Bonjour à tous !

Comme je vous l'ai annoncé dans mon OS "Le retour du soldat", voici le 4ème chapitre (avec un peu de retard ^^)

Aujourd'hui, après le premier souvenir, je vous propose de revenir dans le "présent".

Merci beaucoup pour le nombre de "vues" de la fiction ! Je voulais aussi remercier plus particulièrement Solveig5, Regina lily Swan, Jessie 943, hook50, Summerspell, LittleMel24 et Math. Vos reviews m'ont vraiment donné envie d'écrire et de poursuivre cette fiction. MERCI !

Bonne lecture ^^ !


Un mois s'était écoulé depuis l'ouverture de la boîte à souvenirs. Regina n'avait pas trouvé le courage de répéter l'opération une nouvelle fois. Bien entendu, elle y avait pensé, mais elle ne pouvait se résigner à le faire à cause de l'immense peine qu'elle éprouvait. L'enterrement d'Emma était trop proche dans sa mémoire. Oui, la douleur était encore trop présente dans son corps et surtout dans son cœur.

La veuve avait passé ce triste mois seule, ou presque... Bien sûr, c'était à sa demande, car Henry ne cessait d'essayer de trouver un moyen pour la réconforter. Il venait chaque jour quelques heures dans la maison qui l'avait vu grandir pour tenir compagnie à sa mère. Mais ses intentions étaient à chaque fois réduites à néant à cause du silence de Regina. Cette dernière ouvrait à chaque fois la porte lorsque son fils sonnait, mais c'était tout. Le seul contact qu'ils échangeaient était un baiser à l'arrivée et au départ d'Henry. Entre ces deux moments, le silence était roi, car Regina n'était pas encore prête à parler à son fils. Pourtant, le jeune homme ne s'était pas résigné pour autant. En effet, il avait décidé de parler seul si c'était le seul moyen de "communiquer" avec sa mère.

- Tu ne veux pas me parler très bien, je comprends. Mais moi j'ai envie de parler ! – dit Henry d'un ton sarcastique - Tu ne devineras jamais ce qui m'est arrivé aujourd'hui…

Une tasse de thé à la main, Henry était plongé dans son monologue. Regina, assise dans le fauteuil en face de son fils, le fixait fermement. Elle n'avait qu'une seule envie : qu'il arrête de parler ! Mais elle devait se rendre à l'évidence, entendre une voix familière lui faisait énormément de bien. Le seul problème, c'est que dès que son fils avait une idée en tête, il était impossible de le détourner de son activité. Elle repensa à la lettre qu'Emma lui avait laissée. Elle lui avait dit de faire un geste envers leur fils. Regina réfléchit silencieusement et se dit que sa femme avait raison : elle devait faire un effort. Après plus de 10 minutes d'interminables flots de paroles, Regina déposa délicatement sa tasse sur la table basse du salon et se déplaça à côté d'Henry. Ce dernier, toujours plongé dans sa « conversation », ne remarqua pas le changement de place de sa mère. C'est par un geste doux et réconfortant que Regina plaça sa main gauche sur l'avant-bras de son fils. Surpris, il pivota de tout son buste et se retrouva face à la veuve.

- Henry – commença Regina – je te remercie pour ta compagnie, mais maintenant j'aimerais que tu partes. Je suis fatiguée, tu comprends ?

Les pupilles du jeune homme avaient laissé place à deux points d'interrogation. Il n'en revenait pas : sa mère avait parlé ! Elle avait enfin prononcé une phrase ! Certes, c'était pour lui dire de partir, mais c'était un début.

- Maman, tu… tu… vas bien ? – dit faiblement le jeune homme, la voix remplie d'étonnement.

- Henry, écoute-moi. Je vais très bien, mais j'ai vraiment besoin de rester seule. Je sais que c'est difficile à comprendre pour toi, tu ressembles tellement à ta mère dans ces moments-là - un timide sourire se dessina sur les lèvres de Regina lorsqu'elle prononça ces mots - Mais… c'est le seul moyen de faire mon deuil. J'ai vécu de nombreuses épreuves dans ma vie. Malheureusement, celle-ci est la plus dure que je dois combattre. Je sais pertinemment que tu veux m'aider, mais crois-moi si tu veux vraiment le faire, laisse-moi du temps.

Henry ne discuta pas. Il avait bien compris que sa mère préférait être seule. Il le savait déjà depuis longtemps, mais il voulait l'entendre de sa propre bouche. Maintenant, il était persuadé qu'elle avait déjà surmonté au moins une étape dans son deuil. Son geste envers lui était le témoin de ce progrès. Il se rappela qu'après l'enterrement, Regina était littéralement incapable de prononcer la moindre phrase, le moindre mot et la moindre syllabe. Dorénavant, elle le pouvait, car le langage l'avait retrouvé. Aujourd'hui, l'ancienne mairesse avait retrouvé une partie de son être.

Sans plus attendre, Henry prit congé et laissa sa mère seule dans cette grande bâtisse. Mais cette fois-ci, contrairement à ses précédentes visites, il partit le cœur léger. Sa mère était redevenue elle-même et ce n'était plus qu'une question de jour ou de semaine avant qu'elle ne redevienne complètement « sa maman ». Malgré cette constatation, il était bien décidé à revenir dès le lendemain matin pour lui tenir compagnie. Il était têtu comme une mule !

En fermant la porte et en voyant son fils partir victorieux, Regina ne put s'empêcher d'esquisser un petit sourire. Oui, son fils avait un don pour la faire réagir.


Le soir était tombé très vite sur la petite ville de Storybrook. Le hululement des rapaces nocturnes avait remplacé le chant des oiseaux. Dans la maison de l'ancienne mairesse, la nuit n'était pas synonyme de joie depuis quelque temps. En effet, Regina redoutait quotidiennement l'arrivée de la soirée. Elle avait tellement peur de se retrouver dans sa chambre face à cette boîte mystérieuse qu'elle reculait constamment l'heure du coucher. Elle avait parfois passé des nuits entières sur son canapé tellement l'angoisse de cette vision l'habitait.

Mais aujourd'hui c'était différent. La journée avait été bénéfique pour Regina. Le flot de paroles de son fils l'avait « réveillé » et elle avait compris que son silence n'était pas la solution. Elle avait également saisit que cette malle au 1er étage ne devait pas l'angoisser autant. Elle était désormais persuadée qu'elle devait dès à présent prendre son courage à deux mains et braver les « épreuves temporelles ». Elle savait qu'Emma avait fait tout cela pour elle. C'était en quelque sorte son « cadeau » d'adieu. Alors, afin d'honorer au mieux sa mémoire, elle se devait de poursuivre ce cheminement.

Arrivée devant la boîte, elle hésita encore un instant, mais l'envie était tout de même plus forte. D'un geste, elle ouvrit l'objet. Elle ne savait pas exactement ce qu'elle découvrirait, mais l'objet précédent, le masque, lui rappela vaguement un épisode du bal ou plus précisément un objet qu'elle avait perdu : ses boucles d'oreilles en argent. Son regard parcourut en une fraction de seconde l'ensemble des objets et arriva sur celui désiré. Elle savait que ce bijou était le véritable déclencheur de sa relation avec Emma. Si sa boucle d'oreille ne s'était pas détachée ce soir-là, elle n'aurait jamais revu celle qui deviendrait sa femme.

Délicatement, Regina plaça les deux bijoux dans la paume de sa main, ferma les yeux et se remémora cet instant si précieux de son passé...