. La Magie Noire fascine, elle le sait très bien, mais il faut aussi avoir bien du cran pour oser en faire. Même son oncle, pourtant courageux et qui connaît plus que ses principes, ne l'utilise pas.
Pour la première fois depuis très longtemps, elle a peur.
Pas d'un boggart. Mais d'un boursouf.
Et c'est ça, le plus effrayant...
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[1] Comptine anglaise, publiée en Angleterre dans un recueil de poèmes en 1609.
[2] Hogwarts fut fondé en 993, selon les dires de JKR.
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M/A : Ça me faire rire, de faire détester l'histoire à Cerri', alors que c'est ma matière préférée! Enfin, celle moldue; celle des sorciers, je sais pas, surtout qu'elle me paraît assez raciste. De ce qu'on voit, dans le roman en tout cas, on ne parle que des guerres des gobelins ou des conventions sur la « gestion », si je peux me permettre, des créatures magiques comme les loup-garous. Je pense que je m'ennuierais facilement. Sauf peut-être pour le truc de l'Inquisition; ça, c'est vachement passionnant, mine de rien!
Pour la comptine, je me suis inspirée d'une séquence assez particulière du jeu "Alice : Madness Returns"; à un moment, dans le dernier niveau, on trouve des bocaux de formol, et dedans se trouve ou des morceaux de corps, ou des animaux venant de contes et de comptines anglaises de l'ère victorienne ou avant. Et dans l'un d'eux, on voit trois souris avec des cannes et des lunettes d'aveugles... comme dans la comptine "Three Blind Mice"! Je trouvais ça plutôt mignon, et j'ai pas pû m'empêcher de l'y glisser... Vous m'pardonnez?
En tout cas, j'espères que vous avez aimé ce chapitre et je vous dis à la prochaine!
