14.
Les Wirds préparant leur ultime frappe, un quatrième cuirassé surgit d'un saut spatio-temporel, tirant de toutes ses tourelles.
Accusant de sérieux dégâts les vaisseaux de la flotte Moyrienne se replièrent dans un saut spatio-temporel. Et le quatrième cuirassé fit face au Deathbird.
- L'Arcadia, souffla Clio.
- Il ne nous a jamais lâchés, compléta Albator, j'en suis certain.
- En effet, lança Toshiro. Je ne pouvais que te suivre sous bouclier occulteur, et intervenir, au cas où… Je repars.
- Attends !
- Mais, Albator, je crains d'avoir commis le pire, ou laisser faire le pire… Je n'ignore pas que tu ne pourras jamais me pardonner !
- Nous avons à parler, jeta simplement le grand Pirate balafré. Permission de monter à bord ?
- Oui… Bien sûr !
- Ne te réjouis pas, Toshy, tu as menacé et fais du mal à mes fils !
- Si seulement tu savais à quel point… Auryel est sauf, il a repris sa vie bien que détruit quelque part… Mais le pire a été pour Algie…
- Quoi ! ?
- Viens, mon araignée tripode est HS, désolé. Ce n'est pas un piège, je te le promets !
- Je ne te crois pas vicieux à ce point… Enfin, j'espère… Clio, tu me suis ?
- Je me connecte à ton esprit, et à la moindre menace, je te protège !
Le capitaine du Deathbird eut un soupir.
- Je ne pense pas que ce soit nécessaire… Pas avec un Toshiro hors d'affolement concernant la situation émotionnelle de son fils… J'espère… J'y vais !
Parvenu devant la colonne du Grand Ordinateur de l'Arcadia, Albator s'arrêta, rejetant en arrière d'un geste habituel son ample cape noire doublée de rouge.
- Je suis là, Toshiro. Tu peux m'expliquer pourquoi tu m'as blessé presque à mort, pour me livrer à ton foldingue de fils ! ? Ton Auryel, il m'a…
- Je sais, j'ai tout vu. Je n'ai pas pu intervenir, je ne pouvais arrêter mon propre enfant, et c'est toi que j'ai stoppé… Quand j'ai compris qu'Auryel n'agissait pas normalement, qu'il se comportait bel et bien en boucher et qu'il avait commis tous ces forfaits avec son Orichalque, il était trop tard, tes jambes étaient brisées… J'ai fini par réaliser, c'était horrible, hors de compréhension justement… Tu as subi d'intolérables souffrances, tant de mois, obligeant tes fils à te rechercher… Même Alhannis a participé… Mais je ne pourrai rien effacer, répéta Toshiro. Je suis le seul fautif, j'ai été abominable… Je sais que tu ne pourras jamais l'oublier !
- En effet, gronda le capitaine du Deathbird. Mais si tu veux cheminer un moment avec nous, je veux bien.
Albator tressaillit, se raccrochant à l'un des premiers propos du Grand Ordinateur de l'Arcadia.
- Tu sais quelque chose pour Algie ?
- Il est perdu, il est l'ennemi, il ne le sait même pas !
- Toshy, tu es fou !
- Non, j'ai été dans l'esprit de mon fils, quand Algie et Warius sont entrés dans son esprit… Ce fut affolant et terrible de conséquences !
- Mais, de quoi parles-tu ? !
- Du pire, mon ami… Si tu me considères encore comme tel…
- Je n'ai pas le choix… Tu as été à mes côtés bien avant ma rédemption ! Tu m'as sauvé, tu m'as fait réaliser que je combattais mon père… Tu as été dur, impitoyable, inhumain, mais tu m'as rendu mon humanité, justement… Ton fils m'a brisé, mais ce n'était pas lui, il était manipulé… Et à présent je dois comprendre ce qui arrive à mon enfant à la crinière fauve !
- Je t'accompagne ?
- Oui, et je viens reprendre la barre ! On finira les comptes une autre fois !
Le nuage noir du Monarque dérivait, se dirigeant vers la Terre, lentement mais sûrement.
« Oh oui, qu'est-ce que ça être bon ! Toute mon espérance, tout le bonheur passé. Et je vais tout recréer, j'ai déjà un univers mais je vais m'en composer d'autres, juste ce dont j'ai toujours rêvé ! Je vais avoir mon monde, mes jeux, mes copains ! ».
Plus noir encore que jamais, le Monarque se dirigea vers la planète bleue qui était son objectif.
