Titre : Tome II - Cerridwen Snape et l'Héritier de Slytherin.
Rating : K+.
Pairing : Aucun.
Warning : Léger langage vulgaire, purisme, angoisse.
Summary : Cerridwen fait sa deuxième année à Hogwarts, mais celle-ci sera bien différente de la précédente, car l'Héritier de Slytherin fait soudainement parler de lui. Sauf qu'il ne le fait que pour une raison; purifier le collège sorcier des Mudbloods...
Disclaimer : Cerridwen et d'autres OCs secondaires sont à moi. Le reste n'est qu'à JKR.
Personnage(s) : Severus Snape || Cerridwen Snape || Harry Potter || Percy Weasley || Draco Malfoy || Gregory Goyle || Vincent Crabbe || Gilderoy Lockhart || Daphne Greengrass || Hannah Abbott || Justin Finch-Fletchey || Peeves || Nick Quasi-Sans-Tête || Pansy Parkinson. Mention de Ron Weasley || Hermione Granger || Minerva McGonagall || Filius Flitwick || Lucius Malfoy || Lavender Brown || Padma Patil || Millicent Bulstrode || Seamus Finnigan || Ernie Macmillan || S. Fawcett || Terry Boot || Lord Voldemort.
M/A : Septième chapitre! La fin approche, mine de rien! D'ici... cinq chapitres, ce tome sera terminé! Pas que j'ai hâte, mais mes deux mois de page blanche m'ont profondément agacées, alors j'ai bien hâte de voir laisser découvrir la fin!
En plus, j'ai retrouvé un « poster » de Harry Potter, sur mon profil Pinterest, que j'avais presque oublié! En gros, ça dit « Philtre d'amour n'égale pas consentement / Contraindre sous la magie est illégal / Combiné avec l'utilisation d'un philtre d'amour, c'est un viol ». L'idée était tellement géniale que j'ai pas pû m'empêcher de rire! Pas que le sujet est rigolo, loin de là, mais le fait de faire ce genre d'affiches avec le monde potterien... ça, c'est cool! Je vais me la faire imprimer et la coller quelque part dans ma chambre, ça sera trop cool! En plus, ça ressemble vraiment à une affiche de prévention! Le type qui l'a inventé est un putain de génie, j'vous l'dis! Et le pire, c'est que si tu y réfléchis, c'est très logique...
Bref! Je vous souhaites une bonne lecture, et je remercies Zeugma412 pour avoir commenté. On se revoit en bas!


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Traduction anglais/français
Lavender Brown = Lavande Brown.
Abbott = Abbot.
Tarantallegra = Tarentallegra (sortilège de Danse Endiablée).
S. Fawcett = J. Faucett.
Parseltongue = Fourchelang.

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Tome II - Cerridwen Snape et l'Héritier de Slytherin
Chapitre sept : Serpensortia

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8 novembre 1992

Cerridwen se promène dans les allées de la bibliothèque, son chat gris toujours sur les talons. Tout en promenant ses yeux fantomatiques sur les couvertures de vieux cuir couvrant les rayons, elle repense à la nuit dernière. Sitôt le départ de son oncle, les préfets avaient reconduits les élèves dans leurs dortoirs respectifs, mais personne ne s'était vraiment rendormi, se demandant plutôt qui était la nouvelle victime. Mais celles de Deuxième Année ont dû rapidement abandonnées, faute de connaître le Statut de Sang de leurs confrères Rouge et Or.

Brusquement, elle s'arrête, si soudainement que Elwë lui rentre dedans et retombe sur ses pattes arrières.

Ils ont sûrement envoyé la victime à l'infirmerie, se dit-elle, les yeux légèrement plissés sous la réflexion. Et si... j'allais y faire un tour?

Fière de son idée, Cerridwen s'empresses de quitter la grande bibliothèque, son familier la suivant à la trace. Elle franchit à peine le seuil qu'elle se retrouve nez à nez avec Harry Potter, qui le bras en attelle semble chercher quelque chose -ou quelqu'un. Surpris, les deux correspondants s'arrêtent et s'observent.

