Titre : Tome II - Cerridwen Snape et l'Héritier de Slytherin.
Rating : K+.
Pairing : Aucun.
Warning : Léger langage vulgaire, purisme, angoisse.
Summary : Cerridwen fait sa deuxième année à Hogwarts, mais celle-ci sera bien différente de la précédente, car l'Héritier de Slytherin fait soudainement parler de lui. Sauf qu'il ne le fait que pour une raison; purifier le collège sorcier des Mudbloods...
Disclaimer : Cerridwen et d'autres OCs secondaires sont à moi. Le reste n'est qu'à JKR.
Personnage(s) : Severus Snape || Cerridwen Snape || Daphne Greengrass || Pansy Parkinson || Millicent Bulstrode || Tracey Davis || Hedwig || Harry Potter || Ron Weasley || Stan Shunpike. Mention de Eileen Snape || Lucius Malfoy || Draco Malfoy || Hermione Granger || Oliver Snape.
M/A : Bonjour! Voici le huitième chapitre! Nous approchons peu à peu de la fin de cette histoire, et j'ignores si je dois être triste ou pas. Ça fait quand même quatre mois que je le travailles... Ouais, ça fait peu, je sais, mais pour moi, c'est long! J'aurais dû commencer pendant que je publiais le premier tome... D'ailleurs, c'est ce que je fais, en ce moment; j'écris le troisième tome tout en publiant le deuxième. Comme ça, vous risquez pas d'attendre trop longtemps pour avoir la suite! Même si, au moment où j'écris ces lignes, je suis en plein examen de fin d'année.
Je suis d'ailleurs tombé, sur YouTube, sur les scènes supprimées des films. Dites, pourquoi ils ont supprimés certaines scènes? Je trouve ça con, surtout qu'elles sont presque toutes drôles! Comme celle où tante Pétunia trouve les lettres d'Hogwarts dans les oeufs... Ça, c'est la meilleure! Et dans le livre, en plus! Oh, et la version longue du cours de potion! Superbe!
Bref! Je remercies Zeugma412 et Soricina pour avoir commenté. On se retrouve en bas! Bonne lecture!
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Traduction anglais/français
Owl Treat = Miamhibou.
Hedwig = Hedwige.
Polyjuice = Polynectar.
Knightbus = Magicobus.
Cokeworth = Carbone-les-Mines.
Stan Shunpike = Stan Rocade.
Obliviate = Oubliettes (sortilège d'Amnésie).
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Tome II - Cerridwen Snape et l'Héritier de Slytherin
Chapitre huit : Vacances d'hiver à Spinner's End
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21 décembre 1992
Assise dans le même compartiment que Daphne, Pansy, Millicent et Tracey, Cerridwen fixe avec fascination les grandes étendues de neige blanche que traverse le Hogwarts Express. Libéré de son panier, qui a été placé pour plus d'aisance dans le porte-bagage en filet au-dessus de leurs têtes, Elwë tente tant bien que mal d'échapper au comportement joueur de Dietrich, le chat de Millicent.
Les jeunes sorcières parlent de ce qu'elles ont l'intention de faire durant leurs vacances; elles ont complètement oubliées leurs retenues de noble Sang-pure - ou de Slytherin pour Tracey -, pour se comporter en digne adolescente de douze ans.
Malgré son air distrait, Cerridwen les écoute attentivement. Elle apprends ainsi que les Greengrass prévoient d'aller faire un tour en France, tandis que les Davis vont visiter le Pays de Galles. Quant aux Bulstrode et aux Parkinson, ils vont se concentrer sur leurs familles plus si nombreuses que ça et les bals de la haute-société.
« Et toi, Snape? , lui demande Millicent, d'un ton moqueur.
-Rien de particulier, réponds Cerridwen, sans lui jeter un regard.
-C'est à dire? », l'encourage Tracey. Mais la brune se contente d'hausser les épaules. Ses camarades de compartiment se jettent un regard, mais reprennent rapidement leur conversation, comme si de rien n'était. Ce qui est le cas, quand on y réfléchit comme il faut.
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Cerridwen a toujours aimé ce que les Moldus appellent le « temps des Fêtes ».
