Titre : Tome II - Cerridwen Snape et l'Héritier de Slytherin.
Rating : K+.
Pairing : Aucun.
Warning : Léger langage vulgaire, purisme, angoisse.
Summary : Cerridwen fait sa deuxième année à Hogwarts, mais celle-ci sera bien différente de la précédente, car l'Héritier de Slytherin fait soudainement parler de lui. Sauf qu'il ne le fait que pour une raison; purifier le collège sorcier des Mudbloods...
Disclaimer : Cerridwen et d'autres OCs secondaires sont à moi. Le reste n'est qu'à JKR.
Personnage(s) : Severus Snape || Cerridwen Snape || Hermione Granger || Penelope Clearwater || Minerva McGonagall || Albus Dumbledore || Septima Vector || Aurora Sinistra || Daphne Greengrass || Draco Malfoy || Gemma Fawley. Mention de Oliver Snape || Irma Pince || Vincent Crabbe || Gregory Goyle.
M/A : C'est le dixième chapitre! Encore trois et nous serons à la fin de ce tome! Qu'est-ce que je suis surexcitée! J'ai tellement ramé pour ce tome, vous pouvez pas savoir!
Tout de même... déjà neuf chapitres d'écrits en seulement... trois/quatre mois? C'est assez fort, je trouves... Ce chapitre est aussi assez long, je trouve; en même temps, beaucoup de choses s'y passe. Et pas des plus belles, si vous désirez mon avis. Il n'a pas été facile à écrire, aussi. J'ai régulièrement boguée, surtout dans la seconde partie. Cette partie est d'ailleurs celle dans laquelle je suis pas complètement satisfaite.
Dans tous les cas, je remercies noour et Zeugma412 pour avoir commenté, et je vous retrouve en bas pour mes autres commentaires inutiles! Bonne lecture!


.

.

.

Traduction anglais/français
Penelope Clearwater = Pénélope Deauclaire.
Mère Skower = Mère Grattesec.

.

.

.

Tome II - Cerridwen Snape et l'Héritier de Slytherin
Chapitre dix : Frôler la pétrification

.

.

.

8 mai 1993

Cerridwen n'aime pas le Quidditch. Ça, tous les Slytherins le savent. Si elle va à leurs matchs, c'est uniquement car il ne serait pas de bon ton que la nièce de leur directeur de Maison n'y assiste pas -en particulier si elle aussi est une élève de la Maison de Salazar Slytherin. Aussi, si elle peut échapper à un match auquel sa Maison ne participe pas, elle le fera.

Aussi, en entendant Granger prétexter une soudaine recherche à la bibliothèque, lorsque les élèves sortent de la Grande Salle pour se rendre au stade, la Vert et Argent en profite aussitôt pour s'éclipser en toute discrétion. Personne ne s'en rends compte -une chance, se dit-elle, en suivant à bonne distance la Gryffindor, qui est si pressée qu'elle ne remarque rien.

Elle la voit entrer dans la bibliothèque, comme elle l'avait dit à Harry et le cadet Weasley; curieuse, Cerridwen continue de la suivre. Sans manifester sa présence, elle l'a regarde aller directement à la section « Créatures magiques », fouiller dans les gros grimoires sentant l'encre et la poussière, en prendre un et le déposer vivement sur l'une des tables. Granger l'ouvre et tourne à vive allure les pages, cherchant quelque chose en particulier.

La Rouge et Or cesse alors tout geste, pour lire avec attention la page sur laquelle elle s'est arrêtée. Cachée derrière une des étagères de l'immense bibliothèque, Cerridwen l'observe, se demandant ce que la Je-Sais-Tout cherche et qui est plus important qu'un match de Quidditch auquel participe l'un de ses meilleurs amis.

Soudain, Granger arrache la page.

En la voyant faire, la jolie brune ouvre grand ses yeux de spectre, avant d'avoir un sourire fort inquiétant. Oh qu'elle a hâte de le dire à madame Pince! Celle-ci n'en reviendra pas, du geste fort irrespectueux de sa plus fidèle cliente! Elle jubile d'avance, en imaginant la réaction scandalisée de la vieille bibliothécaire. Elle voit ensuite Granger se saisir d'un encrier et d'une plume, oubliée sans doute par un Ravenclaw pressé, puis écrire à tout vitesse quelque chose sur la page arrachée, avant de tout remettre à sa place et de quitter l'antre de Pince.