« Snape, salue avec une faible froideur le Gryffindor.

-Potter, réponds Cerridwen, comprenant parfaitement la raison de cette salutation très distante. Mieux vaut s'assurer que personne ne les voit être plus que polis ensembles. Dans un même mouvement, ils regardent chacun de leur côté, avant de se regarder. Le brun lui offre un léger sourire.

-Comment va ton bras? , lui demande-t-elle, en lorgnant le bras emmailloté.

-Tout va bien, soupire le petit attrapeur, en le levant légèrement.

-Un peu raide? , présume-t-elle. Il se contente d'hocher la tête. Un très court silence s'installes, puis elle lui demande, sans préambule;

-Qui a été attaqué, hier soir?

-Tu es au courant? , s'étonne Harry.

-Le professeur Snape nous a tous réveillé pour voir si quelqu'un manquait, avoue-t-elle sans honte. Pourquoi devrait-elle cacher un détail si anodin, après tout?

-Et puis?

-Tous étaient en train de dormir. Qui est-ce?

-Creevey.

-Le photographe? , fait la jeune Snape, incapable de retenir sa surprise. De nouveau, un hochement de tête positif. Mais au même moment, le préfet de Gryffindor, Percy Weasley, sort de la bibliothèque, coupant aussitôt leur conversation. C'est un garçon élancé et anguleux, à l'air arrogant et aux cheveux roux weasleyien.

-Salut, Harry, s'exclame-t-il d'un air joyeux, en apercevant son jeune camarade de Maison. Très joli coup, hier, vraiment remarquable. Gryffindor prend la tête de la Coupe des Quatre Maisons. Grâce à toi, nous avons cinquante points d'avance.

-Tu n'aurais pas vu Ron et Hermione? , demande Harry.

-Non. [Il perds alors son air heureux pour un autre, plus sérieux] J'espère que Ron n'est pas encore dans les toilettes pour filles... »

Qu'est-ce que Weasley ferait dans des toilettes pour filles? , s'interroge la Slytherin, alors que le Rouge et Or a un rire gauche, voir forcé. Ils gardent le silence jusqu'à ce que le préfet ait disparu au bout du couloir. Rapidement, le petit attrapeur prends congé de Cerridwen, puis prends une direction opposée, sous le regard perdu de la jeune sorcière.

J'ai manqué quelque chose ou quoi?

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7 décembre 1992

Contrairement à l'année dernière, ce fût durant le cours de Sortilèges que McGonagall vient faire son annuel tour des classes pour savoir qui resterait au château durant les vacances d'hiver. Et contrairement à l'année dernière, Cerridwen ne s'y inscrit pas; son oncle lui avait annoncé, durant la fin de semaine précédente, qu'ils retourneraient chez eux. À son plus grand bonheur, d'ailleurs.

Et elle avait visiblement oublié de le dire à Draco, car celui-ci avait mis son nom sur la liste.

« Pourquoi tu t'es inscris? , lui demande-t-elle, lorsqu'il revient s'asseoir à côté d'elle, fier comme l'un des paons blancs de son père.

-Pour fêter Yule avec toi! , lui réponds-t-il, comme si c'est l'évidence-même.

-Draco...

-Quoi?

-Je retourne à Spinner's End. »

Court silence. Elle doit se retenir de ne pas rire, devant l'air éberlué de son cousin.

« Tu ne pouvais pas me le dire avant!

-Tu ne me l'a pas demandé. »

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10 décembre 1992

Draco lance des yeux de poissons. Sur Harry et Weasley. Encore. Dans un geste tout ce qu'il y a de naturel, Cerridwen saisit d'une main experte le bocal désormais rempli à moitié et le déplace à côté d'elle, récoltant un regard outré de la part du blond, qui retourne à ses morceaux de foie de chauve-souris[1].