Enfant, cette période de l'année n'avait qu'une vague symbolique, pour elle; son oncle venait passer des journées complètes avec elle et ce durant plus de deux semaines, durant sa saison préférée, et ils fêtaient ensembles quelque chose. Ce n'est qu'arrivée à la maternelle, alors que les Moldus préparaient les célébrations de Noël, comme ils l'appellent, qu'elle en a compris tout le sens.
Bon, elle n'a toujours pas compris pourquoi les Moldus fêtent la naissance d'un enfant parmi des milliers d'autres, plutôt que celle de la Magye[1], mais ça, ce sont ses affaires. Dans tous les cas, elle adore le temps des Fêtes, et rien ne peut venir gâcher sa joie.
Ses yeux, ordinairement impassibles mais aujourd'hui lumineux, observent le petit salon du 70 Spinner's End, qui est sobrement décoré pour l'occasion. La nuit est tombée depuis très longtemps, bien qu'il ne soit que vingt heures.
Dans un coin repose un petit sapin - qui en est en vérité une vieille chaise métamorphosé comme chaque année -, décoré de pommes, d'oranges, de citrons, de noix, de bâtons de cannelle et de biscuits du Soleil[2], accompagné de longues guirlandes de roses, qui sont pour leur part enchantés pour conserver éternellement parfum et fraîcheur. Au sommet de l'arbre, tout enjouée, se trouve Níniel, tandis qu'Elwë fixe avec attention l'une des agrumes, avec laquelle il a bien envie de jouer.
Sur la table basse, posée entre le fauteuil et l'étroit canapé, a été posée une somptueuse couronne de houx, au centre duquel se trouve quatre bougies d'un rouge vif allumées. La cheminée brûle joyeusement, irradiant la pièce aux murs couverts de bibliothèques de ses couleurs chaudes. Depuis la cuisine, elle entends son oncle marmonner divers jurons et insultes envers les vieilles casseroles moldues de grand-mère Eileen, qui refusent de l'écouter.
Difficile de croire que la Terreur des Cachots soit incapable de se faire obéir de simples ustensiles de cuisine ensorcelés... Et pourtant, c'est une scène tout ce qu'il y a d'ordinaire, pour elle.
Au bout d'un moment, exaspéré par le comportement boudeur des casseroles, le Maître des Potions abandonne et va rejoindre sa nièce au salon, s'assoyant sur le fauteuil près de la cheminée.
« Toujours aussi têtues? , se moque Cerridwen, drapée dans le plaid du canapé.
-Ma mère les a trop laissé faire ce qu'elles voulaient! , répond-t-il plutôt, sans sembler remarquer les rires dans la voix de la jeune sorcière. Celle-ci tente de cacher son sourire amusé, mais n'y arrivant étrangement pas, elle préfère prendre le paquet-cadeau, emballé dans un papier glacé évidemment aux couleurs de Slytherin, et le tends à son tuteur. Celui-ci le prends et, brusquement moins énervé, le déballe, pour y trouver - sans trop de surprise - un livre.
- " Cérémonies barbares "[3], lit-il, en le retournant pour regarder le résumé.
-J'aurais préféré t'offrir un chaudron, mais tu l'aurais deviné tout de suite. », fait-elle, recevant un regard faussement noir de la part de son oncle. Celui-ci regarde son présent un instant, puis se penche pour saisir celui caché sous le faux sapin, qu'il donne à sa nièce.
À son tour, elle le prends et le déballe, pour y trouver un pull islandais, d'un beau blanc crème et aux motifs géométriques compliqués dans des teintes harmonieuses de brun et de bleu. Jamais elle n'en n'a vu un aussi beau, et pourtant, elles en a vu plusieurs -ne serais-ce que dans sa salle commune, car bien des parents ayant été à Slytherin savent à quel point il fait froid, dans l'antre des Serpents, n'hésitant donc pas à offrir à leurs rejetons des pulls épais.
Prise d'une soudaine impulsion gryffindoresque, Cerridwen se lève, cadeau dans les mains, et se précipite vers la salle de bain, située au rez-de-chaussée tout juste à côté du salon. Une fois enfermée dans la pièce d'allure glaciale, elle retire sa veste de pyjama, pour enfiler son cadeau. Elle se regarde ensuite dans le miroir; malgré le mauve prune de son pyjama et la relative grande taille du vêtement neuf, c'est bien marié.