Cerridwen s'apprête à la suivre, quand une élève apparaît soudain dans l'entrée, la stoppant net et l'obligeant à retourner à sa cachette.

« Granger, qu'est-ce que tu fais ici? , s'exclame la fille inconnue.

-Rien du tout, Clearwater! , réponds vivement la Lionne -trop pour que ça sonne innocent, selon Cerridwen. Dis, tu aurais un miroir?

-Un miroir? Pourquoi faire? , s'étonne la Ravenclaw.

-Plus tard. Tu en a un?

-Si...

-Je peux le voir? »

Qu'est-ce que tu as encore inventé, Granger? , se demande Cerridwen, alors que la préfète obéit, bien que suspicieuse. Elle sort du revers de sa cape un petit miroir, parfaitement rond, qu'elle tends à la Rouge et Or. Celle-ci le prends avec empressement, puis joue un peu avec.

La Deuxième année n'a pas le temps de voir autre chose que le reflet de la lumière sur la glace, avant que d'un coup, les deux sorcières se figent, comme si on leur avait lancé un Petrificus Totalus informulé. Elles tombent alors comme des masses sur le dos, faisant craquer sourdement le plancher.

Horrifiée, Cerridwen reste figée un moment. Elle fixe la scène, n'osant même plus respirer, quand des sifflements et un son lisse, comme si quelque chose d'énorme glissait sur la pierre et le carrelage des couloirs, résonnent dans le corridor de la bibliothèque. Une nouvelle bouffée de terreur s'empare alors d'elle. Le monstre! L'Héritier de Slytherin! Ils sont là, tout proches!

Et s'il le savait? , panique-t-elle, en reculant précautionnement vers le fond de la bibliothèque, tandis que le son devient plus fort, plus proche. Et s'il sait que je suis Née-moldue?

Son corps tremble en entier; ses doigts sont pris de spasmes violents, ses yeux sont écarquillés par l'épouvante. Tout lui semble étouffé et à la fois plus fort que jamais. Son coeur bat à la chamade. Son dos rencontre soudain quelque chose de dur, de solide. Elle se raidit, puis d'une main tremblante, elle tâte ce qui se trouve derrière elle. Elle ne rencontre que du bois.

Du bois. Ça veut dire une porte. La porte d'un placard à balais.

Papa ne fouille jamais les placards.

Saisisant la chance qui lui ait donné, Cerridwen saisit hargneusement la poignée en cuivre, la tourne et la tire avec affolement. Elle rentre à l'intérieur, ignorant les boîtes de Nettoie-Tout magique de la mère Skower, les balais, les sceaux et tout le fatras s'y trouvant, se lovant dans le fond du placard, en prenant nerveusement soin que la porte se referme derrière elle.

Les jambes ramenées contre sa poitrine, le visage enfoui dans ses genoux tremblants, Cerridwen ferme les yeux, sans même remarquer les miaulements d'Elwë, de l'autre côté de la porte.

.

.

.

Les professeurs sont bien souvent les derniers à quitter la Grande Salle, le jour des matchs. Il y en a qui, bien sûr, préfèrent accompagner les élèves, mais ce n'est pas le cas de Severus. Sauf quand l'équipe de sa Maison joue, bien sûr. Mais comme ce n'est pas le cas - Gryffindor contre Hufflepuff -, il choisit de quitter en même temps qu'Albus, Minerva et plusieurs autres collègues.

C'est toutefois en s'apprêtant à quitter le Grand Hall que le Maître des Potions sent quelque chose s'agripper à sa robe. Il s'arrête et baisse les yeux...

... pour y découvrir Elwë, qui mord à pleins crocs dans le tissu épais et sombre, tirant même dessus. À la vue du chat gris, Severus relève vivement la tête, cherchant du regard sa nièce. Il ne la trouve pas. Une bouffée d'angoisse lui serre soudain le coeur; Elwë n'aurait pas abandonné Cerridwen sans raison, il la suit partout, même dans les salles de cours!

Quelque chose ne va pas.

« Severus, vous allez bien? , s'inquiète Minerva, en stoppant à sa hauteur. En entendant la voix de sa collègue - et ancienne professeure, de surcroit -, la Terreur des Cachots reprends ses esprits, mais sa soudaine angoisse ne disparaît pas.