Affairés à brasser une potion d'Enflure, les élèves tentent tant bien que mal de se concentrer, malgré les commentaires très désagréables de Snape, même s'ils sont surtout dirigés vers les Gryffindors, comme bien souvent. Des chaudrons d'étain s'échappent des fumées nauséabondes qui font froncer le nez de bien des Deuxièmes Années. Très concentrée sur sa potion, Cerridwen ignore les ricanements de la Cour des Serpents, face aux critiques intimidantes du Maître des Potions. Ce n'est pas non plus comme si elle n'en n'avait pas prise l'habitude.

BOUM!

L'explosion est si soudaine qu'elle pousse un cri de surprise -suivi rapidement d'un hurlement de douleur quand des gouttes de potion atterrissent sur sa main, la faisant rapidement grossir jusqu'à la table d'une assiette. Elle n'est pas la seule à être touchée; Draco en a lui aussi reçu, mais au nez. Gregory en a eu dans les yeux, tout comme Vincent et d'autres élèves autour d'eux. Ceux y ayant échappé sont tellement perplexes que Snape, tout aussi surpris, arrive à peine à les calmer.

« Silence! SILENCE! , finit-il par hurler, les calmant un tant soit peu. Ceux qui ont reçu de la potion, venez tout de suite prendre un antidote. Et quand je saurai qui a fait ça... », menace-t-il ensuite, exceptionnellement sans regarder quelqu'un en particulier. Rapidement, Cerridwen, Draco et les autres « victimes » de l'explosion s'approchent. À chacun d'eux, il passe une petite ampoule rempli d'une potion claire, que la Vert et Argent reconnaît comme un Philtre Dégonflant.

Une fois leurs bras, jambes, oreilles et autres morceaux de corps revenus à leur taille normale, le directeur des Slytherins s'approche du chaudron de Gregory, duquel provient l'explosion. Il en sort rapidement les restes d'un pétard mouillé du Dr Flibuste, à la surprise générale. Elle avait plutôt cru que le garde-du-corps de son cousin avait raté sa potion, comme souvent.

« Si jamais je découvre qui a lancé ce pétard, siffle son oncle, vous pouvez être absolument sûr que cette personne sera renvoyée de l'école. »

Pourquoi il fixe Harry comme ça? , se demande-t-elle, en remarquant l'échange de regards entre le professeur et l'élève. Comme si c'était son genre, de faire ce genre de blagues!

Mais bizarrement, elle a l'impression de se voiler la face...

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17 décembre 1992

Pour la première fois depuis son entrée à Hogwarts, Cerridwen ne se fait pas prier pour participer à une quelconque activité scolaire. Et pour cause : il s'agit d'un cours de Duel.

Elle n'est d'ailleurs pas la seule que ça intéresses. De ce qu'elle a pût entendre, durant la journée, tous les élèves ont l'intention d'y aller, autant les Premières Années que les Septièmes Années. Même les Cinquièmes ont préféré mettre de côté leurs devoirs et leurs études pour y assister!

L'annonce avait été épinglée sur le tableau d'affichage du hall d'entrée, parfaitement visible -notamment à cause des divers attroupements de collégiens s'étendant autour à n'importe quelle heure. Il avait fallu peu de temps pour que tout Hogwarts soit au courant des cours de Duel, dont le premier aurait lieu le soir-même à vingt heures. La journée durant, les jeunes sorciers ont fait hypothèse sur hypothèse, se demandant qui s'occuperait de ces leçons inattendues de Duel.

La grande majorité suppose que ce serait Flitwick, ancien champion de combats magiques dans sa jeunesse -selon les rumeurs, bien sûr. Et elle-même l'espère.

Ce sont donc des Slytherins contenus mais tout aussi excités que les autres qui se rendent à la Grande Salle, après le dîner. Celle-ci, entre-temps, a légèrement changé; les longues tables ont été enlevées et entreposées ailleurs, laissant toute la place à une estrade dorée. Tout autour d'elle s'étendent les quelques trois cent étudiants du collège sorcier[2], baguette à la main et prêts à se dépenser. En attendant, tout le monde discute de tout et de n'importe quoi. Cerridwen, Daphne et les autres Deuxième Année Vert et Argent se glissent entre leurs camarades, rejoignant sans problème le devant de l'attroupement.