Ravie, elle retourne au salon, où elle trouve son oncle en train de donner du Owl Treat à Níniel, qui roucoule presque de bonheur. En entendant la porte du living-room s'ouvrir, l'ex-Death Eater se retourne, la détaillant tandis que sa dame blanche lui pince doucement les doigts.
« Il te va bien, commente-t-il.
-Merci, sourit-elle, véritablement heureuse de son cadeau. Elle retourne à sa place, puis appelle Elwë. Répondant à l'appel de sa maîtresse, le chat à la robe grise grimpe sur le divan, posant ses pattes sur l'une des cuisses de Cerridwen, qui fouille dans sa poche de pantalon pour en retirer un collier vert-de-gris, auquel pends une petite clochette argentée.
-Il te plaît? , s'amuse-t-elle, en remuant le collier, faisant ainsi tinter la clochette et attirant l'attention du familier.
-Pas à moi, grince Severus, déjà énervé par la petite cloche.
-Ce n'est pas toi qui va le porter, réplique-t-elle dans un sourire, tout en mettant le collier aux couleurs de sa Maison autour du cou de son chat, qui se laisse faire sans broncher. Une fois le bijou mis, le félin se met à faire le beau, se pavanant comme l'un de ces paons albinos appartenant à Lucius Malfoy.
-Merveilleux! On a un mini-Gryffindor, maintenant! , se moque le potionniste. Outré par le commentaire, Elwë le fusille du regard, avant de sauter et de quitter le salon, sous les yeux étonnés des Snape.
-Il n'a pas aimé, relève presque inutilement Cerridwen, profitant que l'attention de son oncle soit détournée pour saisir l'un des biscuits de Soleil accroché dans le faux sapin.
-Visiblement, confirme-t-il, avant de remarquer le manège de sa nièce, qui vient de mordre la pâtisserie. Et arrête de manger les décorations! »
Surprise, la jeune sorcière le fixe, le biscuit encore dans la bouche. Elle avale sa bouchée, lui sourit, et se lève de nouveau, cette fois en direction de la cuisine. Elle revient rapidement, une boîte en fer forgé d'un jaune métallique dans les mains. La brune aux yeux spectraux soulève le couvercle, découvrant un grand nombre de biscuits de Soleil, et lui tends la boîte.
Dans un soupir faussement exaspéré, Severus en prends un.
Après tout, c'est Yule. Autant en profiter. Et puis... ce n'est pas une décoration.
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25 décembre 1992
La neige a toujours eu un effet relaxant sur Cerridwen. Pour elle, rien n'est plus amusant que de jouer dehors, au point d'en avoir les joues rouge gryffindor et les doigts gelés. Et parfois, seulement rester dehors, à profiter de l'air froid et purifiant de l'hiver et à regarder les flocons de neige tombés, lui suffit. Si ça ne tenait qu'à elle, la Grande-Bretagne serait plongée dans un hiver éternel, comme dans la nouvelle de Lewis[4].
Étendue dans la neige, dans la cour, la Vert et Argent fixe le ciel d'un doux gris hivernal. Elle se repose, après s'être longuement amusé à faire une bataille de boules de neige avec un de ces sempiternels bonhommes de neige. Son visage est rossie par le froid, ses cheveux, coiffés en une simple queue-de-cheval, sont parsemés de flocons de neige.
Merlin qu'elle adore l'hiver!
Un hululement lui fait rouvrir les yeux. Ce n'est pas celui de Níniel, qu'elle pourrait reconnaître partout. Elle se redresse, regardant autour d'elle à la recherche du hibou ayant poussé ce cri. En levant la tête, la nièce de Severus aperçoit une magnifique harfang des neiges, sur une des branches du vieil orme presque déséché au fond du jardin. Elle reconnaît aussitôt Hedwig; mais que fait-elle si loin de l'Écosse?