-Ne serais-ce pas le familier de votre nièce? , fait remarquer à son tour Albus, en apercevant le félin, toujours en train de mordre et de tirer la robe de sorcier de Severus. Celui-ci acquiesces de la tête, lorsqu'une horrible pensée lui traverse l'esprit. Et si... et s'il y avait eu une nouvelle attaque.. et que Cerridwen...?

-Où est-elle? », demande-t-il, d'une voix neutre qui lui semble nouée. Aussitôt, Elwë lâche sa robe, pour se mettre à courir vers le grand escalier de marbre. L'ancien Slytherin se met aussitôt à le suivre, ignorant les questions et les appels de ses collègues. Le familier et le professeur parcourent à grande vitesse les couloirs vides du château; et petit à petit, Severus s'aperçoit qu'ils s'approchent de la bibliothèque.

Après un énième tournant, le Maître des Potions arrive à l'antre de la Harpie, comme les élèves surnomment Irma Pince. Mais à peine a-t-il tourné le coin qu'il s'arrête, face au spectacle inquiétant s'y trouvant.

Sur les dalles de pierre, devant l'entrée de la bibliothèque, sont étendues deux élèves. Il s'en approche, le coeur battant fort. Un simple coup d'oeil suffit à le calmer; ce n'est pas Cerridwen. Et pourtant, il ne s'en réjouit pas non plus. Au même moment, il entends des pas, dans son dos. Il se retourne, à temps pour voir Albus, Minerva et quelques autres professeurs apparaître au bout du couloir. Eux aussi comprennent rapidement ce qui se passe.

L'Héritier a encore frappé.

Le vieux directeur est le premier à le rejoindre.

« Miss Clearwater et miss Granger, les identifie-t-il rapidement, reconnaissant sans mal la préfète de Ravenclaw et le Cerveau du Trio d'Or, avant de se tourner vers les enseignants. Minerva, allez au stade. Dites aux élèves que le match est annulé jusqu'à nouvel ordre et qu'ils doivent retourner à leurs salles communes immédiatement. Septima, Aurora, transportez miss Clearwater et Granger à l'infirmerie. »

Les enseignantes obéissent sur-le-champ, toutes mues par l'angoisse et la panique bien qu'aucune n'ose le dire à voix haute. Pendant que les sorcières sortent leurs baguettes pour faire léviter les nouvelles victimes de l'Héritier, Severus cherche des yeux Elwë. Il finit par le trouver à l'intérieur de la bibliothèque, l'attendant impatiemment, vu que sa queue se balance de façon trop irrégulière et rapide.

De nouveau, le professeur de Potions n'hésite pas à suivre le chat gris, qui se mets à le guider à travers les allées de la sombre bibliothèque. Rapidement, le félin s'arrête devant un placard à balais. Il s'assoit devant la porte et se mets à miauler, puis donne de petits coups de pattes. En le voyant faire, Severus comprends que sa nièce s'y est caché. Et il soupire.

Lorsque son frère est venu la déposer chez lui, dix ans plus tôt, l'ex-Death Eater a mis peu de temps à découvrir que la fillette avait déjà de profonds traumatismes. Il y en avait beaucoup, mine de rien; sa réaction presque excessive à l'époque aux bruits de toute sorte, son silence à la limite du mutisme... mais surtout sa manie de se cacher dans un placard. Dès qu'elle avait peur, elle se réfugiait dans le moindre cagibi.

Il ne sait toujours pas pourquoi, par contre.

Ce qu'il sait, cependant, c'est qu'il a eu toutes les peines du monde à lui faire passer cette habitude des plus troublantes. Et voilà qu'à cause de ce foutu Héritier, elle recommençait! Dès qu'il aurait l'identité de ce salaud, il lui fera subir un enfer, peu importe sa Maison!

Mais pour l'instant, son unique tâche est de faire sortir sa nièce du placard à balais -encore une fois, songe-t-il avec amertume. Aussi s'approche-t-il le plus calmement possible de la porte et, dans un geste mesuré, il tend la main vers la poignée, qu'il serre et tord avant de la tirer vers lui. La porte s'ouvre sans un grincement - Irma veille à ce que sa bibliothèque soit toujours en bon état, et ce jusqu'aux placards à balais -, et lorsqu'elle est suffisamment entrouverte, Severus regarde à l'intérieur.