Quelques minutes plus tard, le professeur Lockhart - au grand bonheur de plusieurs filles et au grand malheur de la gente masculine - monte sur l'estrade, habillé comme une caricature de nobles duelistes; gilet bleu ciel doublé, cape pourpre posé de travers sur l'épaule, pantalon de sport olive, gant de cuir beige... Autant Cerridwen le trouve élégant, autant elle le trouve ridicule. Derrière leur professeur de Défense suit son oncle, toujours sombrement vêtu mais sans sa cape. Sans le moindre doute, elle constaste que ça ne lui fait aucun plaisir d'être là -pourquoi, ça, elle se le demande.

« Approchez-vous, approchez-vous! , encourage-t-il, en agitant la main pour obtenir le silence, tout en montant sur l'estrade de Duel. Tout le monde me voit? Tout le monde t'entends? »

On ne peut que vous voir et vous entendre, professeur, pense la Slytherin.

« Le professeur Dumbledore, continue Lockhart, m'a donné l'autorisation d'ouvrir ce petit club de Duel pour vous enseigner des méthodes de défense au cas où vous auriez besoin de faire face à une agression quelconque, comme cela m'est arrivé d'innombrables fois. Pour plus amples détails, je vous renvoie à la collection complète de mes livres. »

Il dénoue théâtralement sa cape, puis la lance dans l'assistance. Comme des lionnes sur une pièce de viande, plusieurs filles tentent de l'attraper, mais c'est une Gryffindor, que Cerridwen ne reconnaît pas, qui s'en saisit. Ce n'est qu'une cape, bon sang! , renifle-t-elle en roulant des yeux, devant le comportement puérile de la Rouge et Or.

« Je vais maintenant vous présenter mon assistant, le professeur Snape. »

Assistant? , répète la nièce de ce dernier, qui monte alors à son tour sur l'estrade. Plutôt le contraire, oui!

« Il m'a dit qu'il avait lui-même quelques notions en matière de duel et il a très sportivement accepté de me servir de partenaire pour vous faire une petite démonstration en guise de préambule. Mais ne vous inquiétez pas, votre Maître des Potions sera toujours en état de vous faire cours quand j'en aurais fini avec lui. Aucun danger! »

Pour celui de Défense, par contre, j'en doute..., songe Cerridwen, un faible rictus moqueur aux lèvres. La même pensée doit traverser l'esprit de Snape, car le même sourire mauvais apparaît sur son visage.

Les deux professeurs se placent alors face à face, puis se saluérent. Alors que le directeur des Serpents se contente d'un hochement de tête plutôt sec, le romancier à succès, lui, fait des gestes si extravagants que tous les élèves de la Maison Slytherin ont une grimace de déplaisir. Ils s'éloignent, allant chacun à une extrémité de l'estrade, puis se mettent en garde.

« Comme vous le voyez, nous tenons nos baguettes dans la position de combat réglementaire, explique Lockhart. Lorsque nous aurons compté jusqu'à trois, nous jetterons le premier sort. Bien entendu, ni l'un ni l'autre ne cherchera à tuer l'autre.

-Arrête de blablater, bouffon, grogne Draco.

-Ce n'est pas tout le monde qui connaît la procédure, lui réponds sur le même ton sa cousine, qui a quant à elle apprécié l'explication. Son oncle ne lui a pas enseigné les notions de base des Duels magiques, contrairement à Lucius. Tout ce qu'elle sait de ceux-ci, c'est ce qu'ils montrent dans les romans sorciers, mais même là, tout n'est pas expliqué.

-Un..., commence à compter Lockhart. Deux... Trois...