Étonnée, Cerridwen se lève et va jusqu'à l'arbre, avant de tendre un bras à la belle chouette, qui vient aussitôt se poser sur son bras. La jeune Snape remarque alors que quelqu'un - probablement son maître - a attaché une lettre autour d'une de ses pattes. Sa curiosité piquée, elle la détache et la lit.
" Je ne sais pas si tu fêtes Noël, mais je t'en souhaites un.
Harry. "
Elle ne peut retenir un sourire, devant l'attention de son correspondant. La Serpent glisse le message dans une des poches de son manteau, puis se tourne vers Hedwig.
« Vous pouvez aller m'attendre dans ma chambre? La fenêtre n'est pas verrouillée, elle sera facile à ouvrir. », lui demande-t-elle. En guise de réponse, la harfang des neiges s'envole vers l'une des fenêtres du premier étage. Cerridwen la regarde chercher une ou deux secondes, avant de trouver la bonne lucarne. Le voyant, la Slytherin rentre à son tour dans la maison.
Très calmement, elle retire son épais manteau noir, son long foulard de même couleur - elle ne mets celui de sa Maison qu'à Hogwarts -, sa tuque en crochet, ses gants et ses bottes, qu'elle accroche au porte-manteau vieillissant. Elle se rends ensuite à la cuisine.
Au passage, la jolie brune remarque que son oncle, à sa grande surprise, s'est assoupi sur le canapé, un livre à la main, à moitié emmitouflé dans une couverture ocreuse. Sur son ventre, ronronnant à qui mieux-mieux et visiblement tout aussi endormi, se trouve Elwë.
La scène est si surprenante, venant du vigilant Severus Snape, qu'elle s'arrête un instant pour la regarder. Puis, le plus doucement possible, elle prends le livre, saisit un parchemin traînant sur la table basse et s'en sert comme marque-page, avant de le déposer sur la petite table. Une fois ceci fait, elle va en cuisine et rempli d'eau tiède un bol peu profond, prends un morceau de Owl Treat (dont le sac est caché dans une des armoires de la cuisine car Níniel serait capable de le vider à elle seule), puis ressort.
Silencieusement, Cerridwen grimpe l'escalier et rentre dans sa chambre, pour y trouver Hedwig, posée sur son bureau. Elle dépose le bol et la gâterie à côté de la chouette qui, assoifée et affamée par son vol, ne se gêne pas pour se servir. Pendant que l'oiseau diurne reprends de l'énergie, elle s'assoit et commence à écrire un petit remerciement. Son message terminé, la Slytherin attends calmement que Hedwig termine son festin pour lui demander;
« Seriez-vous capable de retourner à Hogwarts aujourd'hui? »
Hedwig hulule, presque choquée.
« Je ne doute pas de vous, rassure la nièce du Maître des Potions. Je m'inquiète, c'est tout. Harry vous aime beaucoup, je m'en voudrais s'il vous arrivait quelque chose. »
Malheureusement, la harfang ne le prends pas aussi bien qu'elle l'avait pensé; apparement outrée par le sous-entendu qu'elle pourrait se blesser, Hedwig tourne la tête, refusant de la regarder, mais tendit tout de même une patte, afin que la jeune sorcière y attache son message. Celle-ci s'exécute, et aussitôt Hedwig repart d'où elle vient.
Rapidement, elle ne devient qu'une tâche blanche dans un ciel gris. Cerridwen la regarde lentement disparaître, avant de refermer sa fenêtre et de redescendre, pour retourner jouer dehors.
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Épuisés par leur soirée étonnament riche en évènements - le Polyjuice, leur quête de la salle commune des Slytherin, leur interrogatoire peu discret de Draco Malfoy, la transformation ratée de Hermione, pour ne nommer que ceux-là -, Harry et Ron rentrent dans leur dortoir, fourbus. Ils n'ont plus qu'une envie; se coucher et dormir jusqu'au déjeuner.
En rentrant, Harry remarque immédiatement Hedwig, qui l'attends sagement sur le perchoir installé pour elle à côté de son lit. Étonnée de la voir ici plutôt qu'à la volière, il s'approche. Il remarque alors un parchemin, enroulée autour d'une de ses pattes. Le jeune Lion le lui enlève et le déroule, pour y lire;
" En effet, je ne fêtes pas Noël, mais je te souhaites, à toi aussi, un beau Noël.