Entre les balais, les boîtes de potions nettoyantes et de sceaux à peine poussiéreux, il y a trouve Cerridwen, recroquevillée et le dos collé au mur du fond. Elle est complètement immobile, et c'est à peine si on l'entends respirer. Sans le vouloir, un souvenir remonte à la mémoire du directeur des Slytherins; la première fois qu'il l'a trouvé dans un placard. Il s'en souvient comme si c'était hier; elle avait trois ans, et il s'était énervé à cause d'un nouvel échec dans l'amélioration de la potion Volubilis. Ça lui avait fait si peur qu'elle s'était enfuie dans le placard où il entrepose ses chaudrons, et il avait mis plusieurs heures à l'en faire sortir.

Il secoue la tête, puis ouvre d'avantage la porte du sombre cagibi, sans pour autant réussir à la faire réagir.

« Cerridwen? Cerri? , l'appelle-t-il, avec une douceur inhabituelle de sa part. C'est Oncle Sev'... Oliver est parti, il est retourné à l'usine... Tu peux sortir, maintenant... »

Il répète ce genre de phrases réconfortantes pendant une bonne dizaine de minutes, avant que la jeune sorcière ne lève ses yeux d'un bleu surnaturel vers lui. Ils sont brouillés de larmes, mais aucune n'a coulé - et il ne sait pas vraiment s'il doit s'en réjouir ou non. Il tends une main vers sa nièce, qui la prends et s'y raccroche. Il l'aide d'un coup à se relever, puis l'emmitoufle dans sa sombre et longue cape. Presque amorphe, la jeune fille réagit à peine au geste affectueux, ne semblant même pas remarquer son familier, qui se frotte contre ses jambes.

La voyant aussi passive, le Maître des Potions décide de l'emmener à l'infirmerie. Il entoure d'un bras ses épaules minces, et l'oblige silencieusement à le suivre. En sortant du rayon, il croise Albus, qui le fixe attentivement. Un hochement de tête suffit à tout faire comprendre.

Elle a tout vu. Et elle a survécue à l'Héritier.

.

.

.

Dans la salle commune de Slytherin, personne ne parle. Le silence est complet. Tous les élèves sont éparpillés ici et là, plusieurs dans les canapés, fauteuils, méridiennes et autres meubles confortables sur lequel ils peuvent s'asseoir. Certains, par manque de place, sont assis à même le sol, sur les épais et coûteux tapis de laine émeraude, d'autres sont appuyés contre les murs.

Ils attendent leur directeur de Maison, qui doit leur expliquer ce qui se passe. Personne ne sait rien. Pour ce qu'ils savent, le match a été annulé pour une raison mystérieuse, et ils ont été confinés à leur salle commune.

Daphne, assise à une table, se mord la lèvre inférieure, et échange un regard avec Draco, installé plus loin, aux côtés de ses gardes du corps habituels. Eux ont remarqué l'absence de Cerridwen, ce qui n'est pas normal. Tandis que le blond fouille la foule des yeux, cherchant la fine silhouette de sa cousine ou même la pataude ossature de son familier, Daphne, elle, se ronge les sangs. Sa meilleure amie - car c'est ce qu'est Cerridwen à ses yeux - serait-elle la nouvelle victime de l'Héritier?

Qu'est-ce qu'elle aimerait se confier! Partager son inquiétude avec quelqu'un, n'importe qui! Mais le faire dévoilerait à tout le monde que celle que les aînés surnomment déjà la « princesse de Slytherin » est une Née-Moldue. Née-Moldue descendant certes d'une lignée de Sang-purs, mais Née-Moldue quand même! Et c'est tout, sauf le moment de... comment disent les sans-magie, déjà? Lâcher une bombe?

Au même moment, le mur donnant accès à la salle commune s'écarte, dévoilant Severus Snape. À la vue de la grande, mince et sombre silhouette du Maître des Potions, plusieurs soupirent de soulagement. Un mouvement attire cependant l'attention des Vert et Argent.

Ils aperçoivent alors Cerridwen, plus pâle que jamais et l'air anesthésié, sortir de derrière son oncle, qui l'avait complètement masqué. À sa suite, comme toujours, suit son fidèle familier. Sans même jeter un regard à son cousin ou à son amie la plus proche, la jeune sorcière se précipite vers le dortoir des filles.