-Expelliarmus! »

Le sortilège, d'un rouge aveuglant, jaillit de la baguette du Maître des Potions, pour aller frapper à la poitrine le célèbre Sang-mêlé[3], qui est soulevé de terre et va, très durement, toucher le mur derrière lui. Lorsque Lockhart glisse sur le plancher, quelques Slytherins, dont la Cour et Cerridwen, applaudissent. La brune a beau avoir mal pour son professeur de Défense, elle n'a aucune difficulté à féliciter son oncle pour son sort.

Lockhart se relève, souffrant visiblement de sa rencontre avec le mur de pierre. Tout en remontant sur l'estrade, il s'écrie, un peu nerveux;

« Et voilà, excellente démonstration! Il s'agit là d'un sortilège de Désarmement. Comme vous le voyez, j'ai perdu ma baguette -ah, merci beaucoup, miss Brown, s'interrompt-il pour reprendre celle-ci des mains de la Lionne, surexcitée à l'idée d'avoir aidé le romancier, avant de se tourner vers son collègue. C'était une excellente idée de leur montrer ça, professeur Snape, mais sans vouloir vous offenser, j'avais tout de suite deviné ce que vous aviez en tête, c'était évident. »

Pourtant tu as eu l'air si surpris, alors?

« Et si j'avais voulu vous en empêcher, ajoute-t-il, je n'aurais eu aucun mal à le faire. Mais j'ai pensé que cette démonstration serait très instructive. »

Mais bien sûr..., raille-t-elle en pensée, alors que son oncle fusille des yeux l'ex-Ravenclaw, qui prend sans doute peur devant ce regard, car il se retourne vers les élèves toujours attentifs et annonce que c'est maintenant au tour de ceux-ci de se battre en Duels, et qu'ils formeront eux-même les équipes. Ils descendent de l'estrade, puis vont dans la foule, créant ici et là divers duos.

C'est ainsi que Daphne se retrouve avec Padma Patil de Ravenclaw, et Cerridwen avec Hannah Abbott de Hufflepuff. Blonde aux yeux bruns, la Vert et Argent lui trouve un air assez intimidée. Par qui ou par quoi, ça, elle l'ignore. Peut-être parce qu'elle doit lancer un sort inconnu, se dit-elle, vu qu'elle-même ne sait vraiment pas comment l'exécuter.

En jetant un coup d'oeil autour d'elle, la nièce de la Terreur des Cachots s'aperçoit que Draco a été mis avec Harry - qui a été assez fou pour les mettre ensembles? -, et que Millicent affronte la Je-Sais-Tout. Quant au Weasley de leur promotion, il a été mis avec Finnigan.

« Mettez-vous face à face! , ordonne Lockhart, retournant l'attention de Cerridwen sur sa partenaire de Duel. Et n'oubliez pas de saluer! »

D'un léger geste de la tête, qui n'est pas sans rappeller celui qu'a fait Severus Snape, la jeune sorcière salue Abbott, qui fait de même bien qu'en tremblant.

« Attention, levez vos baguettes! [Les deux jeunes filles se mettent en garde] À trois, jetez un sort pour désarmer votre adversaire, je dis bien pour désarmer. Nous ne voulons pas d'accident. »

Et je fais comment, pour désarmer? J'ai jamais appris ce sort, moi!

« Un... »

L'image de son oncle lançant le sort lui revient soudain en mémoire.

« Deux... »

Elle se remémore, sans le moidre mal, la prononciation et le mouvement.

« Trois...

-Expelliarmus! », lance aussitôt Cerridwen. Un faible rayon d'un rouge plus clair qu'aveuglant sort de sa baguette, frappant presque doucement la main d'Abbott, qui, ne s'y attendant pas, lâche la sienne. Surprise d'avoir réussi, la brune cligne des yeux. Elle ne s'attendait pas du tout à ce que ça marche du premier coup. Sans savoir pourquoi, la Vert et Argent se tourne vers ses professeurs.