Cerridwen. "
Un mélange étonnant d'émotions lui vient, à la lecture du petit mot. Un mélange de soulagement - d'avoir eu une réponse, sans doute - et de... joie? Peut-être. Il a beau lui parler rarement, il trouve que Cerridwen est beaucoup plus supportable et plaisante à côtoyer que son oncle.
« C'est de qui? , lui demande Ron. Son camarade aux yeux verts sursaute, en entendant sa voix, et le regarde.
-Oh... personne. », élude-t-il, en rangeant le papier parmi ses carnets de note, dispersés un peu partout sur sa commode.
Personne ne doit savoir qu'il corresponds avec une Slytherin. En particulier s'il s'agit de la nièce de la Terreur des Cachots.
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3 janvier 1993
« Pourquoi aie-je accepté, déjà?
-Parce que je te l'ai demandé. », réponds-t-elle, sans le regarder. Severus pousse un son à mi-chemin entre le soupir et le grognement, mais ne dit rien d'autre, se contentant de jeter des coups d'oeil vigilants autour d'eux. Les rues autour de leur résidence ne sont pas plus sûres que Knockturn Alley, aussi préfère-t-il ne pas prendre de chance.
En temps normal, les Snape transplanent pour se rendre d'un lieu sorcier à un autre, s'évitant ainsi de se faire remarquer par leurs rares voisins, dont les commères sont toutefois aussi énervantes que celles de Londres. Sauf que cette fois, Cerridwen a demandé à son oncle de prendre le Knightbus. Il a ronchonné, argumenté même, mais rien à faire, elle n'en n'a fait qu'à sa tête et il a fini par abdiquer.
Parfois, Severus se maudit d'avoir été si souple avec elle. Même si elle lui demande rarement quelque chose. Un reste des traumatismes causés par son cinglé de frère, sans doute...
Ils finissent par sortir de Spinner's End, sans avoir heureusement croisé quelqu'un. Ce coin de Cokeworth n'est pas très peuplé, malgré les loyers très modestes. Ils arrivent ainsi sur une avenue un peu plus achalandée. Un petit marché d'alimentation, une pharmacie et quelques autres commerces de même importance s'y trouvent. Les passants les remarquent à peine, tant ils se fondent dans la masse.
Après tout, pour prendre le Knightbus dans une ville moldue, mieux vaut s'habiller comme un Moldu.
Les Snape s'arrêtent sur un coin de rue à l'écart de la foule, où se trouve un abribus couvert de givre. Une vieille Moldue y est assise, semblant attendre le bus. En la voyant, les deux sorciers s'échangent un regard, mais ne disent rien, se contentant de se placer dos à la vieillarde, lui cachant la vue sur la rue.
« Que fait-on? , lui demande Cerridwen dans un murmure, en gardant les yeux fixés sur la chaussée boueuse.
-Comme prévu. », réponds simplement le potionniste, en fouillant dans son manteau, pour en sortir discrètement sa baguette. Il la tends ensuite devant eux, sans se soucier du regard perplexe de la dame âgée derrière lui.
Il y a une violente détonation, qui fait sursauter l'étudiante malgré elle, suivi d'un crissement de freins et d'une lumière aveuglante, avant que le Knightbus - un imposant autobus à double impérial de couleur violette - ne s'arrête brusquement devant eux, sous les yeux éberlués de la vieille femme. Avant même qu'elle ne puisses se demande se qui se passe, un sorcier d'une vingtaine d'années, au visage boutonneux et aux oreilles décollées, vêtu d'un immonde uniforme violet, ne saute devant les Snape.
« Bienvenue à bord du Knightbus, transport d'urgence pour sorcières et sorciers en perdition. Faites un signe avec votre baguette magique et montez, nous vous emmènerons où vous voudrez. Je m'appelle Stan Shunpike et je serai votre contrôleur pour cette tournée, déclare d'une voix monotone le jeune contrôleur.
-Eh bien, Stan, tu t'es trouvé un bel emploi! , s'amuse Cerridwen, en offrant un de ses rares sourires enjoués au sorcier, qui relève la tête.