Ce n'est que lorsque sa nièce a disparue dans les dortoirs que le directeur de la Maison Slytherin prends la parole;

« Comme vous devez vous en douter, il y a eu une nouvelle attaque. Une double attaque, même.

-Qui sont les victimes? , questionne Gemma. Ça leur sonne maintenant si naturel, de poser la question... C'en est morbide.

-Granger et Clearwater, réponds le professeur. Il y a un silence, puis un grand éclat de rire. Tous se tournent vers Malfoy.

-Je vous l'avais dit! , s'exclame-t-il, en se tournant vers Vincent et Gregory, qui même eux laissent paraître une expression perplexe, presque choquée. Je vous avais bien dit que Granger serait la prochaine!

-Malfoy! , s'indigne d'une même voix les préfets.

-Comment oses-tu dire une telle chose? , ajoute la Sixième Année.

-Ce n'est qu'une Mudblood, ce n'est pas le chaudron à boire! , réplique l'Héritier Malfoy, en jetant un regard hautain à la préfète.

-Vingt points en moins pour langage inapproprié, monsieur Malfoy. »

La voix de Snape est sifflante, cassante même. Sa phrase surprends tous ses élèves, qui se retournent pour regarder la Terreur des Cachots, cachant difficilement leurs surprises. A-t-il vraiment... retiré des points? Et pas seulement un ou cinq, mais vingt! Draco s'apprête à répliquer quelque chose, mais un regard de la part de son parrain suffit à lui faire refermer la bouche.

« Comme je le disais avant d'être vulgairement interrompu, reprends-t-il en appuyant, de façon désintéressée sur l'adverbe, il y a deux nouvelles victimes. Pour prévenir d'autres attaques, le directeur a imposé des mesures de sécurité. »

Il sort d'une des poches de sa robe de sorcier un court parchemin, qu'il déroule avant d'en lire le contenu;

« À compter d'aujourd'hui, tous les élèves devront regagner leurs salles communes à six heures du soir. Passé cette heure, aucun élève ne devra quitter son dortoir. À la fin de chaque cours, un professeur vous accompagnera dans la classe suivante. Tous les entraînements et les matchs de Quidditch sont reportés à une date ultérieure et il n'y aura plus aucune activité le soir. »

À cette mention, bien des élèves poussent des grognements de déplaisir, ce que leur directeur ne relève pas.

« J'ose espérer, ajoute-t-il après un petit silence, qu'aucun de vous ne va essayer de transgresser ces nouvelles règles, car ce ne sera pas une petite perte de points qui vous attends, mais l'expulsion! »

La menace fait son effet; les Premières Années ont, malgré eux, un frisson de frayeur, alors que leurs aînés ouvrent grands les yeux. Dans le monde magique de Grande-Bretagne, être expulsé de Hogwarts est une grande honte, en particulier dans la haute-société. Il en faut beaucoup pour que la direction du collège expulse un élève, et ce n'est que rarement arrivé.

Il y a un nouveau silence, puis Severus prends poliment congé de ses élèves et quitte la salle commune. À peine le mur est-il revenu à sa place que Draco marmonne avec force;

« Comme si ça nous touchait...

-Qu'est-ce que tu veux dire, Malfoy? , questionne sèchement le préfet.

-L'Héritier ne chasse que les Mudbloods! Et il n'y en a pas, à Slytherin!

-Ton langage, Malfoy! »

La dispute se poursuit, sous les yeux malaisés des Vert et Argent. La plupart d'entre eux se fichent bien des Moldus et n'ont que peu d'empathie envers les Nés-moldus, mais il n'en empêche que d'entendre ces commentaires puristes les dérangent. Exaspérée et retenant de justesse les siens, Daphne se lève et se rends aux dortoirs. Personne ne semble la remarquer -ou s'il la voit, personne ne veut s'en mêler.

En arrivant devant le dortoir des Deuxième Année, la jeune Greengrass entends Gemma crier;

« C'est à cause de gens comme toi que l'école pense que l'Héritier est un Slytherin! »

La brune attends toutefois qu'elle cesse de hurler la vérité à Draco pour entrer dans le dortoir. Elle cherche pendant une seconde sa meilleure amie, avant de remarquer que les baldaquins en soie verte du lit de Cerridwen sont fermés. Elle s'en approche et les écarte doucement, pour y trouver sa meilleure amie, couchée sur le ventre et le visage enfoui dans son oreiller. À côté d'elle se trouve Elwë, qui frotte sa grosse tête pelucheuse contre ses cheveux.