Elle constate cependant que ceux-ci ont d'autres fléreurs à s'occuper. En effet, une grande partie des élèves ont ignoré la demande de Lockhart, pour plutôt s'amuser à se lancer sortilège sur sortilège, dans le désordre le plus complet. Une fumée verdâtre flotte au-dessus de l'estrade; Longbottom et son partenaire, également un Hufflepuff, sont au sol, essayant de retrouver leurs souffles. Weasley sixième du nom aide le sien à reprendre son équilibre, tout en s'excusant à cause de sa baguette défectueuse, tandis que Granger et Millicent ont abandonnées leurs baguettes pour plutôt se battre à la moldue -et étonnament, c'est la Slytherin qui semble sur le point de l'emporter.

Quant à son cousin et Harry... Le premier est plié en deux tant il rit - sortilège de Chatouillis à coup sûr - et le second a des jambes tremblantes - Tarantallegra à n'en point douté. Et les autres ne sont pas dans un meilleur état, loin de là. Gilderoy Lockhart tente tant bien que mal de ramener le calme, mais ce sont finalement les nombreux Finite Incantatem du Maître des Potions qui firent cesser le capharnaüm. Sitôt délivré du sort, le Gryffindor aux yeux verts court délivrer Granger de Millicent, mais ne réussit qu'avec l'aide de Cerridwen -la jeune Bulstrode étant deux fois plus massive que l'efflanqué Lion.

« Hou, là, là! Levez-vous Macmillan... Attention Miss Fawcett... Appuyez bien fort, Boot, ça va cesser de saigner dans un instant... Je crois que je ferais mieux de vous apprendre à neutraliser les mauvais sorts, hésite le professeur de Défense, qui reçoit un regard noir de la part de la jeune Snape, ainsi qu'une oeillade moqueuse de son collègue Slytherin. Prenons deux volontaires, Longbottom et Finch-Fletchey, par exemple...

-Très mauvaise idée, professeur Lockhart, interrompt le directeur des Serpents. Longbottom sème la désolation chaque fois qu'il essaye de jeter le moindre sort. Il ne resterait plus grand-chose de Finch-Fletchey après ça! Pourquoi pas Malfoy et Potter? , ajoute-t-il rapidement.

-Excellente idée! »

Pas du tout! , se scandalise la brune, alors que les deux Némésis s'avancent vers l'estrade. Est-elle la seule à savoir que mettre l'un devant l'autre durant un duel va se finir en catastrophe? Nerveuse, elle observe les deux professeurs prodiguer des conseils à leurs « protégés » -même si Lockhart, comme toujours, ne fait que se rendre ridicule. Une fois les deux sorciers prêts, ils montent sur l'estrade, se saluent froidement et se mettent en garde.

« Un... Deux... Trois... Allez-y!

-Serpensortia! , formule aussitôt Draco. Une petite explosion blanche éclate, avant qu'un long et gros serpent noir ne jaillisses de sa baguette, sifflant et prêt à enfoncer ses crocs venimeux dans n'importe qui. Cerridwen recule immédiatement, tout comme les autres élèves, qui crient d'horreur devant la soudain apparition du reptile.

-Il est complètement malade! , chuchote en panique Daphne, revenue tout naturellement aux côtés de son amie. Celle-ci ne fait qu'hocher la tête, le regard fixé sur le serpent.

-Ne bougez pas Potter, fait alors Snape, d'un ton si calme qu'il irrite sa nièce. Je vais vous en débarrasser...

-Je m'en occupes! », coupe Lockhart, en pointant sa baguette sur le gros serpent. Une nouvelle explosion résonne, mais plutôt que de disparaître, l'allégorie de Slytherin est projeté dans les airs et retombe un peu plus loin, près de Longbottom et son partenaire de Duel. Furieux de son imprévu vol plané, le serpent se met à siffler encore plus, cette fois en direction du Hufflepuff. Il montre les crocs, prêt à mordre l'élève pétrifié de peur.

C'est alors que Harry, sans que personne ne s'y attendes et n'ait le temps de le retenir, se précipite vers Finch-Fletchey et le reptile.