-Hey, Cerridwen! , s'exclame-t-il, en reconnaissant la demoiselle, avant de remarquer Severus. Professeur Snape, ajoute-t-il rapidement, en le saluant de sa casquette violette.
-Monsieur Shunpike, le salue sèchement le Maître des Potions. Il n'a jamais compris pourquoi sa nièce s'est prise d'amitié pour ce gringalet de Hufflepuff, qu'elle a rencontré lorsqu'elle a pris le Knightbus pour la première fois, tandis que les Shunpike faisaient leurs courses de la rentrée.
-Vu la date, j'parie que vous allez à King's Cross, suppose l'ancien Jaune et Noir.
-Exactement, confirme le professeur de Potions.
-Ça va donc coûter un gallion et cinq mornilles, et je vous offre le chocolat chaud!
-Sans façon.
-Je le prends, contredit aussitôt la brune, recevant ainsi un regard plus ou moins noir de son oncle, qui ne dit pourtant rien. Elle monte dans le bus magique, tandis que lui fourre dans la main tendue de Stan la somme demandée. Alors que l'acariâtre Chauve-souris des Cachots grimpe les trois petites marches, le contrôleur remarque la vieille Moldue, qui regarde tout sans savoir quoi penser.
-Euh, professeur... J'fais quoi, avec elle? , demande l'ex-Hufflepuff, en désignant la spectactrice perdue.
-À votre avis, Shunpike? , renifle l'ex-Death Eater, après avoir jeté un petit coup d'oeil dans la direction que lui désigne son ancien élève. Celui-ci soupire, mais s'avance vers la dame.
-Désolé m'dame, mais c'est la loi! , soupire-t-il, en sortant sa baguette magique, qu'il met entre les deux yeux de la Moldue. Obliviate! »
Les yeux de la femme se troublent, deviennent vitreux. Avant même qu'elle ne puisses reprendre ses esprits, Stan est remonté dans le bus, qui repart à toute vitesse et dans l'habituelle détonation digne d'un coup de canon.
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[1] Ici, Cerridwen parle de la magie en temps qu'entité, aussi je privilégie l'ancienne écriture.
[2] Recette de biscuits trouvé sur le blog Le Grimoire de Circé, à la page « Yule - Le Solstice d'hiver ».
[3] « Cérémonie barbares » (titre original : Well-Schooled in Murder) est un roman policier de Elizabeth George, publié en 1990 aux éditions Bantam Press et Presses de la Citée.
[4] Référence à « Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire Magique » (titre original : The Lion, the Witch and the Wardrobe), de C.S. Lewis, publié en 1950.
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M/A : Pour la façon dont les Snape fêtent Yule, j'ai fait un petit mélange entre les célébrations de Yule et du réveillon de Noël, en Angleterre. C'est franchement amusant! J'adore particulièrement comment les wiccans fêtent Yule. C'est vraiment adorable! Et ça me fait tellement bizarre, de parler de Noël alors qu'il fait plus de trente degrés dehors (toujours au moment où j'écris ceci)... De plus, dans la Wicca, comme Yule est la naissance du Dieu cornu - ou l'entité masculine principale de la Wicca, si vous préférez -, j'ai décidé qu'ici, la Magye se mourrait à Samhuinn pour renaître à Yule.
Pour ce chapitre, mon amie et moi avons été énormèment inspirées. L'idée du collier, ça vient d'elle, tout comme l'image de Níniel posée sur le sommet du sapin. Celle de Cerri' mangeant les biscuits, par contre, c'est de moi. Et celle de Sev' dormant avec Elwë sur le divan, ça me vient d'une image Pinterest que je trouve absolument mignonne! Mais bon sur le dessin original, c'est Crookshanks (Pattenrond) plutôt que Elwë... Mais ça reste un chat! Non?
Pour ce qui est de la scène du Knightbus... Au départ, on voulait mettre une scène semblable dans le troisième tome, mais on s'est dit, mon amie et moi, que ça serait encore plus drôle de le voir maintenant.
Bref! Dans tous les cas, j'espères que ça vous a plû, laissez-nous des commentaires et à la semaine prochaine!