Comme à chaque fois, Daphne reste surprise du comportement presque humain du chat gris.

« Hey, Cerridwen. Ça va? , lui demande-t-elle, en s'assoyant sur le matelas. Aucune réponse. Elle soupire, mais attends. Au bout de plusieurs secondes de silence, comprenant qu'elle ne répondra pas, Daphne décide de poser une dernière question, plus délicate cependant que la précédente.

-Tu as tout vu, c'est ça? »

Comme réponse, un simple mais faible hochement de tête. Ne sachant pas quoi faire d'autre, Daphne pose une main sur le dos de la brune, et lui caresse le dos, essayant sans y croire de la réconforter.

.

.

.

9 mai 1993

Le petit-déjeuner, dans la Grande Salle, commença dans un silence morbide. Personne n'ose parler, rendant l'atmosphère très sinistre. Par moment, en relevant la tête, Cerridwen croise le regard haineux des élèves d'autres Maisons -Hufflepuff comme Gryffindor. Pour la première fois depuis longtemps, elle se demande si sa place était vraiment chez les Serpents.

Elle se sent bien, parmi les Vert et Argent; sa nature calme et silencieuse est encouragée, dans cette maison. Son orgueil et sa fierté aussi, ainsi que ses valeurs traditionnalistes. Pourtant... les regards noirs des autres élèves la rendent mal à l'aise. Difficilement, elle retourne son attention vers ses baked beans[1], l'estomac noué.

« Où est Dumbledore? », demande soudain Tracey. Cerridwen la regarde, avant de tourner les yeux vers la table professorale. Elle constate alors qu'en effet, le directeur n'est plus là. Son siège est vide. Son coeur se serre; c'est la première fois que le vieux mage manque le petit-déjeuner, ou n'importe quel repas, d'ailleurs. L'inquiétude revient au galop, et il lui semble encore plus impossible d'avaler quoi que ce soit.

Au même moment, McGonagall tapote de son couteau son verre, attirant l'attention des élèves sur elle. Elle se lève, et déclare, d'une voix digne;

« En raison des dernières attaques, le professeur Dumbledore a été temporairement relevé de ses fonctions. Celles-ci seront, jusqu'à son retour, prises en charge par moi-même. Les nouvelles règles seront cependant toujours appliquées. Je vous remercie. »

Elle se rassoit, laissant place à des murmures perplexes et horrifiés. Personne ne se fait d'illusion; maintenant que la seule « menace » de l'Héritier a disparue, celui-ci pourra faire autant de victimes qu'il le souhaite. Le souffle de Cerridwen, à cette annonce, se trouble; elle baisse les yeux vers son assiette, l'appétit complètement coupé.

Ça sera bientôt mon tour...

.

.

.

[1] Haricots blancs cuits dans une sauce tomate arotimasée. C'est un plat typique du petit-déjeuner anglais.

.

.

.


M/A : Vous ne saurez jamais ce que j'ai découvert en descendant au sous-sol! J'ai retrouvé le jeu de Xbox Harry Potter et le Prince de Sang-mêlé! Enfin, mes frères l'ont retrouvés et ne me l'ont pas dit, alors qu'ils savent que c'est l'un des rares jeux, avec Alice : Retour au Pays de la Folie, que j'aime! Et si je l'ai retrouvé, c'est seulement car je devais aller sortir le chien de sa cage et que je suis passé devant la caisse de jeux vidéos.
Anecdote sans importance, mais que je devais dire. Ça, plus le fait que j'ai le test pour savoir dans quelle maison d'Ilvermorny j'irais. Et j'irais à Serpent Cornu. Je suis destiné à aller chez des Serpents, visiblement!
Ce chapitre a été particulièrement long à écrire, notamment car je devais éviter de faire de la répétition et parce que j'avais très peu d'éléments sur lequel me baser. Mais comme on dit, je savais où mener mon bateau! En temps normal, ce chapitre aurait dû quitter une bonne partie du suivant, mais je me suis dit que c'était mieux de faire comme ici. Même si je le trouves plus si long que ça...
J'espères que ce chapitre vous a plû, et si c'est le cas, laissez-moi un commentaire. Si c'est pas le cas, laissez-moi aussi un commentaire, je vais me faire un réel plaisir de vous répondre. Sur ce, à la semaine prochaine!