« Sia has sieth! »

Le sifflement résonne dans la Grande Salle silencieuse. Un frisson parcourt la colonne vertébrale de la brune, en entendant ces sons aigres, menaçants et fascinants à la fois. Pendant un instant, elle se demande ce qu'il dit, avant de voir avec stupeur le serpent retomber au sol, aussi docile qu'un chien ramené à l'ordre par son maître.

Du Parseltongue. Harry Potter a parlé en Parseltongue.

Comme Salazar Slytherin. Comme le Seigneur des Ténèbres.

Elle aurait aimé trembler, afficher une quelconque émotion, mais rien - absolument rien - n'apparaît sur son visage éternellement triste. Même ses yeux ne montrent pas la frayeur que lui procure les sons reptiliens produits par le Rouge et Or. Elle le fixe, impassible, tandis que le petit brun, sans sembler remarquer le silence terrifié de la Grande Salle, redresse la tête et sourit innocemment à Finch-Fletchey.

Qui, lui, ne sourit pas.

« À quoi tu joues? , s'écrie-t-il, aussi furieux que apeuré, avant de prendre ses jambes à son cou, quittant sans regarder derrière lui l'immense réfectoire. Le Gryffindor le suit des yeux, complètement perdu. Il tourne alors la tête autour de lui, cherchant implicitement une réponse. Mais personne n'ose lui en donner une, tant ils sont sidérés par ce qui vient de se passer. La seule personne qui fait un geste, c'est le directeur des Vert et Argent, qui fait disparaître le reptile d'un geste de baguette. Le jeune sorcier et le professeur échangent un regard, avant que les deux amis du petit attrapeur ne le sortent à son tour de la Grande Salle.

-Il est foutu. », lâche Daphne, lorsqu'ils ne sont plus à portée de vue. Et à son grand malheur, son amie ne peut que confirmer ses dires.

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18 décembre 1992

Installée au fond de la classe, aux côtés de Draco, Cerridwen écoute attentivement le professeur Flitwick, qui explique pourquoi certains sont classés « mauvais sorts » et d'autres « malédictions ». Le cours de Sortilèges est définitivement son préféré -d'autant que dans celui-ci, elle est parmi les premières de classe, frôlant de près les notes bien sûr parfaites de Miss Granger.

De sa jolie plume blanche, la jeune sorcière retranscrit les dires du demi-gobelin, ne levant que rarement les yeux. À ses pieds, caché par les hauts pupitres rappelant les estrades des universités moldues, Elwë dort paisiblement, ses faibles ronflements masqués aussi bien par le bruissement des plumes que du monologue - fort intéressant - de Flitwick.

« ATTAQUE! ATTAQUE! NOUVELLE ATTAQUE! , hurle soudain la voix criarde et vulgaire de Peeves, l'esprit frappeur du collège, faisant sursauter la Slytherin, qui lâche sa plume. L'instrument d'écriture retombe sur les pages crème du carnet, et déjà de grosses gouttes d'encre noire les maculent. En temps normal, son cousin aurait déjà essuyé les tâches d'encre, mais il est occupé, comme tout le monde, à écouter les piaillements de Peeves.

-AUCUN VIVANT, AUCUN FANTÔME N'EST À L'ABRI! SAUVE QUI PEUT! ATTAAAAAQUE! »

Aussitôt, les élèves et leur professeur se précipitent vers la porte de la salle de classe, qui s'ouvre en claquant contre le mur de pierre, faisant sursauter et crisper, comme toujours, la nièce du Maître des Potions, qui une fois le boucan terminé, réussit à se glisser hors du local pour voir ce qui se passe.

La plus étrange scène qui soit se dévoile alors à elle. Dans les airs flotte Peeves - horrible apparition si haute en couleur qu'il lui donne la nausée -, qui continue de crier au loup-garou en tournant presque sur lui-même, les mains en porte-voix. En dessous de lui, complètement éberlué, se trouve - encore! , soupire-t-elle mentalement - Harry Potter, lui-même aux côtés d'un amas de fumée ombrageuse et d'un élève étendu sur le dos, figé comme s'il avait croisé le regard d'une Gorgone. Elle mets quelques secondes à reconnaître le Hufflepuff d'hier - celui qui avait manqué d'être mordu par le serpent de Draco - et... ce tas de fumée noire, ce ne serait pas... Sir Nicholas?

Le chaos régne partout; les enseignants hurlent pour ramener le calme, les élèves étant si dispersés et choqués qu'ils courrent partout comme des poules sans tête. Sentant Elwë se frotter contre ses jambes autant pour la rassurer que pour ne pas être écraser, Cerridwen s'empresses de le prendre dans ses bras et de se coller contre une des innombrables colonnes ioniques parsemant le couloir aussi bruyant qu'un poulailler.

Après ce qui semble à la brune être une éternité, McGonagall arrive et fait taire tous les étudiants grâce à une seule détonation, puis d'une voix autoritaire et sans appel, elle leur ordonne de retourner en classe. La jeune fille ne se fait pas prier pour obéir. Rapidement, le couloir se vide -seul les professeurs, les pétrifiés, Peeves et Harry y restent.

« Vous croyez que c'est Potter? , souffle Pansy, lorsqu'ils vont se rasseoir.

-Ça serait marrant, commente distraitement Vincent, tandis que Cerridwen fait disparaître les tâches d'encre recouvrant - par chance! - les espaces vierges de son carnet.

-En quoi ça serait marrant? , demande Draco.

-Ben, euh... que Potter soit l'Héritier. Tu penses que c'est lui?

-Comme si Potter pouvait s'attaquer à des Mudbloods! C'est leur défenseur! »

Le commentaire de Draco étonne sa cousine, qui ne laisse cependant rien paraître. Tout en flattant Elwë, couché confortablement sur ses genoux en attendant le retour de leur professeur, la jeune Snape se dit que les vacances d'hiver commencent en beauté, cette année...

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[1] Voir Potion d'Enflure, sur le Wiki Harry Potter.
[2] Il y a, selon mes calculs, une moyenne de dix élèves par Maison, soit quarante par promotion. Donc, Hogwarts accueille chaque année 280 jeunes sorciers.
[3] Gilderoy Lockhart est en effet un Sang-mêlé [Wiki Harry Potter].

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M/A : Qu'est-ce que je suis conteeeente! J'ai enfin pû écrire le passage que je voulais écrire depuis que j'ai commencé le tome I, c'est-à-dire... LE COURS DE DUEL! La scène est juste trop cool, sincèrement, autant en VQ qu'en VO. Snape a tellement la classe, à ce moment-là... Ouais, bon, en même temps, Snape a TOUJOURS de la classe, à mes yeux, donc ça compte pas.
D'ailleurs, je viens de réaliser un truc... Hogwarts a environ quarante élèves par années; chez nous, au primaire, on a vingt-huit élèves par classe, qui sont deux par niveau. Comme on a autant de niveau qu'à Hogwarts, ça veut dire qu'on a... (calcule rapidement) 392 élèves?
... Il y a deux fois plus d'élèves chez les moldus que chez les sorciers? Où va le monde, je vous le jure...
Un autre truc qui m'a fait énervé, ici, ce sont les discours de Lockhart; il parle tellement! Bon sang, que ses phrases sont longues! Pour les retranscrire, je suis obligée de tenir le livre d'une main et de taper de l'autre. Une chance que pour l'écriture sur ordinateur, je suis ambidextre, sinon bonjour les fautes d'orthographes!
Dans tous les cas, j'espères que ce long chapitre vous a plu, car pour moi, c'est pas le cas. J'ai écrit ce chapitre pendant pratiquement deux mois, tout ça car j'ai encore subi la page blanche. Je me sens coupable comme c'est pas possible... Ça fait quatre mois que le premier tome est terminé et j'ai à peine bouclé la moitié du deuxième... je suis nulle comme pas possible!
Bref! À la prochaine! N'oubliez pas le commentaire, surtout!